Le tort causé à la Roumanie
J’ai vécu plusieurs années dans ce pays. Certains le savent déjà ... même si cela n’a aucune espèce d’importance, car on a les vies qu’on peut et que l’on veut.
J’y ai encore des amis au sens noble et propre du terme, ceux sur qui l’on peut se baser une vie durant.
Ce pays je le considère comme le mien, je m’y sens chez moi. Je parle cette langue, je la ressens et rêve tout autant dans ce langage. Je le place sur le même plan que ma propre nation.
Cette rencontre s’est faite par hasard ... je n’y avais jamais mis les pieds et n’y avais aucunes attaches de quelque nature. Une vraie découverte et, un choc à lors de ma première arrivée, il y a de nombreuses années déjà.
Alors, quand je lis certains posts, de personnes ne le situant que sur une carte (ou se trompant dans le nom de la capitale très courant) et, pensant posséder la vérité ... cela me fait tout chose !

Mais tout d’abord laissez-moi vous faire part d’une anecdote. Elle concerne la chanteuse Madonna, dont le concert s’est très mal passé. C’était le premier et sans doute le dernier.
En effet, celle-ci s’est àun moment portée volontaire pour défendre la cause des "roms" (et des homos) que je dénommerai "tsiganes" pour une compréhension plus claire et, je m’en expliquerai pourquoi un peu plus tard.
Revenons à la Madone donc. En ayant pris fait et cause, elle s’est mise immédiatement à dos le public et, une grande partie de celui-ci l’a hué jusqu’à la fin, tandis qu’une autre est partie avant la fin. Pour une première, ce fût une réussite.
Pour un Roumain, un Tsigane, est un être à part hors norme, asocial, qui n’a rien à voir avec lui, une peuplade différente voila tout. Les deux parties se tolèrent rien de plus, les insultent peuvent pleuvoir de part et d’autres, mais cela ne va en général jamais au-delà.
Il y a seulement un territoire marqué sans véritable frontières, ou il ne faut pas faire de faux pas. Il existe des villes entièrement tsiganes, avec une architecture reconnaissable entre mille. Elle est surtout excessive dans sa forme, mais là ce n’est qu’une histoire de gout.
Et surtout ne vous avisez pas de traiter un Roumain de Tsigane, ça ne passera pas. Ils ont le sens de l’humour, mais pas jusque là, si vous ne les connaissez pas s’entend.
Quoiqu’entre-eux, ils se traitent de cela, comme nous on traiterai un de nos camarades de "bandit".
Mais les "Roumains" ont longtemps souffert de cette méprise qu’ils jugent, injuste, révoltante, déplacée car, elle donne une image plus qu’écornée de ce valeureux peuple.
Aujourd’hui le terme de "Roms" porte à confusion et, il n’est employé que depuis peu ... avant l’on entendait surtout : tsigane, romanichel, gitan, bohémien, manouche. Il faut savoir que l’ensemble de ces noms ont été donnés par les non-tsiganes.
"Rom" étant le terme qui est issu des ethnies nomades elles même et, ils utilisent entre-eux. Cela n’a donc rien à voir avec "Roumain".
Pour information, on peut aussi deviner de quelque endroit sont les "Roms" en écoutant simplement leur musique, il y a des types d’instruments propres a chacune des communautés "Roms"
Exemple le violon que l’on ne retrouve pas normalement chez les hispaniques, ou l’accodéon qui n’est pas présent chez le "Roms" de Roumanie ou d’Ukraine. Il y a des exception certes, mais elle confirma la règle.
Mais la question restant en suspend est : "pourquoi donc les "Roumains" souffrent de cette confusion" ?
Essentiellement pour trois raisons.
Montrés du doigt de l’extérieur pour n’avoir jamais rien fait pour les Tsiganes, les "Roumains" à ce jour jubilent. Ils ont désormais accès à tous types d’information, le communisme est désormais un souvenir (même si l’on en voit toujours les stigmates), et ils savent très bien ce qui se passe en Italie, France, Espagne etc ... avec ces peuples.
1) Il leur a été reproché à maintes et maintes reprises de n’avoir jamais fait assez pour le bien-être de ces gens hors-normes. A ce jour qu’une partie du problème est déportée hors de leurs frontières, ils regardent comment nous nous y prenons pour tenter d’éduquer ces nomades et avec quels résultats nous y parvenons.
Et vu que nous sommes proches du néant, il va s’en dire que dans la Dace cela rigole.
2) Entre eux, il n’y a pas de place pour de longues embrassades. Vivant en marge, sans éducation et, de rapines, il est évident que les Roumains ne supportent pas ces mendiants, ou voleurs etc ... c’est une guerre larvée ou deux camps s’opposent.
Et il n’y a pas d’espace pour concilier des existences trop différentes. Ces modes de perception de la vie, de la société de l’éducation, du travail ... ne sont tout simplement pas sur la même échelle. Et encore ici, il ne s’agit pas d’échelle, nous sommes en face de deux mondes que tout oppose.
Et vu qu’on n’a jamais réussi à marier la carpe et le lapin, il n’y a pas de possibilité d’y arriver pour ces deux-là non plus.
3) Mais le plus impardonnable, aux yeux des Roumains, reste le poids et l’amertume de l’histoire, et ce qu’ils ont eu à subir lors des années de dictature du couple maudit Ceaucescu.
En effet, le Danube de la pensée avait donné beaucoup à ceux qui ne représente qu’environ 2% de la population. Bien plus qu’aux Roumains eux-mêmes. Et l’histoire ne bégaye pas, à un moment il y a un prix que l’on fait payer. Juste ou pas je ne juge pas, j’ai constaté.
Et c’est sans oublier que de nombreux riches mafieux sont originaires de la communauté tsigane.
Voila ce que l’on pouvait lire à ce sujet dans un extrait de dépêche AFP du 13 février 1998 signé par Jean-Luc Porte :
"Les Tziganes de Roumanie vivaient mieux sous le régime communiste de Ceausescu et depuis 1990 les conditions de vie de cette communauté se sont dramatiquement détériorées,
estiment des chercheurs roumains et des responsables d’organisations humanitaires (...). Selon une enquête sociologique approfondie menée par MSF, l’UNICEF et la délégation
de la Communauté Européenne, associée à des chercheurs de l’Université de Cluj, depuis 1990 on constate un accroissement des tensions entre la population Rom
et le reste de la population. (...) Selon de nombreux quotidiens, les Tziganes sont également les principaux responsables de l’image négative de la Roumanie à l’étranger.
MSF-Belgique, financée par la fondation SOROS, a tenté pendant 7 ans (90-97) une expérience fructueuse d’intégration de citadins et de villageois tziganes de Transylvanie :
reconnaissance civile, scolarisation, accès à l’eau courante et à l’électricité ; constat positif : augmentation importante du nombre d’enfants scolarisés, prise de conscience par
les Tziganes de leurs obligations civiques, meilleure médicalisation, amélioration des relations de voisinage avec les Roumains."
Il y a une culture tsigane faite de nomadisme et de pauses. Vouloir déloger des gens comme le désire cet imbécile d’Estrosi est une hérésie. Ce n’est pas en les chassant d’un champ de l’Essonne que l’on résoudra quoi que ce soit. Ils trouveront refuge dans une prairie de la Sarthe et, le problème ne fera que de se déplacer.
Vouloir les sédentariser est tout aussi absurde, c’est dans leur culture, car il ne faut pas croire qu’elle n’existe pas bien au contraire. Elle a ses codes, ses règles etc ... c’est juste différent de la nôtre.
C’est un sens moral prononcé qui manque et, cela ne s’achète pas chez n’importe quel buraliste.
La meilleure des solutions reste de pourvoir à des emplacements balisés, avec sanitaires, eau, électricité ... le basique en quelque sorte.
Pour le reste il s’agira de veiller à ce qu’il y ait le moins de problèmes possibles, car l’on remarque une hausse des cambriolages, de rapines et de vols dès que la tornade "nomade" pose ses caravanes quelque part.
La violence ne s’exprimant qu’à l’intérieur de leur société en règle générale.
Il peut paraitre évident que mon choix de coeur penche pour les "Roumains". Cela est normal in fine. En qualité d’immigré, j’ai pu gouter à cette hospitalité made in "’Europe centrale".
Ce n’est pas un vain mot croyez-moi sur parole.
Avec les "Roms" je n’ai eu que des soucis, que je ne cherchais pas je précise. Même en choisissant délibérément de les ignorer ou de les laisser à leur vie, ceux-ci savent comment vous titiller jusqu’à provoquer un certain énervement.
Puis j’ai compris que l’on n’a rien pour qu’un mélange de nous deux s’opère, un peu comme on ne peut pas faire un cocktail avec de l’eau et de l’huile.
A peluche
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