Les 4 nains présomptueux
L'Europe des 27 s'enfonce dans une crise existentielle entre des clans qui ont une vision de plus en plus divergente de leur avenir. L'éclatement définitif menace. Il est plus que temps de réagir et de repartir sur des bases réalistes pour construire un projet européen durable.
LES NAINS PRESOMPTUEUX
Fort des règles imprudemment consenties par leurs grands partenaires qui leur ont accordé sans réfléchir des pouvoirs identiques aux leurs pour les arbitrages budgétaires et financiers qui doivent être décidés par l’Union Européenne, les 4 nains politiques et économiques que sont les Pays-Bas, la Suède, l’Autriche et le Danemark - deux d’entre-eux n’appartenant même pas à la zone euro - se permettent de bloquer le plan de relance européen, de jouer les docteurs de vertu, d’exiger que les grands pays touchés par la pandémie leur soumettent leurs plans et décisions budgétaires avant de recevoir aucune aide, exigent qu’ils remboursent tout fonds perçu et entendent leur dicter les réformes structurelles qu’ils doivent mettre en œuvre sur le plan social et économique.
Rejouant stupidement la fable de la grenouille et du bœuf, épris d’un vertige de puissance , ils se comportent ainsi comme des dictateurs au petit pied, inconscients de la démesure de leurs exigences et de leur faiblesse et petitesse intrinsèques par rapport aux pays qu’ils prétendent soumettre à leur joug.
Sinistres fossoyeurs de l’idéal européen, ils creusent chaque jour davantage la tombe de l’Union à 27, déjà fortement mise à mal par la crise de 2008 et le traitement injuste infligé aux grecs et aux pays les plus touchés à l’époque par cette crise, par la vague migratoire déclenchée de façon irresponsable par la chancelière Merkel en 2015, par la lutte intestine entre l’Est et l’Ouest de l’Europe au nom du respect de l’Etat de droit qui primerait l’autonomie de décision de chaque pays, et par le Brexit, dû en grande partie à la crise migratoire précitée et à la prétention européenne de subordonner l’indépendance de choix des gouvernements élus à l’observation de principes et de valeurs auxquels leurs prédécesseurs ont adhérés mais dont leurs peuples n’acceptent plus qu’ils puissent remettre en cause leurs modes de vie, leurs cultures et leurs identités.
La grave récession provoquée par le virus sonne désormais comme un glas et pourrait définitivement emporter l’Europe des 27 dans une spirale infernale vers une décomposition inexorable.
Les 4 pays nains, gouvernés par de jeunes personnalités politiques souvent inexpérimentées, n’en ont cure et les yeux braqués sur leurs indices de popularité internes, restent sourds aux appels à la mesure et à la responsabilité que les autres dirigeants , angoissés par les multiples signaux de délabrement du navire européen qui craque et fait eau de toutes parts, leur adressent de façon de plus en plus pressante , d’autant que dans le même temps, les périls externes s’aggravent tout autour de nous, à l’Ouest, au Sud comme à l’Est.
Ce dimanche 19/7/2020, au dernier moment, les nains cèderont probablement aux pressions conjuguées de leurs partenaires et un compromis, une fois de plus, boiteux et ambigu, ne donnant réellement à satisfaction à personne et repoussant la solution des vrais problèmes à plus tard, sera entériné, chaque clan rentrant chez soi en bombant le torse et en clamant devant ses électeurs avoir emporté la victoire.
Mais cette sempiternelle façon de ne pas régler les différends de plus en plus profonds qui opposent les clans du nord, du sud et de l’Est de l’Europe, ne peut ni dissimuler la réalité ni retarder l’échéance.
Tôt ou tard, lorsque l’Europe se trouvera confrontée à une véritable crise, à de vrais dangers, elle ne résistera pas et éclatera du jour au lendemain. Une communauté, basée sur des seuls intérêts économiques, qui plus est, souvent divergents, ne peut perdurer.
Alors, avant que l’Europe des 27 ne sombre dans ses propres contradictions, il est temps de se tourner vers l’avenir et de réinventer un projet durable, solide et résistant.
Réservons à l’Europe des 27, le seul futur qui lui convient, celui d’une union douanière et d’un grand marché ouvert et concurrentiel sur le plan des biens et des services, assortis de projets communs, décidés au cas par cas, et d’ un budget de cohésion destiné à permettre au pays les plus pauvres de rattraper leurs retards économiques.
Et concentrons-nous vers le développement d’une union complète entre quelques pays partageant des problèmes communs, des aspirations identiques et une solidarité réelle.
A cet égard, l’Union Latine ( cf. mes articles précédents ) entre l’Espagne, la France, et l’Italie représente actuellement le seul projet cohérent, équilibré et faisable entre trois puissances moyennes de niveau compatible sinon identique.
Dans une vingtaine d'années, une fois ce noyau dur créé, quelques pays, peu nombreux ( ex. le Portugal, la Grèce ) issus des 27 pourraient venir s'aggréger à cette véritable Europe aux dimensions humaines.
Le grand marché, cher aux anglos-saxons et aux nordiques subsisterait autour de cette petite Europe solidaire ( qui constituerait toutefois probablement la 3ème puissance mondiale derrière la Chine et les USA ).
Agissons avant qu’il ne soit trop tard.
19/7/20
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