Le raid sur la villa d'Abottabad avait déjà été l'objet de fortes suspicions, mais ça n'était rien au regard de la fable racontée pour justifier la présence en ses murs d'une énième épouse de Ben Laden qui possèdait bien des atouts pour continuer un mensonge entretenu depuis dix années. Notamment le fait de servir de preuve d'existence pour son mari, ayant enfanté de ses œuvres quatre enfants depuis son arrivée au Pakistan, en plus d'une fille née à la suite de leur mariage. Evidemment, personne n'a pu vérifier si ces enfants étaient bien les fils du leader tant recherché, ou si la nouvelle favorite existait vraiment ou pas. Comme personne n'a pu aller vérifier la présence depuis deux mois seulement avant l'assaut, d'une autre épouse, toute aussi particulière : celle abandonnée en Afghanistan par Ben Laden, lors de l'attaque de Tora Bora. La voilà revenue de son long exil... dans une villa iranienne, pour vivre à nouveau avec celui qui l'avait carrément oubliée pendant dix ans : ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette énième péripétie. Une énième histoire, racontée à profusion dans les médias dans le seul but de faire du résident de la villa attaquée celui tant recherché. A relire les explications oiseuses données de part et d'autre, on peut d'emblée affirmer que le pari a été raté de nous rendre crédible sa présence à cet endroit. Rien ne colle dans ces récits disparates. Ceux qui ont inventé Ben Laden ont eu, on le sait et on l'a dit, énormément de mal après 2002 à nous le faire croire vivant. Dix ans après, on n'y croit pas davantage. Encore moins, même, tant l'incohérence et la manipulation sont de mises dans ce dossier.
Un papier précieux de l'AFP repris presqu'in extenso par l'Express et le Point relatant les faits reliant encore une fois la présence de Ben Laden au Pakistan après 2002 a l'existence de cette veuve injoignable. Une énième mise au point, qui en profitait pour... rajouter deux autres enfants au prolifique vieillard (sans s'apercevoir du décalage entre l'image de jeune père et celle du vieillard décati montré comme seule cliché pris de Ben Laden à Abbottabad !!!) : "D'après un rapport de police citant Amal, la seule qui ait vraiment coopéré lors de ses interrogatoires selon des sources de sécurité pakistanaises, la famille Ben Laden, qui vivait en Afghanistan avant les attentats du 11 septembre, avait été séparée après l'intervention occidentale de la fin 2001 qui a chassé du pouvoir les protecteurs talibans du chef d'al-Qaida. Selon la même source, ce dernier a retrouvé ses femmes et enfants après l'été 2002 à Peshawar, la principale ville du nord-ouest du Pakistan voisin. Ils sont restés dans la région entre 2002 et 2005 : environ neuf mois à Swat puis près de deux ans à Haripur, à une heure et demie de route d'Islamabad, la capitale. En 2005, ils s'installent plus au nord, à Abbottabad, où ils seront finalement débusqués par les Américains. Pendant cette fuite, Amal, qui avait déjà eu un enfant de Ben Laden avant la fin 2001, en a eu quatre autres, deux à Haripur, en 2003 et 2004, et deux autres à Abbottabad, en 2006 et 2008". Ce n'est plus un leader terroriste, mais un inséminateur compulsif !!! A noter que la seule racontant le périple du reclus d'Abbattobad, celle qui "communique" le mieux avec l'ISI... est la plus jeune des veuves. A croire qu'elle a toujours fait ainsi... ou bien qu'elle n'a servi qu'à estampiller le parcours de 2002 à 2012 du fugitif le plus recherché au monde, le nouveau Frankenstein échappé (*), auquel personne ne croît.
Coopérer, un obscur "beau-frère" (présente les 3/4 du temps comme "frère" !) de la jeune veuve, Zakaria Abdel Fattah al-Saada, poussé complaisamment devant les caméras (en compagnie de Mohammed Amir Khalil, "l'avocat de la famille Ben Laden"), saura le faire lui aussi, se faisant par exemple photographier en train de "téléphoner à sa sœur", qui était alors présentée comme étant interdite de communication à Abbottabad par les autorités pakistanaises. Ou posant propre sur lui dans son jardin pour venir placer au passage au correspondant du Telegraph "que les révolutions arabes sont un bien" et que le "Yémen devrait s'en inspirer" alors qu'on lui demande des nouvelles de sa sœur, épouse du "monstre d'Abottabad". Ou "offrant" à la presse une photo des "trois enfants de sa sœur" avec Ben Laden, où les enfants figurant sont 6, et dont l'aîné est un garçon, alors que l'aîné de sa sœur est une fille de 12 ans ! En prime, le compte n'y est pas : il manque les deux bébés nès après 2006... ce que raconte avec insistance l'ISI depuis le raid.
A noter aussi que lorsqu'il s'agira d'expliquer dans quel avion les trois veuves auraient été expédiées en Arabie Saoudite, c'est bien entendu Aamir Khalil, l'avocat de la famille Ben Laden (ici à gauche sur la photo), qui sera le seul à l'expliquerà la presse. Toute la communication des trois recluses avait bien été verouillée, spécialement les dires du fameux "beau-frère"...
Étonnant personnage, donc, lui aussi. Ne donnant des interviews qu'à la presse anglaise (ou a Al Arabya), à laisser croire que le MI6 s'est aussi invité à la fête de l'après raid, lui qui avait tant participé aux opérations douteuses au même endroit, comme celle de l'affaire Rachid Rauf ce boulanger devenu artificier (?) échappé alors qu'il allait manger un hamburger... ou se rendait dans une mosquée, à bord d'un véhicule de la police pakistanaise (**)...
Pour ajouter au méli-mélo diplomatique, à l'arrivée des trois veuves en Arabie Saoudite, le 24 avril dernier, c'est un représentant d'une organisation encensant le gouvernement de Saleh, Mohammed Naji Allaw, un avocat, et son organisation humanitaire "Hood" qui annonçait l'arrivée de la yéménite... étrange participation médiatique ! Pour rester dans la même lignée, le 9 mai 2012 on apprenait qu'un prétendant kamikaze au Yemen n'était autre qu'un informateur de la CIA. "Selon les informations révélées par plusieurs médias américains, l'individu s'était porté volontaire auprès des chefs d'Al-Qaïda au Yémen pour mener un attentat-suicide contre un avion de ligne et les a convaincus de lui confier la mission" "Son objectif était en fait de mettre la main sur un nouveau type d'explosif ne comprenant aucun matériau métallique et mis au point par les djihadistes pour pouvoir franchir les portiques de sécurité dans les aéroports. La bombe serait une version améliorée des sous-vêtements piégés utilisés dans un attentat raté à Noël 2009". Exactement le genre de produit dont on reparlerait quelques mois plus tard... partout dans la presse... la fable pouvait donc reprendre ailleurs, indéfiniment. Et au cas où ça ne suffirait pas encorer, on ira dénicher le père de l'heureuse (?) épouse, dans une interview sidérante où le commentaire prendra la place de l'interviewé... on retrouvera également l'individu... dans la presse anglaise, toujours la même, débitant les mêmes salades. Et au cas où on aurait toujours pas compris, on ira même dénicher l'imam, ayant organisé le mariage de la belle avec Ben Laden, en... 1999. Aujourd'hui âgé de 37 ans, le Sheikh Rashad Mohammad Ismail,
aurait donc marié Ben Laden alors qu'il n'avait lui-même que.... 24 ans, à Ibb, au Yemen ! On a la vocation précoce, là-bas !
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Mort, Ben Laden pouvait aussi devenir un héros. Les américains, toujours aussi adroits psychologues, vont mettre quelque temps à s'en apercevoir, et vont agir en sens contraire, en cherchant à abîmer cette image trop flatteuse, par toute une série d'informations dénigrantes visant la sphère privée de celui qu'ils auraient abattu. On l'avait déjà dépeint dans les téléviseurs comme étant un couard, se réfugiant "en pyjamas" derrière sa jeune femme (une chaîne de télévision n'hésitant pas à mettre ce commentaire en sous-titre comme le montre l'image de gauche !), il semble que l'on n'était pas encore allé assez loin dans le genre, et qu'on souhaitait dégrader encore davantage la réputation du fugitif occis, après l'avoir taxé de "sénile" (et avoir dit en même temps qu'il avait enfanté ces dernières années), on va donc se charger de faire passer l'improbable pilule du grabataire reproducteur en lançant deux perfidies pour contrecarrer la mauvaise impression laissée par la seule photo du "vieillard prématuré" sortie de la maison d'Abbottabad, qui ne collait pas très bien avec le fait d'avoir été père quatre fois depuis 2002. En répandant l'idée comme quoi, question sexualité, le vieillard, pour satisfaire sa jeunette (son "investissement" sexuel à 5000 dollars) aurait eu recours à quelques adjuvants, à son âge avancé, il faut bien ça, nous apprenait la presse-torchon habituelle américaine, anglaise et pakistanaise. Une stimulation visuelle, tout d'abord, avec la découverte dans la maison de "films pornographiques" et un excitant
, du Viagra (enfin une pharmacopée locale contenant un produit similaire, d'après ce qu'on a pu apprendre : tout simplement du sirop d'
Avena Sativa, pour
lutter contre le choléstérol au départ !).
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Pour ce qui est du porno, là encore, à force de vouloir trop en dire, on va commettre un bel impair :
"ces vidéos pornographiques, vraisemblablement téléchargées sur Internet, ont été retrouvées dans un coffret en bois situé dans la chambre d'Oussama Ben Laden, selon la chaîne ABC, citant un responsable américain sous couvert d'anonymat". Pour quelqu'un qui n'était pas censer se servir d'internet, selon l'indispendable théorie du "courrier" cher à Dick Cheney... c'était raté comme démonstration.
"Selon les informations données par l’armée américaine, la cache de Ben Laden n’avait pas de connexion à Internet ou à d’autres moyens de communications électroniques, ce qui pose des questions quant à la manière dont les habitants de la maison ont pu acquérir les fichiers pornographiques avaient affirmé les premiers communiqués". C'est plutôt une annonce catastrophique question manque de coordination dans la communication US : on apprenait ainsi au moins à quoi servait l'énorme parabole au dessus de son toit, remarquez... Ou alors, le dirigeant terroriste avait transformé le fameux "courrier" chargé de livrer les ordres du grand leader en livreur de clés USB chargées de films pornos... On ne voyait pas jusqu'ici l'œucuménisme touchant des militants d'Al Qaïda.. soucieux d'avoir un leader en pleine santé... sexuelle !
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Tout cela ne visant pas seulement le physique de l'individu, mais aussi son idéologie : la pruderie musulmane, en premier, et le rôle de la la femme, tant vitupéré dans les sermons de Ben Laden s'en prenant à l'image de la femme véhiculée aux USA. Selon lui en effet, les femmes américaines étaient exploitées “
comme produits de consommation ou outils de publicité” (il affirmera même un jour : “
vous avez lavé le cerveau de vos filles pour qu’elles croient se libérer en portant des vêtements dénudés, alors qu’en réalité, elles n’ont libéré que votre désir sexuel”). Une charge supplémentaire, dans le but évident d'en faire un anti-héros : les américains se sont aperçus après coup que leur raid en avait fait un, malgré tout, il fallait rectifier cette fois le tir médiatique. Ce qui avait déjà commencé, à vrai dire, avec la fable de la jeune femme prise comme bouclier par le "monstre"
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Ben Laden, fable dans laquelle les pires commentateurs avaient sauté à pieds joints (avec les chaînes de télévision le montrant en 3D se cachant en pyjamas derrière sa femme !). Un éditeur en faisant même le sujet d'un
ouvrage de dessin pour enfants (la bêtise américaine étant visiblement sans fond !). Selon l'auteur,
N. Wayne Bell, très fier de son ouvrage, on peut même y voir un
"extrêmiste musulman tenant un coran dans une main et un fusil mitrailleur dans l'autre". Insondable crétinerie américaine... nourrie aux "blockbusters" cinématographiques et aux BD débilitantes.
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On essayera tout, pour présenter une famille Ben Laden "fiable". On ressortira des archives des textes de sa première épouse, racontant qu'il avait plutôt tendance à enfermer femmes et enfants pour leur éviter tout contacts extérieurs. On ressortira les mêmes salades pour Abbottabad, obligatoirement. A part que des journalistes un peu plus curieux que les autres auront la présence d'esprit
d'aller interviewer quelques voisins alentour, tous sidérés d'avoir appris à la télévision qui se cachait au milieu de chez eux. Dans leur témoignage, on apprend que les seules personnes vues étaient les deux propriéraires, qui sortaient parfois avec leurs enfants :
"Voici l’épicerie où avait l’habitude d’aller les deux hommes. Shaheed, les bras croisés devant a boutique, les a servis pendant 6 ans. « Ils étaient charmants mais parlaient peu. On les connaissait mais on ne savait pas comment ils s’appelaient. Ils venaient faire leurs courses comme tout le monde, presque tous les jours, parfois avec leurs enfants. Je n’ai jamais rien remarqué d’anormal dans leur attitude ou leur façon de s’habiller. Ils étaient très généreux et me laissaient souvent la monnaie. Ça se voyait qu’ils étaient riches, surtout ici où les gens sont pauvres." note TV5 Monde. Expliquant plus loin le repli effectif des habitants de la villa, toujours décrits comme étant les deux fameux frères propriétaires et non Ben Laden :
"il y aurait eu neuf enfants dans la maison, âgés de 2 à 12 ans. Selon les enfants du coin qui avaient l’habitude de jouer dans les champs, et donc, sous les fenêtres de Ben Laden, « ils ne sortaient quasiment jamais ou toujours en compagnie de leurs pères et n’allaient pas à l’école ». Sajjad, 7 ans, raconte qu’une fois, une balle de cricket est tombée dans la cour de la maison. « J’ai sonné et on ne m’a pas ouvert. Mais on a glissé un billet de 50 roupies sous la porte pour que je rachète une balle. Du coup, tous les enfants faisaient pareil », dit-il en riant".
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Aucune présence des aînés de Ben Laden de relevé, en tout cas, dont les deux filles de la troisième épouse ou de Khalid, tué paraît-il dans l'assaut. Que des enfants en bas âge, dont le plus jeune avait 2 ans seulement... Un autre voisin, "
Abassi, agriculteur" précisant
"qu'il a participé à la construction de la maison en 2005. Il est pris en photo parmi cette foule de témoins mais n’a pas souhaité être identifié. « Ils étaient très généreux et nous payaient 200 roupies la journée, le double d’un salaire journalier normal. Ils étaient riches et avaient deux voitures luxueuses : une SUV rouge et une jeep Suzuki blanche (ici à gauche un modèle 2005 rencontré à Lahore
). Les deux hommes disaient qu’ils avaient des hôtels à Dubaï, gérés par leur oncle qui leur envoyaient l’argent. Quand la maison a été finie, ils n’ont pas employé de servants et on n’a jamais su ce qu’ils faisaient. Ils n’invitaient personne et ne se mélangeaient pas ». Voilà qui ressemble davantage à un profil de trafiquants de drogue qu'à autre chose, les seules personnes décrites étant invariablement les deux frères Khan, leurs épouses et leurs enfants. Ce que confirmera un autre voisin encore :
"Yassin vit ici depuis 16 ans et a donc vu la maison se construire. « Quand ils ont érigé le mur, j’ai demandé pourquoi ils faisaient ça. Ils ont répondu que c’était dans leur culture pour préserver l’intimité de leurs femmes et de leur famille. Puis ils ont érigé des barbelés et je me suis dit qu’ils devaient être des hommes riches ou importants qui craignaient pour leur sécurité. » Il confirme que les seules personnes qu’il voyait sont deux hommes d’une trentaine d’années. Les deux proches de Ben Laden, connus sous le nom de Tareeq Khan et Arshad Khan, dont les pièces d’identité étaient fausses. « Ils ne se mélangeaient jamais aux gens du village, ce qui est étrange car ici, tout le monde se connait et se rend visite entre voisins. Ils n’invitaient personne. Il y a beaucoup de choses étranges mais de là à dire qu’ils abritaient Ben laden, j’ai du mal à le croire. » Sa femme ajoute que, parfois, elle a vu des femmes sortir en voiture. « Mais les vitres étaient teintées et les femmes entièrement voilées. Elles observaient strictement la purdah et restaient donc closes dans la maison ».
Des trafiquants, comme occupants ? Parmi les peu d'élèments visibles après le raid, dans le batîment, dans la chambre même de celui présenté comme l'occupant principal, entre deux énormes mares de sang, c'est bien une balance de précision que l'on distingue par terre. Exactement le modèle que l'on retrouve chez les dealers lors des saisies de drogue. Les américains eux-mêmes vont en rajouter dans le genre, sans même s'en apercevoir, en tentant toujours de charger (maladroitement) la barque de leur cible. Ainsi la presse US qui, dès le lendemain de l'a l'assaut, va ajouter que "des détails de la façon dont le chef d'Al-Qaïda était prêt à continuer à fonctionner s'il se faisait repérer, montrant l'urgence de la mission à faire, ont été révélés par les sources de la Maison Blanche hier soir". Selon cette presse à scandales (ici le Daily Mail anglais), en effet, on aurait trouvé une liasse de 10 billets de 50 euros cousu dans le vêtement que portait Ben Laden. "Bien que 500 euros - autour de 740 $ - ne représente pas une fortune, cela aurait pu être suffisant pour financer un départ rapide vers la frontière de l'Afghanistan, ou vers une autre cachette au Pakistan. Il est bien connu que les billets de 500 euros sont la monnaie de choix dans le milieu de la drogue et la criminalité internationale dans le monde, avec une proportion significative du total en circulation détenue par des gangs criminels, laissant dans le manque d'approvisionnement le reste d'entre nous. En conséquence, le billet de grande valeur a été surnommé « le Ben Laden », paraît-il, parce que si vous savez à quoi il ressemble, et qu'il se déplace beaucoup, personne ne le voit jamais".
Une description ridicule qui ressemble plus à une blague de potache qu'à autre chose, mais qui a dû ravir les fans de FoxNews, qui adorent ce genre de blague. Inimaginable gag, sorti tout droit de l'imagination d'un des conteurs embauchés pour tenter de vendre un Ben Laden retors. A noter le ridicule des sources : s'il existe bien un "Ben Laden" des billets, c'est celui de 500 euros et non de 50..., c'est celui-là qui a "mauvaise réputation "... "Pour les députés français, il ne fait aucun doute que les billets de 500 euros sont devenus, depuis la disparition du billet de 1 000 dollars, la valeur en espèces la plus importante. Celle qui est privilégiée pour le blanchiment d'argent sale" avait dit d'eux la presse en novembre 2009 déjà.
Et combien de femmes à l'intérieur de la villa alors ? Un des gamins de la rue avoisinante témoignera à la presse, dans le Herald Sun : "un garçon âgé de 12 ans, Zarar Ahmed, a dit qu'il avait régulièrement visité la famille Ben Laden et avait fait de même pendant les cinq dernières années. Un jour, les enfants de ben Laden ont donné au garçon une paire de lapins. « J'avais l'habitude d'aller à leur maison », a déclaré Ahmed. "Il avait deux épouses, on parlait l'arabe, et l'autre parlait l'urdu. Ils avaient trois enfants, une fille et deux garçons. Ils m'ont donné deux lapins. "Ils avaient installé une caméra à la porte extérieure afin qu'ils puissent voir les gens avant leur entrée." D'aucuns diront qu'avant l'arrivée de la troisième veuve, le nombre y était (mais pas la seconde langue parlée !) : mais pas pour les enfants, au nombre seulement selon lui de trois ! Le gamin, en cinq ans de visites, n'aurait pas aperçu d'agrandissement de la fratrie... exit les 4 bébés nès après 2002 ! Le jeune garçon, en prime d'avoir décrit l'intérieur, avait remarqué un autre détail passionnant : la présence de caméras surveillance, dont pas une ne sera restée visible après le raid. Le commando US avait eu le temps d'embarquer les bandes vidéos des visiteurs et les caméras avec ? Ou la fameuse caméra n'était-elle qu"une caméra de porte ??? Il ne semblait y en avoir aucune. "Un vaste bâtiment gris qui ne paie pas de mine, cerclé d'une enceinte de quatre à cinq mètres de haut, surplombée de barbelés, auparavant bardée de caméras de surveillance" avait pourtant écrit Célia Mercier, le 6 mai 2001, dans le Figaro. En tout cas, la maison n'avait rien de celle d'un milliardaire. "Contrairement à ce qui a été affirmé par les Américains, la bâtisse de trois étages n'était pas luxueuse. Carrée, privée de balcons, elle a plus l'allure d'une petite clinique un rien sinistre que d'une villa de campagne. L'intérieur est spartiate : dalles de carrelage gris, murs et escalier de béton, mobilier simple en bois, matelas de mousse, vieux postes de télévision. La chambre du chef d'Al-Qaïda n'échappe pas à la règle" indique 7 sur 7.
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Si on entreverra fugacement
une partie des visages des deux veuves saoudiennes (Silahm Sharif et Khairiah Sabar, donc, logiquement, photographiées ici ci-dessus sur un cliché difficile à dégoter) au fond du minibus qui les emportera,
muni d'imposants rideaux, aucune ne semblera correspondre aux femmes décrites, et pas non plus au passeport trafiqué montré de l'épouse yéménite. Tout sera fait pou
r en montrer le moins possible lors de leur
expulsion du pays : on
a joué aux femmes invisibles de façon grotesque. Aucune non plus ne sera suivie en train de prendre un quelconque avion plus tard
. "Vers minuit jeudi (19h00 GMT), un minibus est passé prendre la famille dans la résidence surveillée d'Islamabad où elle était détenue ces derniers temps. Elle est arrivée une trentaine de minutes plus tard à l'aéroport civil d'Islamabad, situé à Rawalpindi, dans la banlieue de la capitale, où elle est entrée par une porte discrète située à l'arrière, selon des responsables locaux. Une fois dans l'aéroport, les veuves et les enfants ont été dirigés vers la zone des départs, où ils ont satisfait à quelques procédures d'immigration avant de décoller pour l'Arabie Saoudite. Une fois sur place, la plus jeune des épouses de Ben Laden, la Yéménite Amal Abdulfattah, doit ensuite gagner le Yémen avec ses cinq enfants, selon ses avocats à Islamabad"
nous dit bien le Nouvel Obs... mais aucune personne n'a assisté à la manœuvre, contrairement à la mise en images médiatiques du départ du minibus, entouré de dizaines de caméras, un départ hypersuivi par la presse. La mise en scène durera jusqu'au bout, avec cette annonce d'embarquement en avion à la sauvette à laquelle personne n'aura assisté. Au final, pas un journaliste n'ayant pu les rencontrer, et il n'y aura donc aucune certitude sur leur personnalité, en particulier sur la plus ancienne sur place, Khairia, la mère d'Hamza Ben Laden, né en 1989. C'est la plus vieille épouse (encore mariée) de Ben Laden, et la plus lettrée aussi. Elle est âgée de 61 ans, et possède un ascendant certain sur son mari : or les personnes prises fugacement en photo à bord du minibus semblent nettement plus jeunes ! Ce ne peut être elle qu'on embarque vers l'Arabie Saoudite. Au final, il n'y aura eu aucun test ADN de réalisé, sur les enfants, et donc aucune preuve, aucune certitude sur ce deuxième escamotage post-raid d'Abottabad. Exit l'histoire des trois veuves à renvoyer, place... à la suivante, de fable suppplémentaire. Une de plus, touchant l'une d'entre elles particulièrement.
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Comme les doutes subsistent toujours, malgré tout le barouf médiatique pakistanais, on va en effet mêler à la "nouvelle" une ancienne épouse, qui va en quelque sorte lui servir de " garantie" : c'est justement Khairiah, la plus âgée de toutes dans l'organigramme familial. En racontant une dernière fable, toujours originaire des services secrets pakistanais.
« Un général retraité de l’armée pakistanaise dit avoir consulté des documents confidentiels et rencontré des agents de l’Isi (le service secret) pour aboutir à cette conclusion : c’est la première épouse d’Oussama ben Laden, Khairiah Sabar, qui aurait dénoncé son mari…par jalousie. Elle n’aurait pas supporté que la cinquième femme du chef d’Al-Qaeda, une jeune Yéménite, partage seule sa chambre, dans la maison d’Abbottabad, où il se cachait… » (cité dans Le Point du 15 mars 2012). On a souvent écrit que l'histoire de Ben Laden était digne des scénarios d'Hollywood, avec ce énième épisode on sombrait dans l'épisode des
"Desperates Housewifes" ! On s'enferre dans le mauvais feuilleton télévisé là avec cette énième version des événements !!! En fait la thèse, largement répandue par la presse à scandales, pour qui elle est idéale, est celle de Shaukat Qadir, un général de brigade à la retraite pakistanais, qui, ainsi... déchargeait en grande partie la responsabilité de son pays dans la "capture" du fugitif, jugé "sénile", selon lui :
"Ben Laden "a commencé dès 2001 à souffrir de déficience mentale", qui a progressivement conduit son bras droit, l'Egyptien Ayman Al-Zawahiri, à vouloir l'éliminer. "Il en avait marre des lubies fantasmatiques de Ben Laden", qui voulait par exemple "s'emparer d'une centrale nucléaire" au Pakistan, explique-t-il. Après plusieurs années de cavale dans le nord-ouest pakistanais, Al-Qaïda décide de le cacher à Abbottabad, où elle fait bâtir une grande maison. Ben Laden s'y installe en 2005 avec deux de ses femmes et plusieurs de leurs enfants, dont un fils adulte, Khalid. Ce dernier, comme les deux protecteurs pakistanais du chef d'Al-Qaïda, y vient également avec femmes et enfants". Ce qu'il faut noter, c'est que les australiens arrêteront bien un envoyé d'Al Quaida grâce aux indications du juge Bruguière (un français,
Willy Brigitte, étant dans le coup), et que ce dernier cherchait à s'en prendre à une centrale nucléaire. L'idée, cette fois là n'avait pas été taxée d'idée émanant d'un sénile.... A noter aussi que le vieux général note bien la présence de deux femmes, qui sont donc Siham Sabar et Amal al-Sadah : il tente de coller au plus près au storytelling officiel. Les "deux" protecteurs "pakistanais" étant les frères Khan, Arshad Khan, le propriétaire de la maison, et Tareq Khan,
réputés comme trafiquants de drogue, qui "habitaient la maison du Maulavi Abdul Kabir"... et non celle de Ben Laden.
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Revenons-en plutôt à notre ancienne épouse (
"desperate" ?) qui serait revenue comme un cheveu sur la soupe s'établir au milieu de sa famille d'origine... après dix années de réclusion en Iran. Etonnant situation passée sous silence par les médias du monde entier : personne ne s'en est intéreressé pendant tour le temps de sa détention, ou plutôt de son assignation à résidence dans un pays décrit comme l'adversaire direct des USA, qui ainsi donnaient un coup de main à la lutte contre Al-Qaida sans qu'on ne se hasarde à en parler. "
Mais les choses changent au printemps 2011, lorsque débarque une autre femme de Ben Laden, elle aussi saoudienne, Khairia, qu'il avait épousée dans les années 1980 et n'avait pas revue depuis la fin 2001. Réfugiée et mise en résidence surveillée en Iran jusqu'à la fin 2010, elle a ensuite passé selon Shaukaut Qadir plusieurs mois dans un camp d'Al-Qaïda en Afghanistan avant de rejoindre Abbottabad en mars 2011. Moins de deux mois avant le raid". Kharia a été épousée en 1985, soit il y a 26 ans lors de la "capture" de Ben Laden. Particulière, la dame, car plus âgée que Ben Laden (de 7 ans !) et revenue au bercail 26 ans après son mariage, après avoir été relâchée en
2010 d'une prison iranienne où elle avait été échangée contre un diplomate iranien kidnappé par des extrémistes d'Al Qaida au Pakistan. Laissant entendre une volonté de Ben Laden de faire pression sur Téhéran pour qu'il relâche une de ses épouses ? Peut-être, mais alors pourquoi l'avoir fait si tardivement ? Il vaudrait mieux peut-être poser la question autrement : un mort peut-il songer à rappeler auprès de lui son épouse délaissée ou abandonnée ???
Revenue après avoir passé 10 ans en prison, donc,... et atterrie directement dans la villa d'Abbottabad deux mois juste avant le raid, avouez qu'au point de vue coïncidence il est difficile de faire mieux comme revenante ! Elle serait venue s'installer à Abbottabad... avec son fils unique : Hamza Ben Laden, né en 1989 (âgé donc de 22 ans au moment de l'assaut, et ici en photo
beaucoup plus jeune), celui présenté parfois par erreur comme celui tué dans la villa. Selon certaines sources improbables, il aurait été présent sur place mais
"aurait réussi à s'échapper", et ce serait son demi-frère Khalid âgé de 24 ans qui aurait donc été tué (et son corps emmené). S'échapper, au milieu d'un commando de Marines lourdement armé, alors qu'il n'existe qu'une seule entrée ( et une seule sortie) au bâtiment, qu'il n'y a aucun tunnel, et que les murs élevés sont garnis de barbelés ? Encore une fois, rien pour étayer l'une ou l'autre thèse où le risible l'emporte sur le farfelu ! Les storytellers semblent surtout s'être emmêlés les noms dans la saga familiale ! Khairiya n'est pas la "première" épouse de Ben Laden, mais
la troisième.
Et son histoire est plus que trouble en effet, à cette veuve âgée, comme on la racontait le 23 décembre 2009 encore. "Le journal britannique The Times a rapporté que 11 des petits-enfants de Ben Laden ont vécu dans une villa de haut-sécurité à l'extérieur de Téhéran. Le groupe a fui l'Afghanistan juste avant le 11 septembre, 2001 lors des attaques sur les Etats-Unis et s'est dirigé vers la frontière iranienne, où ils ont été arrêtés et emmenés dans une enceinte fortifiée par les gardes, écrit le Times. "Le gouvernement iranien ne savait pas quoi faire avec ce grand groupe de personnes dont personne ne voulait, alors il a simplement maintenu leur sécurité. Nous leur devons beaucoup de gratitude, "a déclaré Omar (un des fils de Ben Laden). Ses membres de sa famille ont pu vivre dit-on une vie aussi normale que possible, avec la cuisson des repas, regarder la télévision et lire, mais ils n'étaient autorisés à sortir que rarement pour faire des achats. Le Times a qu'ils se sont échappés de la villa durant une telle excursion le mois dernier et se sont enfuis à l'ambassade d'Arabie saoudite. "Iman (la fille de Ben Laden et de Najwa al-Ghanem, la toute première épouse
) a vécu pendant plus de 25 jours à l'intérieur de l'ambassade d'Arabie », a déclaré Omar. Fouad Qassas,
l'Arabie chargé d'affaires à l'ambassade du royaume à Téhéran, a confirmé qu'Iman y a séjourné, selon Asharq Al-Awsat, qui a dit qu'elle avait demandé la permission de quitter l'Iran, jusqu'ici sans succès". Omar a dit que cinq autres enfants de son père sont actuellement en Arabie Saoudite, tandis que trois, avec leur mère Najwa, sont en Syrie. Il espère que sa famille en Iran sera autorisé à quitter le pays".
C'est donc bien Iman, née en 1990, la fille de Ben Laden et de la première femme de Ben Laden, Najwa al-Ghanem, déjà installée en Syrie depuis 2001, à Latakia, qui avait réussi à s'enfuir la première
. Ici en photo, à droite, la fratrie (jeune) de Ben Laden avec de gauche à droite Fatima, Saad, Omar, Mohammed, Osman et Abdul Rahman.
Les enfants de Khairiya étant déjà âgés, s'appelant Saad, 32 ans, Uthman, 28 ans, Fatima, 25 ans, Hamza, 23 ans, et Bakr, 18 ans, tout cela en 2012. Au total, cela faisait 18 personnes ! Rien à voir, donc, avec les âges des enfants constatés dans la villa d'Abbottabad que Khairiya aurait donc rejoint sans les siens, ce qui est tout autant incompréhensible !!! En réalité, l'histoire du ressentiment possible d'une partie de la famille de Ben Laden avait déjà été évoquée dans le livre de l'américaine
Jean Sasson, femme-écrivain à forts tirages US, qui affirmait que Ben Laden l'avait laissée à Kandahar alors que lui s'embarquait pour Tora Bora. Les deux premières épouses et leurs enfants, délaissés, abandonnés à leur sort par un mari parti faire la guerre, soit une belle smala déjà. La famille aurait choisi de rejoindre non pas le Pakistan mais l'Iran, plus proche, à pied, après plusieurs longues étapes exténuantes, raconte Sasson. Les gardes frontières iraniens ne sachant pas quoi en faire avaient décidé de les assigner tous en résidence, où ils furent plutôt bien traités, pendant plus de dix années donc, ce qui ne lasse pas d'étonner. Car ici, en Europe, tout le monde avait ignoré cet étonnant épisode. Au final, on se retrouve en tout cas avec au moins une certitude : s'il y avait bien quelqu'un qui aurait su où habitait Ben Laden, via une de ses épouses... c'est bien l'Arabie Saoudite et non les USA ! Ou plutôt le Qatar, où les échappées" avaient rejoint en premier l'un des fils, Omar Ossama Ben Laden. Ils avaient bien dû savoir où ré-expédier l'ancienne épouse abandonnée en effet, une fois "récupérée" en provenance de l'Iran ! Et c'est bien en ce cas le tempo qui étonne, puisqu'il n'aura fallu que quelques mois à Khairiya pour rejoindre Abbottabad : "échappée" début décembre 2010 d'Iran, elle aurait rejoint son mari fin mars, au Pakistan, via le Qatar. C'est cela qui intrigue le plus, en fait : qui savait où se trouvait exactement le reclus, dans la famille ? Ou plutôt quels services secrets étaient au courant de sa localisation précise ?
Au final, l'absence d'indications précises sur la personne principale, la fameuse dernière épouse, remet en cause beaucoup de choses : l'histoire de la jeune veuve est le pilier d'une storytelling qui permet avant tout à Ben Laden d'exister au Pakistan après 2002, et de le localiser dans les différentes maisons montrées dans les épisodes précédents, toutes situées au Pakistan. Sans elle, pas de trajet pakistanais de Ben Laden après Tora-Bora. Sans elle, c'est simple, Ben Laden (ici photographié à 16 ans !) n'existe pas, au Pakistan, après 2002 ! Résultat, si on constate que l'existence même de la jeune veuve repose sur un document falsifié, grossièrement... rien n'affirme donc que Ben Laden ait été vivant tout le laps de temps depuis l'arrivée de la jeune épouse qui lui sert de caution d'existence, avec ses bébés à répétition dont on n'effectuera aucun prélèvement d'ADN pour en connaître le père véritable, et que pas un seul journaliste ne pourra approcher. Il n'y a pas que le corps de Ben Laden qui a été rendu invisible, dans cette histoire : ses veuves aussi l'ont été. Comme l'avait pourtant écrit le New-York Times, elles n'étaient pas dénuées d'intérêt mais ont été escamotés : "les trois veuves de Ben Laden sont d'un grand intérêt parce qu'elles détiennent les réponses à certaines des questions dont les renseignements occidentaux sont frustrés depuis 2001". Ben Laden, un vieillard présenté comme sénile devenu mâle reproducteur reclus par la grâce d'une sorte d'avoine magique... Il n'y a pas, on a bien mené les gens en bateau après le raid, lui-même déjà sujet à caution, exactement de la même manière que l'on avait mené les gens en bateau en plein désert, à Tora Bora, comme je vous l'avais indiqué il y a bien longtemps maintenant (en f
évrier 2008 !). Rien ne prouve véritablement la présence de Ben Laden à cet endroit, et surtout pas cette dernière épouse... inventée de toutes pièces. Du bâtiment où il aurait vécu, il ne reste déjà plus rien
qu'une dalle de béton (***) : comme si l'on avait tiré un trait sur un gigantesque mensonge qui aura duré plus de dix ans.
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(*) à ce propos on peut relire les 4 épisodes le présentant ainsi :
1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ben-laden-la-fabrication-complete-70030
on y trouve un renseignement sur le verrouillage complet de la communication par l'ISI aux abords de Quetta, notamment :
"Quetta, bizarrement interdite aux journalistes... note en mars 2008 Pauline Garaude, l’envoyée du Point. "À Quetta, lorsqu’un étranger arrive dans un hôtel, le propriétaire fait cinq photocopies du passeport. Trois pour les services de renseignement (l’ISI, la Military Intelligence et l’Intelligence Bureau), une pour la Police et une qu’il garde. "On évite de prendre des journalistes, car ça nous attire toujours des problèmes", témoigne le gérant d’un hôtel de basse catégorie." Quetta, ou Islamabad, les villes où on organise les interviews : "Un journaliste étranger basé à Islamabad raconte lui aussi ses déboires : "Toutes les interviews avec les militants étaient organisées. Au moment d’y aller, le journaliste local avec qui je travaille est entré dans ma chambre, livide, et m’a dit : Paye-moi et tire-toi ! Il vaut mieux que tu rentres à Islamabad." Un autre journaliste, suisse, a été suivi par les services d’intelligence et a été obligé d’interrompre son travail illico, dès qu’il s’est trop approché des réseaux militants..." Voilà qui nous ramène à Farouk... et à Paris-Match !"
Le plus surprenant étant cette étude surprenante, qui se révèle après coup assez exacte http://news.sciencemag.org/scienceinsider/2011/05/geographers-had-calculated.html : selon deux chercheurs, Ben Laden devait se trouver à moins de 300 km de Tora Bora. Ce qui est le cas d'Abbottabad. Ils avaient cité Parachinar comme ville idéale, qui se situe à 289 km d'Abbottabad.
extrait de mon article du 18 février 2010 :
"Pendant ce temps, certains scientifiques l’avaient localisé précisément à Parachinar. Un paradis devenu enfer, où s’est exercé une sauvagerie talibane sans nom ! En 2009 deux chercheurs le "logeaient" en effet "scientifiquement," avec l’analyse de ses besoins (avant tout la dialyse et les besoins en électricité) à cet endroit, en révélant même les photos d’une maison... possible pour accueillit le célèbre fugitif. Une analyse remarquable qui reposait sur un a-priori évident, celui d’un Ben Laden toujours vivant ! Et qui démontrait aux militaires que ce genre de réflexion, ils auraient pu l’imaginer. Mais n’ont jamais pris la peine de le faire, justement : pour quelle raison ? Démontrer aussi facilement la présence raisonnée de Ben Laden et ne pas l’y trouver réellement n’impliquait pas que l’inconséquence de l’armée US : sous les mots des scientifiques pertinents, il y avait bien la possibilité de la mort du personnage. Ne pas le trouver, alors que les indices s’accumulent... prête à questionnement".
2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ben-laden-la-fabrication-complete-70031
3) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ben-laden-la-fabrication-complete-68312
4) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ben-laden-la-fabrication-complete-68428
(**) Al-Qaida et ses "numéros deux" changeants façon Le Prisonnier : "
la "traque contre Al-Qaida s’avèrerait donc efficace", dit notre spécialiste, toujours sans sourciller : en neuf ans, les deux leaders n’ont toujours pas été arrêtés, pourtant. Mais on a des camionnettes pleines de "top leaders", il est vrai : des vrais, des faux, des morts, des vivants, des morts-vivants. Tous plus ou moins lampistes de cette histoire de plus en plus abracadabrante. Al-Qaida, c’est un peu la troupe des danseurs de Michael Jackson dans "Thriller". Une bande de zombies en sursis. Personne n’a retenu leurs noms, tout le monde ayant focalisé sur le leader. Une troupe égalitariste : "tout le monde peut devenir numéro 3 chez eux " !!! Derrière les deux leaders, plutôt. Un qui bouge encore, parfois, un autre qui ne bouge plus depuis longtemps. Mais on a tout prévu, pour remplacer au cas où le vrai-faux leader, au cas où. Avec ce morceau de bravoure journalistique ressorti même pas réchauffé. Admirons la prose : "certains observateurs annoncent que le successeur serait un Libyen, Abou Yayha Al Libi, alias Mohammed Hassan, au passé non militaire, mais qui serait chargé de la communication et de la propagande d’Al-Qaida. Point essentiel de la tactique d’Al-Qaida, quand on sait que ce dernier est un « héros » pour la bonne raison qu’il a réussi à s’échapper de la prison de Bagram, en Afghanistan, où il était détenu. Un lieu de détention qui accueille aujourd’hui plus de 600 détenus, surnommé « le Guantanamo afghan », sauf que les prisonniers n’en sortent pas". Tu parles d’un héros !