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Accueil du site > Tribune Libre > Les casseroles létales de la démocratie

Les casseroles létales de la démocratie

La non-exemplarité, le mensonge et le carriérisme sont les trois toxines létales des démocraties occidentales.

Vous vous attablez à une terrasse de restaurant, vous consultez la carte et vous demandez au garçon de vous servir ce que vous avez choisi. A quelques rares exceptions, vous mangez ce que vous avez demandé. Mais jamais exactement ce que vous aurez aimé bouffer, même si la salière et la poivrière ainsi que les flacons d’autres condiments et épices étaient mis à votre disposition pour corriger d’éventuelles carences gustatives. Bref manger dans un restaurant de ville fût-il un Quatre Fourchettes ne garantit pas à 100 % que la saveur de l’entrée, plat ou dessert que vous aurez commandés sera exactement celle de vos rêves. Et ce même si vous vous estimez pleinement satisfait ! Car le fait de manger dans une guinguette de luxe force préalablement votre jugement en sa faveur. On ne crache jamais dans un bol 3 ou 4 fourchettes sans risquer de passer pour un plouc. Question de psychologie conformiste. En effet, quelques soient le professionnalisme et le savoir-faire de la toque blanche qui a préparé voit pitance, il ne pourra jamais savoir combien vous mettez d’habitude de quantité de sel, d’huile ou d’eau dans vos plats, sauf si le cuistot est à votre service exclusivement.

En démocratie, c’est pareil. Les hommes politiques, bien élus ou mal élus, ne sont pas au service d’un seul électeur. Mais de plusieurs milliers ou millions d’entre eux, qui n’ont pas forcément les mêmes papilles gustatives… Dès lors un président, chef de gouvernement, député ou édile ne pourra jamais satisfaire la totalité de ses électeurs. Pour le chef d’Etat c’est plus difficile encore ; étant donné qu’il est censé être le président de tout le monde, celui de ceux qui ont voté oui, non, blanc ou simplement resté chez eux le jour du vote…

Donc le quiproquo voire la rupture qui apparaît fréquemment dans les démocraties, entre un homme politique et ses électeurs après les fameux 100 jours de sursis, est inévitable et somme toute naturel.

Le meilleur exemple d’une bonne pomme de discorde : le mariage entre les couples de même sexe. Comme le nombre de ceux qui ont porté cette formation politique aux affaires et qui sont contre ce type de mariage sont forcément beaucoup plus nombreux que leurs « frères du vote » gays- ou favorables à cette forme d’union-, il est impossible au parti politique vainqueur de légaliser cette forme d’union sans provoquer l’ire de la majorité de son électorat. De même impossible d’abandonner cette légalisation du mariage homo sans que la communauté gay ne sente trahie par le parti pour lequel elle a donné ses voix, surtout si la réforme faisait parti du programme (ou de la réclame) électorale.

Le revers de la médaille le plus méchant de cette mécanique incontournable est la naissance d’un fossé entre la classe politique et le peuple. Un fossé qui s’agrandit au fil du temps, parallèlement à la montée des courbes de chômage, du coût de la vie ou de l’insécurité…

Cependant, cette mécanique inévitable et qui prouve que les démocraties occidentales portent en leur sein les germes de leur perte n’est pas fatale. Dans ce sens qu’il y a un moyen de réduire les dégâts voire les atténuer. Le remède a trois noms : éthique, probité, exemplarité. Un triptyque qui doit figurer en lettre de feu dans le préambule du CV de chaque homme politique. Sinon la rupture ne tardera pas à se transformer en rejet pour ne pas dire en rébellion. Et comment pourrait-il en être autrement quand des politiciens s’affichent en télé avec des boutons de manchette en or ou des montres Rolex serties de diamants pour parler d’austérité budgétaire ? Comment pourrait-il en être autrement quand des ministres, touchés par la crasse de l’Etat (encrassés jusqu’au cou) donnent des leçons en patriotisme alors que leurs sous sont soigneusement camouflés dans des paradis fiscaux ?

Comment pourrait-il en être autrement quand des syndicalistes dissertent le jour sur la confiance et tapent dans la caisse la nuit ?

On peut multiplier les exemples à l’infini mais une chose est sûre : la non-exemplarité, le mensonge et le carriérisme sont les trois toxines létales des démocraties occidentales.

http://chankou.over-blog.com/2014/11/les-casseroles-letales-de-la-democratie.html


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10 réactions à cet article    


  • sophie 17 novembre 2014 11:11

    exact, voir l’article juste sous le votre... mais de mon optimisme perchée j’imagine que cela n’ira pas très loin, une sorte de bulle quoi.


    • doctorix, complotiste doctorix 17 novembre 2014 16:16

      Qu’un gouvernement ne puisse pas satisfaire tout le monde, on peut le comprendre.

      Mais qu’il réalise la performance de parvenir à ne satisfaire personne, là, on frise l’exploit...

    • Daniel Roux Daniel Roux 17 novembre 2014 11:31

      Il ne s’agit pas seulement de plats commandés dont le goût n’est pas tout à fait à notre convenance. Dans notre république de menteurs, c’est un autre plat que celui de la carte qui vous est apporté.

      Vous vous êtes assis à table et la carte vous promet une côte de bœuf et le serveur vous pose une tranche de rôti de porc sur la table.

      Les hommes politiques sont des menteurs qui n’ont qu’un soucis en tête, durer.

      Vous pourriez rétorquer que s’ils disaient la vérité, ils ne seraient jamais élus, comme Mendès France.

      Ce à quoi je répondrais : Si l’on coupait la tête aux menteurs, ils nous resteraient à choisir que parmi ceux qui disent la vérité et s’engagent.


      • SALOMON2345 17 novembre 2014 19:51

        Daniel Roux

        Vous avez raison lorsque vous indiquez avoir (par ex) commandé à la carte une choucroute et que l’on vous sert un cassoulet suivi d’un : « Mange ce qu’on te donne ! » ou pire encore, lorsque vous attendez une omelette paysanne et que l’assiette posée devant vous ne contient que la fameuse bout de feuille de salade esseulée, accompagnée d’un sonore regret : « On n’avait plus de patates, les lardons ne sont pas livrés et on n’a plus ni oignons ni oeufs... ! ». C’est bien un peu ce que vous dénoncez et le véritable scandale n’est pas dans les diverses pénuries - cela peut exister - mais bien de n’avoir ni prévu ces vides ni surtout prévenu le repas qui en conséquences nous attendait !!!

        Revenant au problème démocratique, si les vertus de probité - qui incluent éthique, sincérité et honnêteté, etc... - il existe par ailleurs, des moments ou un pouvoir légal, mais surtout légitime, peut - pour la tranquillité publique sous conditions expresses et exceptionnelles - « mentir par OMISSION » sur certains sujets particulièrement sensibles : en diplomatie, sur les moeurs type peine de mort ou des questions de cette nature et tout ce qui peut protéger de toute panique incontrôlable...

        Pareillement, il est vrai que le Peuple devrait pouvoir se préserver par manipulation de la fabrication du consentement (Chomsky) et pour fortifier sa raison - seule outil de décision à mon sens - s’éloigner des bateleurs et autres pourvoyeurs de sucres, destinés à masquer tant d’amertumes à venir...

        Entre ARTHUR et ARTE : il faut choisir !!!

        Cordialement


      • popov 17 novembre 2014 13:29

        @l’auteur

        On peut multiplier les exemples à l’infini mais une chose est sûre : la non-exemplarité, le mensonge et le carriérisme sont les trois toxines létales des démocraties occidentales...

        ...et de toutes autres formes de gouvernement.


        • colere48 colere48 17 novembre 2014 17:02

          On découvre avec dégout et effroi que nous pensions vivre dans une démocratie quatre étoiles et qu’en fait nous vivons dans un « gargote » grouillante de vermines et cancrelats !!


          • Mohammed MADJOUR (Dit Arezki MADJOUR) Mohammed MADJOUR 17 novembre 2014 17:45

            «  »En démocratie, c’est pareil. Les hommes politiques, bien élus ou mal élus, ne sont pas au service d’un seul électeur.«  »

            Je suppose que vous parlez du « score », évidemment que c’est important mais n’a t-on pas vu et ne voyons-nous pas aujourd’hui des démocratie crasses qui accordent des 99 pour cent de oui ? 

            Je refuse la définition de tous les dictionnaires et celles qui se rapportent à toutes les cultures populaires depuis que ce mot a fait irruption sur l’Agora des Grecs !

            Voilà comme je conçois la « vraie démocratie » et qui est donc le « résultat démocratique » lors du choix d’un « dirigeant politique » , il y a des démocraties qui savent et qui peuvent, il y a des démocratie qui ignorent et qui se trompent.

            Voici comment je comprends les choses : La démocratie est et devrait être celle que j’ai définie comme étant le produit d’une intelligence collective de telle ou telle société, il s’ensuit qu’on ne peut pas opposer des sociétés démocrates aux sociétés qui ne le sont pas ou que l’on quémande ici et là plus de démocratie. Au contraire il faut parler de « qualité démocratique », c’est-à-dire le niveau réel de l’intelligence collective de telle ou telle société qui montre et concrétise ses idées sur le terrain social et politique ; Je veux dire l’application d’une meilleure législation en mettant à exécution les meilleures lois sachant bien entendu que les espoirs ainsi que les ambitions des uns et de autres sont toutes à fait identiques, il s’agit alors d’assurer l’égalité des droits aux initiatives individuelles qui n’auraient que la seule contrainte de l’honnêteté et de la compétence ! 

            Jusqu’à présent, le leurre démocratique aidant, les sociétés humaines fonctionnent à l’envers, il n’appartient pas au président de qualifier ou de nuancer la démocratie, la démocratie valide le meilleur individu qui pourrait honorer la véritable démocratie si celle-ci est la volonté générale d’un peuple qui voudrait le bien être collectif ! Or la désinformation universelle, la pollution des esprits, la corruption généralisée , d’autres fléaux... ont réussi à conforter au fil des siécles un Leurre démocratique occidental devenu aujourd’hui la loi universelle qui marginalise les peuple au profit d’une minorité de volontaires apatrides, ces milliardaires illégitimes « démocratiquement décorés » des médailles et encombrés de titres d’une nouvelle noblesse qui ne dit pas encore son nom !

            Veuillez trouver plus d’exemples concrets ici :

            http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-republique-dans-tous-ses-etats-159436
            http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-republique-dans-tous-ses-etats-159436


            • Le421... Refuznik !! Le421 17 novembre 2014 18:22

              C’est un petit peu pour cela que certains réclament une 6ème République...
              Bien évidemment, les crabes en place n’en veulent pas !!
              Vous imaginez par exemple une limite de deux mandats non renouvelables pour toute personne élue ?? L’horreur !!
              Et puis, pas mal de français ne sont même pas au courant...


              • Le421... Refuznik !! Le421 17 novembre 2014 18:23

                Post-scriptum : Les fifilles du Bloc Identitaire, n’oubliez pas de « moinsser » à fond !!  smiley


              • cleroterion cleroterion 18 novembre 2014 23:32
                Je suis d’accord avec votre article à ceci près que la France n’est pas une démocratie. Vous pouvez lire à ce sujet l’article que j’ai écris il y a une semaine. L’élection n’est pas la démocratie puisqu’elle donne le pouvoir à petit nombre de personnes et non au peuple. Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple tel que c’est écrit dans l’article II de la constitution n’est qu’une illusion. La crise que nous traversons est une crise de l’oligarchie et du gouvernement « représentatif » qui est incapable de gérer ses propres contradictions et mensonges. Nos députés sponsorisés ne représentent absolument pas le peuple mais ceux qui les ont fait élire, à savoir les plus riches, la ploutocratie. 
                L’oligarchie est un système utopique et idéaliste qui repose sur la confiance dans la personne élue. En votant, on abandonne notre pouvoir de citoyen à un politique près à toutes les démagogies pour être élu.

                Nous n’irions pas donner tout notre argent à une personne inconnue qui nous demanderait de lui faire confiance. Alors pourquoi donnons nous notre pouvoir à une personne que nous ne connaissons pas ?

                La démocratie qui fonctionne grâce au tirage au sort est beaucoup plus réaliste car elle repose sur la défiance.

                L’oligarchie ne fonctionne que grâce au lavage de cerveau institutionnalisé que la société française subi depuis plus de 150 ans.

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