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Les conditions d’une refondation voire d’une révolution

La crise financière de 2008 aurait-elle été permise et accentuée par les décisions du méconnu Conseil Economique Transatlantique, créé fin avril 2007 et qui veut supprimer les protectionnismes, les régulations et instaurer un impérialisme qui n’est pas seulement économique (cf l’OTAN) ? Le clivage et l’alternance gauche-droite, rouges/bleus, ne servent plus : tous sont libéraux, veulent faire partie du G20, et l’Homme est oublié. Dès lors, un clivage population/pouvoirs apparaît et amène les conditions d’une alternance où la population reprendrait la main. D’où la crispation sécuritaire, parfois arbitraire, dans les pays libéraux qui socialisent les pertes pour mieux privatiser les profits et l’argent public.

Qui a entendu parler du futur Grand Marché Transatlantique US-UE voté le 28 mai 2008 (résolution B6-0280/2008, du Parlement Européen) basé sur le Marché Libre (dérégulé) développé à la condition d’un contrôle accru des populations, ce futur qui se fait passer abusivement pour un « espace de liberté, de sécurité et de Justice ». Un Grand Marché qui transfèrera la souveraineté de l’Europe, donc celle de ses Etats membres, aux Etats-Unis.
 
Qui connaît l’existence et la composition du Conseil Economique Transatlantique (CET dans les documents européens), créé le 30 avril 2007, au hasard en pleine élection présidentielle française, à la Maison Blanche et signé par Bush, Merkel et Barroso ? Ce Conseil, peu visible même sur Internet, lutte contre les protectionnismes, les barrières à la Croissances (juridiques, fiscales, sociales, démocratiques, républicaines, etc), la régulation. Les réunions et les déclarations du G20 ne sont pas là pour refonder le capitalisme mais pour le préserver, l’accentuer, le maquiller pour le rendre acceptable par la population. 4000 milliards de déficits qui seront épongés par les contribuables sans qu’ils le sachent (socialiser les contraintes et les pertes pour plus de bénéficies privés)… Des plans de relance, et non de refondation, sont mis en place. Tout va bien.
 
La crise financière de 2008 a-t-elle été provoquée, permise, accentuée par les décisions de ce Conseil Economique Transatlantique qui dérégule tout, socialise les contraintes et les risques, et permet, donc, des corruptions et des dérives en toute impunité ? Ici les politiques libéraux de droite et de gauche sont responsables. Il n’y a plus de clivage droite/gauche, de bipartisme rouge/bleu, d’alternance néoconservateurs/travaillistes. Tous servent l’intérêt des lobbies, leurs propres intérêts, et non plus ceux de la population, de la chose publique, et de la démocratie qui tombent en jachères. Le clivage et l’alternance gauche/droite sont inexorablement effacés pour un clivage population/pouvoirs (lobbies, finance, politiques, Institutions). C’est le signe d’un pouvoir politique dévoyé de sa mission publique, corrompu. La démocratie, la république, la Nation, les Droits de l’Homme ET du Citoyen, les Lumières, le socialisme, le gaullisme, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité, le Développement Durable, l’Ecologie, le Développement, la solidarité, etc sont encore des références agitées, instrumentalisées comme des paravents, mais ne sont plus des réalités, seulement des contrefaçons. L’homme libéral est en fait assez primaire, instaure la Loi de la jungle, celle du plus fort. Les lois ne font plus les hommes, mais quelques hommes font la loi. Un clivage population/institution prépare et amène, ironie de l’Histoire, aussi le risque d’une alternance pouvoirs/population, autrement dit un risque révolutionnaire tel que Marx l’avait prédit. Dans le Capital, quelques « usurpateurs » sont renversés par la « masse ». Donc, fin du capitalisme aussi qui devient lui-même une imposture, une sauvagerie. Pour reculer ce moment d’instabilité, nos pays vivent à Crédit, et nos partis se disent encore « socialistes » ou « populaires » pour que le clivage population/pouvoir n’apparaisse pas trop. L’idéal d’alternance serait une révolution de la bonté, de l’humanisme, et non pas des régimes extrêmes. Les extrêmes ne sont pas synonymes de force, mais de réduction des libertés et des droits. Un désordre violent (social) ne peut mettre fin à un désordre violent (dérégulation financière). La résistance doit s’appuyer sur d’autres valeurs qui placent l’homme au centre. L’humanisme n’est pas une faiblesse, mais promesse d’un développement long terme s’il reste premier.
 
Si l’OTAN est le bras militaire de cet impérialisme libéral américain appelé abusivement « Mondialisation/Globalisation » (alors qu’elle exclue et n’est pas solidaire), le Grand Marché Transatlantique serait-il le bras économique et politique de cette idéologie de conquête, de Croisade (choc des civilisations, « Axe du Bien » (sic)) ?
 
Jadis, Jean Jaurès (fondateur du socialisme français) s’est levé au 20ème siècle contre les lois scélérates de la France de la 3ème république. Quels nouveaux Jean Jaurès du 21ème siècle s’élèveront contre la politique libérale scélérate, car silencieuse et non démocratique, de l’Union Européenne, de ses Etats membres, de la France ? Complots silencieux qui réduisent les libertés et prennent les populations en otage pour servir la dictature de l’Argent. L’Argent est un bon serviteur et un mauvais Maître. Le capital est fait pour l’homme et non le contraire.
 
Yann

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2 réactions à cet article    


  • Marianne Marianne 10 mai 2009 09:43

    Franchement « bisounours » et antibisounours", c’est le degré zéro de la pensée non ?

    Merci Yann pour ce texte qui rappelle l’exigence d’une refondation/révolution de nos sociétés qui mette l’homme - et non le profit - au centre.


  • plancherDesVaches 8 mai 2009 20:21

    Chantecler, je ne suis pas très loin de votre avis.
    Les libéraux vont affluer pour bien nous montrer qu’il faut faire une sélection naturelle par le haut plutôt qu’un nivellement par le bas.
    Au mieux, ils nous diront que faire l’aumône est la meilleure chose, sachant que ça soulage la culpabilité.

    Sauf que : « Si vis pacem, para bellum... Homine, homus lupus est et.... Medice, cura te ipsum »
    Soit, et les Romains l’avaient déjà compris, l’humain est loin d’être parfait.

    Mais on y arrivera. Dans quelques millénaires.

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