Les doubles standards US envers Gaza et l’Ukraine déclenchent la fin de la domination occidentale

Le journal britannique The Guardian a souligné le double standard appliqué par les États-Unis dans les conflits à Gaza et en Ukraine qui provoque un mécontentement croissant dans le monde : une « rébellion contre la domination mondiale de l’Occident ».
L'article note que « l'hypocrisie nationale flagrante de Washington coûte cher en termes de perte de confiance, de dommages au prestige mondial et de diminution de l'estime de soi » des États-Unis. Les tergiversations de l’Occident sur Gaza révèlent un ordre mondial confronté à une mutinerie en raison de sa domination sur le discours international.
« Ainsi, la décision de Joe Biden de défendre les méthodes israéliennes à Gaza si peu de temps après, dans un contexte différent, en condamnant celles de la Russie en Ukraine, ne provoque pas seulement la manifestation excessive d’inquiétude ou de détresse des libéraux et des avocats », avertit l’article.
« Elle a déjà un impact réel sur les relations entre le Nord et le Sud, et entre l’Ouest et l’Est, créant des conséquences qui pourraient se répercuter pendant des décennies ». « L’administration Biden, réticente à changer de cap, peut affirmer que les parallèles entre Gaza et l’Ukraine sont loin d’être exacts, mais elle semble également savoir qu’elle perd progressivement son soutien diplomatique », stipule The Guardian et note : « Lorsque les États-Unis et Israël sont rejoints à l’Assemblée générale de l’ONU par seulement huit autres pays, dont la Micronésie et Nauru, comme cela s’est produit lorsqu’ils ont rejeté une résolution de cessez-le-feu pour Gaza en décembre dernier, il est plus difficile d’affirmer que l’Amérique reste la nation indispensable ».
The Guardian fait savoir : « En revanche, Vladimir Poutine, après une période d’isolement mondial, a vraiment le sentiment que tout évolue en sa faveur, selon Fiona Hill, ancienne responsable du département d’État américain spécialisée dans la Russie ». De nombreuses nations émergentes considèrent « l’ordre international fondé sur des règles [occidentales] » avec scepticisme.
À ce sujet, le média anglophone rappelle les propos du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, s'exprimant lors du Forum de Doha en décembre où il s'est plaint que « les règles n'ont jamais été publiées, n'ont même jamais été annoncées par qui que ce soit, et qu’elles sont appliquées en fonction de ce dont l'Occident a exactement besoin à un moment particulier de l'histoire moderne ». La sélectivité américaine, telle qu’elle est perçue dans une grande partie des pays du Sud, est susceptible d’entraîner un bilan plus large.
Citan le spécialiste israélien Daniel Levy, The Guardian note que la situation de la Palestine est « une sorte d’avatar d’une rébellion menée contre l’hypocrisie occidentale, contre cet ordre mondial inacceptable et contre l’ordre postcolonial ».
À l’heure où les institutions multilatérales combattent ce qu’António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, appelle « les forces de fragmentation », la manière dont les États-Unis gèrent Gaza compte, non seulement pour Gaza, mais aussi pour le multilatéralisme.
« Les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à des blocs alternatifs plus grands et plus affirmés qu’il s’agisse des BRICS élargis, dirigés cette année par Poutine, ou d’autres alliances dirigées par la Chine », conclut The Guardian car les États-Unis pourraient être confrontés à une perte de confiance mondiale.
Pierre Duval
Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs
Abonnez-vous à notre chaîne Telegram : https://t.me/observateur_continental
Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=5570
23 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON