Les étranges photographies (2016) de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen…
Dans son tout premier discours en sa nouvelle qualité de présidente de la Commission européenne (16 septembre 2020), Ursula von der Leyen a bien indiqué que l’objectif qui animait le plan d’investissement NewGenerationEU directement issu de la crise du coronavirus était de… « façonner le monde dans lequel nous voulons vivre » en tant qu’Européennes et Européens bénéficiant, jusque dans le moindre recoin de leur pays, des fruits de l’ « économie sociale de marché ». Rappelons que celle-ci a fait la fortune de l’Allemagne fédérale d’abord, puis de l’Allemagne réunifiée ensuite.

Pour faire bon poids, madame von der Leyen ajoute, à ce pan économique et financier triomphal, l’extension généralisée à l’Europe entière de la doctrine artistique du Bauhaus allemand dont nous avons vu à quel point les plus productifs d’entre ses premiers dirigeants et adhérents avaient aidé Adolf Hitler jusque dans ses exercices d’initiateur d’une Europe en route pour les mille ans qui étaient alors à venir…
Y sommes-nous déjà revenu(e)s ?… alors que l’Union soviétique n’exige plus d’être détruite à coups de panzers et de massacres par millions et dizaines de millions ?… et qu’il ne paraît plus y avoir le moindre parti communiste sur le sol européen ?… et donc plus de ces violences nécessaires qui avaient fait monter la folie hitlérienne au créneau ?
D’une façon qu’on trouvera sans doute rassurante, le drapeau autrefois clairement affiché de la « race aryenne » a manifestement disparu… et sans que son éventuel retour puisse être redouté d’une quelconque façon…
Peut-être, alors, serions-nous très bien inspiré(e)s de suivre les recommandations que nous fournit Ursula von der Leyen… puisqu’elle nous les offre avec un enthousiasme personnel qui saute aux yeux, et que nous aimerions pouvoir partager… puisque ce monde dans lequel elle veut nous faire vivre serait tout simplement…
« un monde servi par une économie qui réduit les émissions, stimule la compétitivité, réduit la précarité énergétique, crée des emplois gratifiants et améliore la qualité de vie ».
Cependant après l’avoir entendue s’exclamer, tour à tour, et en moins de trente secondes… « Je veux que NextGenerationEU crée… », « Je veux que NextGenerationEU déclenche… », nous n’aurons pas atteint la minute qu’elle aura déjà enchaîné sur… « je veillerai tout particulièrement à ce que les plans de relance ne nous fassent pas seulement sortir de la crise, mais nous aident aussi à propulser l’Europe vers le monde de demain. »
Avec quelle force de propulsion ?… L’aviation de bombardement de Sarkozy en Libye ?… Inutile sans doute de le redire : au moment où elle prononce son discours, la très dynamique Ursula venait à peine de quitter son bureau de ministre de la Défense… Ce qui n’est pas tout de suite fait pour nous rassurer. Et d’autant moins que nous arrivons maintenant à cette formule qui n’a d’abord l’air de rien :
« Nous devons faire de la décennie qui s’ouvre la « décennie numérique » de l’Europe. »
Sur ce point, je vais évoquer rapidement deux documents qu’il nous faudra traiter de façon très détaillée par la suite… Il s’agit des Livres blancs que l’Allemagne a consacrés à sa défense et à ses forces armées, l’un en 2006, l’autre en 2016…
Pour l’instant, je m’en tiendrai à la différence magistrale qu’il peut y avoir entre l’iconographie du « Livre blanc – 2006 – sur la politique de sécurité de l’Allemagne et sur l’avenir de l‘armée fédérale » qui avait été réalisé sous la supervision du ministre fédéral de la Défense de l’époque, le Dr Franz Josef Jung, et l’iconographie du « Livre blanc – 2016 – sur la politique de sécurité de l’Allemagne et sur l’avenir de l‘armée fédérale » réalisé dix ans plus tard sous celle de madame… Ursula von der Leyen.
Afin de ne pas trop anticiper sur un travail futur de très longue haleine, je m’en tiendrai à la reproduction de six photographies que j’ai tirées de chacun des deux Livres blancs, en essayant, à travers elles, de rendre compte de l’ambiance iconographique qui règne dans chacun des deux documents…
La sélection faite à partir du Livre blanc de 2006 est ici.
Pour celui qui a été conçu, dix ans plus tard, sous l’autorité d’Ursula von der Leyen, ministre fédérale de la Défense, la sélection 2016 est là.
Quant aux documents originaux, en voici les liens :
– pour 2006, un clic.
– pour 2016, un clic.
À peine les ouvre-t-on que déjà on ne peut plus penser qu’ils correspondent au même monde… Chez Ursula tout est en couleurs, et les questions militaires semblent avoir complètement disparu. Il y a de la jeunesse, des armes qui n’en sont pas vraiment, et puis du digital, en veux-tu ? en voilà !…
Et pourquoi donc ? L’Allemagne aurait-elle vraiment décidé de rendre les armes ?… Ou bien ne s’agirait-il que de les cacher ?… Qui saurait le dire aujourd’hui ? Et à partir de quels arguments ?
Quoi qu’il en soit, développant ce qu’elle entend par « décennie numérique de l’Europe », l’ancienne ministre d’une Défense toute en ordinateurs gentiment manipulés par une jeunesse décidément très avenante, déclarait le 16 septembre 2020 à l’ensemble de la jeunesse européenne sous domination allemande :
« Nous avons besoin d’un plan commun pour l’Europe numérique, avec des objectifs clairement définis pour 2030, notamment en matière de connectivité, de compétences et de services publics numériques. »
Serait-ce offrir à la jeunesse européenne, sans l’avouer, un enrôlement sous une bannière allemande – soigneusement dissimulée – de forces armées qui se gardent bien de dire leur nom ?
NB. J'ai déjà signalé le caractère très inquiétant de ce que la France vit depuis quelques décennies ici.
14 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON