Lettre aux syndicats
Histoire d’une manifestation vécue :
Indignés par cette réforme inique des retraites nous sommes partis pour marquer notre mécontentement ce samedi matin. Nous étions quelque habitants de notre village, dont certains, peu habitués à se faire entendre de cette façon. Porteurs d’espoir nous voulions porter cette indignation héritée du Comité National de la Résistance.
Arrivés sur place nous nous sommes dirigés vers le rassemblement quelque peu épars mais qui ne tarda pas à devenir plus conséquent au fil des minutes, la foule arrivant par toutes les voies adjacentes.
Un véhicule syndical, devant mener la manif, était stationné sur la route diffusant à l’aide de hauts parleurs des chants plus ou moins révolutionnaires. Devant lui était stationné une voiture banalisée de la police gardée débonnairement par une fliquette.
Le temps de faire le plein de nos compagnons contestataires le convoi fini par s’ébranler. Je n’ai pu savoir si c’était la fliquette qui avait donné ce signal de départ ...
Bien « policés » nous nous sommes donc ébranlés pour suivre ces voitures pilotes.
Nous étions dans une zone commerciale désertée ce samedi matin (et pour cause), devant un centre Leclerc et, n’ayant pas d’ informations nous nous demandions où nous pouvions bien aller...
La suite nous a apporté la réponse : d’un centre commercial à un autre nous sommes passés à proximité d’un magasin Carrefour avec ses satellites : Mc Do, Feu Vert et autres M Bricolage.
Des pensée commençaient à nous tarauder « nous faisons nous voir ? , qui gênons nous ? , à quoi servent ces pas dans des zones commerciales ou la voiture est reine ? La contestation n’a t’elle pas comme but de se faire entendre et de se montrer ? manifestions nous que dans le but de rassembler les mécontents et de se « faire plaisir ? » ».
Le comble fut atteint lorsque le cortège se dirigea vers une zone pavillonnaire, zone évidemment désertique de passants, pour regagner son point de départ.
Fin de la manifestation, sous le regard indulgent (amusé ?) des forces de l’ordre nous avions crié quelques slogans, brandis quelques banderoles et pancartes pour le grand bénéfice des façades vides et des quelques chiens errants qui auraient pu passer par là.
Dans le regard et les propos de mes coreligionnaires des sentiments transparaissaient : « c’est ça se battre ? , c’est ça faire connaître notre indignation ? on fait un défilé de majorettes et on se barre ? « Un propos entendu : « C’est comme au comice agricole, quand le défilé passe on barre la route et après la circulation redémarre, faut être patient c’est tout.
Messieurs les Syndicats organisateurs,
C’est à se demander, au vu des réactions de personnes qui venaient manifester pour la première fois et sont retournées déçues du rôle de moutons qu’on leur avait fait jouer.
Si vous pensez que cette revendication est juste, si vous pensez que le Peuple à le droit de se faire entendre ce n’est certainement pas en le faisant défiler dans une zone commerciale, une zone industrielle et pourquoi pas un champ !
Face à la violence de ce gouvernement il faut arrêter de se comporter comme des pleutres, de faire des manifs bidon, de brandir le spectre d’une grève générale qui n’aura pas lieu, vous le savez bien, il est temps d’engager des actions efficaces, qui marquent, par exemple : blocage des villes par des piques niques d’une journée en centre ville le samedi, il est temps de montrer que nous ne sommes pas résignés . Et peut-être alors verrez vous monter un rassemblement populaire de masse de tous ceux qui se disent actuellement « bof ça ne sert à rien c’est comme de voter, les jeux sont faits ».
La résistance c’est cela !
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