Limes*
Les armes se sont tues. Le silence règne tel un voile de mort sur la ville et le pays. Ce que tous redoutaient est finalement arrivé. Les fous criminels ont frappé durement mais au lieu de nous mettre à genoux, ils nous ont exhorté à se tenir plus droits encore contre eux.
Celles et ceux qui pensaient le président actuel mou et indécis, craintif à la première occasion, en seront pour leurs frais.
Ils ont clairement oublié que lorsqu’ il a jeté l’armée française dans l’aide au Mali, il avait répondu candidement, calmement, sincèrement, normalement « les détruire » à la question de quoi faire des djihadistes qui menaçaient Bamako et le reste de l’ Afrique occidentale.
Un soldat en armes doit s’attendre à recevoir une mort de soldat, pas vrai ?
Mais que faire des illuminés qui prennent les armes sans appartenir à un autre groupe qu’eux même ?
Et surtout, comment faire pour éviter que cela ne recommence ?
Ce drame atroce est, pour beaucoup de politiques de Droite, l’occasion rêvée de faire porter une nouvelle fois la responsabilité du désastre sur leur pire ennemi : l’ Europe.
A l’ UMP ou au FN, c’est presque un atavisme. Quand quelque chose ne va pas, c’est la faute à l’ Europe.
Les migrants et les réfugiés se pressent aux frontières ? C’est la faute à l’ Europe !
Les roumains arrivent en masse sur nos places de villages et se mettent à voler nos poules et la virginité de nos filles ? C’est la faute à l’ Europe !
Le climat se détériore et le vin est moins bon ? C’est la faute à l’ Europe !
Le député n’arrive plus à bander même au réveil ? C’est la faute à l’ Europe !
Il n’est donc pas étonnant de voir l’ UMP et le FN blâmer l’ UE et de la rendre en partie responsable en ayant ouvert les frontières.
Aussi, démarche logique, c’est un retour aux frontières fermées qui est exigé depuis plus ou moins longtemps.
Mais un retour en arrière est-il simplement possible ? Ou souhaitable ? Les partisans de la fermeture arguent que les pays ont toujours eu des frontières et que ce n’est que logique que de borner les limites à nouveau, invoquant les contrôles comme argument sécuritaire pour la population.
Pour répondre à ces questions, il faut revenir en arrière et revoir les bases.
De façon basique, la frontière est un espace, une ligne séparant deux entités. Deux villages, deux régions, deux pays.
Le fait que la frontière puisse être une zone et non pas une ligne est un héritage. Le concept de frontière est relativement récent : le mot apparait au XIIIè siècle et prends son sens actuel au XVIIème. Avant, on parlait des confins, puis des fins d’un territoire.
Cela s’explique par le fait qu’ au Haut Moyen Age, le pouvoir central était faible. Même le plus humble comte avait du mal à gérer efficacement les territoires sous son autorité dès lors qu’il fallait des jours ou des semaines de marche ou de cavalcade pour les rejoindre. C’était pire encore pour le roi qui voyait son autorité s’amoindrir dès lors que l’on passait la limite de la semaine de voyage. C’est ce qui explique en partie la perte de la Catalogne par la France au Xè siècle, faute de pouvoir exercer son autorité et ses devoirs royaux. Voyant que Hugues Capet ne pouvait pas assurer la protection demandée par le comte de Barcelone harcelé par les troupes sarrasines, ce dernier se déclare délié de son serment de vassal et refuse de reconnaitre le roi de France comme son suzerain, chose que le roi accepte sans broncher, ayant d’autres chats plus proches à fouetter.
Ces confins étaient donc lointains, et de plus mal définis. La faute à une cartographie vague et incomplète. Le royaume de France devra attendre les cartes de Cassini pour que Louis XV ait enfin une idée claire et exacte des terres sur lesquels il règne. Ce en quoi il en sera marri car il se rendra compte que les anciens tracés lui accordaient plus de terres qu’il n’en avait en fait.
Les cartes de Cassini furent les premières à être élaborées avec des techniques mathématiques modernes. elles sont remarquablement précises pour l'époque et restent esthétiques, ce qui ne gâche rien.
Une cartographie exacte et précise assure donc à l’autorité centrale une meilleure maitrise de l’administration, ainsi que des recettes fiscales qui en découlent.
Car c’est cela, la véritable exigence de la frontière : dès le départ elle n’a jamais servi à réguler ou empêcher la circulation des personnes, mais à assurer le contrôle de l’administration, à asseoir son autorité morale et politique, et à définir les limites de la taxation des biens commerciaux ainsi que des ressources naturelles.
Un exemple frappant se voit avec l’ Empire romain, et ses frontières extérieures si différentes.
Au nord, Rome a conquis presque toute l’île de Grande Bretagne. Seule ce qui est aujourd’hui l’ Ecosse échappe à son pouvoir. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais les Scots et les Pictes sont des peuples fiers et redoutables à l’époque. Rome aurait pu envoyer des légions de façon massive mais les faibles ressources du Nord ne justifiaient pas un tel déploiement des troupes. Il valait mieux y construire un mur pour isoler les populations du Nord, protéger les colons du Sud sans pour autant en interrompre le commerce, donc les voyages.
Construit le long de la Tyle, le Mur d’ Hadrien court sur 117 kilomètres. Il fait 4,5 m de haut et près de 3 mètres de large.
Impressionnant au premier abord, il rend le franchissement des troupeaux impossible, sauf à passer par les routes sous contrôle des légions et des percepteurs. Mais malgré les fortins établis de façon régulière sur son parcours, il est aisément franchissable : les pierres ne sont pas régulières et offrent des prises faciles. De petits groupes, des petites brigades peuvent passer dès lors que les gardes regardent ailleurs. Il sera doublé vingt ans plus tard par le mur d’ Antonin, plus au nord. Mais fait de tourbe, ses 7 mètres de haut et sa pente douce ne sont pas un problème pour les troupeaux cette fois ci. Les murs sont abandonnés par les soldats quand l’effondrement du pouvoir central prive les militaires de leurs soldes. Ayant été abandonnés, les soldats désertent en masse et s’établissent comme paysans ou marchands, estimant n’avoir plus de devoirs envers une administration qui n’existe plus. De larges pans du mur sont démontés pour construire des villages près du tracé.
Le mur d' Antonin. Très impressionnant, en effet...
A cette même époque, la puissance de Rome se heurte au sud-est à l’empire Parthe. L’éloignement et le caractère désertique de l’est de la Mésopotamie romaine font de la région un mur infranchissable pour les légions romaines. Faisant preuve de sagesse, les empereurs romains décident de ne pas pousser l’expansion de l’empire plus à l’ Est. Quand Valérien voudra passer outre, il y perdra ses armées et son trône. Il disparait, prisonnier de l’empereur Parthe et nul ne le reverra jamais. Certains sources indiquent une exécution rapide quand d’autre le rendent esclave de l’empereur jusqu’à sa mort.
Dans cette région, la frontière est matérialisée, faute de rivières et de montagnes, par des postes avancés impressionnants pour l’époque. Ils dominent les routes commerciales mais les troupes ne sont pas suffisantes pour contrôler les espaces entre eux. Passer par les dunes est dès lors facile.
Plus loin à l’ Est, les empereurs chinois sont aussi conscients de la nécessité d’une protection contre les incursions des troupes nomades venues de Mongolie. C’est ce qui justifie la construction de la Grande Muraille qui court le long de la frontière nord de l’empire chinois.
Mais oubliez les paysages magnifiques des sections montagneuses que nous connaissons tous : la Grande muraille est avant tout construite avec les matériaux locaux. Une grande partie est une levée de terre faisant entre 5 et 17 mètres de haut. Ce qui rend le franchissement impossible pour les nomades avec leurs troupeaux et leurs chevaux autrement que par les portes, sévèrement gardées, qui serviront aux invasions futures des troupes de Genghis Khan.
A l'ouest de la Chine, loin des secteurs touristiques, la muraille est plus quelconque...
Les limites administratives, juridictionnelles et commerciales se multiplient avec l’ effondrement de l’ Empire romain. Le territoire est atomisé par la multitude des féodaux, qui morcellent le paysage, s’ appuyant souvent sur les cours d’eau et les montagnes pour délimiter leurs terres. Ce n’est pas un hasard si, en 847, la Francie occidentale est limitée à l’ Est par les rives de l’ Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône.
Mais là encore, les remparts des villes ne sont pas faits pour empêcher les gens de circuler, mais pour interdire aux armées ennemies d’envahir la ville. Les portes sont ouvertes, sauf la nuit, et les murailles facilitent la perception de l’octroi à l’entrée des marchandises. Sauf la nuit venue quand la fraude introduit ces mêmes produits par voie fluviale, bien entendu…
Ces murs tomberont rapidement quand les progrès de la guerre feront de l’artillerie une arme imparable.
C’est avec la paix issue du traité de Wesphalie que la conception moderne de la frontière apparait. En plus de rendre officiel l’annexion des Trois Evéchés et de la Haute-Alsace par la France, le traité pose les bases de la diplomatie moderne : le droit des Etats est affirmé sur leurs territoires respectifs. C’est la fin des derniers vestiges de la féodalité, de la loi du plus fort.
Il est dès lors légitime, et obligatoire même, pour un Etat, d’affirmer son autorité sur son territoire et son bornage devient une nécessité. Des bornes sont dressées sur les chemins vicinaux et au travers des champs, et des casemates gardées font leur apparition sur les axes les plus fréquentés. La douane actuelle fait son apparition, rendant l’octroi citadin obsolète.
Faute de pouvoir ceindre les limites par des moyens physiques, les gardes mobiles font leur apparition. C’est l’âge d’or du gabelou, du contrebandier qui donne ses lettres de noblesse au jeu du gendarme et du voleur pour frauder les taxes qui frappent tout et n’importe quoi, faute d’imposition directe et moderne.
Mais là encore, il est aisé pour qui n’a pas de passeport de franchir les limites en toute discrétion.
Si certaines frontières sont évidentes, comme étant marquées par une chaîne de montagnes, des rivages ou un fleuve, d’autres le sont moins. C’est le cas de la frontière Nord du pays par exemple : la frontière avec la Belgique ne s’appuie sur aucun obstacle naturel. Seules les casemates des douaniers indiquaient la démarcation entre les législations belges et françaises. Dans cette région comme en Alsace malgré la présence du Rhin, la fin des frontières internes était une évidence.
L’interconnexion croissante des secteurs économiques entre les lieux de production, de transformation et de consommation avait condamné l’existence des frontières intérieures entre les fiefs et les provinces d’un même pays. La multiplicité des barrières douanières et les tracas administratifs étaient une entrave au développement de l’économie nationale. Leur suppression a mis au chômage pas mal de contrebandiers et facilité la croissance économique et, en fin de compte, fiscale.
C’est désormais au niveau des Etats que l’interconnexion se fait. L’abolition des droits de douane entre pays de l’ Union, ainsi que la libre circulation des biens et des personnes ( qui était effective de toute façon… ) a mélangé les population et les activités entre communes et régions frontalières.
Tremble, DAESCH ! L'orval sera ta tombe !
Ainsi, ce sont 75 000 français qui vont chaque matin travailler au Luxembourg. 25 000 autres vont en Belgique. Plus de 100 000 français vont en Suisse pour les même raisons et plus encore vont en Allemagne également. Ces chiffres n’ incluent que les nationaux qui ont leur résidence principale en France. Tous profitent du fait qu’ils n’ont plus à s’arrêter le temps que les douaniers ne fouillent leurs véhicules.
Cela illustre bien l’absurdité de la demande actuelle d’élus et de politiques de droite pour un retour aux barrières douanières.
Considérons l’aspect pratique de la chose : un retour aux contrôles est désormais chose impossible pour des raisons matérielles sur une période de temps longue.
Ainsi, la frontière entre la France et l’ Espagne est franchie en moyenne par 20 000 camions PAR JOUR ! Un contrôle des remorques est simplement matériellement impossible, faute de personnel, mais aussi de temps : les jours ne font que 24 heures et avec la COP 21, le rétablissement des contrôles aux frontières belges illustre la difficulté de la chose : sur les autoroutes contrôlées, les opérations douanières engendrent en moyenne deux à trois heures d’attentes aux frontières, pour tous, y compris les frontaliers.
Si pour des opérations ponctuelles cela reste tolérable, une prolongation de la mesure sera plus dommageable quatre chose.
Chose d’autant plus absurde que les postes frontières des nationales et des départementales sont toujours ouverts et vierges de tout contrôles ! Sans parler des rues des villages traversés par la ligne !
On le voit donc : appeler au repli sur soi, à la fermeture, à l’isolement n’est pas franchement une solution pratique, car les possibilités de s’affranchir des limites sont trop nombreuses.
Dans le passé, de multiples tentatives ont eu lieu pour forcer le destin. Les USA ont bloqué leurs frontières terrestres avec le Canada dans les années 20 pour décourager le trafic d’alcool issu de la Prohibition.
La sécurité à la frontière américano-canadienne est assez laxiste, je trouve...
Cela n’a pas empêché la production locale d’alcool et les trafiquants ont aussi trouvé une issue alternative : ils ont installé des paquebots à la limite des eaux territoriales américaines avec un système de navettes pour apporter les clients sur leurs casinos flottants, aucune loi n’interdisant aux citoyens américains de naviguer de nuit. Ce fut la célèbre Rhum Row qui fit la fortune de la pègre.
Dans l’Espagne franquiste, en 1967, en représailles à l’organisation par le Royaume-Uni d’un référendum sur l’avenir de Gibraltar, Franco fit fermer la frontière terrestre de la colonie et refusa de reconnaitre l’écrasante majorité en faveur du maintient au sein du RU au détriment des revendications espagnoles. Ce n’empêcha nullement le trafic aérien de ravitailler la colonie. Ni de faire la fortune des contrebandiers qui contournaient les barbelés par voie de mer.
Afin de forcer la main aux Alliés occidentaux et de les pousser à évacuer Berlin-Ouest, Staline fit fermer les voies d’accès terrestres et fluviales à la ville totalement enclavée dans ce qui allait devenir la RDA. Les alliés répliquèrent par un pont aérien massif afin de marquer leur détermination. Staline dut reculer.
Le cas de la frontière entre les deux Corées est particulier : les deux pays sont toujours officiellement en guerre et échangent des tirs sporadiquement.
Le seul cas de réussite d’une frontière fermée et efficace fut le Rideau de Fer qui sépara l’ Europe en deux factions antagonistes, et ce plus particulièrement entre la RFA et la RDA.
Le village de Bardowiek, fondé en 1292 et trop proche de la frontière, fut rasé au cours des années 70-80. Il n'en reste plus que cette tour.
Bien avant le mur de Berlin, les dirigeants est-allemands redoutaient de voir leur population « utile » ( à savoir les cadres, les ingénieurs, les médecins ) partir de façon massive le long des 1400 kilomètres d’une frontière coupant en deux une même nation. Aussi le bouclage massif et total fut-il décidé.
Cela fut rendu possible par la séparation idéologique entre l’ Est et l’ Ouest. Pour les russes, moins il y avait de contacts politiques, mais aussi économiques et sociaux entre les blocs, et moins ils couraient le risque de voir leur société « polluée » par la « décadence occidentale » contraire aux idéaux marxistes de recherche de « l’ Homme Nouveau ».
L’inévitable césure économique qui allait résulter de la séparation physique massive qui allait de dresser serait compensée par la réalisation de circuits économiques nouveaux avec les pays Frères du Pacte de Varsovie. Aussi, ce furent donc près de 1400 kilomètres de fossés, de barbelés, de miradors, de gardes, de mines anti-personnelles et anti-chars qui coururent le long de la ligne déterminée.
Mais cela ne s’arrêta pas là : Berlin le montra. Une ligne, même fortifiée, reste franchissable et le Mur de la ville resta le point faible de la défense soviétique même après son achèvement, avec plusieurs centaines de fuites réussies. Tout le contraire de la frontière intérieure qui avait, en plus de ses barbelés électrifiés, une zone tampon arrière de plus de 5 kilomètres dans laquelle la population est-allemande n’avait pas le droit de se trouver.
Les villages frontaliers connurent un sort différent selon les circonstances mais le plus souvent, les parties sous autorité est-allemandes furent simplement rasées et les habitants relogés loin à l’intérieur des terres.
Les habitants des villages situés dans la zone interdite furent tous expropriés et relogés ailleurs. Les maisons furent attribuées à des personnes au delà de tout soupçons, qui disposaient d’un passeport spécial. Il leur était toutefois interdit de se rendre dans les villages semblables sans visa spécial et ils étaient astreint au couvre-feu. Ce fut à ce prix que la frontière resta pratiquement imperméable.
Ce qui n’est guère compatible avec les Droits élémentaires des individus. Je doute que Marine Le Pen puisse faire avaler une telle pilule aux habitants du Nord, même si ces derniers la mettaient à la tête de la région en décembre prochain.
Qui pourrait vendre un tel programme aux habitants de Lille, de Strasbourg, Mulhouse, Menton, Cerbère, Port-Vendres ou Saint-Jean de Luz ?
Au lieu de passer rapidement, le rétablissement des contrôles sur les autoroutes à la frontière belge provoque en moyenne 15 km de bouchons et deux à trois heures d'attente.
Au départ conçue comme une limite de souveraineté territoriale, économique, commerciale et judiciaire, la frontière a montré ses qualités et ses limites. L’interconnexion toujours croissante des économies et des populations a affaibli la notion de limites et l’a rendue encore moins désirable, d’autant plus que son contrôle effectif et matériel est rendu pratiquement impossible par la quantité des échanges de toute nature effectuée chaque jour.
Pourtant, les attentats ont démontré la nécessité de protection des biens et des populations.
La guerre se justifiait autrefois par le besoin de la prise de contrôle des ressources et des biens d’autrui. Maintenant que cette raison n’est plus valable de part l’ouverture des frontières, une guerre serait plus destructrice et moins avantageuse économiquement. C’est la grande réussite de l’ Union Européenne qui, en libéralisant les échanges pour le meilleur et le pire, a rendu toute guerre impensable entre ses membres.
Peut-être est-ce une idée à reprendre pour nous inspirer et trouver de vraies solutions en lieu et place de l’érection de murailles massives qui finissent toujours par se fendre et par perdre toute utilité ?
* Limes : Terme désignant la frontière, naturelle ou artificielle de l’ Empire Romain, ou les chemins de ronde ou de conquêtes y menant.
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