Logique des privatisations : le cas des barrages hydrauliques
Au nom de l’ultralibéralisme, devenu religion dans l’Union européenne, se poursuit une politique de privatisations jamais connue dans l’histoire récente de notre continent.
Et la France est un des pays les plus marqués et traumatisés par cette politique. Après les autoroutes bradées sous Chirac aux milliardaires du sérail, après La Poste, l’EDF, la Régie Renault (où la participation de l’Etat se réduit de plus en plus)… après les rumeurs, qui sont en train de se concrétiser, sur Aéroports de Paris (avec son parc immobilier hors de prix) qui s’apprête à passer dans le privé, le massacre continue avec la privatisation – certes moins médiatique que les précédentes – des barrages hydrauliques.
En effet, en parcourant les pages internet du quotidien Libération j’ai trouvé un article signé Emma Donada dans lequel elle analyse cette question.
L’auteur de l’article cité précédemment nous dit : « La Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre plusieurs pays dont la France « pour faire en sorte que les marchés publics dans le secteur de l’énergie hydroélectrique soient attribués et renouvelés dans le respect du droit de l’UE ». En clair, la Commission demande à la France de respecter la mise en concurrence de ses concessions hydrauliques (barrages et usines), et de procéder à des appels d’offres. »
En encore plus clair : l’EDF contrôle 80% des aménagements hydroélectriques en France depuis les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Les concessions arrivent à échéance et l’Etat français doit procéder à un appel d’offres car, entretemps, en abandonnant le statut de service public, en 2006, l’EDF est soumise aux règles communautaires néolibérales.
La question des privatisations est déjà une question cruciale dans l’organisation du travail et de la société. Au-delà, l’Union européenne avec sa politique néolibérale (notamment la Commission) est devenue le gendarme de l’application de ce néolibéralisme sauvage.
En cédant les barrages au privé par le truchement de la privatisation de l’EDF on privait déjà le pays d’un contrôle sur ses sources d’énergie. On vendait une partie des bijoux de famille aux milliardaires qui n’en demandaient pas tant, ou qui n’osaient pas en demander autant. Maintenant, en ouvrant les appels d’offres à tous les acteurs économiques, d’où qu’ils viennent, on risque de diluer encore davantage le contrôle de l’Etat sur cet outil industriel. Et quand on sait que le seul souci des opérateurs économiques privés est la rentabilité, on peut imaginer ce qui peut arriver à nos barrages… Tout récemment, nous avons assister à des catastrophes impliquant des outils de ce type, notamment au Brésil…
Cette Europe, tue finalement l’idée même de l’unification du continent dans le respect des différences et des particularités culturelles, linguistiques, etc de tous les Européens ; elle crée un homo europaeus standard, de type anglosaxon avec peut-être un ordolibéralisme à la sauce allemande, comme idéologie ; elle garantit finalement le festin des milliardaires… au besoin en faisant appel à la police et l’armée, si nécessaire, pour protéger le droit inaliénable du plus fort d’exploiter le plus faible ?
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