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Accueil du site > Tribune Libre > Loi travail : de la pétition en ligne à la manifestation en ligne (...)

Loi travail : de la pétition en ligne à la manifestation en ligne ?

(Comment) le mouvement de contestation de la loi El Khomri passera-t-il l’été ?

Le coût individuel ou sociétal des grèves, la violence des casseurs ou des policiers, les entraves administratives, le risque d’un essoufflement et surtout d’un enterrement estival incitent à rechercher d’autres formes de lutte. Une manifestation en ligne pourrait contribuer à la continuité et donc à la réussite du mouvement.

Une cybermanifestation se distingue d’une pétition avant tout par le fait qu’elle n’est pas limitée dans le temps.[1] Elle peut durer tant que le besoin s’en fait sentir, tant que le but n’est pas atteint et donc elle peut croître indéfiniment jusqu’à passer le seuil où elle deviendra incontournable, pour les médias comme pour les politiciens.

Certes, des spécialistes en communication tels que Jean-Marie Pierlot ou Franck Bousquet nous rappellent que les pétitions en ligne « n’ont aucune valeur juridique. » Elles auraient une « simple valeur politique » équivalente à celle d’un sondage (voir ici). C’est peu contestable mais observons qu’il en va de même pour les manifestations de rue. Or elles n’ont pas disparu car les contestataires gardent toujours espoir d’être suffisamment nombreux pour obliger un gouvernement même rigide et « droit dans ses bottes » à tenir compte de la volonté populaire qui s’exprime ainsi.

Le critère clé ici est, évidemment, le nombre. Nul ne sait quel est celui qui, dans une circonstance donnée fera plier tel ou tel gouvernement mais à tout le moins est-on sûr que ce nombre existe. Les politiciens sont en effet dans un jeu coopératif avec le peuple et sauf à déclarer une dictature, un gouvernement ne peut que se démettre face à un mouvement dont l’ampleur ne laisse aucune équivoque quant à la volonté populaire qui l’anime. Toute la question est de savoir à quel moment l’empereur acceptera de reconnaître qu’il est nu.

En toute logique c’est quand il comprend que la contestation est (a) générale et que (b) elle ne faiblira pas, elle ira jusqu’au bout. Et quand sait-il cela ? Quand le peuple lui-même le sait, quand sa résolution s’est justement manifestée par la puissance d’une mobilisation telle que la victoire semble inéluctable.

Nous retrouvons la question du seuil décisif mais dans un contexte temporel : il s’agit non seulement d’atteindre un nombre « saisissant » mais il faut aussi laisser penser qu’il va tenir, s’inscrire dans la durée, voire, idéalement, progresser de manière à anéantir tout espoir pour le gouvernement de faire avaler ET oublier la pilule avant les prochaines élections.

C’est d’ailleurs bien l’étonnante vitesse de progression de la pétition contre la loi travail qui a d’abord frappé les esprits par la vigueur et/ou la puissance du mouvement que cela traduisait. Les journaux ont commencé à se mobiliser le deuxième jour, à 150.000 signatures, puis à 500.000 au bout d’une semaine. Passé un million, au quinzième jour, tous en parlaient, d’autant plus que la ministre y avait déjà laissé son commentaire.[2]

Maintenant imaginons que cette pétition ait continué sur sa lancée et ait été signée par un nombre de personnes égal à seulement 10% des électeurs (ceux qui ont voix au chapitre) : cela aurait donné le fabuleux montant de 4,48 millions de signataires [3]. On peut penser que le gouvernement lui aurait alors accordé bien davantage que la « simple valeur politique » d’un sondage — de fait, sept français sur dix se disent contre la loi El Khomri et cela ne l’empêche pas de dormir tant il sait pouvoir (devoir ?) faire fi de l’opinion publique. Une pétition de quatre ou cinq millions de personnes ferait probablement l’effet d’une bombe car il ne s’agirait plus alors d’opinion mais de volonté. Signer est un acte, qui engage, qui est décisif. Chacun le sent, le pouvoir le sait et le craint. Quoi qu’il en soit, un seuil serait franchi car tous, et le gouvernement le premier, sauraient que les choses ne pourraient rester en l’état.

Mais de là à capituler, peut-être y aurait-il encore de la marge. Car un coup de semonce n’est rien si l’on n’a plus d’autres munitions — c’est une situation dynamique, le nombre doit décidément s’inscrire dans le temps !

Or, un problème monumental vient de ce qu’une fois livrée une pétition est morte. Elle est « one shot », impossible de recommencer ou de repartir. D’ailleurs, la pétition Loi travail non merci ! n’avance quasiment plus [4] alors même qu’elle n’a pas été remise à sa destinataire et qu’elle ne le sera probablement jamais. Cela n’aurait plus de sens pour la bonne raison qu’elle a déjà produit son effet, qui a été de contribuer à la prise de conscience et au lancement des manifestations qui émaillent l’actualité nationale depuis mars. On pourrait dire que le coup est parti tout seul, en raison de l’audience que les médias eux-mêmes lui ont rapidement donné. Les manifestations de rue ont pris le relais, privant la pétition de sa raison d’être dès lors qu’elle faisait double emploi en tant que forme de contestation.

Mais maintenant qu’arrive la période des vacances, le régime déjà déclinant des manifestations de rue est promis à l’extinction et la pétition ayant déjà servi n’apparaît d’aucune utilité ; d’ailleurs, si on en parle, c’est seulement au passé. Bref, que faire pour maintenir la flamme durant... les chaleurs ? C’est ici que l’idée d’une manifestation en ligne prend tout son sens.

Dès lors qu’on en accepte le principe — ce qui ne va pas de soi pour un certain nombre de dinosaures de la lutte qui, n’aimant rien tant que l’engagement physique, la fureur et le bruit, refusent toute idée de clicktivisme — une cybermanifestation présente maints avantages non négligeables dans la circonstance présente :

  1. La facilité : sans qu’il ne lui en coûte plus que trois clics et quelques mots, chacun peut faire partie de la manifestation. Adieu pertes de salaires, frais de transport, fatigue, lacrymogènes et mauvais coups, nulle personne saine ne vous regrettera.
  2. La durée : une manifestation en ligne peut durer autant de temps que nécessaire, jusqu’au retrait de la loi El Khomri, voire jusqu’à la présidentielle. [A ce propos, Caroline de Haas, initiatrice de la pétition Loi travail non merci ! propose rien moins que de pirater 2017 ! Pour discuter de ce projet, une AG citoyenne se tiendra en ligne ce mardi 5 juillet à 20h].
  3. l’actualité  : une cybermanifestation est toujours actuelle de sorte qu’il n’y a pas à se poser de question : tant que la victoire n’est pas acquise, c’est toujours le bon moment pour la rejoindre alors qu’une manifestation de rue ou une pétition sont strictement situées dans le temps. Pardonnez-moi d’y insister mais la pétition loi travail non merci ! est une pétition zombie : on peut encore la signer mais cela n’a plus de sens car elle a déjà produit son effet. La plupart des personnes sensibilisées l’ont compris car au rythme où elle avance (une vingtaine de signatures par jour) trois siècles seront nécessaires pour atteindre les 4,5 millions. Une manifestation en ligne donnerait une seconde vie à la pétition car ses signataires peuvent tous être facilement invités par mèl à s’y inscrire.
  4. La présence : une manifestation de rue est une organisation dynamique, vivante, on peut la rejoindre, on peut en sortir. Il devrait idéalement en aller de même pour une cybermanifestation ; elle serait ainsi bien plus démocratique qu’une pétition qui, tel un sondage, enregistre et fige notre opinion à un temps t de sorte qu’elle appartient vite au passé. On pourrait envisager de demander aux participants de signaler (d’un clic) leur présence dans la manifestation après un temps donné (un mois, un trimestre). Les pertes éventuelles seraient largement compensées par la crédibilité accrue de la cybermanifestation. Ainsi validée, cette dernière donnerait à la mobilisation une réalité tangible et difficilement contestable.
  5. La mémoire : que la victoire soit acquise ou non, une cybermanifestation peut rester comme un monument à la mémoire des luttes passées et, éventuellement, de ceux tombés au combat. Pensons, par exemple, à la belle cybermanifestation #OccupySivens [5] contre le fameux barrage. Alors qu’une nouvelle bataille judiciaire vient d’être gagnée, elle pourra rester dédiée à la mémoire de Rémi Fraisse et, éventuellement, se remettre en marche s’il fallait reprendre la lutte.
  6. Le nombre : comme chacun l’imagine aisément, le nombre de sympathisants d’une manifestation de rue dépasse toujours très largement celui de ceux défilent dans les rues. Or tout ce qui chez ces personnes fait obstacle au « passage à l’acte » militant se trouve balayé par le dispositif de manifestation en ligne. C’est pourquoi une cybermanifestation offre la possibilité d’atteindre un nombre dont aucune manifestation de rue ne peut rêver même dans un comptage syndical. [6] Il serait inconséquent de ne pas en tenir compte maintenant que les allergies et autres technophobies se trouvent marginalisées par le caractère dorénavant incontournable des réseaux sociaux et d’internet dans la lutte militante.
  7. La conscience : une manifestation en ligne renvoie à ses participants bien davantage qu’un nombre et quelques brefs commentaires. Il est habituel, en effet, que des visualisations du rassemblement (sa taille, sa répartition géographique) soient aussi fournies, parfois à l’aide de silhouettes figurant chacun des manifestants. L’intérêt de telles images est qu’elles contribuent à donner à la foule une conscience d’elle-même, une conscience de sa solidarité, de sa puissance et donc une résolution que rien ne peut arrêter, ainsi que la psychologie des foules l’a amplement montré. Depuis 1789 nos dirigeants ne craignent rien tant que cela. Rien ne les préparerait donc mieux aux renoncements nécessaires qu’une gigantesque manifestation en ligne qui, pour les raisons évoquées plus haut, « ne passera pas », de sorte que le pouvoir ne pourrait, comme à l’accoutumée, faire le dos rond et attendre que ça se tasse.

Conclusion

Tout ce qui précède n’est qu’une suggestion, pas une démonstration, ni surtout un projet dont je n’ai pas, personnellement les moyens. Rien de ce qui vient d’être présenté n’est nouveau car des cybermanifestations ont été lancées il y a largement plus de dix ans mais, étonnamment, le principe reste novateur. Il m’a semblé important de le rappeler au moment où la lutte contre la loi El Khomri cherche sa voie lors de la traversée du désert estival. Je ne sais encore si je pourrai faire entendre ce son de cloche lors de l’AGcitoyenne qui traitera mardi 5 au soir de ces questions (j’habite encore dans la préhistoire d’internet) c’est pourquoi je remercie par avance ceux qui, sensibles à la question, voudront bien, le cas échéant, le faire à ma place.

Pour ma part, je pense que la proposition de pirater 2017 est géniale car irrésistible vu le niveau de mécontentement actuel de la population. Il me semble que, dans ce contexte, une manifestation en ligne constituerait un formidable outil de lutte et je trouverais dommage que « la résistance » à l’ordre marchand ne s’en saisisse pas.

 


[1] Sauf chez des imbéciles — que je ne nommerai pas pour ne vexer personne — qui, par le passé, ont proposé à ceux qui ne pouvaient manifester dans la rue de venir cliquer sur leur site durant le temps de la manif pour signaler leur présence et leur soutien.

[2] Médiapart offre un excellent historique de la naissance de ce mouvement sur internet. Les chercheurs Nikos Smyrnaios, Franck Bousquet et Emmanuel Marty en offrent quant à eux, une remarquable analyse, très fouillée mais aussi très technique.

[3] Soit juste en dessous de la limite de 4,5 millions de signatures qui — avec l’appui de 185 députés — permet au bon peuple de présenter directement un projet de loi à l’Assemblée Nationale (voir l’article de Médiapart).

[4] On en est actuellement à une progression d’une bonne vingtaine de soutiens par jour alors que fin février, début mars on se situait entre 30.000 et 120.000.

[5] Notons que cette cybermanifestation a été réalisée par Elliot Lepers, un ancien “écologeek” de la campagne présidentielle d’Eva Joly et complice de Caroline de Haas.

[6] La loi prévoit déjà qu’une pétition de 4,5 millions de personne puisse exister et prudente, elle l’encadre avec 185 députés. On pourrait imaginer qu’un jour une procédure validée par les institutions donnerait à une cybermanifestation de 10.000.000 de personnes le droit automatique de faire une proposition de loi ou d’imposer un référendum. Cela nous éloignerait du régime actuel d’aristocratie élective et nous rapprocherait de la démocratie grecque des origines.


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28 réactions à cet article    


  • sirocco sirocco 4 juillet 2016 13:56

    La limace qui occupe l’Elysée sait (depuis longtemps) qu’elle n’a pas la moindre chance de se retrouver au 2ème tour de la présidentielle de 2017 mais elle assume ce suicide politique (moyennant des compensations financières à la hauteur). Donc, rien à espérer de ce côté-là.

     
    On peut faire savoir aux députés que la liste de ceux qui voteront la loi Travail ou qui s’abstiendront sera rendue publique partout et que ces parlementaires ne seront pas réélus puisqu’ils s’opposent à une large majorité des citoyens qu’ils sont censés représenter. Cela obligera le gouvernement à utiliser encore une fois le 49-3. La loi Travail n’aura donc été portée que par cet article anti-démocratique et ne bénéficiera d’aucune légitimité.

     
    Chacun(e) peut aussi faire savoir dès à présent qu’il/elle votera en 2017 pour le/la candidat(e) qui promettra comme premier acte législatif de son quinquennat l’abrogation de la loi Travail. Loi d’autant plus facile à abroger qu’elle aura été adoptée grâce au seul article 49-3.

     


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 juillet 2016 14:49

      @sirocco

      Si ce n’est pas de l’optimisme ça ?
      Vous portez bien votre nom !
      J’aimerais bien que les choses soient aussi simples.
      Mais bon admettons.
      Supposons qu’en effet "chacun(e) peut aussi faire savoir dès à présent qu’il/elle votera en 2017 pour le/la candidat(e) qui promettra comme premier acte législatif de son quinquennat l’abrogation de la loi Travail« .
      Comment chacun(e) le fera-t-il concrètement ?
      Ne pensez-vous pas que ce serait quand même plus judicieux de le faire tous ensemble, bref, de se rassembler et mieux, de se compter... au travers d’une manifestation en ligne qui pourrait grandir jusqu’à la présidentielle 2017 ?
      Les actions individuelles compte pour beurre tant qu’elles ne font pas »masse" car nos politciens ne marchent qu’à ça : la massue ou la carotte financière...
      Il me semble qu’il est temps de frapper un coup de... masse populaire ! smiley


    • sirocco sirocco 4 juillet 2016 20:39

      @Luc-Laurent Salvador

      Les pétitions qui ont été ouvertes quand elles étaient encore susceptibles d’infléchir l’adoption de la loi Travail n’ont rien donné, pas plus que les nombreuses manifs de rues en principe beaucoup plus influentes. Maintenant que tout est « plié », je crains que votre manifestation en ligne ait très peu de poids.

       
      Comment chacun fera-t-il savoir concrètement qu’il réservera son vote à celui/celle qui promettra comme premier acte législatif de son quinquennat l’abrogation de la loi Travail ? Simplement en le disant et en le répétant dans ses posts, sur des forums tels qu’Agoravox, à l’occasion des articles et des discussions qui ne vont pas manquer de fleurir quand on se rapprochera de l’élection présidentielle de 2017. C’est assez semblable à ce que vous préconisez, mais c’est plus diffus et surtout cela pourra se maintenir et s’amplifier dans la durée. Je pense qu’il y aura de toute façon des candidats qui seront assez opportunistes et avisés pour utiliser cet argument électoral.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 04:25

      @sirocco
       
      La pétition Loi travail non merci ! a été utile, elle a lancé le mouvement mais, là dessus je suis d’accord, c’est même ce que j’argumente, elle n’a plus à présent d’utilité, parce qu’elle a déjà servi. Une pétition c’est « one shot ».
       
      Maintenant votre idée que chacun y aille en ordre dispersé me paraît d’une naïveté désarmante. Ce qui fait bouger le pouvoir c’est la solidarité des foules, le fait qu’elles fassent « masse ». Cela seul peut les renverser. Les candidats opportunistes il n’y a que ça donc c’est pas le problème. Le problème c’est qu’il n’y a pas de mandat impératif. Un candidat peut faire les promesses qu’il veut, elles n’engagent que ceux qui y croient comme disait Pasqua.
       
      Le vote ne peut être qu’un vote sanction, un vote contre. On ne peut voter pour car on ne sait jamais ce que fera celui pour lequel on a voté. Hollande en est la meilleure preuve.
       
      Donc le pouvoir populaire doit s’exercer au travers d’actions qui menacent les gouvernants de votes sanctions. Ces gens là tiennent à leur part du gâteau (pouvoir, argent, sexe, etc. c’est pour ça d’ailleurs qu’ils se soumettent au 49.3. Ce dernier n’est qu’une menace explicite de licenciement pour les députés).
       
      Les cybermanifs peuvent servir à ça : faire comprendre aux politiciens que le peuple est éveillé, qu’il agit, qu’il sait ce qu’il veut et qu’il n’oubliera pas de les sanctionner le moment venu car la cybermanif va dura jusque là plutôt que de s’évanouir dans les limbes du discours médiatique où, jour après jour, un clou chasse l’autre.


    • Paul H0CH0N (---.---.137.14) 4 juillet 2016 15:18

      Il faut une dose de naïveté hors norme pour imaginer plier la triade plébéienne avec du bisounoursisme !


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 juillet 2016 16:24

        @Paul H0CH0N

        Je ne vois pas qu’une triade puisse se plier. Seul vous dans tous l’univers (internet) songez à cela.
        Je ne vous imagine pas physicien pour deux sous.
        Mais peu importe.
        Pourriez-vous expliciter votre pensée avant que nous engagions bataille (de mots) ?
        Notamment sous l’angle fort intéressant du bisounoursisme dont, je l’avoue, j’ai du mal à saisir les tenants et aboutissants.
        Marx a-t-il écrit dessus ? smiley


      • JP94 4 juillet 2016 16:38

        Les pétitions permettent une mobilisation rapide mais ponctuelle et permettent d’obtenir des résultats sur des questions d’importance relative. 

        Elles restent du domaine du virtuel.

        Rien à mon sens ne peut se substituer à une action réelle, dans la rue.

        La limite de ces pétitions tient aussi dans le fait que l’absence de structure et même de démocratie intrinsèque à ce mode pour se doter d’une structure : Caroline de Haas n’est pas candidate, et , le serait-elle, elle ne serait pas à la hauteur de sa pétition et représenterait qui ? des internautes rassemblés sur cette seule question - certes fondamentale ? 

        Les tenants de la Loi Travail existent, se réunissent, n’agissent pas par pétition et ont leurs relais dans l’Etat et parmi les élus.

        Quant à boycotter l’élection présidentielle qui n’est qu’un simulacre de démocratie, une sorte de référendum à la Napoléon III ? quel effet cela aurait-il , lorsque nos médias relaieront les % relatifs et s’extasieront sur les scores du FN , du PS et des LR ? Même avec 20% de votants, l’UE prétendra triompher.

        Et puis qui dit que les opposants à la Loi travail seront abstentionnistes ? le système est bien verrouillé !

        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 juillet 2016 17:25

          @JP94

          C’est l’été, on est plus décontracté et je ne vous en veux donc pas d’avoir lu l’article en diagonale. Il m’arrive souvent de faire de même. Mais là, disons que ça se voit.
           
          Concernant votre idée que rien ne peut se substituer à une action réelle dans la rue, j’apprécierais l’ombre d’un soupçon d’un début d’argumentation. Car, franchement, je l’avoue, je ne vois pas.
           
          Par ailleurs notez que si j’ai parlé des limites des pétitions ce n’est pas pour être d’accord avec vous, c’est pour mettre en avant ce que je crois une alternative extrêmement sérieuse, avec un vrai potentiel, les cybermanifs. Avec cette hypothèse que l’important est de faire nombre ET de durer, ce que les manifs dans les rues ne peuvent plus faire, soyez honnête. Quand des manifs de rue ont-elles changé la donne ? En 95 avec les retraites mais pas en 2003, toujours pour les retraites. Avec le CPE aussi parce que les d’jeunss étaient de la partie. Mais sinon tout le reste a été vain, sincères ou de principes, ces foules sentimentales ne font pas fléchir un pouvoir aux ordres qui respecter l’agenda des « puissances de ce mone ».
           
          Enfin pirater 2017 ne veut absolument pas dire boycotter 2017, tout au contraire. Il s’agit de prendre à la gorge les candidats de droite et de gauche pour qu’ils prennent position sur les questions qui préoccupent le bon peuple. Bien sûr qu’ils seront libres après être arrivés au pouvoir de nous mener en bateau mais il serait plus facile de leur faire payer le prix de leur forfaiture dès lors que le contrat aura été bien explicité auparavant. Bon enfin, c’est juste l’idée que je m’en fais et décidément elle n’a rien à voir avec un boycott.
           
          Pour ma part, je ne boycotte pas les élections, seulement les marchandises douteuses. Il y a toujours moyen de s’exprimer par le vote, donc je ne rate pas cette occasion.


        • beo111 beo111 4 juillet 2016 17:27

          Mouais, à part soutenir financièrement les grévistes qui bloquent les raffineries via des cagnottes en ligne je ne vois pas ce que l’on peut faire de significatif.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 juillet 2016 18:23

            @beo111
             
            Pardonnez-moi si je parais insistant mais le principe des cybermanifestations c’est précisément de s’économiser tous ces coûts désastreux qui viennent avec les grèves et les manifestations de rue.
             
            Sans doute aurais-je du donner l’exemple de ces syndicalistes italiens qui en 2007 ont organisé une cybermanif qui au bout de quelques dizaines de jours est remontée à la direction centrale et celle-ci a proprement viré le patron local qui refusait de négocier. Voir ici l’article de Médiapart pour les détails
             
            Bref, zéro grève, zéro frais et un patron viré : que demande le peuple ? Des cybermanifs !


          • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 juillet 2016 21:55

            La question n’est pas de faire ou pas des pétitions, mais ce qui est écrit dessus !
            Or, pas une seule pancarte durant toutes ces manifestations n’a porté sur l’origine européenne de la Loi Travail !


            « Après le Brexit, il faut préparer la bataille de France ! » ( Site Valmy)

            " On les cherche vainement dans les manifestations contre la loi El Khomri, aussi bien à Paris que dans les villes de province : pas la moindre banderole, pas la plus petite pancarte évoquant l’Union européenne pour dénoncer son rôle moteur dans l’offensive tout azimut visant les droits sociaux des peuples et imposant à ceux-ci l’austérité la plus noire.

            L’exemple qui nous vient d’outre-manche devrait faire réfléchir.
            Le 23 juin en Grande-Bretagne, les couches les plus pauvres de l’Angleterre et du Pays de Galles se sont rebellés et, leur vote massif, ont permis le Brexit, la sortie de leur pays de la prison européenne.

            Ce n’est pas en semant l’illusion qu’une discussion avec les maîtres de cette prison - la renégociation des Traités - pourrait conduire les gardiens à en ouvrir les portes, comme pourrait le laisser penser une pétition signée par Jacques Sapir, Jean-Pierre Chevènement et Michel Onfray dans les colonnes du Figaro. L’accueil haineux des chiens de garde du capital européen démontre la volonté de celui-ci de poursuivre et d’accentuer au contraire leur besogne antinationale et antisociale.

            Certes, la porte ouverte ne résout pas tous les problèmes, la City et la finance mondiale, bien qu’ayant subi une humiliante défaite, demeurent aux leviers de commande...

            Cependant, le sort de la classe ouvrière et du peuple britanniques ne dépendront plus de l’étranger, de la dictature de Bruxelles, mais du rapport de forces à l’intérieur du Royaume Uni." (...)


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 03:07

              @Fifi Brind_acier
               
              Je suis 100% d’accord avec le fond que vous proposez.
              Evidemment que la loi travail n’est pas le produit d’une volonté politique propre.
              Tel que je le vois, nos marionnettes politiciennes obéissent non à l’Europe (qui n’a pas fixé le programme) mais à l’Etat profond de l’Europe, celui qui tire les ficelles de ce grand machin.
               
              Mais la fin (ou le fond) est une chose, les moyens une autre. Ce dont je parle c’est de se donner les moyens d’exercer une pression populaire sur les dirigeants sans qu’il faille consentir les sacrifices actuellement exigés par les mobilisations traditionnelles.
               
              Ce qui importe ce n’est pas d’avoir à souffrir financièrement de la grève, des transports, souffrir de la fatigue voire des mauvais coups que l’on peut prendre dans les manifs, tout ça c’est du folklore de dinosaures militants nostalgiques car drogués à la transe collective.
               
              Ce qui importe c’est d’incarner un rassemblement populaire le plus large possible qui fasse entendre au pouvoir que le peuple s’est levé, qu’il marche et qu’il ne s’arrêtera pas, ce qui veut dire qu’il n’oubliera pas ni sa demande ni la réponse qui lui sera faite, en tout cas pas avant les prochaines élections.
               
              Bref, ce qu’il faut, c’est impressionner, c’est rappeler à l’élite qui l’a oublié, que le pouvoir vient du peuple, le pouvoir est au peuple et il est bien temps qu’il lui revienne.
               
              Or cela ne peut plus se faire avec les manifs traditionnelles. La domestication moderne et postmoderne de l’humain a rendu le citoyen individualiste et pusillanime car dispersé, tiraillé, déstructuré, débordé, épuisé, endetté. Seule une frange de la population est encore capable de se mobiliser sur le bitume. Une cybermanif permettrait de faire se rassembler ces « éclaireurs » avec le gros des 99% qui lui n’a plus, si je puis dire, la capacité de mobiliser le corps entier. Sa motivation fragile lui permet par contre de cliquer pour dire qu’il est d’accord. Alors ne passons pas à côté de ce formdable pool de « handicapés » de l’action citoyenne dont je fais partie (because sciatique smiley. Rien ne se fera sans eux.
               


            • Captain Marlo Fifi Brind_acier 5 juillet 2016 08:07

              @Luc-Laurent Salvador
              Les Grecs ont fait plus de 20 000 manifestations, ils sont ruinés.
              La seule solution, c’est de se rassembler pour sortir de cette usine à gaz. Et le plus tôt sera le mieux. Car vous n’avez pas encore tout vu des réformes structurelles que la France doit appliquer.
              Lisez bien la liste. Ce sont tous les acquis et le modèle social français qui vont passer à la moulinette.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 10:35

              @Fifi Brind_acier
               
              Comme je vous l’ai déjà dit, je suis 100% d’accord sur le fond avec vous, alors inutile d’y revenir et essayez d’écouter : ce que vous me dites sur l’inutilité des 20.000 manifestations qu’ont fait les Grecs ne me surprend pas et je vous remercie d’ailleurs d’apporter de l’eau à mon moulin avec cet exemple.

              En effet, les manifestations de rue, c’est fini, c’est du passé, les technocrasses savent gérer car ces innombrables manifestations, elles passent dans le temps, elles disparaissent quand les gens rentrent chez eux. Le pouvoir sait qu’il n’a qu’à attendre et la résistance s’éteindra d’elle-même car, en effet, les modes de lutte traditionnels exigent énormément de sacrifice.
               
              Ce que je m’évertue à pointer c’est le fait qu’il n’en va pas de même pour une cybermanifestation qui, elle, NE RUINE PERSONNE vu que c’est gratuit, et peut durer autant que durera internet, cad, bien au-delà des échéances qui décident de l’avenir de nos politiciens. Bref, c’est ça l’avenir de la manifestation. Imposer des chiffres énormes aux politiciens pour qu’ils voient la masse de ceux qui s’opposent à eux sans qu’il n’en coûte rien aux militants. On s’éloignerait ainsi un peu de la lutte pour se rapprocher de la démocratie participative véritable. Mon bon, j’anticipe.
               
              Maintenant, je vous le dis, je ne vous répondrai que si vous me parlez de cybermanifs et pas de manifs. Pour ces dernières nous avons fait le tour de la question.


            • Captain Marlo Fifi Brind_acier 5 juillet 2016 17:31

              @Luc-Laurent Salvador
              Alors faites une cybermanif pour appeler à rejoindre l’ UPR pour sortir de l’ UE ! Le reste, les Mamamouchis européens, les lobbies et la finance s’en moquent.


              La seule chose qu’ils craignent, c’est l’effet domino, que l’ UE implose comme feu l’ URSS. Et que les Gouvernements souverains ne fassent voter des lois pour remettre en place tout ce qu’ils ont dérégulé.

            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 6 juillet 2016 03:59

              @Fifi Brind_acier
               
              Une cybemanif n’est pas une baguette magique. C’est comme une manifestation, c’est un moyen pour la foule de prendre conscience d’elle-même, de sa volonté mais encore faut-il que, comme dans le conte de l’empereur nu, tout le monde ait toujours-déjà de bonnes raisons de penser qu’il est nu ; il faut qu’il y ait une foule qui soit déjà accordée sur le fond et qui en se rassemblant prenne conscience de son unité et donc de sa force.
               
              Si tous les gars de l’UPR se prenaient par la main, pour le moment, ils ne feraient pas le tour de la terre. Une cybermanif n’apporterait donc pas grand chose. Par contre tous ceux qui sont contre la loi travail, il doit y en avoir un bon peu.
              Si ceux-là faisaient une cybermanif en disant qu’ils vont voter au deuxième tour de 2017 pour le candidat qui abrogera la loi travail le premier jour de son mandat (ou la première semaine), ce candidat gagnerait à coup sûr car les écarts au second tour sont relativement faibles et un rassemblement de quelques millions de personnes, (ne serait-ce même qu’un ou deux millions) emportera toujours la décision.
               
              Et contrairement aux promesses unilatérales qu’ils font mano largo, un candidat qui consent publiquement à une demande contractuelle ne peut se désavouer une semaine plus tard car se serait se discréditer irrémédiablement dès le début de son mandat. Bon maintenant c’est clair qu’il pourra faire une resucée plus tard et faire passer en douce les trains de mesures qu’on attend de lui en haut lieu.


            • straine straine 4 juillet 2016 23:38

              Pour simplifier, vous proposez de virtualiser la contestation ?


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 03:13

                @straine
                 
                Oui, sauf que le virtuel s’oppose à l’actuel, donc au réel c’est pourquoi je n’emploie pas le mot. Je le refuse même.
                 
                Une manifestation en ligne n’est pas virtuelle car le cyberespace est une réalité et un oui ou un non n’est moins réel lorsqu’il est électronique que lorsqu’il est sur un bout de papier.
                 
                La seule chose qui compte est que le pouvoir entende la voix du peuple et que celle-ci s’exprime par des vibrations sonores ou via le digital ne fait strictement aucune différence pour le contenu du message.
                 
                Par contre ça fait une énorme différence pour le peuple et ce que ça lui coûte alors pour quelle raison refuser d’agir dans le cyberespace quand on voit l’impact qu’il a déjà sur les médias et sur les gouvernants ?


              • Le p’tit Charles 5 juillet 2016 08:59

                Seul la violence peut arriver à quelque chose..Tous le reste c’est du boudin en boite qui ne mène nulle part...1789... !


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 10:40

                  @Le p’tit Charles
                   
                  C’est un jugement qui vous appartient.
                  Gandhi est arrivé à quelque chose par la non violence.
                   
                  Pour ce qui est du boudin en boîte je pensais que vous aimiez, puisque pour faire du boudin, il faut que ça saigne smiley !
                   
                  1789 était une belle supercherie maçonnique. Vous ne le saviez pas ? Relisez vos classiques, ou, plus facile, écoutez Chouard par exemple...


                • Le p’tit Charles 5 juillet 2016 11:13

                  @Luc-Laurent Salvador.....FAUX....La violence dans ce pays est quotidienne faisant des milliers de morts tous les ans...Luttes des castes...Gandhi est la vitrine tronquée d’un mensonge de politiciens-véreux...Renseignez vous avant de dire n’importe quoi.. !

                  1789 à permis de prendre le pouvoir et de donner au peuple un peu d’aise et de quoi manger..La suite est est ce que des mafieux en on fait...Donc recommençons 1789 pour instaurer un vrai changement..Le pouvoir au peuple.. !

                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 12:43

                  @Le p’tit Charles
                   
                  Si la politique avait de l’avenir vous en auriez. Vous parlez comme un politicien, et n’écoutant pas et en disant n’importe quoi. Je n’ai jamais dit que l’Inde était un pays non violent où il faisait bon vivre.
                  Je dis que c’est par la non violence que Gandhi a gagné son combat contre l’Angleterre.
                  Conclusion la violence n’est pas une fatalité. Mais ça vous ne voulez pas le comprendre.
                  Pas plus que vous ne voulez entendre que 1789 était une supercherie bourgeoise téléguidée par la franc-maçonnerie pour se débarrasser de l’autorité royale et religieuse et installer le marché comme seul dieu et maître. Le marché nous y sommes et on voit l’enfer que c’est. Alors votre révolution française, comme la bolchévique d’ailleurs vous pouvez vous la... là où je pense et honni soit qui mal y pense smiley


                • Le p’tit Charles 5 juillet 2016 13:38

                  @Luc-Laurent Salvador....Quand j’ai tort, je le reconnais...Lisez donc la presse de ce pays..

                  New Delhi, décembre 2012 : une étudiante de 23 ans est brutalement violée et assassinée par six hommes. Si son cas a plongé le monde entier dans l’effroi, il est pourtant loin d’être une exception. En Inde, près de deux millions de femmes sont assassinées chaque année. Les membres de minorités religieuses et de castes inférieures sont eux-aussi victimes de violence.  ARTE... !



                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 5 juillet 2016 17:00

                  @Le p’tit Charles
                   
                  Et vous lisez moi ! Nous ne parlons pas de la même chose. Je vous ai déjà répondu sur ce que vous évoquez. Inutile d’y insister ; reportez-vous à mon précédent commentaire et prenez le temps de le comprendre. Merci


                • straine straine 6 juillet 2016 10:59

                  @Le p’tit Charles
                  Un article sur « La vraie vie de Gandhi et le mythe de la non-violence »
                  Ne pas passer à coté des commentaires certains donnent à réfléchir ....


                • Luftwaffe (---.---.137.14) 6 juillet 2016 10:35

                  la grève est un droit constitutionnel mais il y a d’autres moyens d’exprimer son mécontentement
                  l’intérêt supérieur du pays passe par l’entreprise. les grèves, les manifestations, ça fait partie de l’histoire, pas du présent nous préconisons la grève à la mode japonaise par port d’un brassard noir en signe de mécontentement et autorisons la manifestation d’un mécontentement plus poussé sur internet dans le respect de l’establishment


                  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 6 juillet 2016 14:48

                    @Luftwaffe
                     
                    Je suppose que c’est de l’humour pince sans rire. Ce qui était bon pour les japonais du XXe siècle ne l’est probablement plus à l’époque actuelle et ne l’est pas non plus pour nous.
                     
                    Je suis néanmoins d’accord que la grève est d’une autre époque et que cette époque est révolue, non parce que ça déplait aux patrons et que ça fait perdre du chiffre d’affaire mais parce que le salarié n’en a plus les moyens ou la volonté.
                     
                    C’est pourquoi, justement, les cybermanifestations constituent une excellente alternative.
                     
                    Comme je l’écrivais plus haut, nous avons l’exemple des salariés d’IBM Italie qui en 2007 ont organisé une cybermanif, laquelle au bout de quelques dizaines de jours a fini par avoir assez d’audience dans la blogsphère pour remonter à la direction centrale et celle-ci a proprement viré le patron local qui refusait de négocier. Voir ici l’article de Médiapart pour les détails.
                     


                  • craoult (---.---.69.28) 6 juillet 2016 21:44

                    Je partage complètement votre avis, sur le fond. Nous devons trouver le moyen de nous faire entendre, et même plus, des lobbyistes, des financiers, des pétrochimistes et j’en passe. On voit les effets de la kalach, sans commentaires. Je cherche moi aussi le moyen de contraindre les politiques à respecter ceux qui les élisent. Je suis favorable au boycott des urnes pour les amener à comprendre que leur monde n’existe pas si nous ne le voulons pas. Malheureusement, j’ai l’impression d’être bien seul ! Endettés pour 30 ans pour « l’accession à la propriété », mes contemporains ne voient d’issue que dans l’obéissance aveugle ... Suis je pessimiste ?

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