Macron président avec un scénario qui peut faire gagner la gauche en 2017
Pour l’instant le scénario sinistre semble se dessiner pour 2017 avec François Fillon et Marine le Pen s’affrontant au second tour. Manuel Valls s’égosille à clamer qu’il ne veut pas d’un remake de 2002 mais la politique ne joue pas dans une cour d’école. Il faut cesser de dire je veux, je ne veux pas ! Le jeu est lassé des je. Et des moi président. En regardant la réalité en face et en sachant compter, on comprend que dans le camp de gauche, trois candidats vont se partager quelque 40 à 42 points de part de marché électoral. Si ses électeurs restent fidèles, le FN devrait compter sur 20 à 25 points. Ce qui laisse une marge de manœuvre improbable pour l’un des trois prétendants à gauche qui arriverait en tête du trio avec 15 à 20 points. La fourchette haute de la gauche peut parvenir à la fourchette basse du FN. Le fou de Desproges sorti d’un château en Espagne rêve de ramasser Marine à la petite cuillère. Que vont faire les seconds couteaux ? Pour l’instant, le couvert est mis et nous saurons bientôt qui seront les convives prêts à se partager les fruits de cette cuisine politicienne.
La politique se prête à la fiction. Il suffit d’un peu d’imagination pour inventer un scénario impensable mais pas impossible. La gauche pourrait gagner en 2017 ! Avec une stratégie impensable mais pas inconcevable. Avec deux conditions indispensables. D’abord parvenir au second tour, ensuite battre François Fillon. Il ne suffit pas qu’un candidat de gauche parvienne au second tour. Il faut que ce soit le seul à gauche capable de vaincre Fillon. Au parti socialiste, aucun des prétendants à la primaire ne réunit les conditions pour battre la droite, pas plus Montebourg que Valls ou Hamon. Le seul à pouvoir l’emporter c’est Emmanuel Macron. Et faut-il préciser, une équipe solide qui le soutient.
Il faut donc inventer un scénario dans lequel Macron arrive au second tour. Tout dépendra des primaires socialistes qui s’avèrent incertaines et plus ouvertes qu’à droite car les langues peuvent se délier puisque le sortant des primaires n’a aucune chance d’être élu en 2017 et donc, beaucoup moins de comportements intéressés comme dans l’autre camp où il ne fait pas bon exprimer une fausse note si l’on veut récupérer un poste dans l’équipe gouvernentale issue de la présidentielle. Dans cette primaire, l’issue est incertaine et l’élu de ce joyeux bordel n’est pas certain d’être accompagné par des lieutenants aussi unis et déterminés que peuvent l’être les piliers dans le pack des All Black en finale de coupe du monde. On peut supposer que Montebourg sorte vainqueur. Ou alors Valls. Les sondeurs vont ensuite dégager les tendances pendant cette période très flottante de février à mars. Un système instable peut évoluer vers pas mal d’issues.
Après les primaires, le spectre de 2002 va hanter les socialistes ce qui va délier les consciences et libérer la parole. Et dans ce contexte, les alliances et les soutiens pourraient aller vers Macron sous réserve qu’il accroisse sa crédibilité. Des hypothèses peu probables sont envisageables. Hollande pourrait jouer les méchants et se venger de Valls en soutenant Macron. Si Montebourg est l’élu des primaires, il pourrait se rallier à Macron avec le soutien du PS qui a tout intérêt à jouer cette carte parce que Montebourg sera vite pressenti comme un looser. S’il ne reste que Macron et Mélenchon, alors c’est jouable pour Macron qui peut compter sur 28 points ou plus. Au vu des animosités entre Bayrou et Fillon, le Modem pourrait aussi soutenir Macron, cet appui étant alors décisif pour le second tour face à Fillon. Il ne fait aucun doute que Bayrou est bien plus proche de Macron que de cette droite « brutale » incarnée par Fillon qui maintiendra sa position, car il doit se qualifier au second tour et que rien n’est acquis.
Le PS a le choix entre se tirer une balle dans le pied ou bien se désister en faveur de Macron pour préserver la gauche quitte à faire des concessions. La politique dans l’âge mur suppose des concessions et une certaine retenue face aux blocages idéologiques et aux ressentiments personnels. C’est cela l’éthique de la responsabilité. Il faut en finir avec le je veux. Il faut aussi en finir avec cet infantilisme politique des citoyens capricieux et indociles à l’âge numérique. Fillon est une évidence mais la philosophie se refuse aux évidences et si le peuple français est philosophe, il pourrait élire Macron ce qui n’est pas un mauvais choix.
Je n’ai pas évoqué Mélenchon car il incarne une forme de nihilisme de gauche, prêt à flinguer le PS alors que bien de ses sympathisants sont de même tendance, souvent éduqués, avec des situations convenables, prêts à en découdre avec l’idéologie capitaliste en ignorant complètement les classes démunies et précaires. Mélenchon candidat des précaires ? Une farce ! Mélenchon candidat des ignorants de la politique et l’économie ? Une hypothèse à prendre au sérieux.
J’ai passé l’âge des utopies et des contestations stériles. Entre Fillon et Macron mon choix est fait. Il faut choisir le moins mauvais pour passer les cinq prochaines années. Macron sera président et c’est mon pronostic.
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