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Accueil du site > Tribune Libre > Madrid : ivre et abusée dans la rue – réalité ou provocation (...)

Madrid : ivre et abusée dans la rue – réalité ou provocation ?

Encore un sujet délicat et propice à la controverse. C’est la caméra cachée qui fait s’indigner les internautes depuis 3 jours. Elle est réalisée par un centre de désintoxication. Le but est de montrer les risques de l’alcoolisation dans la rue et le harcèlement qui s’en suit.

Les faits

C’est présenté très sérieusement par un médecin comme une expérience sociale. Une actrice espagnole joue l’ivresse et fait mine d’être perdue dans les rues de Madrid. Son téléphone est à court de batterie. Elle se fait accoster par des hommes, qui semblent plus intéressés à l’emmener à l’hôtel, voire à l’entreprendre sur le trottoir, qu’à lui venir en aide. Selon le commentaire pas un seul homme ne lui proposera de l’aide pour retrouver son chemin et ses amis.

Première lecture

Au premier degré les internautes sont choqués. Aucun ne fait d’autre lecture de la scène : la pauvre femme, incapable de dire non, est agressée par des hommes qui ne pensent qu’à leur bite. Ce sont des salauds. Quelques commentaires sur le net :

« De gros chiens….. le dernier, manque de respect, limite il serais capable de la violer quoi. (…) Pas étonnant, le prédateur s’attaque toujours aux plus faibles… (…) De gros chiens….. (…) Ça commence hard, avec des vieux pervers qui veulent la prendre en GB… »

Et j’en passe. Le présentateur termine en demandant : « Et si c’était une adolescente un soir de week-end ? », sous entendu : ne laissez pas sortir vos filles, les hommes-prédateurs rodent et vont lui faire un sort. On vous conduit vers la réaction émotionnelle de premier degré.

femme,actrice,madrid,espagne,abus,agression,sexe,alcool,Mais une lecture plus approfondie raconte une toute autre histoire.

Deuxième lecture

  • La femme est une actrice. Elle joue l’intoxication alcoolique. Elle est supposée avoir perdu le contrôle et donc être incapable de discernement. Mais son langage du corps dit autre chose à qui sait regarder. Son regard et son comportement sont précis et contrôlés : elle n’a pas perdu la tête. La manière d’être dans son corps, le sourire également sous contrôle, les rares déséquilibres et sans chute, la manière claire de répondre, l’orientation du corps toujours vers l’interlocuteur, la rapidité de ses mouvements et de ses expressions, le fait de ne pas renverser de boisson sur elle, montrent un état sous contrôle. Cela se voit, cela se sent. Le fait qu’elle annonce avoir bu plus que de raison ne se vérifie pas dans le comportement.
  • Ses postures corporelles sont visiblement ouvertes et accueillantes. Elle est d'une incroyable familiarité. Un homme ou une femme vraiment ivre a un comportement plus en dents de scie, plus coupé, moins fluide et suivi.
  • femme,actrice,madrid,espagne,abus,agression,sexe,alcool,Elle est dans une sorte d’euphorie. Elle ne joue donc pas la phase d’ivresse aggravée où elle ne disposerait plus de son libre arbitre. C’est une phase légère où la conscience est encore vigilante. D’ailleurs les moments où elle refuse de suivre un homme, il ne la force pas (sauf le dernier).
  • Cette euphorie ne se dément à aucun moment. Pas d’expression qui se ferme ou qui montre une vraie désapprobation. Elle est toujours amicale, drôle, interactive, souriante au point d’en être perçue comme invitante. L’alcool peut aider à cela, mais au-delà d’une dose le comportement n’est plus le même. Ici elle joue la phase joyeuse, conviviale, celle qui n’est pas de nature à supprimer la conscience de ses actes. 
  • En conséquence ce qu’elle montre, ses regards appuyés, peuvent être lus comme des invitations ou des provocations. En particulier la dernière où elle joue à Pretty Woman. Une séquence à ne pas rater : une belle femme, adossée contre un mur façon Je suis disponible, sans signe de stress, sans objet personnel (signification : mon appartement est tout près), à la limite d’une attitude de prostituée, souriante, accueillante, qui regarde bien en face l’homme, vous croyez quoi ?
  • femme,actrice,madrid,espagne,abus,agression,sexe,alcool,Et elle ne résiste pas du tout à l’homme qui l’entreprend (acteur lui aussi ?) avant qu’un membre de l’équipe n’intervienne. J’ai déjà vu des femmes plus ivres que cela : elles savent encore se faire comprendre. Elles ne se laissent pas faire, à moins d’avoir presque perdu connaissance. Mais alors elles ne tiennent même pas debout.

Nous avons tous tous les droits

Si une femme a le droit d’être dans la rue comme elle veut, légèrement ivre et très disponible, les hommes aussi ont le droit d’être comme il veulent. À chacun d’assumer son comportement et ce qui en découle. À moins de décréter que l’on ne s’approche plus d’une femme dès qu’elle a bu un verre de vin ! Auquel cas on supprime toutes les fêtes, les cafés, les boîtes de nuits, les soirées de boîte, les repas en amoureux, et l’on met des mères fouettardes à chaque coin de rue.

femme,actrice,madrid,espagne,abus,agression,sexe,alcool,Le présentateur, alibi scientifique de la mystification, affirme qu’aucun homme ne lui viendra en aide. Il oublie d’ajouter : aucune femme non plus. Et avant d’incriminer les hommes d’un comportement supposé abusif, voire de resucer la théorie délirante en vogue aux USA de culture du viol, il faudrait savoir combien d’hommes sont passés et quel est le pourcentage de ceux qui l’ont abordée. Savoir quel est le quartier choisi, et s'il y a une terrasse à proximité où des hommes ont d'abord pu observer ses familiarités. Savoir aussi comment s’est établi le contact car chaque séquence commence alors qu’il est déjà amorcé. Et comment le montage a été fait, quelles images ont été choisies pour mettre cela en scène.

Enfin, je ne peux pas imaginer qu’aucun homme ou aucune femme n’ait réellement proposé de l’aider à trouver son chemin, sur plusieurs heures où dure la caméra cachée. Pour moi il y a un biais, soit dans le choix des images et du montage, soit dans le choix du quartier, soit dans le comportement de l’actrice qui choisissait peut-être ses cibles (n’oublions pas qu’elle était lucide et non ivre). Je note quand-même qu’un homme lui propose d’aller s’asseoir sur un escalier pour qu’elle ne prenne pas le risque de tomber. En tous cas les personnes qui passent en arrière-plan ne semble pas regarder la scène, rien ne semble les alerter. Or une ivresse sur la voie publique attire forcément le regard.

Il n’y a rien qui ressemble à une alerte.

femme,actrice,madrid,espagne,abus,agression,sexe,alcool,Alors quoi ? Faut-il castrer les hommes, leur imposer de surveiller leur comportement même s’ils ressentent une invitation ? Ou imposer aux femmes de surveiller leur propre comportement ? Qui va gagner sur l’autre ? L’homme qui désire ou la femme qui castre ? 

Vouloir changer l’homme est faire fausse route. Nous avons tous tous les droits. A chacun de se comporter en conséquence. Le non doit être clair dans les mots et dans le langage corporel. Une légère ivresse n’empêche pas de dire non. Une légère désinhibition n’implique pas de se jeter dans tous les bras. Il faut donc apprendre à vivre ensemble sans faire de la femme une pute ni de l’homme un prédateur. 

Une possible manipulation comme cette vidéo ne va pas faire avancer le schmilblick. Elle sert en premier lieu à la misandrie.

Chacun sa lecture de cette vidéo. L’on peut ne pas partager cette deuxième lecture. Pour moi la ficelle est si grosse que je me demande si ce ne sont pas des groupes d’hommes qui l’ont réalisée, pour montrer justement comment le schéma misandre est installé.

D’ailleurs j’ai appris qu’une telle vidéo a déjà été réalisée aux Etats-Unis, et que l'actrice s'est ensuite publiquement excusée pour avoir commis un faux, et aussi que le centre espagnol Neurosalus est une clinique privée. De là à penser que c’est un clip de pub pour cette clinique, et visant la clientèle des adolescentes bourrées de fin de semaine... Mais la colère monte chez beaucoup d’hommes.

 

La vidéo :


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8 réactions à cet article    


  • hunter hunter 6 novembre 2015 20:18

    Elle n’a pas reçu de propositions de quelques goudous en vadrouille, qui lui auraient volontiers bouffé le minou ?

    Donc pas de problèmes !

    Distribution de bromure obligatoire pour tous les hommes européens hétérosexuels, entre 15 et 65 ans !

    L’hétérosexualité doit être combattue, en plus, elle est responsable du lapinisme mondialisé qui ravage la planète !
    Les réfractaires seront rééduqués avec les « non-charlie », selon un programme établi par des spécialistes tels Mme Saint Cricq.

    Vite Big Pharma, un traitement pour transformer toute cette racaille hétéro, en bons petits consommateurs LGBT, avides de teufs, d’Xta et de beaux iphones tous neufs !

    Un nouveau marché s’ouvre, pour les industries du médoc (pas le pinard de Bordeaux, la gélule pleine de principe actif).

    Ironie.... ? who knows.... ?

    Adishatz

    H/


    • rmusic rmusic 7 novembre 2015 11:00

      @hunter
      Ouf ! j’ai 66 ans, pas de bromure pour moi, a moi les petites nanas...


    • ddacoudre ddacoudre 6 novembre 2015 22:15

      bonjour homme libre

      ce qui devient problématique c’est l’usage de la caméra caché.
      cela me rappelle des souvenirs ou dans un litige il faut accepter que prendre connaissance de données emporte le droit de prendre copie. sauf que dans le cadre d’une prise de vidéo il y a le choix de l’auteur avec sa finalité, et voir n’emporte pas de prendre photo sans autorisation de celui qui est concerné s’il est ciblé précisément, car la vie privé n’est pas une donnée commercialisable, dérive dans laquelle nous sommes entrés.
      un film n’est qu’une succession de photos, elle est donc limité par son champ et ne reflète pas la réalité, mais le choix de celui qui photographie.

      cordialement.


      • hommelibre hommelibre 8 novembre 2015 09:24

        @ddacoudre


        Bonjour,

        Bien d’accord avec vous : l’utilisation de la caméra cachée est une plaie, et l’on piétine allègrement la vie privée.

      • rmusic rmusic 7 novembre 2015 11:27

        Attention Mesdemoiselles,

        le plus grand prédateur est celui qui porte une cravate car la cravate est la flèche qui indique où se situe le cerveau de celui qui la porte. A bon entendeur...

        • arca 7 novembre 2015 17:51

          arca


          Monsieur « hommelibre » vous insistez beaucoup sur le fait, je vous cite, que « nous avons tous tous les droits ».
          C’est évidemment faux. Nos droits sont contraints par la loi d’une part, et d’autre part nous avons le devoir éthique de contrôler nos pulsions. Ce qui devrait permettre de vivre harmonieusement en société. Une cité où chacun aurait tous les droits serait une épouvantable tribu de pervers polymorphes.




          • Hector Hector 8 novembre 2015 08:41

            Naturellement le comportement de ces hommes ne peut que porter au dégout.
            On peut remarquer également et je n’en tire aucune conclusion, que ce sont tous des hommes dans la quarantaine, bedonnant et gras qui ont accostés cette femme.
            Les deux seuls qui lui ont proposé de l’aider étaient jeunes et minces.
            Pourtant cette vidéo parait tellement tendancielle qu’on ne peut que se demander si ce n’est pas le but recherché et, le plus étonnant, c’est qu’aucune femme ne soit venue à l’aide de cette personne qui présentait un caractère alcoolisé manifeste.


            • hommelibre hommelibre 8 novembre 2015 09:26

              @Hector

              « le plus étonnant, c’est qu’aucune femme ne soit venue à l’aide de cette personne » :

              en effet.

              J’ai signalé dans l’article une vidéo similaire aux Etats-Unis, qui a été ensuite reconnue comme un fake. Navrant.

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