Nicolas Sarkozy : « le prof copain » !
Lorsque j’étais lycéen, à cette période de l’année, je pensais déjà au panel type des professeurs que j’aurais aimé avoir à la rentrée scolaire. Les critères étaient peu scientifiques ou raisonnés mais, comme les copains, je craignais d’avoir untel car sévère et ou caractériel, au contraire, j’aspirais à avoir tel autre professeur dont la renommée était très établie. La semaine de la rentrée, il y avait toujours un « trouble-fête », celui que nous ne connaissions pas, le nouveau professeur : jeune, beau, souvent Parisien et parfois professeur de français.
Nous étions tous très attirés par ce type de prof. Il avait, pour son jeune âge, de l’aisance voire du charisme et surtout il allait refaire à lui seul le système scolaire : fini les cours magistraux, le Lagarde et Michard, les interrogations traditionnelles. De la nouveauté dans tout : de plus des sorties organisées au théâtre, au cinéma, dans les journaux, etc.
Puis les premières difficultés arrivaient avec l’administration, il devait modifier voire retarder certains projets car le proviseur avait des craintes pour les sorties : la discipline, le coût, les problèmes de responsabilité civile.
En fait, l’ambiance était bonne jusqu’à la fin du premier trimestre et donc du premier conseil de classe.
Ses collègues étaient parfois réticents de voir leurs méthodes mises en cause par ce jeune « trublion », son attitude avec les élèves qui relevait plus du copinage que de la représentation absolue de l’autorité (nous étions avant mai 68) !
En un mot, il dérangeait les habitudes, mais nous lui faisions confiance, il nous charmait, nous intriguait et si nous pouvions tout changer.
Le climat se modifiait à la fin du second trimestre : les sorties avaient été peu nombreuses, par commodité nous revenions au Lagarde et Michard car il fallait respecter le programme et nous nous apercevions que tancé par ses collègues et la haute administration du lycée, il finissait par rejeter sa mauvaise expérience sur nous : élèves de province inaptes à appréhender la culture. En fait, il entrait dans le moule.
En un mot, nous avions été trahis et donc révoltés comme lorsqu’un ado est trahi.
Si ce prof s’appelait Nicolas Sarkozy ?
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