NKM, l’autre Droite
NKM, trois intiales qui claquent comme une salve de fusil mitrailleur.
La notoriété en mode lapidaire : une réussite en matière de marketing politique...
Elle vient d'avoir 40 ans enfin un tout petit peu plus, NKM, une figure diaphane telle une madone au teint de porcelaine garanti des attaques sournoises du soleil, des intempéries ou des embruns, des traits réguliers et fermes où le vitriol de ses « amis » n'a pas encore réussi à tracer les plis de l'amertume, elle exerce sur beaucoup de ses contradicteurs une certaine fascination que ne parvient pas à dissiper le poids des oppositions idéologiques.
« Relookée « à l'occasion de sa candidature à la mairie de Paris et ayant délaissé l'austérité revêche du chignon pour une coupe qui allie subtilement le paradoxe de la modernité au vintage qui lui va si bien, ses cheveux châtains tirant sur le roux mettent en valeur l'eau émeraude de son regard clair que souligne une pointe d'ironie au coin de l'œil.
Intelligente, subtile et sourire désarmant, NKM aurait tout d'une icône de la droite si elle n'était la plus bête du monde ; ce ne serait au fond que justice pour une « image » de vitrail.
En plus, cette polytechnicienne ne manque pas d'idées qui dans sa bouche paraissent moins ressassées ou en tout cas plus réfléchies que chez le commun de la Droite, très attachée aux vieilles lunes qui ne le doivent en rien à celles dont on prétend la Gauche affligée.
Loin des mesquineries indigentes des partisans du « ni ni « elle s'en tient à des principes républicains qui lui font, le cas échéant, préférer le choix de la Gauche au risque de l'aventure frontiste.
Elle met de la ténacité à convaincre et de la constance à démontrer : au vu des résultats, elle ne fut pas la pire ministre de l'environnement.
On attendrait presque d'elle quelque miracle si nous n'étions à ce point portés au désabusement.
Pour sa dernière prise en charge de C Politique, la talentueuse Caroline Roux était confrontée à NKM pour ce qui fut pour moi une des meilleures séquences de l'émission depuis qu'elle en a pris la direction : il y avait du fond et des convictions, ce qui donna lieu avec les invités à des échanges courtois : ça change des sapinnades et autres fillonneries.
Comme le fit remarquer à cette occasion l'animatrice non sans perfidie d'ailleurs, on comprend que NKM ait quelques difficultés à réunir ses parrainages lui ouvrant le droit à la primaire : l'intelligence est odieuse à la bêtise qui réunit à Droite le primaire Sarkozy – doctrinaire du néant en charge de l'appareil des Républicains - et la primitive Morano, ex-groupie du ci-devant dont l'indigence intellectuelle et l'étalage répété d'une ineffable sottise ont même finalement indisposé l'ex-président pourtant peu regardant sur la qualité de ses soutiens.
NKM aurait pu se satisfaire d'un rôle décoratif dans la société, jouir de la considération attachée à son nom mais elle avait la vocation.
Il faut dire qu'elle respire l'honnêteté mais on aurait sûrement tort de s'y fier.
Cela change au moins de toutes ces mines d'aigrefins : ceux-là protestent de leur droiture mais plus ils s'enflamment dans l'illustration et la défense de leur intégrité et moins ils réussissent à convaincre.
On l'étonnerait sans doute beaucoup si on lui affirmait qu'elle se trompe et nous trompe.
Néanmoins elle donne une telle impression de calme et de confiante sérénité qu'on lui souhaiterait volontiers autre chose qu'un succès d'estime aux primaires de la Droite : elle personnalise dans une certaine mesure la Droite qui plaît à la Gauche, ce qui lui laisse bien peu de chances à l'emballage final. Surtout depuis qu'après De Gaulle la considération que procure l'honnêteté semble devenue une insupportable extravagance.
J'en connais assez qui, bien qu'éloignés de son bord, restent parfois sous son charme ; au demeurant on devrait assez facilement s'accorder pour lui trouver des airs distingués et intelligents qui font plaisir à voir et ne coûtent guère à être reconnus.
A une autre époque, elle eût sans doute tenu salon, aujourd'hui elle court les plateaux – pas tant qu'elle voudrait et bien moins qu'elle pourrait - où elle débite plutôt moins de banalités que d'autres.
Elle dit en fait la même chose que Macron.
L'un vocalise à gauche et l'autre roucoule à droite, les deux chantent le néo-libéralisme en version stéréophonique, tous deux sans troupes mais portés par l'ambition.
A terme ils sont destinés à se rencontrer.
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