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Nos superstitions modernes

 Nous savons depuis Le Bon1 que le besoin d’une croyance à même de régler pensées et conduite est essentiel à l’Homme. De tout temps les religions ont assuré cette fonction  ; dans un Occident profondément athée, pourtant, d’autres dogmes ont désormais pris le relais.

En France c’est au milieu des années 1960 que la pratique catholique entame sa chute inexorable2. L’époque correspond au décollage des idéologies progressiste (avec mai 1968), ainsi que du consumérisme (Trente glorieuses). Si la religion cède autant de terrain, c’est qu’elle est remplacée : la foi dans le progrès technique et social apporte la règle si nécessaire pour aborder le monde et la vie. La science écrase définitivement l’Église en matière d’autorité, tandis que le libéralisme social s’impose face au conservatisme. Bref, le progrès est en marche — au moins dans les esprits.

 Ce modèle — un idéal productiviste et égalitaire — semble remis en cause, après avoir tant séduit. Il a en fait pris un virage radical  ; l’écologie, nouveau mantra politique, vient remédier à la faille fondamentale du progressisme en tant que croyance : son absence de fin. Là où les religions placent habilement la fin dans la mort, épargnant aux vivants impatience et lassitude pour une quête jamais aboutie, le progressisme ne propose qu’une interminable course au mieux, au point qu’on en oublie le but.

 Les verts, en prédisant la fin du monde, offrent donc cet horizon, cette limite qui manque à la société de consommation. Loin de déterminer des politiques rationnelles, ils suscitent au contraire des pratiques relevant de la superstition. On pourrait en rire si elles se limitaient aux contradictions personnelles de quelques bobos, adeptes du vélo en ville mais conquis par l’avion lorsqu’il s’agit de partir en vacances. On peut en pleurer, pourtant, quand on considère les décisions prises par nos dirigeants. Comment comprendre, par exemple, que notre gouvernement interdise les vols courts, ou surtaxe les automobiles jugées très polluantes, mais dépense 47 milliards d’euros par an afin de soutenir la natalité3. Il est pour le moins absurde, face à une prétendue urgence climatique, de sévir contre les émissions de CO2 d’un côté tout en finançant massivement leur accroissement de l’autre…

 Ce genre d’incohérence montre l’incapacité des décideurs à suivre un raisonnement jusqu’au bout. C’est qu’ils ne sont pas guidés par la raison, mais par la superstition. Le même mécanisme est à l’œuvre avec la farce Covid. Alors que l’épidémie — à la gravité d’ailleurs très contestable — est terminée, le gouvernement impose le port du masque partout où il le peut, avec l’assentiment hystérique d’une bonne partie de la population.

 Faut-il, pour éviter de telles inepties, restaurer le fait religieux  ? On rit aisément des paganismes anciens, dont les mythes nous paraissent tout-à-fait grossiers. Difficile, pourtant, de se moquer quand la superstition ne nous épargne pas, qu’il s’agisse du tabou sacré de l’avion ou du masque gri-gri. Les démocraties grecques, en rejetant les monarchies et consacrant la raison en politique, sont parvenues à isoler le mysticisme dans une pratique religieuse riche et respectée. Athéisme n’implique pas raison, et si vraiment il nous faut prier un quelconque dieu de la foudre pour retrouver la logique, nous ne nous en porterions que mieux.

1 : Gustave Le Bon Bases scientifiques d’une philosophie de l’histoire

2 : https://laviedesidees.fr/Le-declin-du-catholicisme-francais.html

3 : Allocations familiales : https://www.vie-publique.fr/fiches/37966-quel-est-le-budget-consacre-aux-prestations-familiales


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4 réactions à cet article    


  • Samson Samson 24 août 2020 19:36

    « Faut-il, pour éviter de telles inepties, restaurer le fait religieux  ? »

    C’est déjà fait !

    En Marche vers Nulle Part, le culte du Veau d’Or et son dogme économique de la Sainte-Croissance nous sont quotidiennement bêlés, prêchés et assénés de concert par tous nos politicards, éditocrates et propagandistes de service dans la petite lucarne, à la radio, dans les journaux et sur internet, ... à coups de fariboles aussi plaisantes que l’« humanisme » de la GPA, la restauration du plein emploi et autres lendemains qui ne chantent que pour la nouvelle aristocratie mondialiste et ses actions boursières.

    Certains poussent même sans rire la farce jusqu’aux fables d’un « développement durable » ou de « capitalisme vert » ! smiley smiley smiley


    • babelouest babelouest 25 août 2020 06:23

      Le fait religieux ? Alors que que religieux vient du verbe latin religare, relier ? Alors que les gens, vissés à leur écran de poche, ne regardent plus personne ? Alors que « lézotorité » imposent partout le masque, pour qu’on ne reconnaisse même plus les amis ? Alors qu’on ne regarde plus nos amies les étoiles, occultées par les éclairages « somptueux » du consumérisme triomphant ? Alors que à nouveau « lézotorité » prennent un malin plaisir à dresser tous contre tous, afin de continuer à régner ? Où est le « fait religieux » là-dedans ? Dans l’adoration de l’écran de poche ? Il faudrait qu’on m’explique...


      • Abou Antoun Abou Antoun 25 août 2020 10:51

        Comment comprendre, par exemple, que notre gouvernement interdise les vols courts, ou surtaxe les automobiles jugées très polluantes, mais dépense 47 milliards d’euros par an afin de soutenir la natalité3. Il est pour le moins absurde, face à une prétendue urgence climatique, de sévir contre les émissions de CO2 d’un côté tout en finançant massivement leur accroissement de l’autre…

        Très juste. On peut parler d’incohérence. Les raisons sont nombreuses. La première c’est l’incompétence, mais il y a aussi la démagogie. Le tout fait un sacré mélange.


        • Old Dan 27 août 2020 02:18

          ... pas confondre « religion » et « spiritualité  » !

          .

          Ni parler d’écologie punitive ou bobo, au paysan dont les vaches crèvent de sécheresse par exemple. Ou au vigneron... Bof !

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