Omicron Satyricon
Pour le défunt détenu 76318-054 du tristement célèbre « Metropolitan Correctional Center » à New York et sa dulcinée la Maison Blanche représentait une sorte de deuxième chez-soi. C’est du moins ce que révèle le registre des visiteurs, faisant état de pas moins de dix-sept entrées, toutes pendant le règne du Président William Jefferson Clinton. (1)
C’est à la Rome antique, sous le règne de l’empereur Néron, que compare le journaliste et auteur américain, Chris Hedges, l’Amérique moderne, dans un article, paru sur le site d’information « Sheerpost » (2), prenant le pauvre pêcheur Jeffrey Epstein pour une pâle copie de l’esclave affranchi, Trimalcion, personnage fictif du roman satirique « Satyricon » (3), écrit au premier siècle de notre ère par un des favoris déchus de l’empereur, Gaius Petronius. Trimalcion est la personnification du nouveau riche, héritier de la fortune de son maître, toléré mais utilisé par l’élite patricienne.
Les illustres invités de la bacchanale, le festin chez Trimalcion, pas très éloignée de la satire cinématographique sur le capitalisme consumériste du metteur en scène Marco Ferreri, « La Grande Bouffe », ne se trouvent évidemment pas sur le banc des accusés, aux côtés de « Madame Claude ». Le palmarès se lit comme le « Who is Who » de la bonne société, américaine et cosmopolite :
William Henry Gates III, pape de la vaccination, William Blaine Richardson III, ancien gouverneur de l’état du Nouveau-Mexique, Lawrence Summers, ancien Secrétaire au trésor américain et ancien président de l’Université de Harvard, William Jefferson Clinton et Donald John Trump, anciens présidents des Etats-Unis, Stephen Pinker, psychologue et auteur à succès canadien, Prince Andrew, fils de la reine Elisabeth II, Alan Dershowitz, professeur de droit à l’Université de Harvard, Jes Staley, banquier, ancien PDG de la banque britannique Barclays Bank, Ehud Barack, ancien Premier-ministre israélien, Glenn Dubin, financier et philanthrope, Les Wexner, président et CEO de l’entreprise Limited Brands, commercialisant des marques de lingerie telles que « Victoria’s Secret », Jeffrey Bezos, entrepreneur et industriel, PDG et fondateur de la société Amazon, Mortimer Zuckerman, magnat de médias canadien, George Mitchell, ancien président de « Walt Disney Company » et ancien sénateur démocrate de l’état de Maine, également ancien envoyé spécial au Moyen Orient de l’ex président Barack Obama, Elon Musk, ingénieur et entrepreneur, directeur général et actionnaire (22 %) du constructeur d’automobiles Tesla, Harvey Weinstein, ancien producteur de cinéma, David Copperfield, magicien, Salar Kamangar, directeur du moteur de recherche internet Google et ancien PDG du site web d’hébergement de vidéos Youtube, George Stephanopoulos, journaliste et ancien directeur de communication de l’ex-président Bill Clinton, Charlie Rose, journaliste et présentateur de télévision, Woody Allen, réalisateur et acteur…
Il y a quelque chose de pourri au royaume du Nouveau Monde où la justice, au service du patriciat, « règle » 90 % des affaires criminelles par ce qu’on appelle des « plea bargains » ou négociations de peine.
Ainsi, se négocia, en 2008, en pleine crise financière, à l’abris des regards, un accord entre le procureur des Etats-Unis pour le district sud de la Floride, Alexander Acosta, subséquemment Secrétaire du travail sous la présidence de Donald Trump, et la défense, assurée par une floppée de juristes aguerris, sous la direction de l’avocat Alan Dershowitz, accessoirement professeur de droit à l’Université de Harvard, un aménagement de peine pour le délinquant sexuel, Jeffrey Epstein, soit un emprisonnement de 13 mois en semi-liberté (16 heures de liberté de mouvement par jour) dans une aile de la prison de Palm Beach, spécialement aménagée, fichage dans le registre des délinquants sexuels, immunité de toutes les personnalités, soit potentiellement impliquées, soit figurant effectivement dans l’acte d’accusation.
En dehors de l’assouvissement primaire de pulsions sexuelles, les orgies du maître de cérémonie servirent également à l’élite de méditer, entre initiées, sur des fantasmes transhumanistes et autre ingénierie sociale, science, ou pseudo-science, c’est selon, visant à « appréhender la complexité du social pour en permettre des changements sociétaux positifs ». (Wikipedia).
Ainsi, Jeffrey Epstein obsédé, entre autres, par l’idée d’inséminer l’espèce humaine avec son sperme, contenant son ADN, voulant créer, dans son ranch au Nouveau-Mexique, une enceinte de bébés-éprouvettes, s’intéressait également à la congélation post-mortem, visant l’immortalité.
En tant que sponsor généreux de l’Université de Harvard, il y obtint, sans disposer d’aucun diplôme, universitaire ou autre, le grade de « visiting fellow », au département de Psychologie, disposant d’un badge d’accès, ainsi que de son propre bureau, situé dans le bâtiment qui abrite le département de Biophysique. Fort de cette « accréditation », Epstein eut l’habitude de se parer de titres fantaisistes, tels que « philanthrope scientifique » ou « activiste éducatif ».
Jeffrey Epstein n’est de loin pas le seul à se parer du nom prestigieux de l’Université de Harvard, avec la complicité de la dernière, il faut bien le dire. Pour la toute petite histoire, le nouveau ministre allemand de la santé, Karl Lauterbach, dispose, en sa qualité de docteur en médecine nucléaire, également d’un diplôme de l’Université de Harvard, plus précisément de la « Harvard School of Public Health », ce qui lui permet d’ajouter à son titre de docteur le sigle « sc » pour science.
La « Harvard School of Public Health » fut en effet scindée de la « Harvard Medical School » en 1946 et renommée « Harvard T.H. Chan School of Public Health » après un ancien alumni, Gerald Chan, à l’origine d’une donation de 350 millions USD. Quant à la valeur scientifique des dissertations, produites par l’unité pseudo-médicale, le professeur en médecine à l’Université de Stanford, John Ioannidis, par ailleurs un critique acerbe des mesures sanitaires et la gestion de la pandémie du virus SARS-CoV2 telle qu’elle est préconisée par le nouveau ministre allemand, se montre dubitatif, en déclarant : « En règle générale, ces travaux ne respectent pas les standards académiques requis et ne sont de ce fait pas reproductibles, afin d’être consultés par la communauté scientifique. »
La dissertation du nouveau ministre allemand qui porte le titre « Justice et fonctionnement de la santé publique » une sorte d’essai philosophique, fut commentée par ses pairs de l’Université de Harvard comme suit : « Il va sans dire qu’il ne s’agit pas d’une oeuvre scientifique, si on entend par le terme scientifique un travail des sciences naturelles ou sociales, mais elle n’a pas non plus la prétention de l’être. Il s’agit en réalité d’un essai normatif, qui se veut une tentative de constituer une base, servant d’attribution efficace de ressources financières au secteur de la santé publique, tout en respectant des aspects de justice sociale et de philosophie politique. Il va sans dire que le professeur Marc j. Roberts, qui avait supervisé les travaux du nouveau ministre, serait également disposé à accepter une nouvelle dissertation qui suffirait aux standards académiques requis. (?) (source HSPH / Arthur Buchholz journaliste)
« Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. » Ce fut du moins l’avis de l’homme politique anglais, Lord Acton (1834 – 1902). Ce fut également l’avis des baronnies anglaises qui, en 1215, forcèrent leur roi, Jean sans terre, roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine, de signer la « Grande Charte » (Magna Carta), à ce jour pierre angulaire du droit anglais « common law », charte censée protéger le commun des mortels de l’arbitraire royal, en général, et contre l’emprisonnement arbitraire et vexatoire en particulier.
Elle aurait donc dû protéger les victimes contre Jeffrey Epstein et ses convives. Elle aurait également dû protéger le journaliste australien, Julian Assange, ou encore ces millions de gens qui refusent de subir un traitement médical qu’ils ne jugent pas opportun, contre l’arbitraire royal.
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