OWS a la profonde douleur de vous faire part...
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Le capitalisme est sous perfusion, sous respiration artificielle, dans le coma, bientôt en état de mort clinique. Le gros corps malade est rongé de vermine, gonflé d'hydropisie, Il se décompose vivant et dégage une odeur si nauséabonde que ses médecins ne peuvent rester à son chevet. Un de ses yeux a fondu ; un valet de chambre, en voulant déplacer le corps, a arraché des lambeaux du pied droit ; les os d'une jambe sont cariés ; l'autre jambe n'est déjà qu'une plaie, comme le ventre ; le visage est noir et jaune, ravagé de l'expression de toute sa folie, les quelques facultés mentales résiduelles qui lui restent ne permettent plus de repousser le flot des cauchemars et des tourments.. Encomium Moriae.
« Ah ! Ceux qui ne perçoivent, des êtres humains, que l’apparence et que, seules, les formes extérieures éblouissent, ne peuvent pas se douter de ce que le beau monde, de ce que la haute société est sale et pourrie. »
Dernier bulletin de santé, 15 décembre 2012 : "Sur la base du scénario prévisionnel actuellement anticipé par Finance & Finance, une détente de l’aversion au risque, c'est-à-dire un mouvement de retour de l’écart actions / obligations vers sa moyenne, ferait ressortir un potentiel de hausse du marché actions compris entre 16 et 50%, en intégrant une hypothèse de remontée du taux du Bund à dix ans vers 3%. La modélisation d’un double dip ramènerait ces perspectives à une fourchette de 0 à 31%."
- Il y a donc peut-être un espoir docteur ? Une fourchette de 0 à 31 ! C’est encourageant..
- Non. Que cela reste entre nous. Il est cuit.
Enfin, pour le haut-clergé seulement, celui, régulier, tapis au fond des cabinets, tout occupé à jouer, tout auréolé de mille bénédictions, diplôme de HEC Paris, de Sciences Po Paris et titulaire de MBA de la Harvard Business School, docteur en économie et gestion financière de l’université Paris-Dauphine, agrégé des Facultés de Droit, titulaire de chaires à Sciences Po, professeur à HEC, à la Graduate School of Business de l’université de Stanford, à l’université de Lille-I, à l’université de Californie à Berkeley, à l'Insead, à l'université de Vienne et à l’université Paris-Dauphine, vice-président du conseil scientifique de l'université, auteur de dizaines d’ouvrages et de centaines d’articles, vice-président du Cercle des.. Président, présidents.. La vérité si je mens ! Des pages et des pages de noms de prélats aussi éminents que celui-ci..
Dont on déplore qu'ils ne puissent plus rien pour le mourant.
L'or continue de pleuvoir.. De couler à flot, 600 millions d'écus pour les prévôts, à qui l'on interdit plus désormais aucun abus, 600 millions d'écus aussi pour les commis aux finances, 200 millions pour Tabarin, Mascarille, Anelka, Grock, cracra & Momo, Zavatta, Tapi et autres contre-pitres de la Nomenklatura, chacun, vérifiez donc ! C'est la simple vérité. Même si elle est difficile à affronter.
L'argent danse, virevolte, 450 milliards encore hier, pour recaver les joueurs un peu verts, 5000 écus de dette de plus, par tête de travailleur, par tête de ménagère.
Le manège des rutilantes ferrailles ne s'accorde aucun répit lui non plus (je sais, je sais, "toucher au symbole de l'automobile, c'est nier la liberté individuelle"..), la frénésie des emplettes ne faiblit pas, faites vos jeux.. Les hordes mercenaires quant à elles sont chargées de faire respecter, sans ménagement, l'illusion sur la terre entière. Elles s'acquittent de leur mission de façon exemplaire, avec motivation.
Docteurs, spécialistes, experts, économistes, bonnets d'ânes vrillés sur la tête, pétris de certitudes autant que les médecins de Molière, continuent de faire passer les tours de prestidigitation, la factice multiplication des pains, des poissons et des millions pour de la "science", de la science économique. On en est encore à accorder de la valeur aux concepts évaporés de "création de valeur", de "destruction de valeur", il est encore fait doctement appel aux mânes de Schumpeter, des publicitaires des années 30 comme Merle et Beans, Adolph et Gardiner pour soigner les sphincters de l'incontinent mourant....
Comme si l'homme en sa condition falsifiée, en régime capitaliste, pouvait faire autre-chose que bouffer goulûment son substrat sans retenu, et le rejeter par derrière !
Comme si l'on s'obstinait à ignorer, depuis Marx et bien avant, que le système des capitalistes est un immense jeu de bonneteau, un tourbillonnant mouvement d'endettements réciproques et cycloniques. Un système d'endettement, c'est d’ailleurs sa définition académique.
Même un sympathique Paul Jorion, pourtant âme damnée des banksters, ne fait pas la preuve de sa grande perspicacité, lui justement si révérend de la "science économique", lui qui fait porter une partie des problèmes sur l'immanente instabilité dont le capitalisme serait affligé dés sa naissance, sans voir qu'en un siècle d'orgie c'est les dégâts déjà occasionnés qui posent désormais les principaux problèmes :
· Epuisement des ressources
· Accroissement des déchets
· Complexification extrême des systèmes (qui dépasse désormais les capacités humaines)
· Accroissement hallucinant des inégalités de traitement (du rien par jour, assez commun, au 30 000 par minute des banquiers ou des idoles)
· Développement des contradictions, désorganisation et destruction des structures sociales
· choc des "civilisations" (en tout cas des visions du monde)
· Métamorphose du monde en parc d'attraction universel, plus belle la vie foot et flonflons
· Epuisement de la sphère prolétaire, au sens propre comme au sens figuré
· Accroissement des risques de guerre - et des effets dévastateurs du nucléaire, civil ou militaire
· Prolifération anarchique de l'économie de l'inutile
· Prolifération anarchique de l'électronique ludique grand public
· Omnipotence de l'industrie de la réclame, inlassablement attelée à "faire dépenser aux crétins leur argent tout de travers"
· …
La liste est longues des nouveautés du moment, jamais expérimentées auparavant, introduites par le capitalisme en à peine quatre générations pour son autodestruction et la destruction de ses fervents par dessus le marché.. Tout le vocabulaire de Bloy, de Céline ou de Bernanos, qui ont vu le monstrueux géant au berceau, ne suffirait pas pour en faire la critique. Toute l'intelligence des grands esprits du moment, tels les Zinn – « you have to go beyond capitalism », Chomsky (Euh ! sont pas nombreux !) n'y peuvent rien. Maintenant, le mal est irrémédiablement fait, trop tard pour le changement, trop tard pour les médicaments, trop tard pour les médecins.
- Et la fourchette du double dip entre 0 et 31 ?
- On vous le dit et vous le savez bien : rien.
Rien ne peut plus extirper désormais les racines du mal ambiant car le capitalisme n'est pas instable intrinsèquement, pour reprendre les propos de Jorion, ce qui pourrait se guérir ou se corriger, mais il est consubstantielle à l'idéologie du sans-limite, à l'Hubris le plus décervelé, l'Hubris en overdrive. Il est par nature contraire aux lois les plus élémentaires de la condition humaine. A tel point que ses assignations sont absurdes absolument, même pour un enfançon de 5 ans, sans possible contestation (l'injonction de croissance à tant de % l'an, le "bonheur" pour tous, par la possession, l'exacerbation du désir jamais satisfait, au prix des pires violences, la perspective d'une fourchette de 0 à 31 sur le double dip..), ses manifestations sont obscènes, dénuées de toutes considérations d'ordre éthique ou esthétique. Les oligarques vivent comme des saligauds-faussaires à masque de corbeau comme au temps de Molière.. Pire encore, via leurs redoutables instruments que constituent les media stipendiés et aux ordres, alliés aux acolytes politiques, qu'on peut qualifier tout autant, à l'industrie de la réclame et par l'étrange pouvoir ( satanique ?) qu'ils ont de transformer leurs innombrables esclaves en militants, complices de leurs exactions, ils exportent leur désastreux modèle de vie jusqu'au fin-fond des banlieues, des campagnes, de la terre entière, détruisant au passage tout ce qui leur est contraire.
Pas facile pour le petit caïd de la drogue de payer son Hummer ! Pas facile pour Mimile de tenir la cadence des vacances de rêves dans les îles !
Le niveau de vie de l'Amérique n'est pas négociable a martelé Deubeuliou. On en est là.
Pas étonnant dés lors qu'en dépit de la grandiose mise en scène, une partie du petit peuple, celle qui n'est pas dupe, s'amuse du désolant spectacle et renâcle. Les plus intelligents, les 1%, les OWS, les facétieux factieux.. Qu'on mette "factieux définition cnrtl" dans Google : les 30 synonymes vont bien à OWS.
OWS, un mouvement en 30 définitions, et, en plus, sans grandes illusions
Un mouvement qui n'arrivera à rien, sans importance aucune comme le disait un éminent directeur de la Banque de France, sans idées, sans objectifs, mené par des gosses de riches, englués dans ce qu'ils dénoncent, sans cohérence, antisémite même pour d'aucuns, masque de l'Islam pour d'autres, fascistes, scandaleux, contre-productif..
Le phénomène commence à être largement et souvent décrit à l'étranger, aux US notamment, mais il est plus rarement compris. La France reste une exception, ses media, peut-être encore plus muselés qu'ailleurs, n'en parlent guère, et presque toujours sans faire l'effort de la moindre recherche, sans beaucoup comprendre, mélangeant hardiment les Indignados, les Indignés, les disciples d'Hessel, en soulignant le fait, une larme de crocodile à l'œil, que tout cela est condamné à ne rien amener. De bon en tout cas.
Contre-vérité, omissions, erreurs d'interprétation, mauvaises appréciations s’empilent, exemple :
"...Un groupe de personnes qui ne se connaissaient pas avant d'occuper Wall Street […] pourraient bien écrire une nouvelle page de l’Histoire de la Gauche américaine... ».
C'est dans la bouche de John Krinsky, sociologue et directeur du département de sciences politiques de la City University of New York, publié mi décembre par Mediapart.
Il ne serait pas difficile de démonter qu'OWS transcende largement les clivages gauche-droite, qu'OWS échappe souvent à la compréhension des "autorités" intellectuelles, ou autres, fussent-elles très-reconnues, Qu'OWS n'est pas "un groupe de personnes qui ne se connaissaient pas avant d'occuper Wall Street".
L'ensemble de l'article de Mediapart est de la même veine, approximatif, peu renseigné, mal digéré. Comment parler de façon crédible d'Occupy Wall Street, surtout lorsque Mediapart pose la question "Quelle est l’origine du mouvement ?" sans évoquer les figures centrales que sont Kalle Lasn et Micah White par exemple (Micah, qui veut dire "semblable à Dieu..) ? Comment ignorer le formidable travail de préparation patiemment réalisé depuis des années par Adbusters par exemple ?
Un texte publié par lemonde.fr début décembre ne tombe pas dans les mêmes travers. Même si visiblement il ne donne pas cher de l'avenir du mouvement, lui, au moins, n'oublie pas de faire référence à Kalle Lasn et a son génial slogan "nous sommes les 99%" :
"Où vont les OWS, les membres du mouvement Occupy Wall Street ? Pour certains, ils s'étiolent déjà : leur voix est de moins en moins répercutée par les médias mainstream ("dominants") ; sans susciter une grande émotion, les municipalités les expulsent les uns après les autres de leurs lieux publics d'"occupation" - Los Angeles et Philadelphie sont les dernières en date. Pour d'autres, le mouvement ne ressemble à rien de connu. Entre Dada, Debord et Facebook, il se veut novateur, "sans chefs", disparaissant là pour mieux réapparaître demain sous une nouvelle forme. Mais si son avenir reste incertain, en attendant, il est parvenu à imposer sa marque et à refaçonner, l'air de rien, le discours politique."
Lemonde.fr ne manque pas de finesse lorsqu'il rappelle, dans le même article, les propos de Sarah Palin qui s'interroge publiquement : Pourquoi tant de politiciens "arrivent à Washington comme des hommes et des femmes aux moyens modestes et en repartent millionnaires ?".
La question se pose également pour Paris ou Brussels..
Mais au fait, pourquoi reprocher aux OWS ce qu'on ne songe guère à reprocher à leur adversaire ?
Il faudra s'y faire, OWS ne s'arrêtera pas, OWS est un "personna" (du verbe personare, per-sonare : parler à travers), une personne fictive, le masque que portaient les comédiens du théâtre antique, un concept relevant tout à la fois de la psychologie analytique et de la science informatique, un acteur fictif, un contre-marketing..
Son adversaire, lui, est particulièrement bien désigné, qu'il soit attaqué au nom d'un déni de justice, de revendications environnementales radicales, sociales, ou de mille autres raisons. L'identité de son adversaire ne fait aucun doute : celui qu'on nomme l'énorme mouche, Belzebouth, le moribond.
Les OWS sont des inventeurs géniaux de memes, de mantra, de yantra, de motto, "nous les 99%", "Occupy toundra", "Shit is f*cked up and bullshit", « remember the Guillotine ? », « End the wars, tax the rich, this isn’t rocket science », “NYPD, don’t be Wall Street Mercenaries”, “soul power”, “The corrupt fear us, the honest support us, The heroic join us”
Les OWS n'auraient pas le droit eux-aussi de s'amuser ? D'être cyniques parfois ? Eux les petits, les bouffons, les desdichados, les 1% du dessous, les hypostases.. Exactement comme font les 1% du dessus, de haut-clergé ? Avec, pour leur défense, l'innocence, l'absence de culpabilité dans la destruction.
Quant au camarade Joshua Fellows, protestataire au sein d'OWS, arrêté pour détention d'arme non autorisée (un simple .45 ACP, 11.43 pour nous..) et conduite dangereuse, il vient de retourner en prison.
OWS s'était pourtant porté caution à hauteur de 35 000 dollars, un record (mais rien à voir avec ceux de DSK).
Signalons également que Joshua Fellows ne porte aucune responsabilité dans l'état de santé du moribond précité.
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