Paris reste une fête
Il y a deux mois, vendredi 13 novembre 2015, d’innocentes victimes ont brutalement trouvé la mort à Paris parce qu’elles profitaient de la vie, assises en terrasse d’un café ou d’un restaurant, pour fêter un anniversaire ou célébrer la fin de la semaine. Parce qu’elles chantaient la vie, dans une salle de concert, devenue champ de bataille. Parce qu’elles étaient là, anonymes, un vendredi soir, arpentant les rues de la capitale pour retrouver, un frère, une sœur, une épouse, un ami…
Ce soir-là, la nuit était encore plus sombre que d’habitude. Paris a saigné, la France a tremblé, nos cœurs ont pleuré. À nos larmes d’éteindre le feu qui consume nos cœurs !
Depuis cette horreur, Paris, sous le choc, s’est réveillé avec une gueule de bois dont il a du mal à se remettre. Mais quand « Paris a la fièvre : Il la soigne à sa façon » chantait une des voix les plus emblématiques de la chanson française. Et pour cause !
À Paris, comme partout en France, on ne se laisse pas abattre ! On est fier mais pas austère. On aime vivre. On chante, on danse, on boit du vin, on fait la fête. On voit dans la rue, ces hommes et ces femmes, libres, qui nous rappellent qui nous sommes et où nous sommes. Dans la Ville lumière, cité de l’amour, celle qui s’est libérée du mal. Et si le sang versé peut changer son visage, son âme elle ne peut être prise en otage.
À Paris, comme partout en France, nous continuons de boire des coups au bistrot du coin. Nous continuons de rire, au nez ou dans sa barbe. Sur les quais de Seine nous nous disons « je t’aime », sur les Champs-Élysées nous nous disons « je te hais », avant de nous pardonner.
« Que l’on touche à la liberté, et Paris se met en colère » dit encore cette icône française de la chanson populaire. Mais même en colère Paris ne perd pas espoir, et nos chansons montent au ciel, pour nos morts, en leur mémoire.
Paris, « où il fait bon même au cœur de l’orage ». Paris, « où il fait clair même au cœur de la nuit », écrivait le célèbre poète parisien, Louis Aragon.
Paris, Ville lumière, capitale insoumise et impétueuse, se relève doucement, mais sûrement. Paris est touché mais Paris ne coule pas, c’est la ville qui le dit : Fluctuat nec mergitur est !
Pour Ernest Hemingway, comme pour beaucoup d’autres, « Paris est une fête ». Il le restera !
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