Perception du cas Vincent Lambert par un prêtre
La déclaration de Monsieur François Lambert mise bout à bout avec le « tweet » du père Séclier, révèle tout le cynisme de cette situation pathétique.
Dans un article de Mathieu Guillerot (fr 3), publié le 11 juin 2019, François Lambert déclare : « Par rapport à la religion, Vincent avait envie, mais il n’arrivait plus à y croire. Sans doute à cause des abus sexuels dont il fut victime durant sa scolarité de la part d’un prêtre, chef scout, couvert par sa hiérarchie et finalement muté dans un autre pensionnat, en toute discrétion ».
Vincent était élève dans un pensionnat de la Fraternité sacerdotale Saint Pi dix, où, comme dit François : « trônent parfois des photos du Maréchal Pétain à l’entrée des classes » (source sur le net : François, au nom de l’oncle).
Encore sous le choc, je découvre un « tweet » repris dans le journal « l’Est Eclair » du 20 juillet 2019 d’un curé de la Chapelle Saint Luc, le père Xavier Séclier. Il y compare l’arrêt des soins de Vincent Lambert à la Shoah et l’IVG à un génocide. Il déclare : « au camp d’Auschwitz existait un bunker de la faim, manière de se débarrasser des sous-hommes, dans la terminologie nazie. En 2019 , existe une chambre, dans un hôpital, où un homme sera affamé jusqu’à que la mort survienne ». Il déroule ensuite quelques ignominies de cet acabit sur l’IVG, les homosexuels etc...
En réponse à son intervention, toute en pondération, je citerai celle de Monsieur Jean Léonetti, père de la loi sur la fin de vie qui porte son nom : « Aujourd’hui, vous avez une médecine tellement performante qu’elle peut maintenir en vie, presque de manière quasiment indéfinie, des corps dans lesquels il n’y a plus de pensée, plus de conscience, plus de relation à l’autre. La vie biologique de Vincent existe, mais trois groupes d’experts successifs ont dit qu’il n’avait pas de conscience d’exister ».
Je rappelle que le pionnier de la chirurgie vasculaire, lauréat du prix Nobel de physiologie en 1912 (docteur Alexis Carrel), réussit a maintenir vivant in vitro un coeur de poulet pendant une durée dont les estimations varient selon les sources de 28 ans à 37 ans. Or, la durée de vie typique d’une poule est de 5 ans.
Je remercie le père Séclier d’aller dans le sens de la majorité des français sur l’arrêt des traitements. Ce consensus me ravit, nous comprenons tous que ces pratiques sont là pour ne pas déroger à l’illusion d’une non euthanasie. Que le père Séclier se rassure, à n’en pas douter, ce point sera débattu lors de prochains états généraux sur la bioéthique et permettra d’éviter tout stigmate de souffrance inutile. Notre fils, Hervé Pierra, quant à lui, est mort au bout de huit ans et demi de coma végétatif atroce dans une agonie indicible, sans sédation. Il est très curieux de constater que la religion qui a tant conspué la science, depuis la nuit des temps, en appelle aujourd’hui à ses services pour condamner des innocents à la prison de leur corps. Peut-être ces ecclésiastiques veulent-ils « noyer le poisson ! », le poisson de la pédophilie, qui nage dans leurs eaux troubles depuis tant d’années. Dans notre monde d’information et de réseaux sociaux, tout se sait, et grâce à Dieu, il n’y a pas toujours prescription.
Il n’y a pas grand monde par contre qui comme eux, puisse se prévaloir d’avoir une expertise millénaire de fin de vie artificielle pour des gens en bonne santé et qui ne demandaient qu’à vivre. Comme le disait Mgr Williamson dans une émission suédoise : « il y avait eu seulement 100000 ou 200000 juifs à Auschwitz ». C’est curieux ! c’est le lieux de référence du père Séclier. En 1994, pour préparer l’an 2000, le pape Jean Paul 2, donnait le coup d’envoi à un effort de « purification des mémoires », touchant les rapports avec les juifs mais aussi l’inquisition, les croisades, les guerres.
Tous les ressorts de la mauvaise foi et de l’intimidation ont été convoqués dans la dernière croisade des extrémistes :
- Les menaces de mort sur la personne des médecins.
- La mise en exergue d’un combat par des personnes que Marie Geneviève Lambert décrit comme étant aux antipodes des vertus chrétiennes dont on veut se parer.
- La tentative d’ériger Vincent Lambert en porte parole de la religion.
- La diffamation, l’insulte, même à l’égard de nos formidables infirmières.
- Le déplacement de la réelle problématique de la fin de vie.
- L’agitation des peurs, la diversion.
- La fausse condescendance.
- L’abus de langage comme la culture de mort, culture du déchet, crime d’état, génocide, nazi etc.
Le pape François a cité à deux reprises les notions de déchets : « ne cédons pas à la culture du déchet ». Il avait en d’autres temps comparé l’attitude de la presse à la coprophilie (goût des excréments) dans un entretien surréaliste publié par l’hebdomadaire catholique belge flamand « Tertio » (article repris par les journaux : Challenge, le Nouvel Obs, France soir, la Provence). Cette tendance récurrente pourrait représenter un sujet de thèse pour les futurs théologiens ou un cas d’école pour des étudiants en psychanalyse.
Le père Séclier est à bonne école !
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