Petit bourgeois de la Sarthe ?
Cet article habille quelqu'un pour l'hiver et ce n'est pas F. Fillon...
Il y quatre ans, RMC évinçait Sophie de Menthon de son émission les « Grandes Gueules » : la coupable avait porté un coup de canif maladroit à la baudruche du politiquement correct.
Au cours des Grandes Gueules du 25 novembre 2016, l’avocate et chroniqueuse Marie-Anne Soubré, a traité François Fillon de « Petit bourgeois de la Sarthe ». Ne craignez rien pour elle car il n’est jamais très grave, chez nous, de manquer de courtoisie envers une certaire catégorie de l'opinion ou, pour ne citer qu’un exemple, envers les cathos.
En fait, les 44% obtenus par Fillon au premier tour de la primaire étaient restés en travers de la gorge de Mme Soubré et il lui fallait cracher sa Valda ou, plus précisément, expulser à tout prix le vilain bubon né, en une maléfique soirée, du succès du Sarthois. Les ondes ont ainsi postillonné ses sanies triplement méprisantes.
D’abord, le « PETIT ». Elle aurait pu dire « grand » ou simplement « bourgeois ». Seulement, au fin fond de sa tête se cache un mépris des petits, des sans-dents peut-être. Mépris planqué sous des strates de démagogie, de morale sociale à tout crin et de sociétal à la mode.
Ensuite, le « BOURGEOIS ». Il est banal de dire que la bourgeoisie a supplanté la noblesse et que les aristocraties financières et technologiques ont, à leur tour, dégommé la bourgeoisie. Madame Soubré a su tirer son épingle du jeu : au-dessus de la mêlée, elle peut à la fois faire la morale aux aristocrates, aux bourgeois et aux célébrités financières car elle est « bobo ». Tout est dit !
Enfin, la « SARTHE », le nom propre de l’expression haineuse. Pour des motifs historiques qu’elle ignore peut-être, je me demande si cette jacobine aurait osé traiter Retailleau de « Petit bourgeois de Vendée ». Si, pour raison de force majeure, elle doit se rendre dans le département sarthois sans intérêt pour elle, je lui conseille de porter une voilette un peu opaque pour éviter de recevoir des œufs de Loué.
Mais soyons indulgents car notre baveux (1) a su éviter « beauf » aussi bien que « bouseux » ou « cul terreux ». Quelle maîtrise !
J’ignore la racine profonde de son dédain.
Il participe peut-être à ce qui suit. Les observateurs les plus perspicaces peuvent observer l’émergence furtive d’une remise en cause du processus démocratique où les voix de tous les citoyens sont égales. Il ne s’agit nullement d’un retour au suffrage censitaire réservé aux plus riches. Il s’agit plutôt d’une tentation de pondérer les votes en fonction des opinions ou des choix de vies, les seconds étant, bien entendu, le plus souvent liés aux premières. De pondérer jusqu’à l’exclusion, par d'hypocrites touches successives. Cela conduirait automatiquement à une (plusieurs) demande(s) de sécession de pans entiers de la population. Les nombreux confettis de non-droit qui parsèment déjà la France marquent peut-être les prémices d’un phénomène plus global en gestation
Sans aller si loin, la nature de la hargne de Mme Soubré n’est peut-être qu’économique. Si, comme je le lui souhaite bien volontiers, elle est une redoutable bête de prétoire, je ne pense pas qu’elle soit une flèche en matière économique. Elle serait plutôt du type « budgétivore utopique », à ce que j’en juge en tant qu’auditeur fréquent des Grandes Gueules. Evidemment, pour ces gens-là, le discours de Fillon est horrifique (2) et leur donne des bubelettes si ce n’est des bubons. Ils ont tort de s’en prendre au Sarthois et de crier à l’irréalisme de son programme puisque ce dernier dépendra avant tout de la situation internationale. Que les taux d’intérêt augmentent de manière significative dans les 5 mois à venir et Fillon sera élu sans états d'âme excessifs des uns comme des autres.
(1)Avocat, en argot (toujours masculin)
(2)Le temp passe : L'horreur économique de Viviane Forrester à déjà 20 ans !
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