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Accueil du site > Tribune Libre > « Pompéi Viva » et Pompéi abbandonata, le choix de la Superintendance des (...)

« Pompéi Viva » et Pompéi abbandonata, le choix de la Superintendance des fouilles de Pompéi

Que va-t-il rester de Pompéi pour les générations futures ? On ne peut s’empêcher de se poser la question en revisitant une nouvelle fois la cité sinistrée que l’on parcourt chaque année depuis 20 ans. Conservée pendant 18 siècles sous quatre à six mètres de ponces et de cendres dont l’a recouverte l’éruption du Vésuve de 79, cette ville romaine au pied du volcan sur la baie de Naples ne cesse de se désagréger un peu plus chaque année, depuis qu’elle a été redécouverte, il y a environ deux siècles et demi.

La destruction inévitable par la fouille
 
Les premières fouilles sauvages qui tenaient de la chasse au trésor, ont commencé par commettre des dégâts irréparables : les princes n’étaient alors intéressés que par les oeuvres d’art sur lesquelles faire main basse : statues, peintures, mosaïques, vaisselles d’argent, verreries, bijoux, pierres et métaux précieux. Le reste n’importait pas.
 
Mais les fouilles de plus en plus scientifiquement menées, de Fiorelli, l’inventeur des moulages en plâtre des victimes dans les années 1860, à Maiuri, au 20ème siècle, ont exposé Pompéi à une autre destruction. Sans doute fouiller est-ce inévitablement détruire. Il est surtout difficile de protéger des intempéries - pluies, humidité, vent, soleil, sécheresse - ce qui est mis à jour et encore moins une ville entière de plusieurs dizaines d’hectares. La végétation elle-même est une ennemie en devenant envahissante. Et il peut arriver, comme en novembre 1980, qu’un tremblement de terre vienne fragiliser les murs et les sols dégagés.
 
La destruction par l’affluence des visiteurs
 
D’année en année, les pierres se délitent, les enduits s’effritent, les peintures murales s’écaillent, les mosaïques éclatent, celles mêmes dont les tesselles étaient restées solidaires en ondulant seulement sous les secousses furieuses des tremblements de terre ou les masses compactes de cendres accumulées. On a pu s’en rendre compte, dans la dernière semaine de mai.
 
Comme on en a pris l’habitude depuis vingt ans, on avait obtenu l’autorisation de la Surperintendance des fouilles de Pompéi d’accéder à de nombreuses maisons fermées au public dans un souci de préservation. Car l’affluence heureuse qui draine jusqu’à 1 million 500.000 visiteurs par an, est l’autre ennemi paradoxal de Pompéi. On songe sans doute aux dégradations de certains vandales qui gravent au couteau ou au clou sur l’enduit rouge pompéien d’une maison leur promesse d’amour éternel dans un cœur. Mais même les visiteurs disciplinés et respectueux des lieux deviennent un danger : de leurs seuls pas innocents, par exemple, du fait de leur seul grand nombre, ils arasent les sols : les conduites de plomb enfouies en viennent à affleurer sur les trottoirs. 
 
Quelques exemples de dégâts irréparables
 
Mais cette précaution de fermer les maisons pour les protéger des dégâts de la foule est loin d’être suffisante. La peinture murale dans le jardin de Lucrétius Fronto qui offre des scènes de fauves en chasse, s’efface, par exemple, de plus en plus ; la tête du taureau qui se cabre devant la panthère prête à lui sauter au collet, a pour moitié disparu. Même les peintures lumineuses du quatrième style de son tablinum où l’on voit sur un tableau Mars tenir amoureusement le sein de Vénus, tendent à pâlir. Tout comme celles des oiseaux et des fleurs de la Maison des chambres florales, les peintures de chasse du nymphée de la Maison du Centenaire ne seront bientôt plus visibles ; les mosaïques de son péristyle éparpillent en tout sens leurs tesselles blanches et noires. Les tableaux et figurines de son lupanar privé, toutefois, sont encore épargnés (voir la première photo d’illustration).
 
En revanche, le triclinium de la maison des Noces d’Argent est désormais rempli de gravats : la voûte du baldaquin tétrastyle rouge qui l’ornait, s’est effondrée. La Maison du Moraliste qui doit son nom aux maximes de bonne conduite inscrites sur l’enduit noir des murs de son triclinium d’été, ont quasiment disparu.
 
La part du feu : « Pompei viva » et Pompei abbandonata
 
Les gardiens dont on est accompagné, n’hésitent à confier leur amertume. Le problème, on le sait, réside dans les moyens financiers gigantesques que la préservation de Pompéi exigerait. Depuis plusieurs années maintenant, la Superintendance des fouilles paraît avoir décidé de faire la part du feu. Selon le mot d’un gardien, un choix a été fait d’offrir dans une partie de la cité romaine « une sorte de vitrine » qui porte le nom de « Pompei Viva  » et de laisser le reste sinon à l’abandon du moins en l’état, ce qui revient au même et devient "Pompei abbandonata".
 
Et de fait, quand on se promène le long du Decumanus Maximus, appelé rue de l’Abondance, une insula est recouverte entièrement par un échafaudage (1) : des vitrines à l’extérieur présentent l’intérieur en photos. Il s’agit de « l’insula des Casti Amanti  », du nom des peintures représentant des scènes de banquets où des amants s’étreignent plus pudiquement que ne le font ceux des lupanars privés dans les Maisons du Centenaire ou des Vettii. Mais on ne peut y entrer que sur autorisation expresse de la Superintendance.
 
On connaît le site depuis des années. Il est passionnant à découvrir. Les fouilles des strates présentent plusieurs niveaux d’avancement, de la terre arable encore couverte de vignes aux dalles de lave du sol originel, six mètres plus bas. On y a trouvé un mur soufflé, coupé net de sa base et projeté à quelques mètres, ce qui a conduit à supposer la survenue brutale d’une nuée ardente. 
 
On a visité cette fois l’insula non plus en empruntant de niveau en niveau des madriers branlants mais en suivant un parcours sécurisé d’escaliers métalliques munis de garde-fous et de passerelles transparentes qui évite de piétiner les sols de mosaïques. Le four de la boulangerie industrielle rougeoie près de ses meules en lave, le diabolo du catillus coiffant le cône de la méta. Des spots éclairent dans l’écurie attenante les squelettes blancs des ânes ou des mulets qui faisaient tourner ces meules : abandonnés et restés prisonniers pendant l’éruption, ils sont couchés, tels que l’asphyxie les a surpris. Le viridarium de la maison mitoyenne est replanté aux essences originelles : les pièces qui l’entourent sont éclairées comme si elles étaient habitées. Sous des faisceaux de lumière ressortent aux murs les tableaux des amants qui s’étreignent chastement sur leur lit de banquet.
Dans la maison voisine de Polybius, elle aussi, accessible sur autorisation, la mise en scène n’est pas seulement lumineuse : le mobilier du triclinium avec ses trois lits et ses tablettes est reconstitué tout comme celui de la cuisine. On s’attend à croiser les gens de la maison. C’est vrai, on en ressort enchanté.
 
Nul doute que la Superintendance des fouilles de Pompéi est contrainte, sous la pression financière, à des choix draconiens. Mais faut-il à ce point laisser à l’abandon tant de maisons merveilleuses que leur fermeture au public ne suffit pas à protéger des dégradations ? Du moins reste-t-il encore un tiers de la ville sous la cendre et les ponces : c’est la meilleure garantie de sa conservation pour les générations futures qui devront, peut-être - hélas ! - pour le reste, se contenter de photos, si toutefois leur stockage numérique peut lui aussi être pérenne. Paul Villach 
 
(1) Une insula est l’espace urbain délimité par l’entrecroisement de quatre rues à angles droits.
 

Documents joints à cet article

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17 réactions à cet article    


  • docdory docdory 8 juin 2010 12:02

    Cher Paul Villach


    On ne peut pas s’empêcher de faire un parallèle entre la description que vous faîtes et ce qui est arrivé à la grotte de Lascaux.
    Si Pompéï était restée sous la cendre, elle se serait conservée pendant des millénaires sans altérations, mais personne n’en aurait rien su !
    Si Lascaux n’avait pas été découverte , les peintures seraient restées intactes pendant des millénaires sans la moindre moisissure .
    Malheureusement, si la grotte artificielle de Lascaux 2 donne une idée fidèle de ce qu’était Lascaux lorsqu’elle était visible au public, ça reste une imitation. Je vois mal les italiens remettre Pompéï sous la cendre et ouvrir à côté un parc d’attractions « Pompéï 2 » pour satisfaire la curiosité touristique !
    Une dernière réflexion : la France , qui vient de dépenser des millions d’euros pour restaurer les infâmes colonnes de Buren aurait mieux fait de consacrer cette somme à des travaux de restauration de Pompéï, dans le cadre de la coopération culturelle entre pays membres de l’UE !

    • Paul Villach Paul Villach 8 juin 2010 12:31

      @ Cher Docdory

      Entièrement d’accord avec vous ! Que valent les colonnes de Buren à côté de Pompéi ? Paul Villach


    • LE CHAT LE CHAT 8 juin 2010 12:23

      j’ai vu un magnifique reportage sur le sujet , sur Pompei et Herculanum , où l’on voit le génie de l’époque en matière d’urbanisation , mais aussi des difficultés de préserver cet hériatge soumis maintenant à l’érosion .


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 8 juin 2010 20:23

        Vaut mieux , en effet Pompeï d’ abord et Herculanum après .....

        Mais avec une p’ tite nana c’ est plus naturel ....


      • Fantômette Fantômette 8 juin 2010 14:07

        Intéressante problématique.
        Dès qu’un site archéologique ou historique est ouvert à des fins mercantiles et/ou pédagogiques, il se dégrade... mai faut-il pour autant ne pas l’ouvrir ? Vaste question.

        Adolescente, j’ai visité Oradour sur Glane avec mes parents : les faits de 1944 avaient à peu près 40ans (65 maintenant, ce qui comparé à Pompei est ridicule) mais déjà le guide nous disait que certains murs menaçaient de tomber, et que la végétation reprenait ses droits. Fallait-il laisser les ruines se « ruiner » un peu plus ou retaper les murs « à l’identique » c’est à dire à moitié démolis ? De même, ces arbres qui grandissaient, ce lierre qui habillait les murs apportaient au site un air presque trop « serein » à son goût, loin de la désolation originelle, et les carcasses de voitures étaient tellement rouillées qu’on ne voyait plus qu’elles avaient été calcinées...

        Comment faire ?


        • Lapa Lapa 8 juin 2010 14:37

          Sans aller jusqu’à Pompéi pour les subsides, la France aura du mal à sauver son propre patrimoine :

          « Les monuments français se détériorent : 42% sont considérés en mauvais état contre 32%, il y a cinq ans. Les travaux sont passés du coup de 7 à 10,7 milliards d’euros. »

          sera-ton la génération qui verra la cathédrale de Beauvais s’effondrer ? Rien n’est moins sûr. De plus, ajouté aux manques de financements, les querelles d’experts et autres « expériences » des architectes en chef des MH, sont le meilleur moyen de sacrifier des monuments ou sites exceptionnels.


          • Darius 8 juin 2010 16:02

            Détrompez moi, c’est la position d’Andromaque ?
            pas de doute, ils savaient s’en payer une tranche
            ils avaient meilleur goût aussi, les visages étaient plus fins
            ils ne fantasmaient pas comme à notre époque sur une énorme paire de « melons »
            au contraire les femmes couvraient leurs seins avec des bandages tandis que le reste !


            • alsalyes 8 juin 2010 19:54

              Cher Paul Villach

              Merci d’être revenu dans votre article, stimulant et documenté, sur ce haut lieu et je ne suis pas étonné par ce que vous dites de l’état de conservation du site. Faut-il rappeler, pour éclairer la situation actuelle, les malversations de certaine équipe précédente, soupçonnée de détourner les subventions destinées à la sauvegarde de Pompéi au profit de la mafia locale ? ou encore l’incroyable pollution de la région napolitaine qui barre souvent le spectacle offert par le golfe depuis le Vésuve ? On enrage à l’idée qu’un site unique pour comprendre ce qu’a été la civilisation romaine, s’effrite inexorablement par l’incurie et l’inconséquence des hommes. La lueur d’espoir, c’est le raffinement dans la présentation des fouilles des Casti Amanti (bravo pour le reportage photos), c’est aussi de laisser ce qui n’a pas été fouillé sous les cendres.


              • Ariane Walter Ariane Walter 8 juin 2010 20:17

                à l’auteur,
                C’était un plaisir grâce à vous de retrouver les souvenirs liés à cette merveille.
                Quand je l’ai vue la première fois, j’avais 17 ans, amoureuse folle de l’histoire romaine et très déçue par les ruines , très ruinées du forum de Rome ! Et soudain Pompéi, au couchant , alors que la foule des touristes disparaissait.
                Oui, Pompéi, s’abîme, tout s’abîme, les souvenirs restent...
                (Je me la joue romantique, là...)


                • Paul Villach Paul Villach 8 juin 2010 20:28

                  @ Ariane Walter

                  Je ne veux pas pas sombrer dans le catastrophisme. Pompéi reste splendide. La partie « vitrine » - pour peu que vous ayez l’autorisation d’entrer dans « L’insula des Casti Amanti » ou dans « La maison de Polybius » - est un régal.

                  Je plaide seulement pour toutes ces splendides maisons, Lucrétius Fronto, Le centenaire, Les Noces d’argent, Ménandre, les Amours dorés qui sont fermées au public, mais qui me paraissent se dégrader à grande vitesse. Les gardiens que j’ai rencontrés et m’ont ouvert ces maisons, sont amers.

                  Retournez donc dès que vous pouvez à Pompéi.

                  J’ai l’intention aussi de parler dans un prochain article du Musée de Boscoreale et et de la villa viticole Régina, tous deux si méconnus ! Paul Villach


                • Paul Villach Paul Villach 8 juin 2010 20:17

                  @ Cher alsalyes,

                  C’est vrai que quand on parle de subventions à Naples, une certaine organisation est aux aguets.

                  Il reste qu’ est remarquable ce qu’a fait la Superintendance de l’insula des Casti Amanti comme de la Maison de Polybius que vous connaissez sans doute, juste à côté sur le Decumanus Maximus,.

                  On ne peut que regretter que tant d’autres maisons splendides, hors périmètre de la vitrine choisie, risquent de pâtir d’une absence de préservation : Lucrétius Fronto, Les Noces d’Argent, la Maison du centenaire, la Maison des Amours dorés, etc...
                  En revanche, la Maison des Vettii est en cours de restauration. Peut-être va-t-elle bénéficier d’une mise en scène comme celle de Polybius. Paul Villach


                  • Daniel Arnaud Daniel Arnaud 8 juin 2010 23:31

                    Cher Paul Villach,

                    Moi aussi, j’adore Pompéi (et l’Italie en général)... Lors de ma visite du site, je n’avais alors pas manqué d’y relire l’« Arria Marcella » de Théophile Gautier (qui se passe dans les ruines)... Ruines qui ne manquent pas de rappeler combien les civilisations sont fragiles...
                    Amitiés.


                    • Paul Villach Paul Villach 9 juin 2010 12:26

                      @ Daniel Arnaud

                      Vous n’ignorez pas que j’ai une héroïne qui, elle aussi, mêle sa grâce fragile à ses ruines... Paul Villach


                    • kitamissa kitamissa 9 juin 2010 00:00

                      par contre les meubles style IKEA qu’on peut voir sur la photo ça craint un peu .


                      • yvesduc 9 juin 2010 19:36

                        Merci pour cet article utile mais j’avoue rester perplexe devant les votes négatifs, qu’aucun commentaire ne vient d’ailleurs expliquer.


                        • Paul Villach Paul Villach 9 juin 2010 19:59

                          @ yvesduc

                          Il n’y a rien à comprendre. Il existe des individus qui se soignent comme ça plutôt que de prendre un tranquillisant... Paul Villach


                        • semele 8 juillet 2011 22:17

                          Ah Pompéi…
                          Guzzo, ancien surintendant disait que pour préserver Pompéi il faudrait la mettre sous un globe, et il n’était même pas sûr que ca marcherait…
                          Les travaux qui sont faits sont toujours à refaire. Les travaux de l’époque de Maiuri n’ont pas été bien fait, avec un béton trop lourd pour les parois des murs romains (l’ex de la schola armaturarum qui s’est écroulée il y a peu de temps faisait partie des édifices retapés)
                          Saviez vous que la maison des Vettii était en travaux pour un avoir un nouveau toit et que celu-ci a couté une fortune ? Mais qu’il s’éffrite et que les travaux seraient encore plus cher ? (on parle de millions d’euro…) Car une grosse partie des travaux est fait par des entrepeneurs du coin qui font de mauvais béton avec trop de sable et se mettent la difference de prix dans la poche ? c’est la magie de l’Italie du sud. SI vous aimez ce site, comme moi je l’admire et je le chéris, il y a sur facebook « Pompei, arte storia e archeologia » pour ceux qui comprennent l’italien. Une mine d’or pour savoir tous les dégats au jour le jour de ce site unique.

                          Pour info vous pouvez aussi poster en francais dans le lot y’en a smiley


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