Pour demain il faut autre chose que des peurs !
Serions-nous des ânes, des bœufs, des abrutis complets, mieux des simplets, çà a un côté sympathique.
Le triste constat de l’enquête CEVIPOF, 71% ne font pas confiance aux partis politiques, 73%, n’ont pas confiance aux médias, et 69% regarde le JT de TF1, FR3, Soir3, 1% ART, 4% canal +. 75% n’ont plus confiance aux entreprises, 70% et 81% en 2° rang, comptent sur eux mêmes pour défendre leurs intérêts, 15% sur les associations 7% sur les syndicats. 59% font confiance aux experts pour gouverner le pays, 55% souhaitent que l’état contrôle les entreprises, 78% pense que les hommes politiques ne s’occupent pas assez d’eux, 64% considère l’honnêteté en politique comme essentielle, 61% pensent qu’il y a autant de corruption qu’avant mais que l’on en parle plus.
78% se méfient des autres, et 49% ont confiance en ceux qu’ils rencontrent pour la première fois, et pensent que 64% font leur possible pour se conduire correctement.
90% pensent que leur travail sert à quelque chose ; 85% qu’on leur délègue des responsabilités, 84% disposent d’une réelle autonomie, 76% ont un travail bien considéré par les gens, 52% espèrent une promotion
70% ont une vie correspondant à leur attente, 67% sont optimiste pour leur avenir, 73% pensent que leurs enfants auront moins de chance dans l’avenir, 91% souhaitent réformer le capitalisme.
Ils pensent que dans ces 12 derniers mois leur situation financière s’est, dégradée 50%, la même 42%, la situation de
Mais malgré cela, ils considèrent être heureux, très 32% assez 59% (91%).
En 1999 ils disaient :
Dans la vie de tous les jours les Français disent compter sur leur famille et amis pour 82%, sur eux-mêmes 68%, tandis que seulement 2% accordent leur confiance aux partis politiques (enquête CCA, 1999). Dans le même temps les Français attendent de l’État qu’il agisse moins pour l’ensemble de la collectivité, mais qu’il prenne en compte la singularité de chaque citoyen.
Pourtant ils attendaient de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains.
En 10 années ils ont peu changé, attendent toujours que les hommes politiques s’occupent d’eux, mais ils n’y font pas confiance, n’ont pas confiance dans leur médias, mais écoutent les mêmes informations qui les influences et réorganisent leur pensée à 69%.
Croient toujours à leur capacité de s’occuper au mieux de leur intérêts, tout en demandant que les hommes politiques s’en préoccupent, tout en faisant confiance aux experts pour gouverner le pays, tout en disant que la vie correspond à leur attente, bien qu’ils veulent réformer le système capitaliste.
Seule note d’évolution, la crise financière est passée par là, ils ne font plus confiance aux entreprises pour inventer des solutions aux problèmes contemporains.
Je laisse à chacun le soin d’interpréter ces chiffres qui sont disponibles sur le net.
Pour ma part j’en dirai que la perception d’être heureux doit les conforter dans l’impression de devoir leur acquis qu’à eux-mêmes, (se comprenant individuellement bien sûr).
Fabuleux paradoxe quand l’on connaît la faiblesse de l’individu face au pouvoir économique ou politique qui exige dans les deux cas, que pour négocier d’égal à égal il faut que les individus se regroupent pour établir un rapport de force, par la loi, le contrat ou le conflit.
En 10 ans sur ce sujet ils n’ont pas progressé d’un iota, d’où mon introduction humoristique.
Plus sérieusement il y a une interrogation sérieuse à avoir, car ceci fragilise la démocratie, alors qu’a 51% ils considèrent qu’elle fonctionne bien.
C’est-à-dire qu’ils en sont arrivés à considérer que leur défiance et leur retrait de la vie citoyenne est un fonctionnement normal de la démocratie, car ils ont confiance dans leurs grandes institutions ou organisations.
CNRS 90% ; Hôpitaux 86% ; Ecole 83% ; armée 75% ; associations 71% ; Police 71% ; Administration 63% ; grandes entreprises publiques 60% ; justice 60% église 50%.
Alors que les outils de la démocratie, que sont les syndicats et les partis ne récoltent que 47% et 23%. Nous voyons là clairement ou conduisent le fait de rechercher leur seul intérêt et de compter sur eux-mêmes. Cela conduit à une distorsion de la vision des moyens de l’action démocratique. Mais et conforme a leur perception de la vie 91% sont heureux
Ils en arrivent ainsi à prendre ces effets pour la cause.
Les français sont peureux, 92% sont disposés à signer une pétition, 63% à manifester 59% à ne jamais participer à une grève, 63% à ne pas occuper une usine, et 78% se méfient des autres.
Ce court sondage est fabuleux d’informations paradoxales, mais il met en évidence, l’absence d’espérance, les français se méfient de tout, et ouvrent la porte à la tyrannie rassurante, à l’homme providentiel, à l’expert scientifique, à celui qui taillera à sa mesure le CNRS, les hôpitaux ; l’école, l’armée, les associations, la police, l’administration, la justice, et se fera sacré par l’église.
Ce n’est pas un sentier qui est ouvert au totalitarisme mais une autoroute, ce qui laisse présager que nous lirons dans les prochains sondages qu’il est démocratique d’élire tous les cinq ans son dictateur, et nous serons une dictature démocratique comme l’était l’Irak de Saddam qui se ventait d’être élu à + de 90%, nous il sera élu avec 50% des 50% de votant, sans que les 75% restant aient compris que leur salut ne dépendaient pas d’eux-mêmes.
Les institutions et organisation en laquelle ont confiance les Français, existent et ont existé dans toutes les dictatures, elles ne peuvent donc être une garantie de la démocratie, les partis et syndicats uniques aussi ont existé dans d’autres états totalitaires.
Ce qui signifie que seul le désintérêt pour la vie publique est un danger pour la démocratie.
Mais il indique également une chose et ceci est une nouveauté, 91% qui veulent réformer la capitalisme, vont comprendre que leur véritable tyran est la loi du marché.
Il n’aura fallu pas moins de 15 ans, ce qui est somme toute rapide et démontre comment en si peu de temps ce dogme a pu faire des dégâts.
Mais pour en faire un matérialisme éclairé, il faut autre chose que des peurs.
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