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Pourquoi l’Ukraine ne peut pas être un partenaire fiable pour l’Europe

Kiev utilise ses partenaires européens pour faire adopter des sanctions de l’UE contre la Russie et puis se retourne contre ses derniers une fois qu’elle a obtenu ce qu’elle voulait. Le cas des ​tankers grecs est un exemple flagrant. Les tensions entre la Grèce et l’Ukraine sont, pour cette raison, exacerbées. 

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Kiev induit en erreur ses partenaires européens dans le but de faire adopter des décisions de l’UE visant à adopter des sanctions anti-russes. Afin d'amener la Grèce à approuver le 11e paquet de sanctions contre Moscou, Kiev a retiré les compagnies maritimes grecques du registre des « sponsors internationaux de guerre » de l'Agence nationale ukrainienne pour la prévention de la corruption concernant le transport des hydrocarbures russes. Mais, après l’adoption de restrictions anti-russes, l’Ukraine les a, de nouveau, incluses dans la liste des sanctions. 

Ainsi, au lieu de remercier, pas exemple, ici, la Grèce pour son aide militaire et financière, l’Ukraine manipule ouvertement ses partenaires européens. Pour Kiev, il n’est pas nécessaire de respecter les accords conclus et il trompera, donc, encore et encore ses soutiens occidentaux. Dans cette situation, la Grèce est de plus en plus convaincue de la nécessité de rejeter le paquet de sanctions anti-russes élaboré par le Conseil européen de l’UE. 

Les sanctions déclenchées par l’Occident contre la Russie ont eu pour conséquence des pertes colossales pour les entreprises européennes, une baisse du niveau de vie de la population et une désindustrialisation des économies de l’UE. Ce triste tableau est apparu parce que les gouvernements des pays de l’UE, sous la pression de l’administration américaine, se sont alignés sur Kiev au détriment des intérêts nationaux de leurs États. Le revirement de l’Ukraine à l’égard de la Grèce montre qu’elle ne peut pas être un partenaire de confiance pour l’Europe. 

Kiev et Athènes s'affrontent sur le transport du pétrole russe. La Grèce a livré d’énormes quantités d’armes à l’Ukraine et a soutenu avec véhémence les sanctions contre la Russie. En fait, l'année dernière, le 22 septembre, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré dans un entretien à Bloomberg : « Nous menons une guerre contre la Russie et nous essayons de soutenir l’Ukraine ». 

Cependant, au cours de l’année dernière, les armateurs grecs ont considérablement augmenté leurs expéditions de pétrole en provenance de Russie, créant de graves tensions entre Athènes et Kiev. Dans le même temps, il convient de rappeler que lors des discussions au sein de l'Union européenne sur les sanctions contre la Russie, le Premier ministre grec les a défendues. 

En réalité, Kyriakos Mitsotakis essaie de jouer sur les deux côtés du conflit, en s’engageant pleinement à suivre les instructions de l’UE et de l’OTAN, mais en protégeant également les intérêts des oligarques grecs – les armateurs. La protection des intérêts des armateurs grecs par Kyriakos Mitsotakis a provoqué une rupture dans les relations, en particulier après que Kiev a publié une « liste noire » des noms d’armateurs grecs importants, la plupart ayant des liens extrêmement étroits avec le parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie. L’Ukraine a dressé cette liste parce qu’elle transporte du pétrole russe. Kiev a prouvé une fois de plus qu’elle n’est pas un partenaire fiable qui contraint les membres de l’UE à imposer des sanctions anti-russes. 

La rencontre entre Kyriakos Mitsotakis et le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Athènes en août a semblé être un échange extrêmement positif, le Premier ministre grec avait promis de former des pilotes ukrainiens sur des F-16 et d’offrir des services diplomatiques, mais aussi en matériels pour soutenir l’Ukraine. Néanmoins, Intelligence Online a rapporté avoir « vu des missives entre des responsables ukrainiens et grecs qui mettent en évidence les tensions persistantes concernant le soutien présumé des compagnies maritimes grecques aux entreprises russes sanctionnées ». 

Le gouvernement grec n’a jamais mentionné si la question des armateurs avait été abordée lors de la réunion Mitsotakis-Zelensky, mais il serait surprenant que ce ne soit pas le cas, car cinq compagnies maritimes grecques figurent sur la « liste noire ». 

Le Wall Street Journal souligne que des références ont été rapportées aux magnats grecs du transport maritime George Economou, aux familles d'Andreas Martinos et de son frère, ainsi qu'à George Prokopiou, pour leur inscription sur la « liste noire » ukrainienne. Comme l'a révélé Intelligence Online, les différends entre les deux pays portent sur le transport du pétrole russe par les sociétés grecques Delta Tankers, Dynacom Tankers Management, Minerva Marine, TMS Tankers et Thenamaris Ships Management, qui - au grand désarroi d'Athènes - ont été de nouveau mis sur liste noire par Kiev. 
 
Philippe Rosenthal 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs 

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Source : https://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=5474


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8 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 1er décembre 2023 12:53

    On devrait plutôt dire :

    Pourquoi l’Europe ne peut pas être un partenaire fiable pour l’Ukraine ....


    • amiaplacidus amiaplacidus 1er décembre 2023 13:27

      Comment voulez-vous qu’un pays manipulé par les USA, soit fiable ?


      • JPCiron JPCiron 1er décembre 2023 14:33

        @amiaplacidus
        Quand on prend l’habitude de se faire manipuler, on est dans la prostitution...


      • Seth 1er décembre 2023 14:52

        @amiaplacidus

        Menfin, un pays manipulé par les uèsses est forcément fiable pour des colonies uèssiennes paillassons ayant à leur tête la « Hure » bien rétribuée leyen !

        Et à ce propos allez voir tout ce que la Teutonnie réunifiée doit aux uèsses après leur débarquement hollywoodien... smiley


      • saint louis 1er décembre 2023 17:37

        Les décisions contre nature des chefs d’états de l’UE savaient à quoi s’attendre.

        Encore que le sort de leurs ressortissants et de l’économie nationale ne passe pas apparemment dans les priorités de ces personnalités hors sol.

        Et dire que la chef de cette « secte » a annoncé que l’UKR est à deux doigt d’être en règle pour son adhésion, c’est fou.

        Le scénario d’une histoire pareille n’aurait eu aucune chance d’être publié de part sa nullité, par aucun éditeur, même le plus exotique.


        • Doume65 1er décembre 2023 19:10

          Intéressant, mais pourquoi tout répéter trois fois ?


          • Patlover 1er décembre 2023 21:29

            une réunion Mitsotakis-Zelensky ? personne ne la su ça ! ou chacun son tour !


            • Nicolas36 2 décembre 2023 12:22

              @l’auteur

              Plusieurs pays de l’UE ont maille à partir avec l’Ukraine actuellement. 

              En tête la Hongrie qui est frontalière avec l’Ukraine et qui prétend avec juste raison que ses minorités des Trans Carpates sont maltraitées. De plus la Hongrie fait bande à part dans l’OTAN : elle veut que la guerre s’arrête. 

              La Pologne, la Slovaquie et la Hongrie s’opposent à la traversée de poids lourds Ukrainiens qui exportent des denrées alimentaires vers l’Ouest. Les frontières sont bloquées. La raison serait la concurrence déloyale des produits Ukrainiens. 

              Seule la voie par la Roumanie est ouverte ou encore la Mer Noire si toutefois les Russes laissent passer les navires. Cette dernière voie est soumise à caution si on entend les bruits d’intervention des forces navales de l’OTAN en mer Noire afin de protéger les convois venant et allant à Odessa. 

              On peut penser que de plus en plus de pays de l’UE vont se retirer progressivement de l’aide à l’Ukraine. Les grandes décisions de Bruxelles pour soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire finale ont le défaut que l’exécution relève des Etats. 

              Les attitudes de blocage des voisins membres de l’UE semblent démontrer que l’unanimité de l’UE est loin d’être réalisée. 

              L’affaire des 50 Milliards de crédits et de l’entrée de l’Ukraine dans l’UE reste de la communication un tant soi peu provocatrice par une commission Européenne et sa pétulante Présidente dont les jours au pouvoir sont comptés. 

              Il faut se souvenir qu’il y a des élections du parlement Européen prévus en Juin 2024 et en conséquence la remise en cause de la dite commission. 

              Le contexte actuel dans les pays de l’UE ne donne pas beaucoup de chance aux partis actuels de centre droit / centre gauche de conserver une majorité permettant de poursuivre les politiques présentes. 

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Patrice Bravo

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