Pourquoi les Américains repartent-ils sur la Lune ?
Le lancement de la plus puissante fusée du monde SLS rapproche les États-Unis de la victoire dans la nouvelle course spatiale, dont le nombre de participants n'est pas encore définitif.
Ce mercredi s'est dénouée la principale intrigue spatiale : quelle nouvelle fusée très lourde décollera la première, SLS élaborée par Boeing ou Starship construite par SpaceX d'Elon Musk. Les deux fusées participent au projet Artemis dirigé par la Nasa, qui pour objectif de faire revenir l'homme sur la Lune pour la première fois depuis 1972, quand une expédition s'y était rendue dans le cadre du programme Apollo.
Le lancement de SLS était reporté tant de fois que certains ne croyaient plus que cette fusée décollera un jour. Mais elle a réussi à régler tous les problèmes techniques, à survivre à deux typhons et à s'envoler vers l'espace.
Les Américains sont prêts à s'envoler vers la Lune, mais pas tous
Au sens figuré, le projet SLS (Space Launch System) n'était pas un enfant désiré dans la famille spatiale américaine. Ses parents sont le programme Space Shuttle, interrompu en 2011 après la perte d'une seconde navette avec l'équipage, et le projet ambitieux Constellation, arrêté en 2010 par l'administration Obama refusant de le financer.
SLS a hérité de Space Shuttle des moteurs RS-25 puissants et fiables et des accélérateurs latéraux à combustible solide, qu'il a fallu moderniser en renonçant à la possibilité de les faire revenir sur terre. Constellation a laissé comme héritage une charge utile sous la forme du vaisseau spatial Orion.
Le 16 novembre 2022, le lanceur SLS Block 1 a décollé depuis le site LC-39B du centre spatial Kennedy, cette fois avec le vaisseau inhabité Orion. En ce moment, cette fusée est capable d'envoyer 95 tonnes de fret sur l'orbite de référence, ce qui en fait la plus puissante en exploitation.
L'objectif de la mission actuelle, baptisée Artemis 1, consiste à faire le tour de la Lune et faire revenir Orion sur terre. Tout cela prendra environ 26 jours. La mission Artemis 2 prévue pour 2024 deviendra le premier vol d'essai habité de SLS-Orion. Quatre membres d'équipage organiseront des essais en orbite circumterrestre, puis Orion fera le tour de la Lune et reviendra sur terre.
Le débarquement d'astronautes sur la Lune est prévu dans le cadre de la mission Artemis 3, cela n'arrivera pas avant 2025. Puis sont élaborées des missions allant jusqu'à Artemis 9, comprenant notamment le débarquement d'un équipage sur une nouvelle station spatiale laquelle les États-Unis s'apprêtent à construire en orbite lunaire.
Quant à la compagnie d'Elon Musk, elle a un léger retard, d'environ deux essais, et il se peut que Starship effectue son premier vol orbital en décembre. Sachant que contrairement à Boeing, SpaceX construit une fusée réutilisable qu'il sera possible d'exploiter, hormis le programme lunaire, à diverses fins, allant des vols suborbitaux pour transporter des passagers d'un bout de la planète à un autre aux expéditions sur Mars.
Quelle sera la deuxième course lunaire
Dans les années 1960-1970, l'URSS n'avait pas réussi à envoyer un homme sur la Lune pour plusieurs raisons. Le 23 novembre marquera les 50 ans de la dernière (quatrième) tentative ratée d'envoyer la fusée soviétique très lourde N1, après quoi l'Union soviétique a décidé de ne plus essayer de rattraper les Américains en continuant d'étudier la Lune avec des appareils automatiques, et par la suite entamer la construction de la fusée très lourde Energia et du vaisseau spatial réutilisable Bourane.
À présent, nous assistons à une deuxième course lunaire dans laquelle les États-Unis ont de sérieux concurrents.
L'Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) met en œuvre le programme chinois d'exploration lunaire, populairement connu sous le nom de Programme Chang'e ou par l'acronyme CLEP. Il a été approuvé en 2004 et depuis, la Chine est devenue troisième après l'URSS et les États-Unis à avoir réalisé un atterrissage en douceur sur la Lune et deuxième après l'URSS à avoir obtenu grâce à des rovers des échantillons de sol lunaire, et en 2019 le premier pays à avoir mené des recherches sur la face cachée de la Lune.
Par la suite, les Chinois ont l'intention non seulement d'envoyer un homme sur la Lune, mais également d'y construire une base habitée, pour prendre le leadership dans la course lunaire.
Quelle sera la réponse de la Russie
Le programme lunaire russe prévu jusqu'en 2040 est réparti en trois étapes. La première prévoit la création d'un module de base de station circumlunaire, les essais du vaisseau habité Oriol et des survols inhabités de la Lune à son bord. Il est également prévu d'étudier la Lune avec des stations automatiques et commencer la construction de la fusée très lourde Ienisseï.
Dans le cadre de la deuxième étape, il est prévu de faire débarquer des cosmonautes sur la surface lunaire pour créer et installer des premiers éléments d'une base habitée, ainsi que déployer des satellites de communication en orbite circumlunaire.
La troisième étape devrait conduire à la création d'une base lunaire habitée à part entière, de deux observatoires astronomiques et même d'une installation de production de glace d'eau.
Qui d'autre vise la Lune
Dans le cadre du programme Chandrayaan, l'Inde a envoyé en 2008 sur l'orbite lunaire un satellite spatial pour rechercher des minerais et des réserves de glace, ainsi que pour établir une carte 3D de la surface. Ce satellite contenait une sonde qui a percuté la surface lunaire. En 2019, la sonde Chandrayaan-2 a atteint l'orbite lunaire, mais la tentative d'atterrissage en douceur du module avec un rover a échoué. Une nouvelle tentative de cette mission est prévue pour 2023.
L'Agence spatiale européenne, le Japon et Israël ont également des projets d'étudier le satellite naturel de la Terre. Les experts n'excluent pas qu'avec le développement des technologies, d'autres pays, comme les Émirats arabes unis et même la Corée du Nord, pourraient se joindre à la course lunaire.
Alexandre Lemoine
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