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Accueil du site > Tribune Libre > Présidentielles 2015 : Des idées pour sauver la Guinée

Présidentielles 2015 : Des idées pour sauver la Guinée

L’élection présidentielle en Guinée s’approche peu à peu ; elle aura lieu au début du mois d’octobre, dans un climat politique très tendu. Pour ce fait, il est important d’évaluer le niveau de préparation de la Guinée sur le sujet et comment les fracas qui pourraient découler de cet exercice seraient contenus. Cette évaluation est essentielle, compte tenu que les conditions nécessaires à des élections libres et équitables n’y existent pas. Une analyse perspicace de l’atmosphère politique actuelle du pays montre que les scrutins à venir se tiendront dans une ambiance de menaces de « vie-et-de-mort ». L’opposition est plus que jamais prête à utiliser tous les moyens et employer toutes les stratégies possibles afin de remporter le scrutin. Cellou Dalein Diallo, principale figure d’opposition en Guinée s’est rendu la semaine dernière à Bruxelles pour pousser l’Union européenne à prendre part à l’élection prochaine, très certainement parce qu’il ne fait pas confiance aux autorités en place.

L’un des pays les plus riches sur terre, en ressources naturelles, pourrait ainsi souffrir d’une énième crise politique insurmontable si des mesures préventives n’y sont pas mises en place.

Les manigances du Président Alpha Condé demeurent une menace pour la bonne tenue des élections : l’oppression des opposants politiques reste un sujet de préoccupation. Selon l’opposition, M. Condé serait en train d’entreprendre des actions visant à affaiblir l’alliance Dalein-Dadis avec pour objectif de « s’éterniser » au pouvoir. Des rapports des médias pro-opposition révèlent que l’environnement présidentiel entreprend des manœuvres frauduleuses dans certaines zones électorales acquises aux opposants telles que la Guinée-Forestière, le Fouta, la Haute-Guinée etc., en vue de désavantager certains partis, notamment l’UFDG, l’UFCle FPDD.

Le rapprochement de Cellou Dalein Diallo (chef de file de l’opposition) et Dadis Camara (ancien chef de junte) pose un autre défi. Les négociations entre le gouvernement et l’opposition sont au point mort, ce qui expose le pays à une instabilité politique extrêmement intense. Malgré tout, il est toujours possible de changer la donne !

L’Union africaine (UA) et d’autres partenaires stratégiques devraient pour une fois dans l’histoire de l’Afrique jouer leur rôle dans la prévention d’un désordre politique. La fameuse Union panafricaniste doit en finir avec son syndrome de « médecin constatant le décès ». Elle doit consentir à mettre en place une plate-forme nationale pour discuter des questions en suspens relatives aux élections, notamment celles qui suivent :

§ Organiser les élections locales avant le scrutin présidentiel ; en effet, l’élection présidentielle doit être reportée de deux à trois mois ;

§ Mettre à jour la liste électorale pour lui donner plus de crédibilité digne de ce nom ;

§ Re-démarquer les circonscriptions de manière juste et équitable ;

§ Dissoudre l’actuelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) et mettre en place un nouveau dispositif, technique et non politique. L’actuelle CENI est techniquement faible et politiquement partisane ;

§ Renforcer la Cour constitutionnelle afin qu’elle puisse jouer un rôle impartial et imposant dans le règlement des litiges électoraux, comme l’édicte l’article 93 de la Constitution guinéenne ;

§ Revoir le Code électoral de la Guinée et le rôle du ministère de l’Intérieur dans les élections.

Sauvons la Guinée ! Le temps est venu d’agir ! 

Isidore Kpotufe est responsable d’IMANI Francophone. Pour des interviews, veuillez nous contacter à l’adresse suivante : [email protected]


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3 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 4 août 2015 10:53

    heu...le problème dans toute l’Afrique vient peut être des africains..incapable de gérer ce continent autrement qu’en le donnant aux dictatures.. ?


    • sirocco sirocco 4 août 2015 23:59

      @Le p’tit Charles

      Pas si simple...

      Regardez ce qui s’est passé au Burundi. Les citoyens (sauf les classes aisées) auraient bien voulu se débarrasser de leur président corrompu et l’ont fait savoir. Plusieurs d’entre eux l’ont payé de leur vie... Les élections ont évidemment été truquées.

      Le problème vient aussi de ce que l’armée et la police sont au service des dictateurs et qu’on risque sa peau à vouloir s’y opposer.


    • truman3012 5 août 2015 20:42

      @Le p’tit Charles

      Je trouve votre jugement très péremptoire, dénué d’arguments et très moralisateur, de quel pays êtes vous pour vous permettre un tel jugement ? De quel pays sont vos parents, pour vous permettre un tel jugement ?

      Parler des « africains » comme d’un seul homme, ce qui semble sous votre plume, se réduire à sa plus simple expression, c’est méconnaître les innombrables différences (mais aussi traits communs) qui existent entre les pays d’Afrique.

      Penser vous sérieusement que la liberté existe réellement en Afrique ? Et je ne parle pas seulement de liberté physique... Pensez vous sérieusement que les « africains » ont le pouvoir de « donner » ?

      Ne pouvez vous pas imaginer que l’histoire explique l’état actuel de tout les pays, et je ne fais pas seulement référence à l’histoire des siècles précédents, mais de l’histoire actuelle ?

      Remettons les choses dans leur contexte, même si je ne vais rien vous apprendre, la politique Françafrique a existé, existe et continuera pendant un certain temps d’exister, et dernièrement les pays émergents (Chine très largement), continue cette politique. Des tas de pays prennent position en Afrique, en parlant de la Guinée, regardez comment Bolloré à pris le contrôle du port de Conakry et il ne s’agit que d’un exemple, suivez les achats en masse de terrains agraires pour garantir la sécurité alimentaire de ces même pays.

      Réfléchissez par vous même et réalisez que ces industriels ont intérêt à avoir des « partenaires » (comprenez dictateur, la plupart du temps sanguinaire) qui n’opposent pas de résistance (je ne vous apprendrais rien non plus, en vous parlant de Patrice Lumumba au congo, de Nyobé au Cameroun, de Ben Barka en Algérie, sans parler du Burundi). Et il ne faut pas croire que c’est un temps révolu, à la manoeuvre ou en coulisse, les services des pays occidentaux profitent de situations explosives pour continuer d’asseoir la « souveraineté » économique d’entreprises au couleur nationale (qui bien souvent ne payent même pas leur impôt dans leur pays d’origine).

      Auriez vous la même attitude condescendante si vous appreniez que l’électricité que vous consommez, est en très large partie, produite grâce à la matière extraite des mines d’uranium, de pays comme le Niger ? Que votre téléphone ne peut fonctionner que ((entre autre) grâce à des matières comme la cassitérite qui provient du congo ? Que sans le sous sol de la Guinée, très, très riche en bauxite, vous n’auriez à votre disposition, ni voiture, ni avion, ni rien à base d’aluminium (1/3 des besoins mondiaux assuré par la Guinée) ? Ces dernières, je les ai vus, et je peux vous dire que c’est extrêmement avantageux pour les pays qui l’importent d’avoir à faire avec des dictateurs qui s’en mettent plein les fouilles, plutôt qu’avec une vrai taxe sur ce qui est pris ?

      Je déteste donner des leçons, mais honnêtement, avec autant de lacunes, je ne me permettrais sûrement pas de l’ouvrir et encore moins pour ouvrir un sujet avec une remarque de comptoir.

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