Principe de réalité
Principe de réalité.
Les analyses de chaque parti satisfont à l’attente de leurs partisans, loin souvent des réalités factuelles, car il faut remercier naturellement ceux qui par force de convictions ont porté leurs voix ou leurs efforts militants de soutien.
Mais les chiffres sont tenaces. La France est majoritairement de droite, nous le savons et vit dans le paradoxe de souhaiter réformer le capitalisme à 92 % tout en votant en permanence pour les partis qui le soutiennent. Le programme du NFP, pour ceux qui l'ont lu, porte une rupture réformatrice du capitalisme, mais ne s’en détache pas. La seule raison suffisante pour ne pas y parvenir repose sur dans l’immédiat, une impossibilité structurelle et psychique.
Structurelle parce que chaque citoyen agit tous les jours en capitaliste, et qu’une révolution du système pure et dure est impensable, compte tenu du positionnement politique des citoyens. Psychiquement parce que leur esprit n'est motivé que par l'aspect jouissif du confort apporté par le consumérisme.
Dans les différentes déclarations, La RN confirme son implantation dans la société française. Ce n’est plus une affaire de colère de mécontents, mais bien d’un ancrage de comportements et pensées fascisantes. Électoralement, il est le premier parti du pays en voix. C’est une donnée qui ne souffre plus de spéculation.
Ensemble se félicite de ne pas s’être écroulé, et le doit essentiellement aux jeux de désistements.
Le NFP avec ses 7 millions d’électeurs, contrairement aux affirmations de Mélenchon n’est pas en position de pouvoir porter à exécution son programme. Certainement que les militants attendent cela, mais nous rejouerions un mitterrandisme bi, en plus sans majorité parlementaire.
Si le Premier ministre était choisi dans le NFP, ce serait enterrer cette nouvelle chance de promouvoir un nouveau parti socialisant réformateur du capitalisme en l’état de l’opinion des citoyens.
Nous importons plus que ce que nous exportons, les relances sociales des 100 premiers jours creuseraient ce déficit.
Nous oublions toujours que chaque rémunération salariale accordée retourne dans l’escarcelle des capitaux qui les ont financés, majorés.
Nous oublions toujours que chaque taxe des entreprises et autres capitaux sont financés par la consommation des ménages salariaux essentiellement.
Caricaturalement, si j’ai un vase à col de cygne, quoi que j’y mette à l’intérieur, tout prendra la forme d’un vase à col de cygne. Il faut donc que son contenu soit capable d’infléchir la forme du vase.
Le programme du NFP contient cela, mais pas les moyens d’y parvenir en l’absence d’une majorité parlementaire et d’une population clairement consciente de l’enjeu.
Le NFP est devant ce dilemme, une attente des populations dont la mise en application immédiate causerait à moyen terme l’échec du NFP.
La peur du fascisme a mobilisé les forces socialisantes sur un programme et une stratégie de barrage à la RN, mais il doit se consolider pour les échéances de 2027 afin de retrouver une majorité parlementaire. Prendre le gouvernement dans les conditions actuelles relèverait d’un suicide programmé.
J’ai conscience de la difficulté que mon point de vue soit entendu, mais c’est autant la réalité des chiffres que la limite du pouvoir d’un Premier ministre sans majorité. Vouloir changer le monde, ouvrir une nouvelle ère ne peut pas se faire sur un emballement émotionnel aussi sympathique soit-il.
À mon sens il appartient à Mélenchon de consolider le travail qui a été accompli depuis des années pour que ce ne soit pas vain, en voulant aller plus vite que les moyens dont le NFP dispose.
Si la partie du programme qui serait mise en application ne peut modifier le contenant, malgré les avancées sociales, les citoyens se retrouveraient dans la même situation. Ils diraient comme ils l’ont fait avec Mitterrand que le NFP à échoué et oublieraient ses apports, car ils auraient étaient repris par le capital, comme ils ont oublié la cinquième semaine de congés, les trente-cinq heures, etc.
Alors autant que le président prenne un Premier ministre dans son camp, Edouard Philippe n’attend que ça, que placer le NFP dans un piège.
Je comprends parfaitement que cela demande aux 7 millions de citoyens qui ont voté NFP d’en chier encore durant 3 ans, que de ruiner des chances de changer de monde.
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