Quelle réserve pour l’armée de terre de demain ?
Alors que la question se pose d’augmenter les réserves, notamment de l’armée de terre, quelle format ces dernières pourraient-elles prendre ? Et surtout qu’elle serait l’organisation la plus pertinente dans un contexte international et intérieur tendu ?
La proposition du ministre des armées, Sébastien Lecornu pour la prochaine loi de Programmation Militaire 2024-2030 consiste à faire passer les réservistes de l’ensemble des armées de 64 000 à 100 000 hommes. Pour l’armée de Terre, l’on compte aujourd’hui 26 000 réservistes. En réalité, il faudrait créer une vraie garde nationale terrestre d’environ 100 000 hommes au vu de notre situation.
L’on peut envisager la création de 60 régiments d’infanterie légère de 1500 hommes à raison d’un par département rural de Métropole, soit 90 000 hommes. Ces derniers seraient constitués uniquement de réservistes possédant, comme en Suisse, leur arme principale à domicile. Ces régiments compteraient chacun 5-6 compagnies d’infanterie, 1 compagnie d’éclairage et une compagnie d’appui et de commandement.
Si l’on part pour ces régiments sur une composition raisonnable de 10 % d’officier, 30 % de sous-officiers et 60 % de Militaires du Rang, avec des rémunérations respectives de 150 €, 125 € et 100 € par jour pour 30 jours par an (avec en supplément 25 % de cotisations patronales santé et retraite), l’on parvient à un coût annuel de 33,75 millions € pour les officiers (9000*30*125 €), 81 millions pour les sous-officiers, 121,5 millions pour les soldats. Soit un total de 236,25 millions €, qui monte à 295,3 millions € avec les cotisations.
Pour comparaison, le coût du Service National Universel est de 2187 € par jeune (1,75 milliards € s’il était généralisé).
Concernant le recrutement, l’on peut envisager une montée en puissance rapide sur 2 à 2,5 ans en recrutant et en formant 3000-3500 hommes par mois. Les hommes du rang pour 30 jours annuel recevrait 3000 € ce qui peut sembler relativement intéressant en zone rurale (à l’heure actuelle, la rémunération n’est que de 54 €/ jours, d’où les difficultés de recrutement) .
Les 30 jours annuels seraient concentrés en une seule fois pour la première année en formation initiale et en 15 Jours et 7 week-ends les années suivantes. Les zones de rassemblement et de manœuvre pouvant se trouver plus facilement en zone rurale.
En terme d’équipement, il faut compter sur environ 3000 € par fantassins en comptabilisant les armes de base (fusil d’assaut) et équipements de protection (casques, gilets pare-balle). Soit environ 300 millions € qui peuvent être répartis sur 2-3 ans. Le problème principal reste les moyens de transports. L’on peut équiper ces régiments légers de moyens non blindés de type camions multi-usage de type GBC 180 à environ 100 000 € l’unité. En comptabilisant une centaine de camions par régiments (soit 6000 au total), l’on parvient à un coût de 600 millions € qui pourraient être répartis sur 5 ans.
L’on pourrait donc, si le pouvoir politique le souhaitait vraiment, établir une vraie garde nationale terrestre (comme celle prévue initialement lors de la mise ne place d’une armée de métier après 1995) à un coût parfaitement raisonnable. Encore faut-il avoir le courage de prendre la décision.
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