Racisme Fake news
Gilets jaunes, coronavirus, manifs anti-racisme, manifs contre la police, manifs de la police : le président Macron broie du noir (en pensée précisons-le, tant la situation est explosive).
La famille Traoré a refusé de rencontrer la ministre...
Qu'à cela ne tienne, le gouvernement n'a pas dit son dernier mot : on va leur proposer la Légion d'honneur !
Statues déboulonnées, plaques expliquant quel enfoiré était tel ou tel grand homme, la chasse au racisme bat sont plein. Même le simple quidam hésite désormais à commander au zinc son café du matin : « Patron, un petit noir, bien serré ! » Sentant la gaffe, il tente lamentablement de se rattraper : « Mais pas par le cou, hein ? »
Le bizness souffre aussi : il se murmure à Paris que les voyantes ne lisent plus dans le marc de café, mais plutôt dans le thé (jaune), ou même - pour les plus prudentes - dans le vin blanc. Inversement, les voyants et médiums "de type européen" entrevoient la possibilité d'élargir leur clientèle : pourquoi pas des marabouts blancs ? Il n'est pas impossible que demain Irma, la voyante tsigane, soit noire et née à Houston, Texas. C'est à ces bouversements qu'on pressent un tournant de la société.
Les éditeurs se perdent dans des abysses philosophiques : est-il légitime que les polars soient qualifés de « série noire » ? N'y aurait-il pas l'idée inconsciente que crime et pigmentation ont partie liée ? Gageons que l'adjectif « sombre » va faire florès « il fait nuit sombre... »
Les auteurs pourront-ils encore écrire des dialogues de personnages racistes ou banalement déconnants ? Devront-ils écrire « il fait noir comme dans le cul d'un d'un Blanc » ? Ou alors en écriture inclusive, au choix du lecteur : « Il fait noir comme dans le cul d'un Nègre/Blanc/Jaune/Métis. » Évidemment, ça gâche un peu le plaisir de la lecture ; d'un autre côté, ça épaissit l'ouvrage - c'est tout bénef' pour l'édition !
À Pau, une statue d'esclave noir a été aspergée de peinture blanche.
Ironiquement, ces anti-anti-racistes ont involontairement fabriqué une statue en noir et blanc, bel hommage au métissage ! Ah les cons !
Les manuels de mathématiques préciseront que le triangle n'est pas un symbole raciste, malgré le commerce triangulaire.
Mais ces ajustements sémantiques ne peuvent suffire.
Aussi le gouvernement va-t-il lancer un ambitieux plan de transparence historique et faire toute la lumière sur le racisme en France, passé, présent et futur.
Les CRS (Commission Racisme Suivi) établiront la liste des statues, ouvrages et personnages publics sur lesquels pèsent des soupçons avérés de racisme.
Car nos élites ont accouché d'un nouveau concept : le soupçon avéré – créant par contrepoint le soupçon non avéré, soupçon simple, banal, quotidien, bref, celui du populo. « Je soupçonne ma femme de me tromper... » « Je soupçonne le chien du voisin d'avoir pissé sur mes bégonias... » Un policier de la République ne saurait relever de ce soupçon ordinaire, eu égard à la dignité de sa fonction ; il ne doit relever que du soupçon avéré.
D'ores et déjà, ces commissions CRS savent que les centres historiques des villes de Bordeaux, Nantes et La Rochelle devront être rasés, compte-tenu de leur rôle dans le commerce triangulaire et des fortunes amassées à l'époque.
De même, l'étude de Beaumarchais à l'école devra être précédée d'un avertissement sur sa participation au négoce des Sombres. Les éditeurs sont d'ailleurs encouragés à insérer un avertissement dans tous les ouvrages douteux : Tintin au Congo, bien sûr, Autant en emporte le vent, etc. Les films seront révisés, dialogues et titres : le multi-primé La Rue Cases-Noirs, La mariée était en sombre (Truffaut), etc. Les élèves auront tous un devoir maison sur le racisme dans leur famille, à charge pour eux d'enquêter en remontant leur arbre généalogique.
Mais jusqu'où la repentance doit-elle remonter le temps ? Certains pensent que l'Homme a toujours été une grosse brute xénophobe, d'autres qu'il a très tôt inventé le concept de l'assurance santé en nourrissant les chasseurs malades – déjà altruiste à ses heures, donc. Personnellement, nous émettons ici l'hypothèse que si l'Homme de Néanderthal a disparu, c'est à cause du racisme de l'Homo sapiens. Le premier contrôle d'identité de l'Histoire a probablement dégénéré : « T'es qui toi ? T'as tes papiers ? - Grmpf, non, pas encore inventé. » Regardez comment les scientifiques décrivent l'Homme de Néanderthal : court, trapu, velu ne craignant pas le froid, le crâne oblongue, bas du front, et moins encéphalisé – un peu con, quoi, on est entre nous... Il s'agit bien du premier délit de sale gueule de l'Histoire ! À quoi tient le destin d'une espèce...
Devant la bronca de la police, le gouvernement a en urgence interdit aux policiers les idées noires, puis cherché une issue dans la polémique sur la technique de maîtrise par étranglement. Naturellement, cela ne concerne que les infividus récalcitrants : il ne s'agit pas d'étrangler le premier venu !
Nous avons tâché de voir clair dans les rumeurs et déclarations successives quelque peu confuses. Au final, l'étranglement sera interdit, mais autorisé le temps d'amener au sol, sous réserve que l'on n'appuie pas sur le cou mais sur le bas de la nuque, ou le haut du dos (sauf décret modificatif). Cela laisse prévoir de franches rigolades durant les stages de formation : « Nous allons maintenant étudier l'étranglement des jambes ! » Mort de rire – si j'ose dire.
Les rumeurs de remaniement ministériel se précisent. On parle d'Omar Sy au commerce extérieur et de Yannick Noah aux Affaires étrangères, tous deux ayant fait la preuve de leurs compétences pour exporter les problèmes étasuniens en France. Néanmoins, leur situation d'exilé fiscal pourrait compromettre leur nomination.
Au vu de l'ampleur du mouvement antiraciste et de son succès chez les jeunes, interdire les comportements racistes dans la police ne peut suffire. Le gouvernement va s'attaquer à la racine du mal : les pensées racistes ! Néanmoins, une certaine tolérance sera de mise pour les rêves - compte tenu du fait que la majorité des Français n'en a pas le contrôle. Mais gare à ceux qui parlent en rêvant : certaines applis enregistrent ce qu'on dit en dormant et l'envoient chez les GAFA, qui reconstituent ainsi jour après jour nos rêves interdits... Les écrits restent et les paroles sont archivées ! Orwell, au secours !
Les USA, après avoir fomenté ou soutenu un nombre record de coups d'État dans le monde, s'apprêtent à réaliser le fin du fin de l'impérialisme : une révolution de couleur à domicile ! C'est quand même moins cher que les milliards de dollars de soutien au Maïdan en Ukraine... Curieusement, aucun média n'a qualifé ce mouvement de révolution noire – timidité ? Pour apaiser les manifestants, la Maison-Blanche va être rebaptisée, et le président Trump hésite entre "la Maison-Arc-en-ciel" et "la Case de l'oncle Tom".
De son côté, le président Macron envisage un geste d'apaisement, comme modifier un vers de "La Marseillaise", celui qui rappelle trop ouvertement les vieilles lunes racistes sur la pureté de la race : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons"... "Qu'un air plus pur respirent nos vallons" serait tout à la fois antiraciste et écolo - électoralement gagnant-gagnant !
La Commission du Révisionnisme Social (CRS 2) a proposé d'élargir l'épuration des rues et des statues à tous ceux qui ont du sang sur les mains : esclavage, guerres de religion, guerres de conquêtes, colonialisme, impérialisme, communisme, fascisme, travail des enfants, et de n'autoriser que quelques personnages irréprochables du genre Gandhi, Confucius, Bouddha, Henry Dunant, Marie Curie, Zamenhof, Jésus et quelques autres – sous réserve quand même qu'une commission d'historiens épluche leur vie. L'inconvénient serait d'avoir des dizaines de milliers de rues du même nom, ce qui ne serait guère pratique pour les postiers et les taxis.
- Vous habitez où ?
- Rue Gandhi.
- Ah tiens, ça par exemple : moi aussi ! Et ma grand-mère aussi mais à Gandhi-sur-Seine. Mes parents, eux habitent rue Gandhi à Toulouse. Quelle coïncidence !
Au final, le Président a souhaité élever le débat. Le gouvernement va créer, sur le modèle du délit d'incitation à la haine raciale, le crime d'incitation à la connerie. Tout en étant conscient de l'encombrement des tribunaux qui va s'ensuivre !
18 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON