Rambouillet : une morte en plus ou une victime de trop ?
Rambouillet : une morte en plus ou une victime de trop ?
L’assassinat d’une personne travaillant au commissariat de police de Rambouillet mérite plus que des condoléances à la famille.
De notre point de vue, le fait interpelle (potentiellement) les citoyens, dans leur rapport au gouvernement.
Quand une personne est tuée parce que … « Allah Akbar » , sont mis en œuvre des rituels maintenant bien rodés.
Dans l’enseignement, la hiérarchie se demande si l’enseignant, avant d’être tué, n’a pas commis une faute professionnelle en soutenant des thèses impies pour ceux qui les tiennent pour telles. Quand il meure, des collègues, qui avouent qu’ils se censurent, se demandent si leur collègue, en ne faisant pas comme eux, ne l’a pas un peu cherché. Puis les politiques, les médias, présentent des condoléances, disent que ce n’est pas bien de tuer. De braves gens vont déposer des fleurs sur le lieu du crime ou devant les portes de l’établissement scolaire.
Quand un policier est tué, la hiérarchie et les collègues font, eux, bloc derrière la victime. Président de la République et ministres entrent en scène. Ils se rendent sur place, entourés de personnages en uniforme sortant du pressing, de préfet ou de commissaire de police. Et des caméras des télévisions tournent. Les braves gens apportent des fleurs.
Les « responsables » disent qu’ils continueront à veiller à la situation dont ils ont pris toute la mesure, qu’ils feront voter une loi qui s’ajoutera aux lois précédentes, qu’ils renforceront les effectifs qu’ils ont déjà renforcés, et organiseront la protection des fonctionnaires ayant eux-mêmes comme tâche d’assurer la protection.
De l’opposition s’élèvent alors les mêmes cantiques : il faut plus d’effectifs, expulser les « fichés S », que la justice frappe tout de suite et plus fort … Et bien entendu pour une partie des opposants : s’en prendre aux Wahhabites c’est être islamophobe. Ce qu’il ne faut pas sembler être par les temps qui courent, puisque le Wahhabisme -ou ses variantes- progresse, et avec lui le nombre des électeurs potentiels à ramasser.
Le tout, comme s’il était techniquement possible, avec des moyens internes, de répondre à ce qui fabriqué (et l’est quotidiennement) à l’extérieur. Avec la bénédiction des autorités du lieu, elles mêmes membres de la religion wahhabite ou de l’une de ses variantes.
C’est que les criminels - illuminés qui tuent en France sont en effet nourris au moins psychiquement à partir de bases arrières … situées ailleurs.
Notamment en Arabie Saoudite (pour ne prendre que cet exemple en faisant référence à ce qui sera dit plus bas) où les Wahhabites ont fabriqué leur religion et entretiennent les dogmes et les pratiques qu’ils ont imaginés, travaillent à la conversion à leur religion, à commencer par celle des Musulmans habitant ailleurs (qui ne partagent pas ces conceptions et qui n’ont pas le projet politique d’établir un Etat religieux). En mettant en œuvre divers moyens pour ce faire : distribution d’ouvrages religieux au contenu adapté ; financement d’institutions diverses et de mosquées dont les imams sont des convertis à leur idéologie. Et ne sont pas forcément scandalisés lorsqu’un individu, dont ils ont ensemencé le cerveau, tue un enseignant parce qu’il n’a pas dit ce qu’il fallait, une dame parce qu’elle est juive, un policier parce qu’il est un serviteur d’un Etat mécréant et de mécréants. Etat dans lequel certains prennent le risque de dire que les conceptions des Wahhabites ne sont pas supérieures aux principes ancestraux du peuple français, ou osent penser et dire que les femmes n’ont pas à se plier à telles attitudes particulières ou telles obligations vestimentaires imposées par les mêmes.
Si les autorités wahhabites dirigeant leur Etat, rigolaient, il ne faudrait pas en être surpris.
Car elles se sont rendu compte qu’il suffisait de faire miroiter des contrats faramineux, pour que les autorités françaises salivent et ne pensent plus du tout aux victimes de l’idéologie.
Et elles paient des agences de communication, y compris des agences françaises – dont les propriétaires jouissent du respect du à leurs résultats financiers et à leur belles fréquentations dans les allées du pouvoir- pour faire oublier leur part d’ombre.
Il n’y a donc pas d’autre solution pour les autorités françaises, au moins pour les autorités actuelles, que de faire de la communication chaque fois que le mal est fait. Et qu’un assassinat s’ajoute au précédent.
Surtout que selon les estimations de chercheurs sérieux, il y aurait en France plusieurs centaines d’individus, « chargés à bloc » idéologiquement, potentiellement capables de tuer. Sans avoir évidemment le sentiment d’être des « terroristes » faisant quelque chose de mal. Au nom de ce qu’on leur a dit de penser, dit de pouvoir faire ou de devoir faire. Et qui, nécessairement, franchiront le pas, sans que le jour, le lieu ou la victime soient déterminables à l’avance. Et sans même qu’ils aient pu être détectés par les services de renseignement,
Alors ?
On ne saurait rien affirmer (nous manquons en plus d’études scientifiques de cette nature ) sur la personnalité des uns et des autres qui, venus d’un bord ou d’un autre, président aux destinées du pays.
Mais l’histoire enseigne que la personnalité, la psychologie, les idées fixes, les qualités ou les « tares », ou bien la conception que des rois ou quelques politiciens ont eu de l’Etat et de leur rôle, ont joué pour beaucoup dans l’existence, à tel moment, de situations de fait « positives » ou « négatives » pour les uns, pour les autres, ou pour l’ensemble de la population.
Constatations identiques pour l’action de tout chef : le fils faible d’esprit ou idiot devenu chef d’entreprise, fait péricliter les affaires que son père avait rendues florissantes. Et fabrique des chômeurs. Etc…
Imaginons donc que les dirigeants français aient ( demain…) une « mentalité », des intérêts, un caractère … différents. Et, entre autres, substituent l’action à la communication (au « parler pour ne rien dire » diraient les malveillants). Que pourraient-ils bien faire ?
Si les suivants prétendent toujours être en guerre avec le « terrorisme », il leur faudra utiliser les instruments adaptées. Qui ne sont pas ceux qui sont actuellement utilisés, puisqu’ils sont inefficaces. Et parmi ces « armes » inutilisées, il y a la diplomatie.
Evidemment on ne saurait expérimenter une médecine diplomatique en double aveugle, avec des essais randomisés. Comme c’est d’usage avant de commencer à sauver des malades.
Mais il semble que le président Poutine a / aurait imaginé un « protocole » de protection de la population qui a « marché » lors des jeux olympiques de Sotchi.
On a rapporté en effet que le prince Bandar, chef des services secrets du roi d’Arabie Saoudite, aurait assuré que les jeux de Sotchi ne seraient pas ensanglantés par l’action des Tchéchènes, -que les Saoudiens « contrôlaient »-, si les Russes « lâchaient » le président Syrien Bachar El Assad.
Le président russe, dont la mentalité, - telle qu’elle se dégage de la constatation des faits- n’est ni de placer son Pays sous l’hégémonie d’autres pays, ni de laisser le droit être bafoué par les uns … au nom du droit invoqué par d’autres à leur profit, ni de reporter au lendemain ce qu’il n’a pas voulu ou pas su faire aujourd’hui (en pensant que c’est cela qu’il faut faire aimer par le peuple par la voie des relations publiques) aurait eu une réaction …impensable dans la capitale française aujourd’hui : Il fit dire en substance au roi d’Arabie Saoudite, que si ce dernier et les siens se livraient à ce genre de jeu, le sang coulerait en Arabie Saoudite. Et qu’il était même techniquement possible que le roi d’Arabie Saoudite disparaisse avant Bachar El Assad.
Revenons à la France. Et transposons …
« Un jour » est élu à la présidence de la République de la République une personne ayant la « carrure » de ce qu’on appelle un « homme d’Etat ». Hommes « d’Etat » qui son moins nombreux, ainsi que les historiens le relèvent, que les personnes qui occupent par roulement une fonction, fût-elle de premier plan dans l’ordre des préséances.
Il peut donc, après avoir omis les courbettes d’usage, oser s’adresser comme suit à tel dignitaire ( roi, prince, président) dirigeant un pays à partir duquel la doctrine ( wahhabite, salafiste, etc…) s’élabore et est exportée :
« Dorénavant, vous allez faire en sorte de contrôler vos gens et de garder votre wahhabisme ( salafisme, …) pour vous. Vous allez même vous arranger pour nous débarrasser de vos prédicateurs et propagandistes.
Au premier mort au nom de « Allah Akbar », vous allez « trinquer ». Il faut vous attendre à ce que Dieu (pour que vous compreniez mieux, nous allons nous aussi Le faire parler) pose Sa main vengeresse sur les membres de votre famille, les uns après les autres en commençant par … et en finissant par vous. Et sur vos biens ».
Avec, si besoin eu égard à la situation, une courte phrase supplémentaire :
« Et pour montrer que Dieu ne plaisante pas, je vous annonce tel grand malheur qui se prépare pour votre parent Untel ou pour sa villa de tel beau quartier ».
Le président – homme d’Etat s’entendra probablement rétorquer que s’il doit en aller ainsi, c’en sera fini des contrats juteux.
Auquel cas notre président pourra ajouter : « qu’en cas d’asséchement de la pompe à finance ou de la pompe à pétrole, Dieu serait encore une fois mécontent, avec les mêmes conséquences que ci-dessus ».
Cette hypothèse est évidemment théorique.
En tant que juriste nous sommes obligés de condamner par avance de telles méthodes. Et, en tant qu’homme de bien et bien pensant, nous ne pouvons que désapprouver qu’on puisse même y penser.
Mais comme ces méthodes sont celles de la branche « action » des services secrets … rien n’interdit d’en évoquer la possibilité du point de vie technique.
Marcel-M. MONIN
m. de conf. hon. des universités
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