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Accueil du site > Tribune Libre > Regarde-moi...

Regarde-moi...

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Dans les rues de la ville, les gens se hâtent, vaquent à leurs occupations, happés par le temps, le travail, et les autres disparaissent, s'effacent...

Les autres n'existent plus, les autres s'évanouissent...

 

Et pourtant, ils sont là, les pauvres, les sans abri, les démunis, les sans visage, ceux qu'on ne voit plus.

Ils sont là, de plus en plus nombreux, de plus en plus isolés et solitaires.

 

Les gens détournent le regard, comme saisis de honte, ils ne voient plus ceux qui sont là accroupis, assommés de fatigue, de douleurs.

Ils refusent de voir la misère, la descente aux enfers, le désarroi, la détresse de ceux qui n'ont plus rien.

 

De la même façon qu'ils refusent de voir les vieillards enfermés désormais dans des ghettos, ils ferment les yeux devant la douleur des déshérités.

 

"Regarde-moi" pourraient-ils dire tous, vieillards et pauvres...

Dans nos sociétés individualistes, le regard ne s'attarde plus sur les autres, le regard se détourne de ce qui dérange et fait peur... la vieillesse, la misère...

 

"Regarde-moi, regarde mes rides, ma souffrance, mon visage las et douloureux."

"Regarde mon humanité, derrière les rides et la détresse. Je suis un être humain, comme toi, même si mon aspect est douloureux et triste.

Il m'arrive de sourire, de pleurer comme toi".

 

Dans un monde où la beauté, la jeunesse sont magnifiées, dans un monde de consommation, d'artifices et de paillettes, comment les vieux et les pauvres pourraient-ils attirer le regard ?

Il nous faut réapprendre à voir au delà des apparences, il nous faut réapprendre à regarder les autres, les humains, nos semblables.

Et puis il nous faut aussi rétablir le contact avec les oubliés de la terre, il nous faut partager.

"Notre société est très cloisonnée et cultive l'entre-soi. Tout est fait pour que les personnes incluses, qui travaillent, qui consomment, ne rencontrent pas les exclus- ceux qui sont au bord des rues et du monde. Et c'est bien le drame, car avec ce manque de contact entre les uns et les autres, un fossé d'incompréhension s'installe..." écrit Véronique Fayet dans son ouvrage Révolution fraternelle.

"Regarde-moi... " le verbe regarder implique une attention à l'autre, une ouverture...

C'est là un message qu'il nous faut tous entendre.

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/05/regarde-moi.html


Moyenne des avis sur cet article :  1.38/5   (21 votes)




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15 réactions à cet article    


  • ZenZoe ZenZoe 13 mai 2019 20:18

    Légèrement écoeurée par cet article où, encore une fois, l’auteur exploite une détresse pour pouvoir faire son billet quotidien.

    Car j’en suis presque certaine, Rosemar n’en a pas grand chose à faire des SDF. Elle ne leur parle pas, elle n’a pas pensé à leur demander leur avis avant de pondre sa prose, et je vous fiche mon billet que, loin de mettre en pratique ce qu’elle prône, elle les évite dans la rue.

    Quant à leur apporter une aide matérielle ou oeuvrer dans une association, n’en parlons même pas ! Mieux vaut les plaindre de loin, c’est moins salissant n’est-ce pas ?

    Rosemar est une imposture qui veut montrer telle qu’elle n’est pas. J’espère que personne n’est dupe.


    • rosemar rosemar 13 mai 2019 20:32

      @ZenZoe

      Mais qu’est-ce que vous en savez ? Vous pensez que les SDF ne méritent pas qu’on en parle ? C’est indigne !


    • ZenZoe ZenZoe 13 mai 2019 20:54

      @rosemar
      Vous pensez que les SDF ne méritent pas qu’on en parle ?

      En plus d’être hypocrite, vous êtes bouchée.
      Je dis que vous êtes une imposture qui n’en a rien à faire des SDF, sauf de temps en temps à l’occasion d’un article. Et je vous mets au défi de nous dire concrètement ce que VOUS faites pour les aider.
      Là, c’est plus clair ?


    • rosemar rosemar 13 mai 2019 21:05

      @ZenZoe

      Mon but n’est pas d’évoquer MES actions en faveur des SDF, ce n’est pas l’objectif de l’article... enfin, si je le faisais, vous m’accuseriez de m’en vanter, à n’en pas douter....


    • ZenZoe ZenZoe 13 mai 2019 22:21

      @rosemar
      Mon but n’est pas d’évoquer MES actions en faveur des SDF, ce n’est pas l’objectif de l’article...


      Evidemment non, puisque vous ne faites strictement rien pour eux ! Vous vous bornez à exhorter les autres à les regarder. Alors le moins que vous puissiez faire, c’est de vous taire sur ce sujet auquel vous ne connaissez strictement rien et qui au fond vous importe assez peu. Cela s’appelle la décence.


    • rosemar rosemar 13 mai 2019 22:30

      @ZenZoe

      Et la modestie, vous savez ce que c’est ?


    • foufouille foufouille 14 mai 2019 08:26

      @rosemar
      si tu faisais partie d’une asso, tu saurais que justement des gens leur parle.


    • sls0 sls0 14 mai 2019 01:47

      Je n’ai pas franchement aidé.

      J’ai aidé un copain flic qui aidait, je prenais la relève quand il n’avait pas le temps.

      Un cas a franchement bousculé mes idées préconçues.

      Le pote avait trouvé un logement pour un exclus (je n’aime pas le terme SDF), une boite de peinture qui travaillait pour ma boite l’avait pris à l’essai.

      Pendant plus d’un mois mon pote ou moi on le sortait du lit et on le motivait. L’envie de foutre des baffes parfois m’éfleurait.

      3 mois après ça tournait bien, j’ai eu une discussion avec ce type. Avant c’était un contremaitre avec 40-60 personnes sous ses ordres. Belle maison, vacances, ect.

      Perte de boulot, divorce, descente aux enfers.

      Ca m’a foutu une gifle, je ne pensais pas que les dégâts puissent être aussi forts.

      Un autre ayant toujours été exploité comme garçon de ferme vivait depuis toujours dans le dénouement.

      La femme du pote tenait un resto, il mangeait bien le Marcel.

      Un jour je lui parle de l’assistante sociale, il éclate, cette salope, ect. Pas trop le style du Marcel.

      Je vais la voir, cet ivrogne je ne veux pas le voir. Mon pote met sa casquette de flic et va la voir. L’abus d’autorité peut servir, on récupère le dossier.

      Il ne touchait même pas le RMI, était inconnu de la sécurité social. Pupille de la nation, scolarité allemande pendant la guerre, ensuite exploitation comme garçon de ferme.

      Un plaisir ce cas Marcel, il a eu une fin de vie heureuse. Un moment problème avec la sécurité sociale. Il nous a pas renvoyé les papiers. Je cause avec Marcel, il me répond, j’ai appris à écrire avec la plume sergent major. Je trouve un plumier, l’encre et le buvard. Ca traine toujours coté sécurité sociale. J’y vais avec l’autorité, le pote flic. Là ils disent qu’ils ont bien la réponse mais que c’était pas trop lisible. Sachant que Marcel lisait beaucoup, ce ne pouvait être un problème d’orthographe. On a demandé à voir la réponse. Ils nous l’ont montré en disant c’est beau mais on comprend pas. Le Marcel avait appris à écrire en gothique pendant la période allemande. Effectivement c’était très beau mais pas trop compréhensible.

      Deux cas différents, le premier fait peur, d’une personne à autorité passer à tête à claques. Eh oui même une personne qui se croit forte peut sombrer.

      Le second, une vie très pauvre mais pas trop malheureuse. Du vrai pauvre sans le savoir minimum de ses droits. Avec le RMI et le minimum retraite il s’est retrouvé riche. Riche pour lui du moins.

      Une seule fois je suis tombé sur un clochard qui avait choisi c’était en 79. Cultivé le mec, un prof de philo qui a choisi une voie philosophique.

      Les gens qu’on voit dans les rues la plupart subissent plutôt que choisissent. Le premier cas démontre que tout salarié n’est pas à l’abri.

      Une chose à savoir si vous avez aidé une personne pendant sa période la plus noire, il se peut que pas après elle vous évite. C’est inconscient ce rejet mais vous êtes quand même un rappel d’une vie de merde qu’elle essait d’oublier. C’est normal.


      • Albert123 14 mai 2019 11:53

        « Regarde-moi... »


        voilà quelque chose qui ne pouvait que séduire notre adepte du narcissisme quasi quotidien.

        « regarde moi ... » c’est la phrase préférée des enfants entre 3 et 5 ans. 

        c’est tellement révélateur de l’effondrement de notre société qui se touche le nombril en permanence.

        « regardez les... » c’est qu’on aurait pu dire auparavant , avant de devenir des petites merdes dégénérées, des chiures égocentriques et nuisibles


        • rosemar rosemar 14 mai 2019 12:48

          @Albert123

          Vous avez lu l’article ? Vous avez vu la photo et la légende en dessous ?


        • Albert123 14 mai 2019 13:57

          @rosemar

          oui et j’insiste encore, le « regardez les » d’hier est devenu un « regarde moi »

          que vous fassiez la promotion de cela ne m’étonne même pas

           


        • rosemar rosemar 14 mai 2019 17:10

          @Albert123

          Les enfants n’ont même pas besoin de dire : « Regarde-moi... » ils sont au centre de nos sociétés, alors que les miséreux et les personnes âgées sont mis au rebut...


        • floyd floyd 14 mai 2019 15:55

          Le problème est que nous vivons dans une société individualiste et narcissique. Les gens sont totalement happés par les outils modernes tels que Facebook et Whatsapp. Le virtuel est devenu plus important que le réel. Pour moi le film Matrix n’est plus un film de science-fiction mais une réalité. Même si nous n’avons pas encore des cables plantés dans la nuque, les gens sont totalement contrôlés par leur téléphone. Il n’y a qu’a voir les gens dehors qui sont totalement rivés sur leur téléphone. Les réseaux sociaux et les outils de communications modernes sont devenus des armes de destruction massives pour les relations humaines.

          Après vous parlez spécialement des personnes âgées, mais je pense que la misère humaine est partout maintenant. Je ne suis pas vieux, mais je trouve de plus en plus difficile d’avoir des rapports chaleureux et sincères.Quand je propose après des cours d’aller boire un verre ensemble pour mieux se connaitre, personne n’est intéressé. Tout le monde veut sauver la planète et se plaint de la solitude, mais quand on propose aux gens de partager un moment dans la vie réel, personne ne veut plus faire d’effort.

          Heureusement il me reste toujours la nature qui me ressource et m’apaise.

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