Roussel contre Marchais
« Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie »
(Jacques Prévert)
Pourquoi le PCF version Roussel, devenu un groupuscule allié aux socio-libertaires (Mélenchon, etc), s’en prend-il à l’ex secrétaire général G. Marchais, qui a dirigé un des plus grand parti politique de France quand il comptait 5 million d'électeurs ? La préoccupation du PCF d’alors, qui est celle de Zemmour aujourd’hui, c’était la résolution des problèmes économiques et sociaux liés à l’immigration, que Roussel légitime en confondant, comme le premier gauchiste venu, travailleurs et lumpen-prolétariat.
Il redoute le vote des communistes sans parti et hostiles à l’immigration, depuis que le PCF les a abandonnés au profit de la défense des politiques migratoires. Un peu d’histoire.
Mitterrand, Vienne, juin 72, congrès de l’internationale socialiste
« Notre objectif fondamental, c’est de refaire un grand PS sur le terrain occupé par le PC lui-même, afin de faire la démonstration que sur les cinq millions d’électeurs communistes, trois peuvent voter socialiste »
L’objectif : instaurer une collaboration de classe à l’allemande à laquelle s’opposait le PCF en tant qu’organisation de lutte. Il lui fallait trouver de nouveaux électeurs échappant à l influence communiste. C'est ici que l’intérêt du patronat immigrationiste rencontra l’intérêt du PS.
Mais pour mettre en pratique cette politique il fallait d’abord détruire le PCF de G.Marchais en l’attirant pour le discréditer, dans un gouvernement d’union ( j'embrasse mon ennemi pour mieux l’étouffer ) qui prendra des mesures anti populaires.
La fraction droitière du PCF l’y aidera. Ce fut le « programme commun » qui posa le premier clou sur le cercueil que la politique de rigueur de 1983 enterrera.
Un demi siècle plus tard mission plus qu’accomplie.
Ce que craint Marchais à l’époque, c’est le coût de l’immigration dans les communes les plus pauvres : « Les charges d’aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d’ouvriers et d’employés ». Il dénonce aussi une pression sur les salariés les plus précaires, le recours à l’immigration massive, pour se procurer une main-d’œuvre surexploitée et sous-payée. Et il conclut : « C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage ». Jugement confirmé par le prix Nobel d’économie M.Allais ( la crise mondiale d aujourd’hui 1999)
Pour lui, la limitation de l’immigration relève de la protection des travailleurs, et non de préjugés xénophobes.
Quant à Marx, ses lecteurs connaissent son opposition à l’immigration en France des travailleurs irlandais. ( lettre à Siegfried Meyer, du 9 avril 1870) et polonais, au nom du maintien de la solidarité internationale ouvrière dans sa lutte de classe, mise en danger par cette concurrence étrangère. Et n’évoquait-il que des Européens aux mœurs proches. Roussel contre Marx ! cqfd.
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