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Accueil du site > Tribune Libre > Rwanda 6 avril : Une apocalypse sciemment provoquée

Rwanda 6 avril : Une apocalypse sciemment provoquée

C’était un soir d’avril 1994, à 20h30. On suivait les demi-finales de la coupe d’Afrique des nations qui se déroulait en Tunisie. A cinq mille kilomètres de là, un avion apparaît dans le ciel de Kigali, la capitale rwandaise. Deux missiles Sam 7 sont tirés. L’un d’eux touche le Falcon 50 qui s’écrase au sol. Le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira viennent d’être tués. C’est le début d’un cycle de massacres qui vont ensanglanter trois pays de la région des Grands Lacs, et qui durent depuis. Huit cent mille Rwandais vont être tués sur le sol rwandais en l’espace de cent jours. Deux ans plus tard, trois cent mille autres vont être pourchassés et massacrés dans les forêts du Congo voisin par les nouvelles autorités rwandaises. Cent mille Burundais et six millions de Congolais vont périr en marge de cette guerre fratricide entre Hutus et Tutsis orchestrée par les grandes puissances occidentales.

Qui a planifié cet attentat ? Qui a lancé les missiles ? 

 

C’est la question à laquelle personne ne veut répondre, deux décennies plus tard. Le secret de polichinelle le plus gardé du monde et sur lequel même le Tribunal pénal international pour le Rwanda a refusé de faire la lumière. Le rapport sur l’attentat de l’enquêteur australien Michaël Hourigan, pourtant mandaté par l’Onu, sera tout simplement passé à la trappe.

Tuez-les tous

C’est un attentat terroriste particulièrement lourd de conséquences, en termes de pertes en vies humaines, mais dont les auteurs sont restés assurés de la totale impunité. Onze personnes à bord de l’avion vont périr aux côtés du président Habyarimana. Elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Leurs noms manquent trop souvent d’être rappelés : les Français Jean-Pierre Minaberry, pilote ; Jacky Héraud, co-pilote et Jean-Marie Perine, mécanicien navigant. Côté rwandais, le général major Déogratias Nsabimana, chef d’état-major de l’armée rwandaise ; l’ambassadeur Juvénal Renzaho, conseiller diplomatique du président Habyarimana ; le colonel Elie Sagatwa, secrétaire particulier et chef de la sécurité du président ; le docteur Emmanuel Akingeneye, médecin particulier du président et le major Thaddée Bagaragaza, officier d’ordonnance du président et commandant en 2nd du bataillon de la Garde présidentielle. Du côté de la délégation burundaise, le président Cyprien Ntaryamira ; le ministre Bernard Ciza en charge de la Planification, du développement et de la reconstruction, et le ministre Cyriaque Simbizi en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement[1].

La nouvelle annonçant la mort du président Habyarimana s’est à peine répandue que tout un pays sombrait dans la barbarie la plus abjecte. Comme si une digue avait cédé, tout le monde va se mettre à tuer tout le monde, même au sein des familles. Mais si le monde découvre tout d’un coup, avec effroi, ces volées de machettes qui s’abattent sur des gens, le président visé par l’attentat savait que cela devait arriver. Sentant venir le moment fatidique, le chef de l’Etat rwandais dévasté et résigné, se confia à son ami, le président zaïrois Mobutu Sese Seko, deux jours avant l’attentat.

A deux jours de l’attentat…

Le matin du 4 avril 1994, soit l’avant-veille de son assassinat, le président rwandais, Juvénal Habyarimana, débarque presque à l’improviste à Gbadolite (Zaïre) pour rencontrer son ami, le maréchal Mobutu[2]. Les services de sécurité et de protocole zaïrois sont prévenus quelques heures seulement avant son arrivée, contrairement aux habitudes. La mine fermée, sans son épouse, chose rare, Habyarimana descend seul de son avion ; et son ami Mobutu l’embarque immédiatement à bord de sa voiture qu’il conduit personnellement, en route pour sa résidence de Kawele (située à 6 kilomètres de Gbadolite). S’en suit un entretien l’air tendu et exceptionnellement long. Très long ! « La situation est très grave, nous devons aider très rapidement Habyarimana. C’est nous tous qui sommes visés par cette menace. Il faut agir vite ! », dit Mobutu à son conseiller en matière de sécurité, Honoré Ngbanda.

Habyarimana explique que ses jours sont réellement comptés. Il explique que les représentants de la Belgique et des Etats-Unis ne mâchent plus leurs mots quand ils lui parlent. Leurs menaces se font de plus en plus pressantes et sans équivoque. « Ils me demandent chaque jour de lâcher plus en faveur de Kagame. Alors qu‘ils ne lui exigent absolument rien en retour ! Je n’arrive pas à comprendre que ces Occidentaux soient capables de réaliser la folie de leur plan pour la région des Grands Lacs. J’ai longuement expliqué aux Belges et aux Américains que leur désir de m’éliminer politiquement ou physiquement entraînerait un bain de sang que personne ne saura arrêter. Je leur ai fait comprendre à maintes reprises que je suis aujourd’hui le bouchon qui empêche la bouteille ‘Rwanda’ d’exploser. Je leur ai démontré que d’un côté, je subis une forte pression des extrémistes hutu qui m’accusent de protéger et de composer avec les tutsi en leur ouvrant la porte du pouvoir, tandis que de l’autre côté, les extrémistes tutsi m’en veulent à mort parce que, en contenant mes frères hutu extrémistes, je constitue une barrière contre l’explosion de la violence qui malheureusement, est leur seule voie d’accès au pouvoir au Rwanda. Ceux qui veulent donc mon retrait politique brutal ou ma mort physique veulent en même temps, non seulement la mort du peuple rwandais, mais l’incendie de toute la région des Grands Lacs. Mais, quand je leur parle ainsi, ils me disent que je cherche des prétextes et que je fais de la surenchère pour m‘accrocher au pouvoir. Ils m’ont dit que Mobutu et moi devions disparaître de la scène politique, à défaut de disparaître tout court ! »

Le guet-apens

Vingt ans plus tard, c’est un général tutsi en exil, ancien compagnon d’armes de Kagame et ancien chef d’état-major de l’armée tutsi rwandaise qui fait le même constat. Dans le documentaire «  Rwanda’s Untold Story  » de la journaliste britannique Jane Corbin, le général Faustin Kayumba Nyamwasa dit de son ancien compagnon d’armes, aujourd’hui président : « Si nous sommes en pleine saison sèche et que vous jetez une allumette dans l’herbe, vous viendra-t-il à l’idée de penser que l’herbe ne brûlera pas ? » L’herbe a, en effet brulé, et le pire s’est produit. Mais l’histoire retiendra que l’attentat du 6 avril aurait pu être beaucoup plus meurtrier.

Pour rappel, le sommet de Dar-es-Salam, qui servit de guet-apens, avait été improvisé à l’initiative du président ougandais Yoweri Museveni[3], alors parrain du chef rebelle Paul Kagame. Mobutu avait envisagé de s’y rendre pour soutenir son ami Habyarimana. D’autres chefs d’Etat de la région, dont le Kényan Daniel Arap Moi et le Zambien Frederik Chiluba y avaient, eux aussi, été conviés. Ils vont se décommander presque au dernier moment. Le sommet avait quelque chose de « louche » parce que les négociations inter-rwandaises se déroulaient déjà dans le cadre des pourparlers de paix à Arusha sous les auspices de l'ONU et de la communauté internationale. L’Afrique est ainsi passée à côté d’un attentat qui aurait pu « décapiter » plusieurs pays à la fois. Personne ne sait quelles auraient été les conséquences d’un crime aussi fou. Sûrement pire que les millions de morts qui continuent de s’accumuler dans les innombrables charniers de cette région devenue, depuis, le plus grand abattoir à ciel ouvert de la planète.

Boniface MUSAVULI

 

[1] Cf. Ordonnance du juge espagnol Fernando Andreu Merelles du 06 février 2008.

[2] Témoignage d'Honoré Ngbanda cité in Charles Onana et al., Silence sur un attentat : Le scandale du génocide rwandais, Ed. Duboiris 2005, pp. 17-21 ; Actes du Colloque organisé en avril 2003 à Paris par les Editions Duboiris, Ed. Duboiris 2005.

[3] Patrick Mbeko, Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012, pp. 137-138.


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22 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 7 avril 2015 10:16

    Une guerre d’influence entre la francophonie et l’anglophonie. Mitterand, ayant déjà gaché la situation en Yougoslavie, cherche, avec ses gros sabots, à empêcher le Rwanda de passer sous l’influence anglophone. On peut apprécier le fonctionnement de ce plan incluant un génocide (pas très grave chez ces gens là, dixit Tonton) aujourd’hui. Caramba, encore raté !


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 7 avril 2015 11:24

      Bonjour,

      pour me souvenir des événements, je n’ai toujours pas compris pourquoi la France est accusée de « complicité de génocide », alors que, seule pendant des semaines, elle a demandé une intervention internationale pour freiner le bain de sang et devant l’indifférence générale, elle a lancé seule « Turquoise ». La ficelle est un peu grosse.

      Les massacres s’expliquent effectivement mieux selon la thèse défendue par l’auteur, comme celle de Pierre Péan : les plus hautes autorités politiques et militaires du pays décapitées, le vide ainsi produit engendre la violence extrême, au mépris de l’intérêt stratégique élémentaire, qui aurait dû conduire les hutus à faire barrage au FPR. Cela après des années de pression militaire et politique du FPR sur le Rwanda. en bref ce n’était pas vraiment dans l’intérêt des extrémistes hutus d’éliminer Habyarimana


      • Deneb Deneb 7 avril 2015 11:32

        @Olivier Perriet veuillez visionner les films Shooting Dogs et Hotel Rwanda pour vous rendre compte de la grande efficacité de « Turquoise ».


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 7 avril 2015 11:44

        Selon vous, il eut donc mieux valu ne faire rien.


      • Deneb Deneb 7 avril 2015 12:06

        @Olivier Perriet Turquoise : ils ont commencé à arrêter le génocide une fois ce dernier déjà terminé - terriblement efficace, comme on a pu voir. Entre ne rien faire et ne faire presque rien parce qu’on a une autre idée derrière la tête, il y a très peu de différence.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 7 avril 2015 13:24

        « ils ont commencé à arrêter le génocide une fois ce dernier déjà terminé - terriblement efficace, comme on a pu voir »

        Vous les faits à postériori à posteriori et au fond c’est une affirmation non prouvée. D’ailleurs, une fois les français partis et Mobutu éjecté, la situation s’est nettement améliorée, comme le souligne l’article...


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 7 avril 2015 13:25

        « vous interprétez les faits à postériori »


      • Deneb Deneb 7 avril 2015 13:47

        @Olivier Perriet presque 1 million de morts, malgré les (ou peut-être avec des) gesticulations des politiques, je n’ai pas besoin d’autre preuve.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 14 avril 2015 07:51

        @Deneb

        Preuve de quoi Deneb ? Preuve de quoi ?
         
        Ces un million de morts vous n’en connaissez pas la composition. Une chose est sûre, ils ne sont pas seulement tutsi. Selon certaines estimations on ne serait pas loin de la parité. Autrement dit, il y a eu deux génocides.
         
        Mais dire cela, notez-bien, c’est être négationniste et c’est criminel au Rwanda.

        Allez comprendre... !!!!


      • asterix asterix 7 avril 2015 12:29

        Bonjour Musavuli dont le lectorat est d’habitude si confidenciel ,

        J’ose espérer par la place de choix qu’on fait à ton juste combat en te mettant en tête d’info que ce plus grand génocide du siècle ne reste pas enferré dans l’indifférence quasi générale.


        • MUSAVULI MUSAVULI 7 avril 2015 17:43

          @asterix,
          La vérité sur « ce qui s’est passé au Rwanda » est, comme toutes les autres vérités « têtue ». Avec le temps, les versions véhiculées par les « médiamensonges » s’effritent en même temps que de plus en plus de langues se délient. Nous devons cette vérité au peuple rwandais pour qu’une paix juste reviennent dans la région des Grands Lacs.


        • keiser keiser 7 avril 2015 12:31

          Bonjour .

          Cela me rappel l’époque où j’étais au Gabon, avec dix ans de moins .
          Là où je travaillait, il y avait plusieurs classes sociales.
          Les postes étaient attribués suivant l’origine ethnique où nationale .
          Les uns avaient les meilleurs emplois, d’autres les moins bons et les sous autres : le reste .

          Tout cela dans un parfait accord de nous, les puissances post-coloniales .
          Aucuns de ces grands profiteurs de l’Afrique ne se posaient la question sur le long terme .
          Il est tellement intéressant de surfer sur la vague du conflit et de l’ignorance .

          Résultat, un bain de sang fût évité de justesse par la France-Afrique de Mitterrand .
          Normal, il fallait protéger les forages pétroliers .
          Et le Gabon n’a pas la taille des pays des grands lacs .

          Il est certain que notre responsabilité est engagée dans ce génocide .
          Comme les Anglais qui se sont parfaitement contentés du système des castes en Inde .
          Mais là, il y avait Gandhi .
          En Afrique, à force de corruption, il n’y a personne .


          • Olivier Perriet Olivier Perriet 7 avril 2015 13:27

            @keiser

            Gandhi a été assassiné, l’empire des Indes s’est morcelé, et deux pays se menacent (ou se menaçaient je ne sais pas si c’est toujours d’actualité) d’une apocalypse nucléaire mutuelle.

            Comme quoi


          • Phalanx Phalanx 7 avril 2015 14:08

            @keiser
            Ca c’est le reflexe de l’homme blanc gauchiste, vous déboulez dans une société plurimillénaire et vous voulez leur apprendre à vivre.


            «  Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.  »

            Jules Ferry

          • keiser keiser 7 avril 2015 14:30

            @Olivier Perriet

            Ca, c’est la partition de 1947, du fait de Jinnah qui refusait l’union .
            Il estimait que le parti du congrès était trop hindouiste .
            Gandhi, le congrès et le vice roi des Indes avaient proposé de partager, Jinnah à refusé .
            Perso, je préfère l’Inde au Pakistan et au Bangladesh, rien à voir .

            Pour l’instant, il n’y a eu aucune guerre nucléaire et il n’y n’en aura pas .

            Ce qui n’empêche que le sous continent Indien est la plus grande démocratie du Monde .
            Malgré les Maoistes financés par la Chine qui gangrène ce pays .
            Guerre économique oblige .
            Mais ça, c’est une autre histoire ...

            L’Afrique relève d’autres intérêts et nous sommes impliqués .
            Enfin, quand je dis nous, c’est plutôt la pseudo Europe .

            Et maintenant la chine s’y met aussi, ce qui promet un beau bordel ...
             


          • keiser keiser 7 avril 2015 14:50

            @Phalanx

            Mon pauvre ami, tu n’as vraiment rien compris .

            Gauchiste, si tu veux, pourquoi pas .
            Tant que tu ne me qualifies pas d’islmo-maoiste-judéo-et mon cul c’est du poulet ...

            Quand j’étais en Afrique, je ne pense pas que l’on aurais pu me qualifier de la sorte .
            Surtout que j’ai pris un paquet d’oseille .
            Mais j’ai travaillé dans pas mal de pays, contrairement à toi apparemment .
            Et j’ai observé ...

            Allez ...
            Le gauchiste te salue smiley


          • keiser keiser 7 avril 2015 12:55

            Petite aparté ...

            D’habitude, je me moque royalement des moinsseurs .
            Moi même je n’utilise plus ce truc infantile .
            Si ce n’est pour mettre des plus .

            Alors j’aimerais que ces grands penseurs de salons devant leur ordi aient au moins un argument .
            Qu’ils démontrent la valeur de leurs opinions .
            Car je doute qu’ils connaissent ces pays où qu’ils soient sorti de France en dehors du club Med de Marrakech .

            A bon entendeur ...


            • egos 7 avril 2015 14:24

              « tout le monde va se mettre à tuer tout le monde »


              amen,

              belle formule qui réconcilie et absout belligérants, assassins, victimes et parties prenantes dont la tutelle coloniale, 
              celle qui a justement armé et soutenu les rangs Hutus

              le reste de l’article est à l’avenant, ds le plus pur style révisionniste partagé (qu’il soit d’obédience stalinienne ou bushiste)

              Les derniers soldats français quittent le Rwanda aux premiers jours du génocide, à l’issue de l’Opération Amaryllis (source Wikipédia) 

              officielement du moins, ce qui correspond dans les faits à un soutien tacite des meutes génocidaires de la part de Françafrique et de son surgeon Mittérandien, 
              barbouzes inclues


              • Bertrand Loubard 7 avril 2015 16:53

                Si les noms des planificateurs de l’attentat du 06/04/94 ne sont toujours pas connus c’est qu’ils ne peuvent être cités

                Les technologies nécessaires pour la mise à exécution de l’acte terroriste déclenchant, non pas le génocide, mais bien le processus de prise du pouvoir par les armes de Paul Kagamé n’appartiennent qu’aux USA. Les « contre-contre mesures » électroniques étaient prêtes à l’emploi en Somalie : C-130 « Commando Solo » et/ou EC-130-H « Compass Call » (procuring counter communications and counter radar capabilities). Le Gen. John Shalikashvili (Chairman of the Joint Chiefs of Staff and Supreme Allied Commander 93-97), l : »told (13/03/94) a flotilla of sailors and Marines, in Mogadishu, (USS Peliliu, 113th MEU) they must remain off Somalia’s shores for at least another six weeks as a ’’security blanket’’ for U.S. citizens and diplomats« . Le 31/04 »was the deadline set by President Clinton for the end to U.S. military presence in Somalia". Roger Winter (CIA) Aurait été à Mulindu dès le 04/04 et Charles Vukovic (attaché militaire US au Rwanda et Burundi avec résidence au Cameroun) serait arrivé à Kigali le 05/04. Le 06/04 le Peloton Mortier de la Minuar (Casques bleus belges) effectue une « mystérieuse » mission dans le parc de l’Akagera. Le Falcon est abattu le soir même. Le Secrétaire Général à la Sécurité du Burundi a déclaré que "des troupes américaines étaient à Bujumbura plusieurs jours avant le 06/04" (elles y seraient restées plusieurs semaines après, « et personne ne savait ce qu’elles venaient faire là »). Le 09/04, 350 marines de la 113th MEU débarque à Bujumbura dans le cadre de l’Opération Distant Runner ("…our rules of egagement do not permit the deployment of helicopters" in Rwanda). Le 12/04 à 6h30 (heures de Bujumbura c.à.d. le 11 à 23h de Washington.) la 113th MEU a quitté le Burundi. Le 12/04 (à Washington) Bill Clinton : « reported »consistent with" the War Powers Resolution that combat-equipped U.S. military forces had been deployed to Burundi to conduct possible non-combatant evacuation operations of U.S. citizens and other third-country nationals from Rwanda, where widespread fighting had broken out". Samantha Power : " Christopher stressed that although U.S. Marines had been dispatched to Burundi, there were no plans to send them into Rwanda to restore order : they were in the region as a safety net, in case they were needed to assist in the evacuation.« Mais aussi : » : "In fact, in a shocking new revelation, some two dozen US Special Forces were sent on a one-day reconnaissance mission to Kigali within a few days of the begginning of the murder campain……« (Sic)

                "Telles the Facts, Names de Names" : avec l’arrivée d’Hillary Rodham-Clinton à la Présidence US, les noms seront tus encore pendant au moins 8 ans sauf si elle devait faire l’objet, en cours de mandat, d’une procédure d’« impeachment »…..

                 


                • asterix asterix 8 avril 2015 08:35

                  Merci Mr Loubard pour cet exhaustif éclairant. C’est typique des méthodes qu’emploie « la plus grande démocratie du monde ». Elle crée les conditions du chaos, laisse à d’autres le soin de le mettre en oeuvre et revient s’arranger économiquement avec les nouvelles autorités mises en place.
                  Les Chinois sont beaucoup plus pragmatiques. Ils débarquent sans tambours ni trompettes, demandent poliment au chef en place « combien ? » puis se débrouillent à leur manière sans faire de victimes, ou alors si peu.
                  A se demander où sont les sauvages... 


                • MUSAVULI MUSAVULI 8 avril 2015 10:55

                  @asterix,

                  Malheureusement peu de gens comprennent la « nocivité » des procédés de « la plus grande démocratie du monde ». En témoigne ce qui s’est passé en Ukraine. Après avoir vu ce que les Américains ont fait au Rwanda et au Congo, il fallait que quelqu’un prévienne les Ukrainiens de ce qui était au point de leur tomber sur la tête dès que les dirigeants américains se sont mêlés aux manifestants Place Maïdan. Par naïveté ou euphorie, les Ukrainiens se sont tout bêtement fait avoir. Leur « révolution » a été volée, leurs réserves en or ont disparu, ils ont perdu une région stratégique, la Crimée, et maintenant assistent impuissants à la dislocation de leur pays.

                • maQiavel maQiavel 7 avril 2015 23:25

                  Merci pour cet article.

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