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Séisme au Népal : quelles leçons à tirer pour l’aide et pour la France ?

Le séisme du Népal a mobilisé fortement la communauté internationale et le bilan va sûrement s’avérer lourd : 7000 morts et 14 000 blessés provisoires sans compter les nombreuses zones rurales qui restent inaccessibles et qui alourdiront fortement les pertes. Quelles leçon à tirer de cette catastrophe pour l’aide humanitaire qui s’avère compliquée et pour une éventuelle catastrophe dans notre pays ?

Tout d’abord, le Népal étant au milieu du continent asiatique est difficilement accessible : pas d’aide possible par voie maritime, l’aide humanitaire ne peut être acheminée que par voie aérienne ou terrestre : premier problème, il a été difficile de dégager l’aéroport de Katmandou (heureusement la piste à tenu !). Deuxièmement les routes sont pour beaucoup défoncées : l’aide à beaucoup de mal à accéder aux zones rurales et celles-ci sont livrées à elles-mêmes. Restant isolées, le bilan dans ces zones n’a même pas pu être fait …

Concernant l’aide d’urgence pour aider à débloquer les personnes enfuies sous les décombres, cela prouve bien la nécessité de pouvoir transférer les équipes par voie aérienne : avion et ensuite hélicoptère. Pour les besoins de l’aide humanitaire, cela donne à penser (puisqu’à Katmandou la capitale, la situation est connue), qu’il est difficile de répondre aux besoins dans une zone semi-développé surtout une grande ville : besoin alimentaire, mais aussi eau, « logement » et hygiène.

La ville contrairement aux campagnes ne bénéficie pas de puits, il est donc difficile d’obtenir de l’eau pour la boisson, la cuisine et l’hygiène, toute chose indispensable dans ces circonstances pour aider les blessés tout comme les autres survivants. Il faut en tirer des conséquences pour les situations d’urgences à l’étranger mais aussi en France : nous devons pouvoir forer si nécessaire un puits rapidement ou tirer l’eau d’une rivière, puis disposer de système de filtrage pour la rendre potable et de récipients pour la distribuer.

Concernant l’hygiène, il est nécessaire de disposer de systèmes sanitaires d’urgence tout comme pour l’hébergement, il est indispensable de mettre en place des tentes rapidement.

Ces quelques rappels sont valables pour l’aide d’urgence à l’étranger mais aussi en France. Notre plan ORSEC notamment devrait faire l’objet d’une révision car il est fort peu probable qu'en cas de catastrophe majeure en France (l’on sait que les risques de séisme important sont réels à Nice et dans le sud-est de la France), nos moyens soient vraiment en mesure de faire face. Et quand bien même, ce serait le cas au niveau national, il est fort peu probable qu’ils soient suffissamment dispersés sur le territoire pour pouvoir être utiles là où cela s’avére nécessaire si la zone n’est pas accessible.

Un dernier point qui n’est pas négligeable : nos sociétés technologiquement évoluées sont de plus en plus fragiles : nous dépendons d’infrastructures (internet, eau, électricité) de plus en plus fragiles, non redondantes et non indépendantes. Ces dernières en cas de catastrophes ne seront plus disponibles et les populations se trouveront tout à fait démunies. Une réflexion devrait être menée à long terme sur la capacité d’autonomie d’une zone donnée. Nos populations sont trop exposées en cas de rupture des capacités « normales » de fonctionnement de nos systèmes.    


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1 réactions à cet article    


  • sls0 sls0 6 mai 2015 17:50

    Je réside dans un pays sismique avec un revenu par habitant 3 fois inférieur à la France.
    Le Népal c’est 50 fois inférieur.
    Où je réside vos préconisations sont difficilement réalisables, ça coute, ça demande des connaissances ou des ressources qu’ils n’ont pas toujours. Ils ont les lois et les normes c’est vrai mais quand je vois les constructions, on peut pas dire que c’est vraiment appliqué.
    Il y a d’autres priorités. Je connais toutes les failles du pays, tout les jours je regarde les séismes et cette année je vais contrôler le bâti de ma région avec la protection civile, je les avais prévenu que la caserne des pompiers ne résisterait pas à une intensité de VIII.
    Le contrôle que l’on va faire c’est pour estimer les sacs à viande en fonction de l’intensité et les blocage d’accès pour les secours.

    Il y a de grandes chances, que s’il y a un bon séisme chez moi et que ça gâche l’appétit de certains français au journal de 20h et qu’il se disent pourquoi et yakafôkon, l’argent c’est le nerf de la guerre, et l’argent il me semble il est réserver aux marchés financiers.
    Comme les cyclones c’est assez courant ils ne sont trop mauvais en secours. Une semaine sans eau et électricité je connais, comme j’ai de plus gros revenus je fournis l’eau et un peu d’électricité.

    En France il y a le BRGM qui a fait un relevée des risques de tout le pays, il y a des lois et des normes qui sont appliqués.
    Pour les Antilles qui sont fortement sismiques (c’est aussi la France) ça bouge bien l’anti sismique.
    Le renouvellement du parc immobilier c’est 2% par an, pour que tout soit aux normes ça prendra du temps, s’il y a un séisme il faudra aussi envisager du sac à viande.

    Pour le Népal maintenant, 692$ par an par habitant, le problème qui les perturbe le plus est il :
    De savoir s’il vont manger le lendemain ?
    De savoir s’ils ont les moyens d’acheter l’acier pour le ferraillage antisismique de leur maison ?
    De savoir quel type d’éclairage il vont mettre sur leur 4 voies ?
    De se décider de prendre des hélicos VFR ou tout temps sachant que le prix va passer de 4 à 6 millions de $ l’unité ?
    On pourrait le fournir des hélicos, mais on le fait d’habitude que pour qu’ils se battent normalement.

    Si on se base sur l’EUROCODE 8, le Népal n’a vraiment rien pour lui coté antisismique.
    C’est bien entendu sismique, l’Himalaya pour qu’il soit là exige que ça bouge.
    Du relief ou de l’alluvion où il n’est pas conseillé de construire, ils n’ont rien d’autre.
    Matériaux de construction de la pierre que l’on déconseille d’habitude.

    L’histoire du Népal c’est environ 3000 ans, il on dû s’apercevoir du problème sismique depuis.

    Il y a 30 millions d’habitants, on peut estimer le cout par habitant pour mettre à nos normes, cela fera beaucoup de milliards.

    Il y a eu 4 morts français dans le séisme, le même jour il y a eu 10 morts sur les routes en France qui n’ont pas eu la même couverture médiatique, c’est moins vendeur pour la pub.

    Depuis que j’ai quitté la France je me suis aperçu que les français ne carburaient qu’à l’émotionnel, éteignez votre télé pour récupérer un peu de libre arbitre et de réflexion.

    On est des pros pour saloper la nature d’accord mais c’est pas nous les maitres.

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Christophe Bugeau

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