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Souhaitez !

Inquiet devant le spectacle affolant d'une civilisation en train de disparaître, comme tant d'autres ont disparu avant elle, je m'étais dit que c'était le moment de mettre en application les jolies théories qu'on a tant de facilité à inventer quand il s'agit de se demander ce qu'on aurait fait, si on avait été témoin de cela.

Peut-être est-ce à cause d'un optimisme sans faille : je vois l'Evolution comme l'amélioration constante d'une espèce humaine capable de progresser, de sorte que tout ce qui fait la civilisation d'aujourd'hui aurait pu exister dans les précédentes, à ceci près que celle-ci a seulement accordé sa confiance en des principes auxquels les autres civilisations ne croyaient pas.

Et enfin, je ne peux m'empêcher de voir la civilisation suivante comme celle appartenant à ceux qui auront réussi un examen de passage qui consiste à se faufiler entre les contradictions apparentes, aura eu le courage de franchir des pas prédits comme impossibles, et aura su affronter le géant de la Complexité avec les armes d'une science et d'une densité synaptique suffisantes pour se dépêtrer des promesses d'échec qui surgissent à chaque coin de cette fameuse Evolution.

J'ai acquit depuis ma naissance qu'il était futile de chercher des solutions en se contentant des moyens disponibles. Dans toute Mécanique, il s'agit d'abord de générer les moyens qui ensuite permettent de faire tourner les pièces qui à leur tour, produisent l'effet désiré.

Le Courage qu'il faut pour se lancer dans une Élaboration est à l'opposé de la Paresse dont sont victimes ceux qui sont accablés par une complexité qui les effraie. Quand on se lance dans une telle Création, on le fait toujours en ayant en tête des plans grossiers, des débuts de solution qui restent à tester, et une vision du résultat promit qui agit comme une source d'énergie vitale qui nous pousse à nous mettre à l'ouvrage.

A ce moment-là, on n'a rien, on n'a rien construit, mais déjà les yeux brillent à l'idée de ce qui pourrait être.
C'est une énergie qu'il faut garder en soi et maintenir sous pression afin qu'elle serve, sachant qu'elle peut se dégonfler soudainement si on commet la bêtise de vouloir profiter par anticipation des bienfaits de ce qui n'est pas encore construit.

Rien ne peut être obtenu, en mécanique, sans avoir à se faufiler entre les problèmes qui surgissent et qui s'interposent incessamment entre le beau commencement et la belle fin.
Cela est parfaitement normal car chaque action, chaque construction génère avec elle son flot d'entropie qui pose de nouveaux problèmes, aussi faut-il avoir décidé dès le départ de construire chaque pièce de la mécanique avec patience et minutie, en essayant de penser à tout, et en se montrant soigneux et précautionneux lorsqu'on lance les premiers chantiers, et en n'hésitant pas à recommencer, recommencer et recommencer, défricher l'inconnu.

Si on fait ça, on arrive déjà à mi-parcours, le flot d'entropie généré reste faible et n'entrave pas la poursuite de l'aventure.

-

Regardez cette civilisation caractérisée par l'élévation du principe du commerce en Système Social, à cause d'une dogmatisation inconsciente héritée du moyen-âge :

Les gens sont dans une pièce sans lumière, les mains attachés dans le dos, ayant pour Espoir de s'évader de cette torture.
Le Trésor, par qui l'Espoir est rendu possible, c'est l'argent, c'est à dire le fait de trouver l'interrupteur dont on suppose l'existence. Si on y voyait plus clair dans cette pièce, les choses couleraient ensuite de source, il resterait à trouver la porte et sortir.
Certains peuvent trouver la porte en tâtonnant avec les mains dans le dos, mais ils ne sauraient pas comment le montrer aux autres à moins de les y conduire par les dents et au risque de ne pas se perdre à nouveau.

La dogmatisation c'est le fait que si depuis toujours on a cherché l'interrupteur en tâtant les murs avec les mains dans le dos, il soit devenu interdit d'imaginer procéder autrement. On apprend aux enfant à faire cela à l'Ecole. Si on suppose que l'interrupteur est peut-être trop haut, ou si on dit qu'il faudrait d'abord libérer ses mains de ses entraves avant de chercher l'interrupteur plus efficacement, les dogmes considèrent cela comme de la tricherie. Les gens répondent « c'est indigne ! », « c'est de la folie », « si ça se pouvait cela se saurait ! », etc...
Ils pensent en leur for intérieur à tous les efforts consentis et toute la souffrance endurée en respectant des règles que d'autres voudraient briser.

Et leur opposition fonde son intelligence sur le fait que pour se libérer les mains il faudrait d'abord trouver un couteau, et que si on en trouvait un il servirait immanquablement à nous entretuer jusqu'au dernier, et qu'alors tout espoir serait perdu !
Et voilà comme on en arrive à des propos diamétralement inverses de ce qu'ils devraient être.
Si c'est le Dogme qui parle il faut l'inverser et entendre « tous seraient sauvés ».

Ceci, mesdames et messieurs, est le fait d'un champ d'entropie généré par la situation, qui tend à resserrer toujours un peu plus les moyens de parvenir à s'évader. Le fait est que si on ne trouve pas de solution assez rapidement, les prisonniers vont commencer à avoir soif, faim, et à perdre espoir puis se laisser mourir.
De toutes manières, même dans les allégories, tant qu'on est vivant il se produit que le temps joue contre nous.

Dans nos vies dans cette civilisation l'accès à l'argent est le seul moyen de voir s'accomplir des droits naturels pourtant acquis si on fait partie d'une ancienne tribu d'hommes de la nature. Il s'agit d'obtenir la tranquillité de l'esprit, socle indubitable à l'élévation de son âme.
Cet objectif est si obsédant qu'il est parfois vécu lui-même comme le point d'élévation, le but de toute une vie. Ce qu'il y a après, ne semble appartenir qu'à d'hypothétiques Suivants, et semble s'évaporer dans une obscurité encore plus dense que celle de la cave où on vit.

Celui qui vit dehors considère ces derniers comme des fous qui empêchent les autres d'évoluer, malgré pourtant que ceux-ce ne soient pas au bout de leurs peines, car même s'ils trouvaient la lumière il leur resterait encore quelques épreuves encore plus difficiles à passer.

Car jusqu'ici personne n'a osé subodoré qu'une fois la lumière allumée et la porte localisée, il ne faille pas une clef pour l'ouvrir, et qu'il leur faudra longtemps pour obtenir par déduction de son absence l'idée qu'elle se trouve à l'extérieur de la pièce, en toute logique, puisqu'il ont été enfermés, et c'est précisément de cette injustice qu'ils désirent depuis toujours s'évader.

Et qu'ensuite il faudrait « passer le test » des jeunes ingénieurs en Mécanique, qui consiste à faire tomber la clef qui est dans la serrure de l'autre côté, sur une feuille préalablement entreposée pour la recevoir et la ramener à l'intérieur, et en tenant compte de ce qu'elle rebondisse sur le sol, c'est à dire en ayant fait assez de tests au préalable pour obtenir la certitude que l'opération sera un succès, étant donné qu'on n'a droit qu'à une seule chance !

Et même une fois sorti et les yeux habitués à la lumière, il faudra encore localiser le fautif et lui courir après, puisqu'il s'enfuie toujours à cause de sa tendance à s'évader...

Et puis finalement (autant que je vous raconte la Fin), une fois convaincus par l'indubitable science que toute cette réalité n'existe que dans leur tête, ils riront de cette joyeuse farce qu'est le Monde, et se sentiront accomplis de n'avoir été qu'une graine qui s'efforce de sortir du sol.

-

Le Monde, le Système, c'est à cela que je consacre l'argent de vos impôts ! (qui m'est dû).
J'ai élaboré des mécaniques, des plans, des stratégies, j'ai découvert des failles logiques auxquelles personne n'avait prêté attention, j'ai pu constater de nombreuses fois la justesse de mes prédictions, et rien que ça n'est pas une mince affaire, car ce n'est pas donné à ceux qui mettent de la distance entre ce qu'ils croient faire et ce qu'ils font en vérité, et avant cela, entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font. D'abord tu résous le premier, puis tu arrives au second, puis au troisième stade, celui où vérité et idée se superposent avec succès.

Mais, comme un imbécile, consacrant mon cerveau à la mécanique fonctionnelle, et n'en laissant plus une goutte pour ce qui aurait nui à ce travail, à savoir d'écouter et même de croire Les Autres, j'en avais oublié de constater que cette question, qui consiste à élaborer le mécanisme qui permettrait aux peuples de vivre et s'épanouir en paix, n'intéressait personne !

C'est clair, les gens n'en n'ont Rien A Foutre.

Entre ceux qui cherchent des solutions et ceux qui les en empêchent, et qui se font les serviteurs de l'entropie en laissant s'échapper leur désarroi et leur accablement par projection sur Les Autres, ces discussions qui animent l'évolution ne sont qu'un spectacle occasionné par une infime minorité de la population, qui elle reste assise dans le noir, les mains dans le dos (empêchés d'applaudir !).

Seulement voilà, rien ne dure éternellement, même si (presque) aucun bourreau n'aurait l'idée de se prendre de pitié pour ces prisonniers qui ne cherchent pas à se libérer. C'est ainsi que votre Miséricorde-Dieu Est ! Ce n'est pas lui qui va venir faire les choses à votre place. Il ne peut qu'espérer (c'est ce qu'on se dit quand on le connaît un peu) et insuffler l'envie de réussir.

Il ne dit pas « Priez ! » il dit « Souhaitez ! ».
Car émettre des Souhaits c'est déjà mobiliser son armée de neurones pour entendre les solutions possibles.

Devant le constat amer de la défaite qui pointe à l'horizon à cause du temps qui presse, certains pensent que l'interrupteur a été trouvé il y a longtemps mais jalousement gardé secret, condamnant l'espèce à une mort certaine.
Ces Moyens dont nous avons besoin sont accaparés par des fous qui mettent tout le monde en danger. Dès lors une nouvelle Mission-Intermédiaire s'interpose sur le chemin de l'Evolution : il faut localiser et contenir l'action de ceux-là. Et avant même ça, il faut soi-même résoudre de ne jamais faire ça, afin de vaporiser le socle de croyances stupides sur lesquelles se fondent la raison de ces fous... qui sont curieusement aidés par les serviteurs aveugles l'entéléchie, ceux qui dogmatisent pour mieux ignorer leur douleur !

Tant de problèmes à résoudre, ne devrait avoir pour autre conséquence que de motiver les peuples, récemment élevés au rang de présidents, s'étant fraîchement aperçus de ce qu'était la Situation, devenus capables de conférer un Sens à ce qu'ils entendent (même si c'est parfois trop impétueux), à focaliser son attention sur les réelles Solutions possibles, au détriment de toutes les anciennes et obsolètes mises en gardes, interdictions, tabous, et autres faits considérés bêtement comme « normaux » alors qu'ils ne le sont point du Tout !

C'est là que Socrate débarque et déambule dans la foule pour alpaguer les passants et les questionner crument :
Quel est votre Espoir ?
Est-ce là tout votre Espoir ?
Quel Espoir se trouve au fond de cet Espoir ?
Qu'est-ce qui empêche l'Espoir ?
N'avez-vous jamais affronté l'Echec en duel ?
Quand vous exercez votre Art, vous laissez-vous perturber par ce qu'en disent ceux qui ne le connaissent pas ?
Le sens de la Perfection que vous exercez dans votre Art, ne devrait-il pas se constater dans la Société ?
La Nature n'est-elle pas une source d'Inspiration pour celui qui recherche la Perfection ?
N'est-elle pas déjà là, ne demandant qu'à être cueillie ?
Ne Souhaitez-vous pas que votre place dans ce Monde soit conforme à Qui vous Êtes ?

Lexique des Personnages de l'Histoire

Evolution  : constat indubitable selon lequel les choses changent de façon orientée vers la Perfection.
Complexité  : terme qui consiste à avoir réussi à ordonner ce qui semble chaotique
Mécanique  : câble tissé entre l'Idée et la Vérité.
Elaboration  : assemblage des idées qui permettent d'assembler les pièces
Courage  : domination de la Foi (en Soi) sur les prédictions peureuses
Création  : qui a un rapport avec LA Création
Système Social  : mise en oeuvre dans la vérité des fonctionnements qui appartiennent au Soi, et qui rétro-agit sur les Moyens d'agir.
Espoir  : fait d'être touché par un rayon de lumière non photonique
Trésor  : objectif intermédiaire, clef de voûte, c'est quand le désir de vivre s'est tant miniaturisé qu'il est devenu objectif.
Dogmes  : phénomène entropique consécutif à ceux qui sont vraiment utiles.
Ecole  : endroit où on égard l'esprit des jeunes dans un flot de croyances obsolètes.
Suivants  : personnages hypothétiques sensés faire les choses à notre place, mais qui ne viendront jamais.
Fin  : dénouent de l'Histoire caractérisé par le début d'un autre, tout en étant relativement semblable au Début.
Monde  : contexte non exclusif où l'Histoire a lieu.
Système  : ensemble de Mécaniques qui fonctionnent harmonieusement dans le but de produire un résultat pourtant difficile à prévoir, autrement que par une grande expérimentation et beaucoup de science.
Rien A Foutre  : état de l'opinion de celui qui va bientôt marcher sur un piège à loups et qui ignore les consignes et recommandations (et conforté dans sa cécité mentale par les dogmatisateurs).
Les Autres  : extériorisation du Moi
Miséricorde-Dieu  : Foi instinctive en ce que tout finira bien, même si on ne voit vraiment pas Comment.
« Souhaitez ! » : message unique de Dieu, de la Raison, de la Logique, du Moi, du Un, du Tout.
Moyens  : (très important !) mécaniques intermédiaires de médiocre qualité qui servent à fabriquer des outils définitifs, et qu'ensuite sont détruit car ils ne servent qu'une fois.
Solution  : réaction chimique permettant de convertir le plomb en Or, ce qui trop pesant en ce qui ne l'est pas assez, les chaînes qui retiennent en chaînes qui tractent, une pulsion de mort en une pulsion de Vie.

Extrait de « The Game of the Wind »,
livre qui reste à écrire.


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2 réactions à cet article    


  • restezgroupir44 restezgroupir44 24 novembre 2011 19:43
    Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l’approbation tacite d’une sorte de contrat passé avec chacun d’entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :

    1) J’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants.

    2) J’accepte d’être humilié ou exploité à condition qu’on me permette à mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

    3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

    4) J’accepte de rémunérer les banques pour qu’elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu’elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j’accepte implicitement). J’accepte aussi qu’elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui des autres clients.

    5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s’écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

    6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en ingérant ou en inhalant des substances toxiques autorisées par les états.

    7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix.
    J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J’accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d’armes et faire tourner l’économie mondiale.

    8) J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte.

    9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer.

    10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

    11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront.

    12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, à l’amour, au sexe, et la liberté d’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie.

    13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive.

    14) J’accepte que l’on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures.

    15) J’accepte que l’on mette au banc de la société les personnes agées dont l’expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l’univers) nous savons que l’expérience ne se partage ni ne se transmet.

    16) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre en occident. Je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous.

    17) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et de la planète.

    18) J’accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu’on me le signale explicitement. J’accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l’agroalimentaire de breveter le vivant, d’engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l’agriculture mondiale.

    19) J’accepte que les banques internationales prêtent de l’argent aux pays souhaitant s’armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu’il vaut mieux financer les deux bords afin d’être sûr de gagner de l’argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s’ils ne peuvent pas rembourser les emprunts.

    20) J’accepte que les multinationales s’abstiennent d’appliquer les progrès sociaux de l’occident dans les pays défavorisés. Considérant que c’est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu’on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous n’avons pas le droit de faire de l’ingérence.

    21) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honneteté douteuse et parfois même corrompus. Je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise.

    22) J’accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l’agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident.

    23) J’accepte que le reste de la planète, c’est-à-dire quatre milliards d’individus, puisse penser différemment à condition qu’il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d’expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives.

    24) J’accepte l’idée qu’il n’existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d’une conscience et d’un langage, ce n’est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte.

    25) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques.

    26) J’accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l’explication du mystère de nos origines. Et j’accepte que la nature ait pu mettre des millions d’années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants.

    27) J’accepte la recherche du profit comme but suprême de l’Humanité, et l’accumulation des richesses comme l’accomplissement de la vie humaine.

    28) J’accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J’accepte l’augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d’éléments radioactifs dans la nature. J’accepte l’utilisation de toutes sortes d’additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c’est qu’ils sont utiles et sans danger.

    29) J’accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent.

    30) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer.

    31) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux.

    32) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez.

    33) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

     Un peu long, mes excuses.


     smiley



    Si vous êtes contre, vous pouvez toujours mettre en oeuvre les ressources de l’amitié et de l’amour, de la fraternité et de la responsabilité partagée, réfléchir, concevoir, oser et tisser, comme le permet l’Internet... tout retard rapproche du néant.


    • 8119 24 novembre 2011 20:01

      ce texte est légendaire et historique :)
      la révolution va consister en ce que désormais tout ce qui animera la normalité sera le bien commun et l’élévation spirituelle

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