Spiritualité et matérialisme – la croisée des chemins
Cette époque est certainement exceptionnelle. Nous arrivons à un moment charnière, un moment décisif, comme celui qu’anticipait sans doute André Malraux lorsqu’il disait : « Le 21ème siècle sera spirituel, ou ne sera pas. ». Les événements actuels semblent lui donner raison et force nous est de constater que nous entrons de plein pied dans une époque de turbulence ou un choix fondamental devra se faire.
Le clivage social est déjà commencé et il se manifestera progressivement par la réponse de chacun à travers divers événements qui polariseront, toujours davantage, les esprits. Deux événements traumatiques majeurs, de classe mondiale, ont déjà profondément imprimés leurs marques dans les esprits. D’abord, Il y a eu le 11 septembre 2001, puis l’introduction lancinante de la menace du réchauffement climatique anthropique.
Maintenant, nous faisons face à cette perturbation majeure du corona virus qui nous fait pénétrer encore plus intimement dans cette crise existentielle qui, petit à petit, nous forcera, à la suite d’autres événements qui suivront certainement, à nous inscrire dans le livre de la vie, comme des proies conditionnées et asservies par la peur, ou comme des entités libres et souveraines qui s’appuient avec conviction et confiance sur le principe divin et sacrée qui sous-tend l’univers et la vie.
Lorsque je parle de principe divin, il faut bien comprendre que je ne me réfère à aucune religion particulière. En effet, les différentes religions ne sont que des moyens d’expression communautaires spécifiques de la spiritualité fondamentale, de la même façon que les différentes langues ne sont que des moyens d’expression communautaires, des supports particuliers pour l’intelligence humaine. L’intelligence ne réside pas dans le langage mais elle s’exprime partiellement à travers lui. De la même façon la spiritualité véritable est au-delà des religions, mais les religions permettent une expression partielle de la spiritualité. Voilà ce qu’il faut bien comprendre pour ne pas tomber dans un dogmatisme étroit et stérile.
Si l’intelligence circule à travers le langage quelle que soit la langue utilisée et la spiritualité à travers les diverses religions, nous sommes en droit, par analogie, de supposer qu’il y a aussi, une sorte d’esprit universel qui lui, circule à travers les corps des êtres vivants. Nos corps seraient donc, ainsi que le laissent entendre diversement les grandes religions, des véhicules personnalisés de « l’Esprit », des sortes de mots à travers lequel il (l’Esprit) s’exprime. Ce symbolisme est explicitement utilisé dans l’Évangile de St-Jean : « Le Verbe s’est fait chair ». Autrement dit, « L’Intelligence Universelle s’est incarnée dans la matière à travers la Vie ». Si dévoyer le langage c’est attenter à la bonne circulation de l’intelligence, dévoyer notre corps, c’est aussi, en quelque sorte, attenter au filament divin par lequel l’esprit universel circule à travers nous.
De toute évidence, notre époque a perdu le sens du sacré, ce sentiment intime et transcendantal de notre codépendance, cette conviction profonde d’un point focal divin, qui au-delà des corps, relie tous les êtres.
Cette époque va très certainement nous obliger à choisir entre deux trajectoires qui deviendront vite, irréconciliables :
Soit en arriver à se considérer de plus en plus comme une entité individuelle finie et strictement matérielle sans hauteur spirituelle et donc, intensément tenaillée par une anxiété existentielle fondamentale qui la pousse à rechercher une sécurité factice par l’extérieur via des moyens collectifs qui deviendront rapidement abusifs et sans issues.
Soit de repartir loyalement à la redécouverte de notre nature vitale essentielle et divinement souveraine axée sur une confiance inébranlable en la force émancipatrice et expansive qui se manifeste si clairement à travers la « NATURE » et en la « VIE ».
Cependant, si nous voulons sincèrement partir à la redécouverte de notre nature vitale essentielle, nous devons d’abord en arriver à un respect sacré de notre propre corps.
Non, il faut bien le comprendre, notre corps n’est pas une simple machine.
C’est une entité hyper-sensible, vivante et intelligente, la plus formidable qu’il nous soit et nous sera jamais donné de contempler. En ce qui concerne chacun d’entre nous, il est l’héritier de toute l’expérience cumulé des corps qui l’ont précédé depuis des millions d’années. Il vit en symbiose avec l’ensemble de la « nature vivante » et ce n’est que lorsque nous le privons de ce contact nécessaire que nous l’affaiblissons.
Point n’est besoin de méditer longtemps sur son corps pour se rendre compte à quel point il fait un travail merveilleux. Pour pouvoir profiter sainement notre vie, nous n’avons qu’à bien respirer, lui trouver de quoi boire et manger adéquatement, s’activer raisonnablement et se reposer selon ses besoins. C’est à peu près tout. Dans des conditions normales, nous sommes conscients que nous pouvons compter sur lui, qu’il est parfaitement apte à se maintenir dans le meilleur état de disponibilité, à notre service pour toutes les heures du jour et de la nuit. Jamais nous ne pourrons espérer avoir un autre allié de vie aussi fidèle, attentif, zélé, compétent et constant.
Je suis toujours étonné de constater avec quelle insouciance nous traitons ce formidable et intime partenaire qui vit dans une telle symbiose avec chacun d’entre nous que, la plupart du temps, nous nous identifions à lui. Je suis tout aussi étonné et choqué de constater avec quelle facilité les gens acceptent de le traiter comme s’il n’était qu’une simple machine dépersonnalisée, une vulgaire mécanique insensible et inintelligente. Je suis, surtout, étonné et choqué de constater combien facilement et candidement aussi, ils acceptent de le confier aux mains de soi-disant spécialistes qui, eux de même, le considère de cette même et méprisante façon.
Il faut vraiment avoir perdu tout instinct spirituel pour assumer une vision des choses qui puisse autoriser des agressions si souvent futiles et si constantes envers un serviteur si dévoué. Notre corps est véritablement un don divin personnalisé. C’est une entité hyper complexe et hyper sensible qui a pour but de nous permettre d’exprimer pleinement notre potentiel spirituel dans ce monde matériel.
Sans dénier l’utilité symbolique des divinités personnalisées par les différentes religions, point n’est besoin de leur faire explicitement référence pour affirmer ce qu’un peu de bon sens et de réflexion suffit à prouver. « L’Homme est une entité spirituelle et le corps est son divin moyen d’expression en ce monde dimensionnel ». Quiconque en est arrivé à une conscience aigüe de cette observation n’acceptera plus que son corps soit traité comme un simple objet futilement modifiable par l’extérieur.
La science moderne, bien qu’elle nous ait apporté des bienfaits sans nombres, nous a aussi fait glisser dans un matérialisme outrancier qui nous a fait perdre de vue le sens premier et profond de nos vies.
Déjà, maintenant, sans plus de réflexion, sous simple prétexte de bien social brandie par les autorités, une partie importante de la société accepterait assez facilement que nos corps soient profondément modifiés par des interventions « scientifiques » qu’on leur proposerait (greffes animal-homme, vaccins, implantation numériques, transhumanisme, etc). Pourquoi ? Anxiété existentielle, paresse morale et intellectuelle, conformisme social, sécurité sanitaire, augmentation des possibilités corporelles ou mentales... On peut à profusion ajouter des raisons toutes aussi futiles les unes que les autres…
C’est cette illusion de vouloir et de pouvoir, à travers la science, jouer à « dieu » qui guette nos sociétés. « Jouer à dieu », c’est-à-dire, tenter de transformer et d’agir sur « le courant de vie » dans une action qui va de l’extérieur vers l’intérieur, alors que naturellement « ce courant de vie » s’exprime dans un jaillissement qui va de l’intérieur vers l’extérieur. Nous entrons donc dans une inversion fondamentale des forces de vie, dans une sorte de révolte contre « le courant et l’ordre naturel » et donc, divin, des choses.
C’est donc dans une bataille spirituelle véritable que nous entrons.
D’une part il y aura ceux qui, séduits par les mirages d’une science dévoyé, accepterons, sous toutes sortes de prétextes, cette altération progressive et collective des corps et donc, en même temps, une forme subtile de dépossession de leur propre corps, mais aussi, une forme de dépendance envers les moyens de la science et donc une sorte d’enfermement social conditionnant.
D’autre part, il y aura ceux qui conscient des dangers de cette dérive matérialiste, refuseront de se laisser entraîner dans la perversion de ce qu’ils considèrent comme leur héritage spirituel et le fil authentique et souverain qui relie leur soi personnalisé au divin.
Tous ceux qui ne peuvent comprendre ou qui ne ressentent pas profondément que leur corps est un pouvoir véritablement divin qui les porte, sont susceptible de tomber dans les pièges et les mirages de la « fausse science » matérialiste et de devenir les jouets de toutes les peurs et messages anxiogènes que ses chantres savent si bien agiter pour les éloigner de leur souveraineté intrinsèque et les contrôler.
En effet, il y a une vraie science, celle qui reconnaît l’unité fondamentale du spirituel et de matériel, mais qui reconnaît aussi la prééminence du spirituel sur le matériel ; et il y a la fausse science, celle qui conçoit le spirituel comme un simple prolongement du matériel. En conséquence de cet aveuglement, elle s’arroge des droits d’agir sans restriction morales et elle s’arroge aussi des pouvoirs qui perturbent profondément l’ordre social. Fondamentalement, c’est une science mortifère.
C’est cette fausse science matérialiste et corrompue qui est maintenant brandie comme justification à toutes sortes de dérives par l’oligarchie perverse qui mondialement a infiltré la plupart des lieux de pouvoir. Par ce moyen et d’autre, ils essaient d’imposer les éléments sociaux nécessaires à l’embrigadement et à l’asservissement des consciences par l’anxiété, l’angoisse et la peur qu’elle sait provoquer.
Comme humanité, nous nous retrouvons donc, (une fois encore ?), à la croisée des chemins, et chacun, individuellement, aura à faire un choix qui balisera sa propre direction, d’abord comme entité spirituelle autonome, entre une dépendance servile ou une souveraineté spirituelle assumée, mais aussi, plus globalement, l’ensemble de ces choix individuels se répercuteront sur la direction collective…
Normand Guillemette, 2020/10/11
28 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON