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Accueil du site > Tribune Libre > Survie en mer : l’enseignement du Dr Alain Bombard

Survie en mer : l’enseignement du Dr Alain Bombard

Au mois d'avril 2023, Tim Shaddock, 51 ans, un plaisancier australien quitte La Paz (Mexique) à bord de l’Aloha Toa accompagné de sa chienne Bella. Cap sur la Polynésie française distante de 3000 milles nautiques (environ 5550 kilomètres). Les conditions de mer sont difficiles, le bateau est endommagé et les équipements électroniques sont hors d'usage. L'embarcation va dériver trois mois dans le Pacifique Est pendant lesquels Tim et Bella vont se sustenter des provisions embarquées avant de se nourrir de poisson cru et d'eau de pluie. Le 18 juillet, le « Maria Delia », un thonier mexicain, repère le catamaran dans le Pacifique à 1.200 milles nautiques (2.200 km) des côtes.

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Ce genre de péripéties est plus courant qu'on pourrait le penser. Trois pêcheurs partis le 28 octobre 2005 du port de Sinaloa (côte nord-est du Mexique) ont été recueillis le 9 août 2006, après une avarie moteur, par l'équipage d'un bateau de pêche taïwanais au large des îles Marshall à 8.000 kilomètres de leur point de départ ! « Nous avons mangé des mouettes crues, des canards, crus, des poissons crus ».

En 1951, Alain Bombard, jeune interne à l’hôpital de Boulogne-sur-Mer et passionné par la mer a déjà nagé de Boulogne à Calais, a traversé la Manche à la nage, et a dérivé pendant trois jours au large de Boulogne-sur-Mer à bord d'un Zodiac en panne de moteur, se nourrissant d'une tablette de beurre et d'un peu d'eau de mer. Le thésard tient son sujet : « J'avais longuement étudié le cas des déportés, des prisonniers et des populations sous-alimentées. Les physiologistes ne tenaient souvent pas compte de la puissance de l'esprit et de son influence sur les réactions du corps, influence pourtant attestée par les jeûnes de Gandhi ».

La même année, le docteur en médecine est traumatisé à la vue des corps des marins du chalutier Notre-Dame de Peyragudes morts noyés. Après études et diverses expériences menées au laboratoire de l'Institut océanographique de Monaco, Bombard accompagné de Jack Palmer, un navigateur britannique, appareillent de Monaco le 25 mai 1952 à 5 heures. Les deux hommes atteignent les Baléares après dix-huit jours de navigation. Pendant ces deux semaines ils n'ont réussi qu'à capturer deux mérous et un thon. Il faut trois kilos de poisson pour récupérer suffisamment de « sérum » et assurer la ration d’eau quotidienne d'une personne. A. Bombard va poursuivre seul vers Las Palmas, via Tanger puis Casablanca.

Le naufragé téméraire a décidé de se laisser dériver à travers l'océan Atlantique afin de démontrer qu'un homme peut survivre sur un canot pneumatique « sans eau ni nourriture, pendant plusieurs semaines et ceci grâce aux ressources de la mer à condition que son moral est bon  ». Après avoir consulté les instructions nautiques (documents comportant les courants, le pourcentage de vent en force et direction), Bombard a choisi la route découverte par les navigateurs du XVI° siècle qui atteignaient les Amériques après huit à dix semaines de navigation (dix-sept pour le retour). L'été reste la meilleure période pour atteindre les Antilles depuis les Canaries. L'anticyclone des Açores installé sur l'Atlantique Nord favorise les alizés, mais correspond à la saison des cyclones (juin à novembre). Le dimanche 19 octobre 1952, l'Hérétique, un Zodiac (type 3420) non ponté d'une longueur de 4,65 mètres et gréé d'une voile d'Optimiste quitte port de Las Palmas à six heures.

Un pneumatique dépourvu de motorisation n'est guère manœuvrable, impossible de suivre un cap déterminé. L'Hérétique a été gréé d'une voile, de deux dérives latérales, et emporte : un compas, un sextant et une montre pour le faire le point (latitude et longitude), une carte marine, une presse à poisson, un filet à plancton, quelques lignes pour pêcher, et une tente qui servira d'« habitacle ».

Un navire en perdition ou dérivant ne fait pas du surplace, il se déplace en fonction du vent et du courant. Le naufragé peut tout au plus utiliser un aviron en guise de gouverne, affaler ou hisser la voile, utiliser une ancre flottante, voire dégonfler légèrement le canot afin qu'il s'enfonce davantage dans l'eau pour profiter d'un courant et contrecarrer le fardage. Lorsque le vent porte dans la bonne direction, on hisse la voile, on gonfle le canot au maximum, on rentre l'ancre flottante, et un aviron fait office de gouvernail. Il est prudent de toujours être relié au canot par une ligne de vie qui servira, en cas de besoin, à le redresser après un chavirage.

Pendant cinquante jours on n'entend plus parler de l'Hérétique ni de son passager, avant d'être signalé par l'Arakaka, un navire britannique, à 1.300 kilomètres des Antilles. Bombard qui n'a aucune idée de sa position accepte de monter à bord. Le naufragé est peu familiarisé avec l'usage d'un sextant, il sait tout juste calculer une droite de hauteur (son exploit en est d'autant plus admirable). L'Hérétique a dérivé vers l'ouest et impossible de recueillir de l'eau douce pendant trois semaines. Il n'a consommé que du poisson cru et du plancton. Bombard accepte : «  un œuf sur le plat, un petit morceau, un très petit morceau de foie de veau, une cuillerée de choux et deux ou trois fruits ». Apprenant qu'il se trouve à 600 Milles de son objectif, il a décidé de reprendre la mer.

Le 23 décembre 1952 il débarque à La Barbade (Antilles). L'homme est dans un état critique, il a perdu vingt-cinq kilos, souffre d'anémie, et son état de santé nécessite une hospitalisation. Interviewé, le docteur Bombard raconte que son embarcation a chaviré dix fois, que l'absence de soleil pendant vingt-sept jours l'a privé de l'astre pour estimer sa direction, que l'absence de vent a privé l'Hérétique de la force éolienne et qu'un espadon a percé l'Hérétique et qu'il a dû réparer.

Naufragé volontaire paru en 1953, traduit en quinze langues, va être le livre de chevet de nombreux navigateurs. Ce périple va insuffler l'espoir chez de nombreux navigateurs hauturiers et contribuer à l'élaboration et à la conception des radeaux de sauvetage. Certains objecteront qu'un naufragé ne choisit pas le lieu de son « naufrage », c'est vrai en partie. Un navigateur choisit sa route (fréquentée ou pas) et la saison la plus adaptée. La survie dépend : du moral - du matériel - de la préparation - la chance - de l'aptitude à dépasser ses a priori alimentaires. Ce serait dommage de laisser passer des méduses choux-fleur (rhizostomae). Tout aventurier, même le plus téméraire, ne confond pas exploit et suicide.

La survie en mer peut être très difficile selon la région et les conditions rencontrées : froid, chaleur, conditions météorologiques et de mer exécrables, eaux peux poissonneuses, attaques de mammifères marins. Si manger du poisson cru riche en : zinc, cuivre, iode, sélénium, et en vitamines A, B12 et D permet l'apport d'éléments nutritionnels essentiels, plusieurs centaines d'espèces peuvent être toxiques, et les oiseaux de mer ne s'aventurent que très rarement au grand large. En ce qui concerne les algues fraiches (200 à 400 kcal/kg), ou séchées (2.000 à 3.000 kcal/kg), elles apportent 15 à 47 % de protéines, vitamines B12, C, E, glucides, fibres et une teneur en iode exceptionnelle.

Le 18 août 1958 a été retenu pour un premier test, le franchissement de la barre d’Étel (Morbillan). Le docteur Bombard entend le renouveler par jour de gros temps. Il est de retour le vendredi 3 octobre 1958, jour de grande marée. Rien ne va se dérouler comme prévu. Les Affaires maritimes ont émis un avis défavorable. Le radeau est mis à l'eau à 11 heures face à la barre avec huit personnes à bord. Le vent du sud-est atteint force 5/6, le radeau est submergé, les hommes sont en danger immédiat. Le canot de sauvetage, Vice-Amiral Schwerer II, pousse ses machines, mais un bout (cordage) se prend dans les hélices et bloque le moteur. Le canot de sauvetage n’est plus manœuvrable, un rouleau le retourne et projette ses hommes à la mer. Le remorqueur Ville d’Étel porte assistance aux naufragés. Le docteur Alain Bombard qui a réussi à se hisser sur la coque du canot retourné figure parmi les rescapés, mais le bilan est lourd, on compte neuf morts, quatre occupants du radeau pneumatique et cinq marins sauveteurs. Le procès exonéra Alain Bombard. Des marins locaux déclarèrent : « On n’attaque jamais la barre d’Étel de l’intérieur ». Le banc de sable sous la surface se déplace avec la marée (montante ou descendante) et modifie les courants, ce qui contribue à rendre la barre parfois infranchissable. La barre sera franchie en septembre 1967 par un pneumatique, type Espadon 422 , propulsé par un moteur hors-bord de 40 cv.

Une controverse va apparaître avec la publication d'une photographie prise du pont de l'Arakaka sur laquelle on aperçoit Alain à bord de l'Hérétique. Hannes Lindemann, un docteur en médecine allemand qui a effectué deux traversées de l'Atlantique en solitaire, en 1955 à bord d'un canoë en 65 jours, et à bord d'un kayak Klepper de 5,10 mètres porteur de deux voiles garni d'un flotteur latéral du 20 octobre au 30 décembre 1956, va lancer une polémique. Bombard a chargé des vivres au milieu de l'Atlantique. Ce que Bombard a toujours dénié. S'il a emporté une « ultime réserve d'eau et de nourriture » scellée remise par le commandant de l'Akarakaka, il en a pas consommé le contenu. Connaissant désormais sa position, il était certain d'atteindre un port avant Noël.

Selon der artz Hannes Lindemann, impossible de survivre en buvant de l'eau de mer. L'homme ne peut boire de l'eau de mer que dans la limite du sodium toléré par l'organisme, et ce dernier ne peut produire une urine plus salée que le sang. Le taux de chlorure de sodium dans le sang et l'urine est d'environ 9 grammes/litre, et un litre d'eau de mer en contient 35 gr/litre (salinité moyenne), soit quatre fois plus. Les reins vont donc tenter de produire un volume d'urine supérieur au volume d'eau absorbé en puisant de l'eau dans les cellules. La quantité d'eau de mer doit se limiter à 250 ml (35gr/9gr) et à quatre ou cinq jours. On mesure mieux les recommandations du Dr Bombard à 175 ml, d'en fractionner la prise (50 ml), et de la diluer avec de l'eau douce. Ce pis-aller n'est pas sans conséquence (l'OMS recommande 2,4 gr/jour, ce qui correspond à 62 ml d'eau de mer). Alain Bombard y a perdu un rein (néphrectomie). !

L'exploit du dr Alain Bombard allait avoir d'énormes répercussions sur le mental des navigateurs et l'élaboration des radeaux de survie gonflables (Angevinière), ce qui ne fut pas le cas pour Hannes Lindemann. Il avait embarqué : 96 boîtes de lait, 72 canettes de bière, 60 conserves de viande, et avait été précédé par Franz Romer en 1928 avec la traversée en kayak, Lisbonne Porto-Rico en 58 jours.

Dans les années cinquante, un naufragé n'avait qu'une chance sur mille de survivre à un naufrage, ce chiffre allait passer à plus de quatre-vingt-dix pour-cents ! Un décret de 1958 rend la présence d'un radeau de sauvetage pneumatique à bord d'unités inférieures à 25 tonneaux obligatoire, et selon la catégorie de navigation (distance d'un abri, 6 et 60 MN). Une remarque, une correction, une précision ?

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33 réactions à cet article    


  • chantecler chantecler 26 juillet 2023 10:45

    J’ai suivi cette histoire il y a donc longtemps .

    Seul , sans rien et dérivant on ne peut survivre que très difficilement .

    Le principal souci comme vous le rappelez c’est l’hydratation .

    Impossible d’utiliser de l’eau de mer en permanence ....

    Mais effectivement si c’était in fine pour démontrer que dans toute embarcation il faut nécessairement un canot de sauvetage , fusse t’il un dinghy en caoutchouc , gonflable donc , et quelques réserves , lequel faisait partie des équipements dans la marine de guerre , bon !

    Enfin encore aujourd’hui j’ai du mal à comprendre l’intérêt de cette expérience tout de même très médiatisée pour l’époque ....

    A. Bombard pote de Harichaut , prof de physiologie à l’Ec de médecine Amiens a payé fort cher pour démontrer semble t’il.... une évidence ... !

    Et la seconde expérience a débouché sur une catastrophe .... !

    D’autres « performances » dans d’autres secteurs , marins , montagneux , géologiques ... ont été autant absurdes et dramatiques .


    • njama njama 26 juillet 2023 12:34

      @chantecler
      bonjour
      si on peut boire de l’eau de mer, jusqu’à un litre par jour mais en la prenant par petites quantités, c’est ce que Bombard avait démontré.
      Il n’aurait pu survivre une cinquantaine de jours sans s’hydrater un minimum.
      Nombre de naufragés sont morts de soif sur des esquifs de fortune, ou sur des rivages parce qu’on leur avait dit que l’eau de mer les tuerait
      De plus Bombard récoltait du plancton pour se nourrir dans un bas de soie qu’il laissait trainer derrière son zodiac qui était équiper d’un petit gréement.


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 12:45

      @chantecler

      Je ne quitterais en aucun cas un catamaran Wharram en état de flottaison pour un dinghy ou un quelconque canot de survie, faut vraiment avoir aucune connaissance maritime pour annoncer une connerie pareille.

      Un Wharram est indestructible (sauf en cas d’abordage) et les ailes volantes devraient faire partie des gréements de fortune, elles ont fait leurs preuves,
      Nicole Van de Kerchove a traversé l’Atlantique avec il y a déjà fort longtemps.

      J’ajoute des bonnes connaissances de navigation sans instruments auraient sans doute réduit le calvaire.

      Quant à l’inventeur de la « presse à poisson », je préfère m’abstenir de tous commentaires tant il y aurait à dire, d’autres plus qualifiés l’ont fait avant moi.


    • njama njama 26 juillet 2023 12:56

      @chantecler
      sans boire d’eau de mer durée de survie des naufragés 3 jours
      à4’02 à dans la vidéo

      EAU DE MER MYSTERE ET GUERISON Documentaire de Carlos Bussenius
      https://www.youtube.com/watch?v=rPVEMeFPYec


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 13:20

      @Clocel
       
       ’’des bonnes connaissances de navigation sans instruments auraient sans doute réduit le calvaire’’
        >
       Au large, dans un canot à la dérive ? Vous pensez à quel type de connaissance ? Celles du commandant de La Bounty ? Mais encore ?


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 13:20

      @njama
       
       ’’Il n’aurait pu survivre une cinquantaine de jours sans s’hydrater un minimum.’’
        >
      Il buvait pour ça le jus de poissons obtenu à l’aide d’une presse.


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 13:25

      @Francis, agnotologue

      Guignol...


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 14:01

      @Clocel
       
       smiley  smiley

       
      Le commandant de la Bounty a été félicité par les autorités lors du procès qui a suivi cette histoire, pour ses connaissances en navigation qui lui ont permis de toucher l’île la plus proche de son débarquement au milieu de nulle part par les mutins dans une chaloupe.

       


    • njama njama 26 juillet 2023 14:01

      @Francis, agnotologue

      Encore faut-il pouvoir pêcher des poissons...je crois bien me souvenir que de rares poissons volants avaient atterri dans son zodiaque comme une providence, mais de là à s’hydrater seulement de jus de poissons chaque jour... vaut mieux pas être bredouille et manquer d’appâts

      L’eau de mer en dehors de zones polluées genre embouchures de rivières, ports, rejets d’égouts, pollution diverses,... est parfaitement comestible, et totalement bactéricide, aucune bactérie, aucun virus ne peut y survivre au milieu de 32 à 36 gr de sel / litreOn peut la consommer en isotonique même salinité que le sang), il suffit de la couper dans une proportion de 1/4 // 3/4, elle a mille vertus, et contient quasiment tous les éléments du tableau de Mendeleïev
      On peut la consommer en isotonique (même salinité que le sang), il suffit de la couper dans une proportion de 1/4 vs 3/4, elle a mille vertus, et contient quasiment tous les éléments du tableau de Mendeleïev
      Confère les travaux de René Quinton, et la vidéo citée plus haut


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 14:06

      @njama
       
       ’’Encore faut-il pouvoir pêcher des poissons’’
      >
       Les Bailey et d’autres racontent comment des micro-algues se développent en quantité sur la carène de radeau, qui attirent les poissons, comme on peut le voir dans les bassins des ports de plaisance. Je ne sais pas si c’estdans toutes les eaux du globe.


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 14:08

      @Francis, agnotologue

      Je connais l’histoire du Bounty et de cette ordure de Bligh.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 14:19

      @Clocel
       
      on parlait de connaissances sans instruments en navigation.
       
      Vous avez écrit : ’’ des bonnes connaissances de navigation sans instruments auraient sans doute réduit le calvaire. ’’

       
      Vous pourriez développer ?


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 14:51

      @Francis, agnotologue

      Il faut revenir à la navigation astronomique, connaissant sa latitude de départ, il est très facile de la conserver, se bricoler un astrolabe avec un fil à plomb et une simple montre et quelques calculs basiques donnent un longitude acceptable.

      Le GPS n’est tombé dans le domaine public qu’au milieu des années 80, avant tout navigateur savait calculer une méridienne et une droite de hauteur, le tout reporté sur des canevas parce qu’on n’avait les tunes pour avoir toutes les cartes, on se démerdait avec l’atlas familial et quelques mauvaises copies de cartes gaulées sur les bateaux de commerce.

      Mon premier sextant Plastimo ne m’avait coûté que 250 FR, il m’a quand même amené aux Antilles en passant par Les Canaries. (50 jours de navigation)


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 14:58

      @Clocel
       
      ’’Il faut revenir à la navigation astronomique, connaissant sa latitude de départ, il est très facile de la conserver, se bricoler un astrolabe avec un fil à plomb et une simple montre et quelques calculs basiques donnent un longitude acceptable’’.
        >
       c’est précisément à ça que je pensais quand j’ai parlé des connaissances de Blight, et qui m’a valu une insulte.
       
       smiley


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 15:09

      @Francis, agnotologue

      Désolé, j’avais mal interprété ton message... Mea culpa.


    • Desmaretz Gérard Desmaretz Gérard 26 juillet 2023 15:10

      @Clocel

      Bonjour, on peut naviguer à latitude ’’constante’’ avec le bâton de Jacob comme au XVIe siècle. Bombard n’était pas un navigateur, raison pour laquelle il était parti en compagnie de Palmer. Cordialement


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 15:12

      @Francis, agnotologue

      Pour me faire pardonner : Navastro


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 15:14

      @Desmaretz Gérard

      Partant du principe que nous n’avons que deux yeux, je réserverais le bâton de Jacob à un usage terrestre, et ce, avec grande précaution. smiley


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 19:14

      @Clocel
       
       merci.
      L’explication la plus simple je l’ai trouvée dans un ouvrage d’Olivier Stern Veyrin


    • Clocel Clocel 26 juillet 2023 19:18

      @Francis, agnotologue

      La bible des voileux de l’époque c’était l’amiral Sacaze ! smiley


    • Armand Griffard de la Sourdière Armand Griffard de la Sourdière 26 juillet 2023 12:53

      Ahh ! ...naufragé volontaire, Bombard , seul à travers l’atlantique de Gerbault des noms qui évoquent nos lectures de jeunesse et qui nous ont donnés l’envie de naviguer (c’est pas l’homme qui prend la mer )

       A propos de Bombard et du drame d’Etel , une pensée pour la sémaphoriste de beg en Havr qui nous a aidé à franchir la barre d’Etel en nous guidant à travers les bancs de sable mouvants et cela pendant près de 40 années

       ...merci Josiane  ! smiley


      • I.A. 26 juillet 2023 13:02

        « Ce genre de péripéties est plus courant qu’on pourrait le penser. Trois pêcheurs partis le 28 octobre 2005 du port de Sinaloa (côte nord-est du Mexique) ont été recueillis le 9 août 2006, après une avarie moteur ».

        Vous comparez ce qui n’est pas comparable.
        Tim Shaddock, « plaisancier » qui ambitionnait de faire 5550 km avec sa chienne dans sa barquette d’opérette (plus plaisantin que plaisancier à mon avis...) mais qui subit une avarie grave dans une tempête (imprévisibles, les tempêtes, au long de 3000 milles nautiques, bien entendu...), et pêcheurs au travail subissant une panne de moteur.

        Vous nous parlez même d’Alain Bombard ensuite, qui comme Tim Shaddock, fait partie de ces nombreux « naufragés volontaires »...

        Performance n’est pas synonyme d’accident, et je respecte autant les marins que je rigole des survivalistes et autres « coureurs de records ».


        • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 13:53

          Merci pour cet article. J’ai eu le plaisir de me faire dédicacer son livre racontant son odyssée de naufragé volontaire.

          J’en ai retenu ce passage où il raconte comment dans un moment de déprime il réagit sainement en s’imaginant l’effet que produirait un journal expliquant comment survivre à un naufrage, écrit par un auteur qui n’a pas lui-même survécu.

           

           ps. Aujourd’hui il existe je crois un truc tout bête pour se procurer de l’eau potable, très peu mais suffisamment : c’est un petit appareil à osmose que l’on immerge au bout d’une longue ligne (300 m ?). On laisse à la pression du fond le temps de faire le travail, on relève la ligne et c’est prêt pour le Pastis.

           

          De mémoire, outre l’ouvrage de Bombard, deux lectures qui m’ont appris bien des choses :

          117 jours à la dérive, par Maurice et Marylin Bailey

          Survivre à la dérive, de Bernard Robin, manuel pratique de survie et de conseils aux naufragés (Trente et une histoires authentiques de survie en mer. )


          • Desmaretz Gérard Desmaretz Gérard 26 juillet 2023 15:14

            @Francis, agnotologue
            Bonjour, dessalinisateur manuel survivor : 2 litres par jour, un kilo, prix 1000€ ht, cartouche de rechange 600€. Cordialement


          • Armand Griffard de la Sourdière Armand Griffard de la Sourdière 26 juillet 2023 15:20

            @Francis, agnotologue
             117 jours à la dérive ... etc , quand ton raffiot est abordé et coulé par Moby Dick ,il te reste que l’application de la théorie « c’est assez dit la baleine , j’ai le dos fin j’me cache à l’eau »

            J’ai vu que bouquin de Bernard Robin est préfacé par A. Bombard...bon ! smiley

             À propos de Bernard ,il y’en a un que j’affectionne en particulier ,c’est Bernard Moitessier lors de la 1ère course en solitaire sans escale autour du monde en 1968 qui étant annoncé vainqueur n’a pas passé la ligne officielle mais à préféré continuer sa balade sans soucier du protocole du Golden Globe Challenge...arf... smiley


          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 26 juillet 2023 17:51

            @Desmaretz Gérard
             Très bon rappel de cette histoire.
             Je me rappelle d’une citation d’Alain Bombard qui m’est toujours restée en mémoire : « Ce qui est impossible finit toujours par arriver ». 


          • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 18:57

            @Armand Griffard de la Sourdière
             
             117 jours à la dérive ... etc , quand ton raffiot est abordé et coulé par Moby Dick

            >
             justement, le bateau des Bailey a été coulé au large des Galapagos (1972) après avoir été heurté par un cachalot.


          • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juillet 2023 19:13

            @Armand Griffard de la Sourdière
             
             ’’J’ai vu que bouquin de Bernard Robin est préfacé par A. Bombard...bon !’’
            >
            Effectivement :
             
             « J’ai essayé de combattre la morbidité du naufrage en luttant contre les quatre agressions qui tuent le naufragé avant le terme de ses forces (à savoir :) la noyade qui tue en quelques minutes — les intempéries qui tuent en quelques heures — la soif qui tue en quelque jours — la faim qui tue en quelques semaines.
            Au bout de ce travail, j’ai trouvé qu’une cinquième agression tuait en quelques heures aussi, aidée par les intempéries et provoquées par ce choc effroyable qu’est le naufrage : la peur, la panique, le désarroi, l’effondrement du moral — c’est pourquoi j’ai dû prêcher l’exemple, subi la loi du naufrage et ce fut ’’ L’Hérétique.
            ’’ Alain Bombard
             
            J’ai retranscrit cet extrait spécialement parce qu’il explique un peu mieux ce que j’ai relaté dans mon commentaire de 13:53 au sujet de la pensée qui lui a sauvé la vie.


          • Armand Griffard de la Sourdière Armand Griffard de la Sourdière 27 juillet 2023 13:58

            @Francis, agnotologue
             merci Francis (Drake ?)  smiley de tes réponses qui apportent une pierre à l’édifice de nos connaissances maritimes smiley


          • Seth 26 juillet 2023 19:37

            Et les (tim) shadoks pompaient... smiley

            Un vieux souvenir de l’époque où l’ORTF produisait quelques chefs d’œuvres.


            • L'apostilleur L’apostilleur 27 juillet 2023 00:17

              @ l’auteur 

              Merci pour ces lignes salées qui changent notre horizon. 

              A propos de la barre d’Etel.

              Un jour après l’avoir passée par beau temps guidé depuis le sémaphore indispensable, je rencontrais un vieux pêcheurs qui avait bien voulu m’aider pour une épissure. Notre conversation l’amena à me raconter ses débuts à bord d’un thonier à voile (sans moteur) alors et son retour devant la barre où il mouillait lorsque son passage était risqué. Le déchargement se faisait à l’aide de barque jusqu’au quai.

              Je croyais qu’avec d’autres traits de sa vie rugueuse il avait fini de me fasciner, c’était sans compter avec le dernier.

              Autour des quatre-vingts, il continuait seul à pêcher le bar au large de la barre, l’hiver aussi avec un petit pêche-promenade. 

              En janvier de l’année de notre rencontre, sa vie d’aventures ne l’avait pas mis à l’abri de celle-ci. Occupé à sortir son poisson il n’avait pas vu venir une vague un peu plus grosse qui le prenait par son travers et le retournait. 

              Sans la présence inespérée sur zone d’un copain à lui pêcheur aussi qui le repêcha in extremis, j’aurais été privé d’une grande rencontre.


              • Armand Griffard de la Sourdière Armand Griffard de la Sourdière 27 juillet 2023 14:33

                @L’apostilleur
                «  Le débarquement se faisait à l’aide de barques jusqu’au quai »

                 C’est ce qu’on appelait le chasse-marée, embarcation rapide qui récupérait le produit de la pêche pour la criée du lendemain pendant que la pêche continuait .

                Le problème avec la barre d’Etel c’est qu’on sait jamais où se situe le chenal (sauf Josiane avec ses jumelles et le mât Fenoux comme complice ) smiley

                 Pour rappel : Flèche verticale = ok
                 flèche horizontale = ça craint (forte houle
                 flèche orientée = itinéraire à suivre
                 La boule noire = danger pour les bateaux non pontés (8mètres ?)
                 le pavillon rouge (hissé haut ♫) = manque d’eau


              • L'apostilleur L’apostilleur 28 juillet 2023 01:07

                @Armand Griffard de la Sourdière
                Lors de mon passage j’étais en contact radio, la flèche n’était pas utilisée. Probablement du fait d’une bonne météo. 

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