Une future réforme des retraites injuste... pour le moment ?
Dans l’annonce des grandes lignes de la prochaine réforme des retraites par Jean-Marc Ayrault, il y a des décisions positives, comme une véritable prise en compte :
- de la pénibilité, avec la mise en place d’un compte individuel, permettant aux salariés exerçant des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite ou de se reconvertir. Reste à fixer le nombre d’années d’exposition requis pour avoir droit à un départ anticipé.
- du temps de travail des jeunes apprentis ou en contrats aidés dans la durée de cotisation.
- de la situation des femmes en particulier celles qui travaillent à temps partiel
Dans le même temps, la décision de rallonger le nombre de trimestres au-delà des 166 actuels semble acquis pour le gouvernement. Au risque de baisser les pensions.
Comme le rappelle la sénatrice socialiste Marie-Noelle Lienemann dans un communiqué, les propositions faites par le gouvernement sont très en deçà des positions du Parti socialiste qui n'envisageait cette hypothèse qu'au cas où le niveau de croissance et d'emploi, à cette échéance, ne permettait pas de financer le système par répartition et limitait de manière stricte l'accroissement de cette durée bien en deçà des règles automatiques fixées par la loi Fillon de 2003, loi que la gauche a fortement contesté à l’époque.
Augmentation de la durée de cotisation
Le Premier ministre a ainsi annoncé que la durée de cotisation sera portée à 43 ans en 2035, contre 41,5 années en 2020. L'allongement sera progressif : de 42 ans en 2023, la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein passera à 42 ans et un trimestre en 2026, puis 42 ans et demi en 2029, 42 ans et trois trimestres en 2032 et enfin 43 ans en 2035.
Comme de nombreux camarades, je ne peux accepter un allongement d'un trimestre tous les 3 ans après 2020 et les 43 annuités en 2035.
Accepter l’allongement du nombre d’annuités, aujourd’hui ou demain, aggraverait la situation.
Dans le secteur privé, 60 % de ceux qui prennent leur retraite ne sont plus au travail, ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité. 40 % des salariés du public et du privé n’ont pas le nombre d’années suffisant pour bénéficier d’une retraite à taux plein et subissent une décote, surtout les femmes.
Obliger les salariés âgés à travailler plus longtemps, est une aberration alors que des centaines de milliers de jeunes sont à la recherche d’un emploi.
Depuis 1994, l’espérance de vie à 60 ans a gagné un peu plus de 2,5 ans en moyenne. Or il faut maintenant cotiser 4 ans de plus qu’à l’époque pour une retraite à taux plein. Nous perdons donc plus d’une année de retraite en bonne santé. C’est inacceptable !
Dans le même temps, l’espérance de vie ne s’allonge pas autant qu’annoncé et l’espérance de vie en bonne santé, autour de 62 ans selon l’INSEE, se réduit depuis 2008...
Le Medef n’est pas opposé à une hausse des cotisations patronales, mais…
Les cotisations patronales et salariales devraient augmenter pour financer la réforme. La hausse sera progressive : 0,15 point en 2014, puis 0,05 point en 2015, 2016 et 2017, soit 0,3 point au total, du côté des actifs comme des employeurs.
Il faut également que le gouvernement clarifie son intention et sa position après les déclarations du MEDEF qui (en acceptant cette hausse des cotisations) prétend obtenir une nouvelle baisse du "coût" du travail, dont on sait qu'il n'est pas la cause principale des difficultés de compétitivité (le « coût » du travail le plus bas en Europe est en Espagne et en Grèce…).
Il serait inacceptable de faire payer aux salariés et aux consommateurs un substitut aux charges cotisations sociales des entreprises, car cela reviendrait à leur faire payer l'intégralité de la réforme des retraites.
Comme de nombreux socialistes j’ai signé « L’appel de socialistes pour les retraites » : http://www.socialistes-pour-les-retraites.fr
Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !
Arnaud MOUILLARD - http://hern.over-blog.com
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