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Une réforme des tarifs du gaz et de l’électricité est inéluctable

Une réforme des tarifs du gaz et de l'électricité est "socialement inéluctable" d'après Stéphane Cossé, maitre de conférence à l'IEP Paris, Christophe Droguère, expert de l'énergie et Yann Wehrling, porte-parole du Modem.

Dans un contexte marqué par une augmentation des prix du gaz au 1er avril, une réorientation de la filière nucléaire, une réforme du marché de l'électricité sur laquelle le gouvernement et l'opposition peinent à s'entendre, une augmentation de la précarité énergétique, une revendication par la CGT d'un "droit à l'énergie" ... arrêtons nous sur le "point de vue" plutôt constructif de trois experts qui ont cosigné un article diffusé ajourd'hui même sur lemonde.fr.

Avec un regard réaliste, ils admettent que quel que soit l'évolution de notre mix énergétique, les prix de l'énergie ne cesseront d'augmenter dans les années à venir - cela sera d'autant plus vrai si la part des énergies renouvelables augmente suivant un scénario de sortie du nucléaire. Ils admettent également l'injustice sociale indroduite par une augmentation des prix de l'énergie. 

Ce qui est intéressant, une fois n'est pas coutume, c'est qu'ils formulent des propositions concrètes pour accompagner la nécessaire réforme des tarifs de l'électricité tout en veillant à l'impact de la vérité des prix sur les ménages les plus pauvres, dont certains consacrent "15% de leur revenu aux dépenses énergétiques".

En effet, ils proposent de revoir "en profondeur" le "système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d'achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique". Ils imaginent les 2 options suivantes : 

  1. Etendre le tarif social du million de ménages actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d'électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d'allocations logement). Le tarif "bleu" serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de "tarif social étendu".
  2. Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu'à un certain volume, correspondant à une consommation d'énergie minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s'ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointe (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d'énergie minimal représentant un droit à l'énergie pour tous les citoyens.

Alors que "nous ne pouvons plus nous permettre que les plus aisés bénéficient d'une énergie à des tarifs aussi avantageux" - rappelons que la facture d'électricité des Français est la plus faible d'Europe - pourquoi donc ne pas débattre de ces options ?

La mise en place d' "un système juste et redistributif, incitatif pour les économies d'énergie et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production" paraît tout de même relativement urgente dans le climat actuel, plutôt électrique....

 


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14 réactions à cet article    


  • jaja jaja 12 avril 2011 09:14

    "Après l’annonce par EDF d’une augmentation des traifs de l’électricité de 5 à 6% par an jusqu’en 2015, c’est au tour de GDF-Suez d’afficher une hausse de 5, 2% au 1er avril. En un an, le prix du gaz pour les usagers s’est accru de 21% et depuis 2005 de 61%."

    L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie, l’absence totale de transparence sur les coûts de production et les modalités de fixation des tarifs, le choix fait d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires, agrémentés de versements supplémentaires exceptionnels, débouchent sur des prix de plus en plus prohibitifs pour des millions d’usagers disposant de faibles ressources.

    La campagne de propagande faite sur les tarifs énergétiques moins chers en France qu’en Europe laisse augurer de nouvelles augmentations.

    Pour faire échec aux hausses en série, à la priorité donnée aux actionnaires sur les usagers, il faut réquisitionner les entreprises du secteur énergétique pour créer un grand service public de l’énergie contrôlé par les salariés et les usagers."


    • spartacus spartacus 12 avril 2011 10:36

      On reconnait les salariés de service public par des détails :

      Pour un salarié des services publics, le consommateur est toujours appelé « usagé » mais jamais « client ».
      Une question d’état d’esprit. 

      Ils défendent bec et ongle leurs privilèges payables par la collectivité remis en cause par la concurrence. 
      La défense du service public est un leurre qui ne sert de couverture qu’a un égoïsme de sélectivité pour préserver que ses propres intérêts comme l’emploi à vie, les cotisations inférieures aux autres le social discriminant qui avantage les salariés de l’état. 


    • Francis, agnotologue JL 12 avril 2011 10:49

      spartacus,

      le consommateur d’un service public est depuis toujours appelé « usager » et non pas « usagé ». Apparemment c’est votre esprit qui est usagé !

      Heureusement, dans les services publics il existe des gens plus instruits que vous, et qui savent qu’ils produisent une richesse indispensable à leurs concitoyens, y compris aux ignorants incultes et ingrats.

      Le seul service public qui serait à réduire, de mon pojnt de vue, c’est la force de frappe qui ne défend que les intérêts des multinationales, lesquelles ne paient même pas un centime d’euro pour ce service, vu que les bénéfices réalisés à l’étranger ne sont pas impôsés en France.

      Premièrement, ce sont les travailleurs du secteur capitaliste — et non pas les consommateurs — qui créent la valeur monétaire dont une partie sera accaparée par les capitalistes, et ce sont les travailleurs du secteur non marchand — et non pas les contribuables — qui créent la valeur monétaire des services non marchands….l’économie capitaliste est un circuit dont les deux actes fondateurs sont la décision privée d’investir pour produire des biens et des services marchands et la décision publique d’investir pour offrir des services non marchands.

      Mais l’idéologie libérale répugne à l’idée d’investissements qui ne génèreraient pas des profits : cela vaut pour les investissements publics, et c’esyt pour cela qu’ils ont mis en place l’industrie diabolique qui fait que les Etats sont désormais les créanciers des investisseurs privés.



    • spartacus spartacus 12 avril 2011 21:46

      Votre culture pratique le dénigrement quand les propos sont contraires. Dommage !


      Les client en ont marre d’être des usagers. 

      Sur l’électricité une taxe de 21% de la facture sert à payer les charges de retraite des salariés EDF. La contribution tarifaire d’acheminement (CTA)
      Les salariés de EDF travaillent 32H, et partent en moyenne à 54ans. 
      Pourtant dans les centrales se côtoient des salariés du privé et du public. 
      Pour tous les clients « normaux » Si ils veulent une meilleure retraite ils se la paye sous forme d’assurance vie ou négocie avec leur employeur une retraite complémentaire prise sur leur paye.

      Si les salariés de l’EDF travaillaient sous statut privé comme une entreprise normale, cette charge sur la facture n’existerai pas.

      Si les salariés de l’EDF travaillaient 35H et partaient comme tout le monde à 62ans l’électricité baisserait de 21%.

      Donc si l’EDF était privée, la facture baisserait mécaniquement de 21%. 
      Au nom de quoi ces gens qui travaillent moins, cotisent moins et moins longtemps, bénéficieraient d’une retraite plus tot et scandaleusement discriminatoire de la masse des français ?

      Les privilèges n’ont étés obtenus par ses salaries que par la situation de monopole public.
      En effet un type peut foutre le bordel et exiger l’impossible en abaissant une simple manette.
      La privatisation nous exonère des abus des entreprises publiques en situation de monopole. 

      Le libéralisme n’a pas de leçon à recevoir des nantis qui se gargarise de l’injustice sociale qui les différencie de la masse !!

       

    • Francis, agnotologue JL 13 avril 2011 08:54

      spartacus,

      si ma tante en avait ...

      Vos « si » sont ridicule. Vous parlez de ces sujets qui visiblement vous dépassent avec autant d’assurance qu’un énarque, polytechnicien et ministre de l’industrie tout à la fois.

      Savez vous qu’il y des gens qui en savent si peu qu’ils ne savent même pas qu’il sont ignorants ?


    • Robert GIL ROBERT GIL 12 avril 2011 09:36

      Comment économiser l’eau, l’électricité, le gaz, le pétrole ? Dans un
      système capitaliste, il suffit d’augmenter leur prix, cela pénalisera les plus
      pauvres et n’empêchera pas les plus riches de gaspiller les ressources de la
      planète. Ce qui augmentera encore les inégalités.
      Il faut en réalité déterminer les besoins de chacun par rapport aux membres
      de la famille vivant sous le même toit. Ensuite il faut établir un prix planché
      assez bas pour que chacun puisse avoir accès à l’eau et l’énergie. Dans un
      deuxième temps il faut taxer de manière exponentielle tout dépassement, de
      façon que même pour ceux qui ont les moyens, le barème soit dissuasif, afin
      de mettre fin au gaspillage. Si la sanction n’est pas dissuasive par rapport aux
      revenus, cela revient à ajouter une inégalité à une autre.........voir :

      http://2ccr.unblog.fr/2011/01/11/egalite-des-biens-et-des-sanctions/


      • spartacus spartacus 12 avril 2011 10:10
        L’augmentation des tarifs EDF est un racket d’état. Un abus de situation de monopole et nous faisons l’objet d’une pression de son lobby qui essaye de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
        1er mensonge par omission. L’électricité est moins chère en France qu’en Europe.
        Mais aucun pays d’Europe n’a financé un tel parc de centrale sur fond public. Il est donc normal de payer moins cher.


        .-L’électricité est produite à 75% par de l’énergie Nucléaire dont la matière première est l’uranium. Le marché de cette matière est estimé à 2,5 milliards de dollars. « Trade tech », source de cotation officielle indique des échanges à 73$ la livre d’Uranium en février, le 15 mars, un mois plus tard elle s’échange à 55$ la livre. Le prix de l’uranium pourrait bien tomber vers les 40 dollars par livre d’ici la fin d’année et les gels de centrales et de projets de construction pourraient faire baisser cette matière première bien plus l’année prochaine. L’uranium a donc baissé de 25% depuis un mois et ce n’est que le début de la chute.

        Les centrales nucléaires d’EDF ont été construites sur fonds publics il y a plusieurs dizaines d’années. Si le nucléaire souffre de coûts d’investissement très élevés, le coût d’exploitation des centrales, lui, est particulièrement bon marché, notamment en comparaison des centrales fonctionnant à partir de sources fossiles. L’exploitation de centrales amorties depuis longtemps génère donc des marges importantes. 

        -La seconde source de production de l’électricité est l’hydraulique (12%). EDF exploite en France métropolitaine et dans les DOM environ 500 centrales dont EDF est propriétaire ou concessionnaire. La production hydraulique est la forme d’énergie la plus flexible et l’une des moins polluantes. Un barrage peut en quelques minutes passer d’une production nulle à sa pleine puissance. La encore l’incidence de la matière première est nulle. 90% des barrages appartenant à EDF sont aujourd’hui amortis.

        -La troisième source de production c’est l’énergie thermique à flamme (Fioul, gaz, charbon). (11%). La production EDF par des combustibles fossiles, est en pleine régression. Ces dernières ne servent essentiellement qu’à assurer les pointes de consommation. Aucune centrale au fioul ou a charbon n’est en construction seul quelques investissements dans des centrales au gaz pour profiter de la baisse des cours mondiaux de cette matière première qui a été divisé par 3 depuis 5ans. (et oui sur le marché mondial le prix du gaz baisse...pas pour le consommateur français)

        Moralité : les augmentation EDF ne sont poussées que les syndicats et la direction de cette entreprise aux intérêts communs contre la masse des français.

        La direction qui souhaite faire monter les cours de la bourse pour valoriser ses stocks option, et les syndicats qui savent que les privilèges des salariés vont au delà du raisonnable. Que la productivité est moitié moindre qu’a l’étranger. Que les taxes sur facture pour financer les retraites sur l’électricité sont licites et discriminatoires. Que la peur de la concurence terrifie.

        Non seulement l’électricité au 1er février ne devrait pas augmenter mais elle devrait baisser.


        • Robert GIL ROBERT GIL 12 avril 2011 15:01

          voici comment est organié la concurrence.

          Du jamais vu : obliger une entreprise, dans le monde de la concurrence libre et non faussée, à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité. Pour le gouvernement, les choses sont très simples : ce sont les tarifs régulés d’EDF, trop bas, qui nuisent...lire la suite ci-aprés :

          http://2ccr.unblog.fr/2011/01/31/la-loi-nome/


        • spartacus spartacus 12 avril 2011 21:55

          Dire que les tarif sont trop bas est un chiffon rouge agité par les lobbys EDF pour « vendre le statut public ».


          Les lobbys sont la direction EDF et les syndicats. 

          Il faut savoir que le comité d’entreprise d’EDF est la principale source ce financement syndicale de France. Ceci explique aussi le sectarisme de ces derniers plus préoccupés de la défense des intérêts catégoriels de la fonction publique que des simples salariés.

          Jamais la loi Nome indique que les tarifs sont trop bas. Au contraire ils sont trop haut. 

        • PtitLudo PtitLudo 12 avril 2011 11:49

          Les augmentations du gaz et de l’électricité sont voulues pour favoriser l’ouverture à la concurrence, ce n’est pas plus compliqué que ça. Réformer les tarifs implique de revenir sur cette casse du service public de l’énergie.


          • spartacus spartacus 12 avril 2011 21:59

            Faux. Les augmentations sont voulues par la direction pour augmenter ses stocks option et les syndicats qui craignent qu’on s’intéresse de trop près a ses privilèges.


            La concurrence ils en ont une peur bleue.

            Nous aurons tous a gagner de l’ouverture a la concurrence. 

          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 12 avril 2011 22:43

            40 % de taxes sur chaque facture d’électricité, c’est beaucoup, et même trop pour un produit de première nécessité. Il faudrait penser à ramener ces taxes à un niveau raisonnable.


            • Kalevala 12 avril 2011 23:17
              Rien n’est inéluctable si du jour au lendemain la bouse est kapok.

              • Croa Croa 13 avril 2011 00:30

                Il y a du bon dans ce projet mais aussi des lézardssmiley

                - Le bon : Etendre le tarif « social ». Offrir un tarif réglementé aux ménages (tous) plafonné à une certaine quantité d’énergie par an serait cependant plus simple ! (2MWh/an par exemple et c’est large.) Une loi annuelle déterminerait le prix de ces kWh réglementés.

                - Le mauvais : Profiter de la réforme pour libérer les prix. Assurément les bons clients seront favorisés, certains gros ayant même souvent la chance de payer moins cher leurs kWh que le tarif social ! Un second prix FORT du kWh tout autant réglementé (et pas 50) serait plus judicieux  : Cette solution, appliqué au delà de 2MWh/an aux ménages comme aux entreprises est la seule avec laquelle espérer une forte réduction des gaspillages !  

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