La date du 17 octobre ranime chaque année la frénésie commémorative de la part des associations spécialisées dans la haine de la France, et nous n’avons pas fini d’entendre parler de centaines de cadavres descendant la Seine et de grands charniers clandestins sous la lune. Nous allons donc faire le point des connaissances historiques sur ce sujet, en deux articles jumeaux. Dans le premier (celui-ci), nous allons nous intéresser aux essais de chiffrage qui ont été opérés. Dans un article jumeau, nous étudierons la fabrication d’un massacre et le lancement de légendes urbaines par une propagande très organisée.
Le 17 octobre 1961, le FLN organise une grande manifestation dans Paris. Elle est obligatoire pour les Français musulmans d’Algérie (FMA dans le langage de l’époque ; cependant, par facilité de langage, et bien que l’Algérie ne soit pas encore indépendante, nous les appellerons "Algériens" dans la suite du présent article, ainsi que dans l’article jumeau). Elle est qualifiée, sans rire, de "pacifique" par ses organisateurs. La manifestation, massive puisque obligatoire, dégénère dans des conditions non élucidées et donne lieu à une sévère répression. Les coups de matraque pleuvent et il y a des morts. Est-ce que cela suffit pour en faire un "massacre", ce terme suggérant une violence intentionnelle ? Les propagandistes ne se limitent d’ailleurs pas au mot "massacre". On peut lire aussi, dans des journaux et sur des sites algériens ou musulmans de grande diffusion, ceux de pogrom et de génocide. C’est une véritable incitation à la haine de la France.
Le contexte de l’époque est important à connaître : nous sommes à la veille de l’indépendance algérienne. Des mouvements terroristes hier alliés se découvrent rivaux pour l’exercice du futur pouvoir. En particulier, c’est la guerre entre le MNA et le FLN. Les attentats se multiplient aussi en France métropolitaine, ils sont quasi-quotidiens et visent en particulier les policiers (47 tués et 140 blessés en région parisienne d’après l’historien Jean-Paul Brunet). Ces derniers ont parfois la tentation de se faire justice eux-mêmes, éventuellement en dehors des heures de service, et des milices ont sévi, ajoutant à la violence.
La propagande s’en mêle, et fait tant et si bien qu’aujourd’hui, chacun parle comme d’une évidence du "massacre du 17 octobre" et de ses dizaines ou centaines de cadavres prétendument jetés à la Seine ou enterrés dans des cimetières clandestins ou disparus mystérieusement au pays des fantasmes. Les insinuations vont jusqu’à suggérer des morts par milliers (voir plus loin), et le terme de génocide a même été prononcé.
Nous sommes devant un cas d’école en matière d’enfumage, et il n’a pas surgi au hasard : parallèlement, en effet, un autre massacre a bien lieu, celui de musulmans originaires de la future Algérie, récalcitrants à l’embrigadement dans le FLN, et de militants de mouvements rivaux.
Le faux massacre en cache un vrai. Il y aurait une véritable étude à faire sur la sur-mortalité par violence des Algériens durant l’année 1961, mais cette sur-mortalité est indépendante de la journée du 17 octobre. Elle commence avant et se poursuit après. Elle n’est que marginalement le fait de milices de policiers se faisant justice eux-mêmes et appartient à la rivalité des mouvements algériens entre eux, principalement MNA contre FLN.
Le faux massacre en prépare aussi un vrai. On sait qu’à la différence du MNA, le FLN ne veut pas cohabiter, dans la future Algérie indépendante, avec une population européenne. La question sous-jacente est donc : comment chasser cette dernière ? Le grand non-dit de cette affaire, c’est que les massacres d’Oran (et ceux-là, ce sont des vrais) se préparent.
REPRESSION, MASSACRE, POGROM, OU GÉNOCIDE ?
Le mot "massacre" ne suffit d’ailleurs pas à certains, qui tentent maintenant de lancer des mots comme "pogrom" ou "génocide". En témoignent quelques exemples, pris dans des médias n’offrant pas de crédibilité scientifique mais qui ont une diffusion importante, et qui, à ce titre, comptent dans l’histoire de la diffusion des idées, des images, des fantasmes et des revendications :
Article d’Algeria Watch intitulé Massacre du 17 octobre 1961 : la date sans nom de l’histoire de France et signé Hicheme Lehmici ( Le Quotidien d’Oran, 17 octobre 2005).
Dans cet article, sous l’intertitre "Le grand mensonge", la répression du 17 octobre est qualifiée de génocide en ces termes : "Au lendemain du 17 octobre 1961, les Parisiens n’étaient qu’une dizaine à manifester pour dénoncer le génocide qui s’est librement déroulé la veille." La responsabilité du génocide supposé est attribuée globalement au peuple français : "La population française de Paris savait et n’a, sauf en de rares exceptions, porté aucun secours aux victimes de ce massacre. Au contraire, beaucoup sont sortis aider la police dans son immonde entreprise. Les journalistes non plus n’ont pas rapporté dans leurs colonnes le pogrom des Algériens."
Génocide, pogrom ... Le même article insinue que les morts seraient en fait au nombre de plusieurs milliers en y comptant des assassinats différés : " Les estimations actuelles pour ce massacre portent à 327 le nombre de tués et plusieurs milliers de blessés. Il faudrait aussi rajouter plusieurs milliers de disparus et d’expulsés vers l’Algérie dont beaucoup de témoignages concordent vers l’hypothèse qu’ils aient été massacrés à leur arrivée."
Cet article est largement repris, par exemple sur
Kabyles.com :
"Pour cet acteur des événements, il ne fait aucun doute qu’un crime d’Etat a été commis le 17 octobre 1961 contre une population désarmée. Ce forfait a été perpétré par la police et les miliciens avec l’assentiment du gouvernement français."
Ce même article du Soir d’Algérie répercute les accusations les plus folles :
« Dans le 18e, des membres de Brigades spéciales du 3e district se sont livrés à d’horribles tortures. Des Algériens ont été aspergés d’essence et brûlés « par morceaux ». Pendant qu’une partie du corps se consumait, les vandales en arrosaient une autre et l’incendiaient. Ces quelques faits indiscutables ne sont qu’une partie de ce qui s’est passé ces derniers jours, de ce qui se passe encore. »
« Des centaines de cadavres de manifestants abattus par balles jonchent les grands boulevards. Des centaines de personnes ont été jetées dans la Seine »
« On a dénombré 327 noyés, d’après les chiffres déclaré par Mourad Oussedik, membre du collectif des avocats du FLN. Ces assertions se basent sur les rapports médico-légaux. Ils ont été, en outre, confirmés par les recherches de l’historien J.L Einaudi. »
Récemment encore, un certain Omar Boudaoud (Boudaoud Omar, Du PPA au FLN mémoire d’un combattant, Alger, Casbah Editions, 2007,) relayé par le site
Oumma.com, incite à la haine en diffusant les pires calembredaines : une bonne centaine d’Algériens jetés dans la Seine au seul pont de Neuilly, sans même parler du Pont Saint Michel ; des scènes d’exécution à l’arme à feu, des mutilations, des entassements de cadavres, des lambeaux humains sur les marches d’escalier au métro Austerlitz ; encore des exécutions dans la cour de la Préfecture de police et encore des dizaines de cadavres jetés dans la Seine, en plus ce ceux du Pont de Neuilly et du Pont Saint Michel (ça fait combien au total ? ) ; des ratonnades qui suivent dans le bidonville de Nanterre ; des Algériens arrosés d’essence et brûlés par morceaux. L’article parle de 300 Algériens tués, chiffre qui devrait d’ailleurs être supérieur si l’on additionnait les dizaines et les centaines que l’auteur répand ici et là à la grosse louche. L’auteur a du se perdre dans ses propres comptes.
On pourrait multiplier les exemples : aucun superlatif n’est trop grand, sous la plume de certains, pour qualifier la répression du 17 octobre 1961.
Certes, ces délires n’apparaissent en général pas sous la plume d’historiens qualifiés, mais ils circulent, et ils remplissent leur rôle de propagande, contribuant à répandre la haine de la France. Ils se fondent, comme source primaire jamais soumise à une étude critique, sur un simple
tract anonyme, diffusé dans la foulée des événements, par un "groupe de policiers républicains" (comprendre : sympathisants communistes et/ou FLN).
LES MORTS AVERES
Entre le 17 et le 31 octobre, Mandelkem trouve sept victimes avérées :
Abdelkader Deroues, retrouvé mort, tué par arme à feu, le 17 octobre vers 21 heures, avenue du Général-de-Gaulle à Puteaux, après le reflux de la manifestation.
Lamara Achemoune, retrouvé mort, le 17 octobre vers 21 heures, dans une camionnette stationnée avenue du Général-de-Gaulle à Puteaux, tué par balles. D’après le dossier d’enquête, l’autopsie a également constaté une strangulation.
Guy Chevalier, mortellement blessé, le 17 octobre, devant le cinéma Rex, boulevard Bonne-Nouvelle, vers 21 heures. La mort est due à des coups de crosse sur la tête, reçus pendant une charge.
Achour Belkacemi, mortellement blessé par le tir d’un gardien de la paix le 18 octobre vers 22 heures, avenue Henri-Barbusse à Colombes, lors de la dispersion d’une manifestation. La légitime défense a été invoquée.
Abdelkader Bennahar, retrouvé mort le 18 octobre, vers 22 heures, avenue Henri-Barbusse à Colombes. La mort est due à d’importantes blessures à la tête. L’écrasement par un véhicule a été évoqué.
Amar Mallek, mortellement blessé par les tirs de deux gendarmes le 20 octobre au stade Pierre-de-Coubertin.
Ramdane Mehani, mort pendant son transfert dans un véhicule de police du commissariat central du 13ème arrondissement au palais des Sports de la porte de Versailles, le 21 octobre, vers 22 h 30. Le registre de l’institut médico-légal [IML] mentionne toutefois la maladie comme cause présumée de la mort.
On voit donc que nous ne sommes nullement devant une liste de personnes tuées intentionnellement, par sauvagerie. Il n’est même pas certain que toutes ces morts soient imputables à la police.
On ajoutera (c’est Brunet qui le précise) que le Parquet de Paris avait instruction d’ouvrir une procédure chaque fois qu’on trouvait un Algérien mort de mort violente, que des enquêtes ont eu lieu et qu’elles ont laissé des traces écrites qu’il a exploitées.
LES ESSAIS D’ELARGISSEMENT DU CHIFFRAGE PAR MANDELKEM, GERONIMI, ET BRUNET
Y a-t-il eu d’autres morts que les sept avérés ? Pour le savoir, plusieurs personnes ont travaillé sérieusement, dépouillé les registres, tenté d’imaginer où pouvaient se trouver les cadavres manquants, cherché en aval de la Seine les corps qu’elles n’avaient pas trouvé en amont, élargi leurs recherches de toutes les façons. Il s’agit de l’historien Jean-Paul Brunet, et des deux magistrats mandatés par le gouvernement Jospin pour établir des rapports, le Conseiller d’Etat Mandelkem pour le ministère de l’Intérieur, et l’Avocat général Geronimi pour le ministère de la justice.
Faute d’éléments concluants, ces personnes n’arrivent jamais à des certitudes. Cependant, même en allant chercher, sur un périmètre élargi, tous les Algériens morts de mort violente, et même en attribuant à la police les cas douteux (c’est à dire en procédant à rebours de la présomption d’innocence), toutes arrivent à un maximum de 20 à 50 morts plus ou moins liés aux manifs d’octobre.
Voici comment raisonne Mandelkem :
"Pour la période comprise entre le 17 octobre et le 31 décembre 1961, 88 corps de Nord-Africains (des FMA pour la plupart), sont entrés à l’IML. De l’avis de la mission, le cas de 25 de ces cadavres appelle une analyse plus poussée. Pour ces cadavres, en effet, la date présumée de la mort ou ses circonstances, telles qu’elles ressortent du registre d’entrée, complété, le cas échéant, par les enquêtes de la police judiciaire, ne permettent pas d’exclure tout lien avec les manifestations.
On relève que 22 de ces cadavres avaient fait, à l’époque, l’objet d’enquêtes judiciaires, mais aucune d’entre elles n’a conclu à une relation avec les événements de la mi-octobre. Il n’en reste pas moins troublant que, dans quelques cas, la date du décès ou de la disparition coïncide avec la date des manifestations.
Reste à savoir si certains cadavres auraient pu ne pas être transportés à l’IML à l’époque des manifestations d’octobre et échapper de ce fait aux bilans officiels. L’hypothèse est difficile à prendre en considération, réserve faite de cadavres qui auraient été découverts en aval de la Seine, hors du ressort de la préfecture de police, ou qui ne seraient pas remontés à la surface. C’est précisément pour explorer cette dernière éventualité que la mission a consulté les dossiers des successions musulmanes du Fonds d’action sociale (FAS), que ce service constituait à l’époque - dossiers de nature à aider les investigations puisqu’ils contenaient, en principe, entre autres documents, les bulletins de décès des travailleurs algériens en métropole. Mais ces bulletins n’existent pas toujours, ou sont muets sur les causes du décès : on peut le comprendre, puisque celles-ci n’avaient pas d’intérêt au regard de l’objet des dossiers. Les vérifications entreprises n’ont donc pas été concluantes.
Sous les réserves exprimées ci-dessus, le registre d’entrée de l’institut médico-légal constitue ainsi la source administrative la plus complète, donc la plus fiable, sur les décès survenus au cours de la période considérée."
Les méthodes de travail de l’historien Jean-Paul Brunet sont très comparables, et ses résultats également.
L’avocat général Jean Geronimi, nommé par Elisabeth Guigou pour faire un travail analogue à celui de Mandelkem, évalue pour sa part à 48 les morts des manifestations d’octobre, mais il y inclut tous les cas, y compris des meurtres en principe imputables au FLN (cas d’un commerçant qui avait ouvert sa boutique malgré l’interdiction) et même quelques morts naturelles.
Le chiffre d’une quarantaine de morts est également admis par l’historienne
Sylvie Thénaud, qui écrit : "En effet, le dépouillement des archives publiques permet d’établir le nombre des victimes à environ une quarantaine. Jean-Paul Brunet, dans son livre, ainsi que Jean Geronimi dans son rapport, parviennent à ce résultat. Quant à l’évaluation de deux cents morts, elle s’explique : il s’agit d’une évaluation qui prend en compte des personnes décédées avant le 17 octobre, voire aussi après. La liste des personnes tuées publiée par Jean-Luc Einaudi prend en compte des personnes tuées bien avant le 17 octobre." :
LES DÉLIRES CHIFFRES DU FLN ET DE SES AMIS
Les premiers chiffres de morts revendiqués par le FLN démarrent assez modestement : le 20 octobre, un communiqué du GPRA parle de 50 morts dont plusieurs femmes (note : non, il n’y a aucune femme parmi les victimes) et de plus de cent disparus. Le 21 octobre, un communiqué de presse de l’Union des Etudiants algériens (UGEMA) affirme que "des dizaines d’Algériennes et d’Algériens sont tombés sous les balles des colonialistes (note : pas d’Algériennes, comme déjà dit ; et peu de victimes par balles).
Ce document boutefeu fit l’objet d’une enquête ; le papier fut analysé et il s’avéra semblable à celui qu’utilisaient le parti communiste, la CGT, et les mouvements proches, en particulier à la Régie Renault. Des dizaines d’Algériens auraient été tués au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Une bonne centaine précipités dans la Seine au Pont de Neuilly. Le sang aurait coulé à flots à la station de métro Austerlitz, et des restes humains auraient jonché les escaliers. Une petite cour, dite "d’isolement", de la Préfecture de Police, aurait été un véritable charnier, et, de là encore, des dizaines de cadavres auraient été jetés à la Seine. Encore 30 malheureux jetés dans le canal à Saint Denis. D’autres, en nombre indéterminé, auraient été jetés dans le canal à Auberviliers, ou pendus dans le bois de Vincennes. Dans le XVIII ème arrondissement, des Algériens auraient été arrosés d’essence et brûlés par morceaux.
Nous avons vu plus haut que Mourad Oussedik, membre du collectif des avocats du FLN, revendique 327 noyés, ce qui suggère un nombre indéterminé mais supérieur à ce chiffre de tués tous types de mort confondus.
Avec le temps, le nombre des morts revendiqués par les propagandistes pro-FLN se stabilise aux alentours de 300, du moins pour ceux qui ont quelque prétention à la crédibilité scientifique.
Jean-Luc Einaudi dresse une liste de 246 noms. Commentant son livre, House et MacMaster croient comprendre de son ouvrage La Bataille de Paris que les policiers ont fait ce soir-là plus de 200 morts. Les historiens britanniques précisent que dans la liste d’Einaudi des 246 victimes pour lesquelles la date du décès est connue, 141 décès ont été enregistrés avant le 17 octobre. Les chiffres de Brunet et d’Einaudi couramment cités ne concernent donc pas la même période. Brunet avait mis ce point en évidence en 2003 et dénonçait également dans l’exploitation de cette affaire un « mythe forgé pour les besoins d’une cause militante ».
Quand nous analysons les divergences entre les chiffres établis sérieusement et ceux des amis du FLN, nous retombons toujours sur cette différence de périmètre : les amis de FLN essaient d’englober, dans le nombre des victimes du 17 octobre, d’autres morts ayant eu lieu à des dates fort éloignées, et même tous les Algériens tués en France métropolitaine en 1961. Ce qui revient à escamoter les autres causes de l’hécatombe d’Algériens cette année là (hécatombe qui est avérée). Ce qui revient à escamoter les victimes de la guerre FLN/MNA.
NOTES ET RÉFÉRENCES
(outre celles déjà citées dans le corps du texte)
Jean-Paul BRUNET Police contre FLN
JEAN-PAUL BRUNET, CHARONNE. LUMIÈRES SUR UNE TRAGÉDIE Paris, Flammarion, 2003, 333 p., ISBN 9 782080 683410
Jean-Paul BRUNET Sur la méthodologie et la déontologie de l’historien. Retour sur le 17 octobre 1961
Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris : 17 octobre 1961, Seuil, 1991, ISBN 2-02-013547-7.
Sylvie Thénault, « Le fantasme du secret d’État autour du 17 octobre 1961 », Matériaux pour l’histoire de notre temps
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mat_0769-3206_2000_num_58_1_404254 ?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
Jim House, Neil MacMaster, Paris 1961. Les Algériens, la terreur d’État et la mémoire, Tallandier, 2008, 542 p. ISBN 978-2-84734-491-2. Traduit de l’anglais par Christophe Jacquet.
Linda Amiri, Les fantômes du 17 octobre, Mémoire Génériques, 2003. Lire un entretien avec Benjamin Stora au sujet de ce titre sur grands-reporters.com : http://www.grands-reporters.com/1961-Les-fantomes-du-17-octobre.html