Procès Erignac / Affaire Colonna : Présumé coupable !
Toutes les formes d’extrémisme et de nationalisme sont détestables. Qu’il soit de Bretagne, du Pays Basque ou de Corse ou d’ailleurs.
Néanmoins, difficile de ne pas partager les sentiments d’injustice, d’amertume voire de révolte des nationalistes corses et d’une grande partie du peuple Corse, quand un de ses enfants, un citoyen de la République Française jusqu’à preuve du contraire, est condamné pour un fait qu’il n’a manifestement pas commis, avec une peine sans précédent.
De la manière dont était mené le procès, véritable parodie de Justice, il paraissait évident que la culpabilité serait reconnue, et la condamnation lourde.
Mais à l’image d’un diagnostic médical à l’issue fatale, l’être humain n’est jamais prêt à encaisser le choc quoi qu’il en dise et quoi qu’il laisse paraître.

Rappelons pour la forme que le dossier d’accusation reste ignominieusement vide. Que la seule témoin de la scène du crime, la seule en mesure de parler légitimement, plus que toute autre personne en France, a dit clairement à la barre que ce soir là, les yeux et le visage de l’assassin n’étaient pas ceux d’Yvan Colonna.
Pour couronner le tout, l’analyse médico-légale a prouvé que le meurtrier devait faire 10 bons centimètres de plus que le berger corse.
Inutile de s’en remettre au sulfureux Pierre Alessandri pour innocenter l’ex-fugitif le plus célèbre de l’hexagone. La témoin clé de l’affaire plus l’expertise scientifique suffisent amplement.
Mais les médias ayant pignon sur les consciences tels qu’Europe1 ou le Figaro continuent de claironner la voix de leur maître : “Colonna ! Coupable ! Colonna ! Coupable !”
Et certains y croient encore ne voyant rien de l’erreur judiciaire monumentale, tellement énorme qu’elle en devient presque naturelle en Sarkozia.
A écouter : ici l’avocat Me Maisonneuve dans l’émission de Dominique Souchiez, transformé étonnament en Elkabach pitbullesque. (C’est arrivé cette semaine, à partir de la 11ème minute)
Sur le fond, ce n’est pas le berger corse que l’on assassine, c’est Marianne, c’est la République.
Dreyfus, Seznec, Ranucci, Raddad, Machin, Outreau. Par le passé, la justice française a commis des erreurs éhontées et irréparables. Certaines téléguidées d’un membre du gouvernement ou de personnalités locales, d’autres uniquement basées sur l’incompétence, l’amateurisme d’une profession qui se croît paradoxalement au-dessus des lois.
On aurait pu penser qu’avec un tel florilège de scandales politico-judiciaire, capables de couper le pays en deux camps, la leçon aurait été tenue. Nous aurions pu.
Le procès Erignac, transformé par l’évidente raison d’Etat en “Affaire Colonna” prouve malheureusement à la face du monde que la France et ses français reprend le chemin facile et dangereux des jugements arbitraires, des faits du prince.
Comme par le passé, la Justice veut donner une tête en pâture à la pauvre veuve épleurée mais aussi et surtout à l’opinion publique. En temps de crise, le bon peuple avait par le passé aimé le goût de la viande fraiche. Les Terreurs de la révolution ne sont pas si éloignées et la Naturel revient si vite au galop.
Sauf que, dixit le Général, les Français ont beau être des veaux, dans leur plus grande majorité à 53% approximativement, il reste malheureusement pour les tortionnaires des Droits de l’Homme, il reste toujours une partie d’irréductible gaulois, aux quatre coins de la Gaule, qui refuse viscéralement l’injustice la plus profonde et la plus arbitraire.
Rue89.com fait sa une sur “Colonna, l’erreur judiciaire du quinquennat Sarkozy”. Allons plus loin, pensons grand. N’est ce pas à moyen ou long terme, “l’erreur du quinquennat Sarkozy” ?
Lui, le petit lâche vociférant menaces après menaces, ce petit garçon inculte que toute opposition politique ou idéologique pétrifie de peur, a parfaitement raison lorsqu’il exprime ses craintes en face du peuple qui l’a élu.
Rien de pire qu’un soulèvement populaire, massif, dans la plus pure répétition de mai 68. Et en cela, le nerveux schizophrène de l’Elysée voit juste.
Mais l’adage populaire “la peur n’évite pas le danger” aurait dû le faire réfléchir quelques secondes de plus qu’à l’ordinaire. Sans ses médicaments contre Alzheimer - d’où son refus des verres d’alcool - il aurait compris que son totalitarisme envers Yvan Colonna pourrait représenter l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.
On l’a vu avec la Guadeloupe, les combats qu’ils soient sociaux ou électoraux en besoin d’être personnifié.
Elie Domota a pris sur lui les revendications des opprimés de l’île. Il a su cristallisé autour de lui et du syndicat LKP les attentes d’un peuple qui a souffert et qui souffre encore.
Sans lui, dans le meilleur des cas, aucune avancée notable n’aurait été constatée, les promesses du routard Yves Jégo faisant long feu.
En 1789, Marie Antoinette représentait le dédain d’une royauté et d’une noblesse déconnecté des réalités. Sa prétendue phrase à propos de la brioche en remplacement du pain mettra le feu aux poudres et justifiera les pires accusations lors de sa parodie de procès.
Quant à la personnification de l’injustice, les divers emprisonnés de la Bastille - d’où le terme embastiller - ont permis une cohésion encore plus forte d’un peuple à l’agonie et trahi par ses rares représentants.
Yvan Colonna sera-t-il l’homme au masque de fer de Nicolas Sarkozy. Deux êtres qu’une haine viscérale et mystérieuse pour le grand public oppose. La lettre de cachet a été envoyée, il y a de cela plusieurs années par l’actuel président. Durant le procès, 6 semaines d’attente, de demandes divers et variées dont une reconstitution sur les lieux, probablement fatale à l’accusation, demandes reconduites sine die par le président de la cour, ont confirmé les craintes d’un procès bâclé en amont comme en aval, clairement à charge, pour offrir sur un plateau la tête d’un innocent.
A l’image des tristes précédents, combien de temps faudra-t-il encore attendre pour les médias s’emparent du scandale ?
Où en est ce fameux 4ème pouvoir dans la France du XXIème siècle ? Faut-il faire une demande manuscrite à chacun des rédacteurs en chef des grands journaux pour leur demander de prendre position et de mettre tous leurs poids de journalistes professionnels dans la balance ?
Que font les artistes et intellectuel(le)s, engagés politiquement démocrates bobos de gauche ou républicains de droite ?
Facile de critiquer les horreurs du régime chinois, ses procès iniques et ses exécution sommaires. Et pour votre pays, pour les citoyens victimes de l’injustice d’Etat, que faites-vous ?
Pour le moment, sur tous les supports (web, tv, radio, presse) les propos d’un irresponsable et pitoyable rappeur sans talent ni morale, propos qui tombent sous le coup de la loi, ont la préférence. Toutes celles et ceux qui ont diffusés sa vidéo et/ou son nom, rentrent dans son jeu dangereux de la publicité à tout prix.
Joli os à ronger d’un journalisme qui ne veut plus s’engager, se retranchant derrière le rythme des informations de France ou du monde.
Que Zola et Hugo doivent se retourner dans leurs tombes en voyant ces torchons stériles et photocopiés, relais de pseudo-révélations, qui évitent consciencieusement de parler des sujets qui fâchent, de prendre partie en défendant les valeurs de la République.
Une complicité aussi coupable que les êtres - puisqu’un seul fou furieux ne suffit jamais - qui organisent le génocide de Marianne.
Engagez-vous. Donnez votre opinion de témoins de la République Française. Faites fi des pressions, des menaces verbales ou écrites. Résistez au nom du peuple que vous informez.
Réalisez le “J’accuse” moderne qui permettra de fendre le mur du mépris des lois républicaines, héritage des philosophes des Lumières, et de galvaniser un front…populaire qui n’attend plus que ça.
Car le Dreyfus corse n’est que le début. Faudra-t-il attendre qu’une personnalité politique ou syndicale parisienne se (re)fasse embastillée à son tour pour voir le commencement d’un soulèvement ?
Tant que cela ne frappe pas le cercle des protégés du Gotha de la Capitale…
Car la bête immonde prend soin de viser tout et n’importe qui d’abord, d’utiliser ses pions dans les moindres strates de la vie civile pour parvenir à ses fins. D’enfoncer chacune des portes qui le rapproche de la dictature. Les plus dangereux opposants politiques sont pris par les sentiments (un poste à l’étranger, une mission à l’autre beau du monde) font allégeance se transformant en complices voire collaborateurs de leur nouveau maître.
Alors que les journalistes ne le soient plus et mettent leurs opinions en avant, d’une manière aussi libre et provocatrice que ne le fait Catherine Nay, pour véhiculer la propagande du Régime.
Elle, qui sait si bien détruire de manière chirurgicale les arguments et les propos des opposants à sa cause.
La Chirurgie, un domaine que la Joker de la rue François 1er connaît trop bien.
Sortez vos stylos de vos poches, le soleil brille mais les temps ne sont pas sombres.
Ne vous contentez pas de publiez les articles des autres, les idées des autres. Exprimez-vous en votre nom !
Demain, il sera peut être trop tard pour faire enfin votre travail, votre vocation.
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