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Accueil du site > Actualités > Economie > Le manager des Pink Floyd pour une licence globale

Le manager des Pink Floyd pour une licence globale

Le Britannique Peter Jenner, manager entre autres des Clash, des Pink Floyd et de Billy Bragg, se dresse contre les DRM. Dans une interview à The Register, il prédit que la solution de licence globale qui fut proche de l’adoption en France sera adoptée dans « la plupart des pays ».

Lorsque Peter Jenner parle, l’industrie du disque écoute d’une oreille attentive. Né en 1944, ce manager britannique a d’abord commencé sa carrière comme économiste. Diplômé de Cambridge, il donne ses premiers cours à la prestigieuse London School of Economics dès l’âge de vingt-et-un ans. Mais sa fascination pour la musique le pousse quatre ans plus tard à devenir le manager d’un groupe encore méconnu : les Pink Floyd. Il dirige le groupe de Syd Barett vers son sommet, et décide ensuite d’accompagner l’artiste dans sa carrière solo (avec son complice Andrew King). Il s’occupera également des Clash, de Roy Harper - qu’il produit, ou de Billy Bragg, entre autres.

En somme, l’homme s’est attiré le respect de ses pairs et a montré son savoir-faire dans le développement artistique. Et sa formation économique ne le quitte pas lorsque, récemment, il déclare que les majors du disque sont "foutues". "Je pense que d’ici deux ou trois ans les licences légales seront avec nous dans la plupart des pays", affirme-t-il au Register. En France, "les gens qui ont descendu [la licence globale] se sont tirés eux mêmes une balle dans le pied".

Il le sait à propos des DRM, les majors "n’y croient plus". C’est d’abord venu du scandale sur le rootkit de Sony BMG, puis surtout par les statistiques d’iTunes. Le site a du succès, oui, mais pas auprès des jeunes. "Le paiement unitaire n’est pas adapté à la technologie, il n’est pas adapté à la façon dont ils utilisent en réalité les téléchargements, c’est-à-dire pour explorer et flâner. Vous ne voulez pas payer un euro pour chaque titre lorsque vous voulez explorer la musique", explique-t-il.

Maisons de disques contre managers

Pour Peter Jenner, "ce serait merveilleux si le gouvernement pouvait enfermer tout le monde dans une pièce - l’industrie du disque, les syndicats, les artistes interprètes, les maisons de disques, les éditeurs, les fournisseurs d’accès -, et leur dire qu’ils ne peuvent pas partir avant de s’être mis parfaitement d’accord". Mais il ne le peut pas, et l’Etat peut résoudre la question à travers une licence légale qui autoriserait les usages numériques à titre non commercial, en contrepartie d’une somme forfaitaire prélevée notamment par les fournisseurs d’accès à Internet.

La résistance vient des maisons de disques qui veulent continuer à maîtriser leurs marges bénéficiaires. "Ce truc de la licence légale va évidemment couper votre marge", reconnaît-il. Les maisons de disques, qui doivent rendre des comptes à leurs investiseurs, font comme toutes les entreprises : elles visent à avoir toujours des marges bénéficiaires plus grandes. Et elles le font en diminuant au maximum les droits reversés aux artistes sur les albums vendus. Or les artistes ont compris qu’un autre modèle était possible à partir du moment où les majors n’ont plus la mainmise sur les moyens de distribution et de promotion de la musique. Ce sont les internautes eux-mêmes qui rempliront ces fonctions, assure Peter Jenner.

Le rôle du manager sera d’encourager ces nouvelles pratiques pour qu’elles soient le plus en faveur possible de ses artistes. Le rôle du manager devrait devenir prépondérant dans cette nouvelle économie. Ce n’est donc sûrement pas un hasard si un autre grand opposant aux DRM et à la politique de la RIAA est le Canadien Terry McBribe, manager de Sarah Mclachlan, Avril Lavigne et des Barenaked Ladies.


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14 réactions à cet article    


  • Demian West (---.---.161.29) 8 novembre 2006 10:02

    Guillaume,

    Et le manager de Mozart ou cettui de Wagner ? qu’en pensent-ils ?

    DW


    • veridian (---.---.66.160) 8 novembre 2006 10:36

      Ils pensent que Wagner ou Mozart n’a plus besoin de manger ?


    • Depi Depi 8 novembre 2006 10:41

      Ulrich Wagner en aurait peut-être besoin.


    • veridian (---.---.66.160) 8 novembre 2006 10:56

      Certains professionnels de la musique commencent (enfin !) à comprendre quel peut-être leur intérêt dans l’évolution actuelle du marché.

      En tant qu’ex-professionnel de l’informatique, ca fait bien longtemps que j’ai compris qu’avec la généralisation du réseau des réseaux, la copie numérique parfaite et immédiate allait bouleverser notre manière de « consommer » la culture sous toutes ses formes.

      A chacun de s’adapter, ou pas, mais c’est un maintenant un fait, et un comportement sociétal généralisé.

      Auparavant, je me disait : « tiens le dernier album des Stones vient de sortir, j’ai bien envie de l’acheter ». J’attendais alors l’occasion, mettais 15 EUR de côté, me rendais dès que possible chez mon disquaire. 2 jours après j’écoutais mon album des stones, qui était mauvais. 15 EUR à la poubelle.

      Maintenant je peut me dire : « tiens le dernier album des Stones vient de sortir, voyons voir ce que ca donne » et l’écouter gratuitement chez moi presque immédiatement, sans bouger. Il est mauvais ? Je passe à autre chose, sans conséquence.

      Ca peut choquer, mais qui accepterait aujourd’hui de revenir en arrière ? Moi pas.

      Je ne vais pas pondre un texte de 20 pages sur la problématique de la licence globale et de la nécessaire rémunération des artistes, car ca apparait déjà comme un combat d’arrière garde ! En effet, en pratique, la société en a fait la seule solution disponible. S’adapter, ou mourir, notre système est purement darwinien.

      Personnellement, payer une dime mensuelle pour avoir ce confort d’accès libre et généralisé à la culture me plairait bien. Mais on ne me le permet pas, c’est dommage car je ne reviendrai pas à l’ancien mode d’accès à la culture, comme la grande majorité du peuple d’en bas.

      S’adapter, ou mourir. Heureusement le peuple a en encore parfois le pouvoir de faire changer les choses.


    • RilaX (---.---.223.153) 8 novembre 2006 19:00

      Il est vraiment bien ce nouveau systeme de vote des commentaires ... on a plus besoin de se coltiner les délires du fou ! Merci agoravox (populi)


    • Marie Pierre (---.---.215.112) 8 novembre 2006 11:14

      Bonne info

      En fait, - est-ce une impression ? - je n’ai jamais vu autant de jeunes dans les festivals depuis que le téléchargement existe. Un peu comme s’ils découvraient de nouveaux artistes que leur porte monnaie laissait en marge.

      De plus, dans les festivals, les artistes sont directement payés, ils n’ont pas que de miettes que la SACEM veut bien leur octroyer.


      • Forest Ent Forest Ent 8 novembre 2006 11:31

        Another brick in the wall. smiley

        Si la LG avait été votée en 2005, elle aurait eu sa chance. Las ! Les médias ont fait une impressionnante démonstration de lobbying, qui a eu pour effet :

        - de les positionner comme adversaires de leurs clients,

        - de décrédibiliser nos institutions et leur système affairo-politique,

        - de reporter le débat de fond aux calendes grecques.

        Il est maintenant probable qu’une LG éventuelle arrive trop tard.

        Vue la déliquescence de nos institutions, il est fort à craindre qu’une éventuelle LG future ne soit instituée que pour sauver les majors et pas pour rémunérer les artistes. Et qu’elle se présente sous la forme insidieuse d’une série de nouvelles taxes destinées à « subventionner la création », comme par exemple une taxe sur les FAI pour financer le cinéma.

         smiley

        En tout cas, je ne pense pas que nous oublierons de sitôt la manière dont on s’est moqué de nous en 2006.

        La DADVSI est votée. Elle est applicable. Les dés roulent. Que la RIAA et la MPAA récoltent ce qu’elles ont semé. Vivent les DRM. Vivent les majors. Vivent les plate-formes de téléchargement payant. Vivent les artistes (financiers).


        • fredleborgne (---.---.132.102) 8 novembre 2006 13:48

          vivent les majors, vivent les artistes financiers nec mergitur


          • Zenest (---.---.3.153) 9 novembre 2006 12:41

            8 réactions seulement...

            Ca y est, ce débat important est vraiment passé de mode. Dommage.

            Peter Jenner me semble légèrement optimiste, mais j’aime croire à ce qu’il annonce. Mais comme ForestEnt, je suis sceptique quant à une LG telle que nous l’avions pensée. Les lobbys industriels sauront une nouvelle fois se préserver, je le crains.


            • minijack minijack 9 novembre 2006 19:16

              Je ne voudrais pas dire mais c’est ce que je me tue à répéter depuis six mois : les majors sont déjà mortes. C’est un combat d’arrière garde. Et la Licence Globale (améliorée au plus près des intérêts des artistes eux-mêmes et pas des « fabricants de culture préfabriquée ») va inéluctablement se retrouver la seule mesure valable et JUSTE de rémunération des créateurs de toutes oeuvres numériques copiables à l’infini. Vive la démocratie participative qui fera enfin participer les créatifs indépendants.

              Je suis heureux de constater que certains grands de la musique prennent aussi au sérieux l’option « accès généralisé et à bas prix à la Culture de qualité ». Et je suis sûr qu’ils ne le regretteront pas. C’est une dynamique de diffusion et donc de consommation exponentielle qui ne diminuera pas le revenu des vrais artistes, au contraire, mais qui le répartira sans aucun doute beaucoup mieux si tant est que cette répartition ne reste pas entre les mêmes mains décideuses...

              Il y a aussi des gens intelligents chez les managers d’artistes.

              Quant à Mozart, on s’en fout ! Au cas où tu ne le saurais pas, Demian, Mozart est mort depuis longtemps !

              L’important c’est de rémunérer correctement les petits Mozart de notre époque. Ce sont ceux-là qui en ont besoin.

               smiley


              • Demian West (---.---.255.135) 9 novembre 2006 19:31

                Erreur MiniJak : Mozart est toujours vivant, vous voulez que je vous le passe ? Euh non, c’est lui qui ne veut pas vous parler. Il ne parle qu’aux personnes qui pensent... et la musique aussi...

                DW


              • minijack minijack 9 novembre 2006 20:09

                Seulement à ceux qui pensent ?... Et il te parle, à toi ?... C’est la preuve qu’il s’agit d’un contrefacteur. Allez ouste ! au violon le faux Mozart.

                 smiley


              • Forest Ent Forest Ent 10 novembre 2006 01:44

                C’est le luth final. smiley


              • amine daoudi (---.---.162.116) 16 février 2007 01:25

                Il est vrai que Nick est une figure incontournable de la légende pink floyd et c’est plutôt la personne la mieux placée du groupe qui pourrai raconter leurs histoire avec le plus d’objectivité possible vu qu’il est pas vraiment partie prenante du conflit qu’a vécu le groupe et qui a perduré tout au long de la période post Waters si j’ose dire, mais il serai pour moi plus excitant de voir une biographie des pink selon David et Roger, on aura alors soit une confirmation de la façon de voir de Nick soit découvrir peut être d’autres aspects de la personnalité des deux ou encore d’autres vérité que pourrai garder l’un ou les deux non révélées jusqu’à lors, mais sinon cette initiative de Nick pourrai être encourageante pour les autres membre pour en faire autant. Pour finir : Merci pink floyd pour ce que vous avez fait pour moi et pour ceux qui vous aime autant que moi

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