Les BAL citoyens
A l'heure où l'austérité est décrété par le gouvernement, où le chômage monte en flèche, où la précarisation de l'emploi et des conditions de travail s'accélèrent et enfin où la dictature de la technocratie européenne se finalise, y a t'il des solutions face à toutes ces menaces n'apparaissant pas utopique ou faisant croire que le remède soit pire que le mal ?
Très clairement la réponse est oui et si l'on excepte les risques cataclysmiques naturels, tous les moyens de sortir de ce marasme socio économique à brève échéance sont là. Mais toujours avec la même condition, sortir des recettes idéologiques actuelles. Revenir à la base de ce qui fonde la cohésion sociale, c'est à dire le contrat social. Ici je ne vais pas parler de la dette, mais d'une nouvelle manière d'aborder le problème de l'emploi avec comme idée directrice, le respect du contrat social.
La solution que je vais présenter s'appelle, les Bourses d'Activités Locales avec l'acronyme suivant les BAL.
En quoi consiste ces BAL ?
En l'établissement de bourses par bassin d'emploi. Reliées entre elles horizontalement et verticalement avec une bourse centrale coordinatrice, l'ensemble ayant pour objectif de gérer les besoins des services publics et des entreprises privés en matière d'emploi. Le but étant de permettre la double exigence de la sécurité des revenues des citoyens et de la flexibilité du travail.
Pour ce faire il faut au préalable redéfinir la notion courante du travail. Étymologiquement le mot travail signifie tripalium, c'est à dire un instrument d'immobilisation et de torture. A partir de ce sens premier, ce mot a évolué vers la contrainte physique volontaire afin de gagner l'argent nécessaire pour nourrir sa famille. Dans une société post industrielle, c'est à dire où l'automatisation de la production remplace les travaux répétitifs, insalubres, difficiles et dangereux, le travail n'occupe plus une part importante des emplois ouvriers. Or, cette automatisation ne peut être vu comme une évolution positive que si cette dernière libère l'humain de ces tâches, c'est dire qu'elle permet la dilution du travail pour le réduire au minimum et non pas pour le concentrer sur une minorité et paupériser la part d'ouvriers remplacés par l'automatisation (j'omet volontairement les délocalisations). De ce fait, l'activité salariale doit être redéfini et celle ci peut être alors décomposé en trois catégories.
Le travail : qui est un devoir. Une obligation dû au corps social pour le mieux vivre ensemble. (définir le travail comme un droit est une inversion du sens et donc une imposture)
L'activité créatrice : qui est un droit. Un liberté de choix dû par le corps social pour le mieux vivre ensemble.
L'activité sociale : En même temps droit et devoir c'est à dire faisant appel à la responsabilité individuelle des personnes envers le corps social pour remplir sa part du contrat social. C'est cette dernière qui doit rappeler aux deux activités précédentes le sens de leur propre raison d'être (conscience) !
L'activité régénératrice : Qui est aussi en même temps devoir et droit, mais tourné vers son propre corps social (contrat social familial) pour le mieux vivre ensemble. Faisant partie de la sphère personnelle elle n'est pas prise en compte dans le temps d'activité en relation avec le corps social.
La création de ces trois catégories entraîne des conséquences majeures.
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la disparition du travail comme référence unique dans le monde productif. Il est alors remplacé par le terme d'actif, au sens où la production, quelle soit industrielle ou artisanale, est une composante de l'activité sociale des citoyens composant ladite société. En effet, le but de toute société est la mise en commun du savoir et des moyens de production afin d'assurer la sécurité des besoins de bases tout en favorisant l'accès aux besoins secondaires avec pour objectif final l'épanouissement personnel de ses membres.
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La création de ces BAL implique donc une inversion radicale dans la perception du travail par les actifs. Le travail n'est plus vu comme un droit mais comme un devoir, une obligation dû au corps social. Le droit étant lui la possibilité de développer un projet de création d'entreprise ou artisanale et de faciliter, d'encourager la formation à de nouveaux métiers (car l'acquisition de nouvelles compétences peut être vu comme une création de valeur ajouté personnelle). Sachant qu'actuellement, la moitié des actifs désirent pouvoir changer de « travail » pour aller vers une activité créatrice ou/et sociale.
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Redéfinition stricte entre ce qui relève du secteur privé et du domaine public. Le secteur privé ne peut que concerner l'activité marchande et de production des biens, mais ne peut concerner le domaine social qui lui relève, par définition, pleinement du domaine public. Doit donc être exclu du champ du privé, la santé, l'enseignement et l'aide aux personnes pour l'essentiel. Toutefois, la nécessité du contrat social impose un contrôle total de tout ce qui relève des besoins primaires et donc, ne laisse au secteur privé (dans sa doxa de créer la demande par répondre à l'offre) que les biens secondaires et seulement après la satisfaction des besoins primaires. En effet, tous les besoins primaires répondent au principe de créer l'offre pour répondre à la demande.
La liberté économique commence là où s'arrête la nécessité du contrat social.
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Abolition du chômage et division des actifs en deux types. Le type d'emploi mono-actif et le type pluri-actif.
Le type mono-actif correspondant aux emploi fixes que sont aujourd'hui les emploi en CDI. Ainsi que les artisans et les emplois spécialisés.
Le type pluri-actif correspondant aux emplois variables que sont aujourd'hui les emplois en CDD et les emplois saisonniers. Mais s'y ajouteront, comme vu plus haut, tous les emplois sociaux.
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La retraite est modifié de la manière suivante. Elle reste d'office pour la partie travaillé à partir de 60 ans, mais reste conditionné aux besoins du marché de l'emploi pour les besoins en formateurs.
Les BAL font office de direction des ressources humaines pour les emplois pluri-actif. Pour les emplois mono-actif, elles ont un rôle de co-gestionnaire avec les DRH du secteur privé. En effet, si les BAL facilitent le changement d'un type d'emploi, cela doit s'accompagner par une coordination renforcé dans la gestion des ressources humaines pour éviter les risques de pénuries de main d’œuvre dans la production du secteur privé ou public.
En ce qui concerne le temps d'activité minimale, pour les mono-actif, le cadre actuel peut être conservé avec une majoration du SMIC de 25% et une réduction du temps légal pour les emplois pénibles, insalubres et dangereux en CDI (30h hebdo maxi).
Pour les pluriactif, le temps travaillé mensuel peut compter pour moitié, soit 75 h et le temps d'activité créatrice et sociale pour l'autre moité soit 75 h aussi. Donc un total porté à 150 h mensuel.
Pour la question du salaire de l'emploi pluri-actif, étant donné le caractère moins contraignant, le salaire peut être pensé sur la base du SMIC actuel.
Cependant, tout cela reste une base de calcul !
Il faut bien voir que l'emploi pluri-actif, excepté pour sa part travaillé, sort l'humain de l'idéologie hyper consumériste, pour le recentrer sur la valeur humaine de la vie sociale où le rendement n'est plus en rapport avec la matière, mais avec le relationnel. Ce que l'idéologie dites ultra libérale actuelle tente de faire, c'est de détruire le contrat social qui unit les citoyens autour d'un idéal commun qu'est le mieux vivre ensemble (diviser pour mieux régner).
Voilà pour les grandes lignes des Bourses d'Activité Locales. Mais bien évidemment, je n'ai pas abordé son impact direct sur l'instruction publique où l'école doit « apprendre aimer apprendre » pour « apprendre à apprendre » dans un premier temps (droit) et donner une spécialité technique dans un second temps (devoir). Il y a d'autres conséquences indirectes aux BAL mais directement liés au contrat social, mais ce n'est pas l'objet du présent article.
Bien évidemment, tout ceci reste une ébauche, une idée venant s'ajouter à d'autres...
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