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Accueil du site > Actualités > Europe > Lettre ouverte à nos dirigeants européens

Lettre ouverte à nos dirigeants européens

Pour une Europe de l’éducation

Il est grand temps, après le passage à la monnaie unique, que les Européens s’associent autour d’un modèle commun qui passe par le partage des savoirs et des connaissances à travers tout le continent.

Développer la construction de l’Europe, c’est favoriser la coopération et les échanges en matière de recherche scientifique et technique, d’innovation, de développement. Construire l’Europe sociale commence par une vraie Europe de l’éducation.

Les conférences ministérielles de Bologne, de Prague et de la Sorbonne ont lancé depuis quelques années le coup d’envoi d’une construction de l’Espace européen d’enseignement supérieur. Les différents pays européens se sont ainsi donnés comme première mission de promouvoir les déplacements de leurs chercheurs et de leurs étudiants à travers l’Union. Dès lors, une évaluation européenne de la convergence des diplômes doit avoir lieu.

Mais il est nécessaire d’aller plus loin. Il faut développer les relations entre les universités européennes, construire des passerelles, imaginer de grandes universités européennes... La mobilité des étudiants ne doit pas être limitée aux quelques stages de fin de cursus mais doit être intégrée de plein droit à chaque formation et doit devenir l’objectif de l’harmonisation européenne des diplômes.

Pour une Europe de la recherche et de l’innovation

Nous devons promouvoir un renforcement de la coopération scientifique entre les pays de l’Union européenne et augmenter le budget européen de la recherche afin de permettre la création de grands centres de recherche européens couplés à de grandes universités européennes. C’est en mutualisant nos efforts de recherche par des pôles de recherche européens que nous développerons un grand espace de l’innovation, source de toute création d’emplois. Dans ce cadre, donner du poids au 7e Programme cadre de recherche et de développement qui permet pour la première fois un financement européen de la recherche fondamentale dans les pays membres doit faire partie de nos priorités.

Un déploiement d’actions spécifiques pour soutenir l’effort de recherche et de développement pour les pays les plus pauvres est également, plus que nécessaire, un devoir pour une puissance économique aussi importante que l’Union européenne.

Pour une Europe sociale

Alors que des réformes sociales ont lieu dans de nombreux pays de l’Union, nous rappelons notre attachement à une convergence des mesures sociales au niveau de l’Europe. Ceci est particulièrement possible en matière d’aides sociales pour les étudiants. Nous appelons à la création d’un véritable fonds européen d’aide à la mobilité étudiante. Pourquoi ne pas se donner comme ambition d’accompagner la construction de l’Europe de l’éducation en créant un système d’aides sociales étudiant au niveau européen ? Apres l’harmonisation européenne des diplômes, faisons l’harmonisation européenne des aides sociales étudiantes !

Ainsi, nous pensons qu’il est urgent que les ministres européens ayant comme mission l’enseignement supérieur et la recherche puissent se rencontrer pour envisager la création d’un véritable service public d’enseignement supérieur et de la recherche européen. Nous demandons que la construction de l’Europe de l’éducation soit le grand objectif européen des années à venir.

Pour continuer à populariser l’importance du rôle et de l’utilité de l’Europe, il est important de multiplier les initiatives de rencontres et d’échanges entre jeunes européens et de débattre partout en Europe des thèmes de développement de l’Union européenne.

L’Europe a subi récemment des préjudices. Par le refus de plusieurs pays d’un traité permettant d’aller plus loin en matière sociale, nous avons retardé son développement. Il est urgent de relancer sa construction.

Au cours des années écoulées, l’Europe sociale a été essentielle pour la progression de l’Europe. Elle doit le redevenir, et la stratégie et le plan d’action de la Confédération européenne des syndicats formulés au congrès de Séville montrent la voie à suivre.

Le message que nous devons porter c’est créer plus d’Europe, et plus d’Europe sociale.


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14 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 25 juillet 2007 16:01

    Il y a plusieurs sujets.

    La mobilité étudiante : Erasmus était déjà un bon programme, mais il faudrait le solidifier. J’ai vu un étudiant perdre une année à cause de différences de rythme entre universités de deux pays.

    La création d’un service public européen : je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais l’UE ne crée pas de services publics, elle les détruit.

    « le refus de plusieurs pays d’un traité permettant d’aller plus loin en matière sociale »

    Je vous défie de trouver une phrase dans le TCE allant dans ce sens. L’UE se veut productrice de « marché », pas de « social » ni de « public ».


    • Quentin GUILLEMAIN guillemain 25 juillet 2007 17:49

      Et la charte des droits fondamentaux ?


      • Forest Ent Forest Ent 25 juillet 2007 21:44

        Euh ... si c’était une réponse à la question « comment le TCE aurait-il pu faire avancer le social », cette « charte » est un ensemble de voeux pieux. Tout le monde est gentil et il faut plus de marché.


      • Laurent_K 28 juillet 2007 14:19

        Il y a plusieurs points dans l’article :

        « Une évaluation européenne de la convergence des diplômes »

        Pourquoi pas mais les traditions d’un pays à l’autres restent très différentes. Entre la France où le haut du panier est constitué par un groupe de « grandes » écoles et la majorité des pays où c’est l’université qui tient le haut du pavé, entre la France où on se forme en général une fois pour toute et l’Allemagne où le système des apprentis et les passerelles entre éducation et entreprises permettent de reprendre facilement des études, il y a un sacré travail ! Et ces exemples ne concernent que trois pays... C’est toutefois un sujet explosif. Tout ce qui touche à l’éducation est sensible car c’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Ceci dit, l’idée se défend.

        Pour une Europe de la recherche et de l’innovation :

        Concrètement, que signifie « donner du poids au 7e Programme cadre de recherche et de développement » ? Donner des moyens je présume ? Combien et de quelles poches doivent-ils venir ?

        Pour une Europe sociale

        Ca fait un paquet d’années qu’on nous la promet celle-là ! Je me souviens encore des promesses du référendum sur Maastricht où on nous promettait de s’y atteler après que nous ayons voté oui. Nous l’attendons toujours et les rares fois où le sujet a été abordé, cela a plutôt été pour aligner les droits sociaux sur les plus faibles que l’inverse.

        En ce qui concerne « la création d’un véritable service public d’enseignement supérieur et de la recherche », il faudrait déjà s’entendre sur la définition du service public. La Commission a une définition portant sur les SIEG mais a précisé qu’il ne s’agissait pas des services publics à la française dont la définition est floue. Et en général, quand l’Europe s’occupe de services publics (au sens effectivement assez flou tel que la population française l’entend), c’est pour les privatiser...

        En ce qui concerne votre avis sur le rejet de la constitution, je vous invite à la lire en détail. Complètement y compris les commentaires du Praesidium. Ca ne laisse plus guère de regrets une fois que vous avez constaté que les droits accordés étaient au mieux un catalogue de bonnes intentions sans obligation de les appliquer alors que dès qu’il s’agissait de mettre en place la concurrence et le marché là c’était tout à fait précis et obligatoire.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 juillet 2007 17:08

          Les droits ne sont jamais applicables sans luttes et procédures pour les faire appliquer, car tout droit est toujours l’enjeu d’un conflit entre des intérêts contradictoires ...

          S’il suffisait de faire voter un texte social pour qu’il s’applique automatiquement, cela se saurait et il n’y aurait plus besoin de syndicats et de combats des salariés pour le faire respecter. Le droit n’est jamais qu’une condition nécessaire mais jamais suffisante pour qui veut faire avancer concrètement les droits des salariés. Cette vision idéaliste du droit est un comble pour qui veut construire une Europe plus sociale dans une économie libérale de marché.

          Quant à construire une Europe anti-capitaliste ou anti-libérale , ce n’est ni possible, ni souhaitable, à moins de la vouloir anti-démocratique et totalitaire dans son mode de gouvernance...


        • stradiuvarius 29 juillet 2007 23:18

          Lorsque le législateur vote une Loi à l’assemblée nationale, il l’agrémente généralement d’une myriade de procédures contraignantes permettant son application. C’est vrai dans le Droit du Travail tout particulièrement. Dans le cas contraire, on image bien que les tribunaux administratifs, en France, crouleraient sous les recours et les plaintes , et que les salariés, les citoyens seraient en conflits permanents, ce qui ne serait plus gérable pour les Juridictions concernées ainsi que pour le « bon » fonctionnement de notre démocratie.

          Par ailleurs, la Charte des Droits fondamentaux est un exercice stylistique assez peu convaincant c’est le moins qu’on puisse dire, un catalogue de vœux pieux et de formulations banales à connotation Socialo Marxiste (Le bonheur sur terre, l’égalité etc...) et de banalités dont l’URSS de Brejnev, la Chine de Mao ou même le IIIème Reich (social) dont A Hitler se prévalait, avaient initialement inauguré la mascarade conceptuelle qui consiste en la formulation de lieux communs égalitaires, fraternels, universels pour subordonner et finalement contraindre le citoyen ou l’individu à la pensée dirigiste, majoritaire, bref la pensée dominante pour des hypothétiques lendemains qui « chantent ». Quand on voit ce que ça a donné !

          On mesure bien aujourd’hui , au travers de l’exemple européen, combien les hommes sont prompts et disposés à réitérer les erreurs du passé (Reboul est assez symptomatique du mal) qui consiste à régler leurs desiderata européiste et plus loin universaliste sur des socles aussi friables que le Marché, le libre échangisme , la libéralisation des services, là ou conceptuellement on les plaçait hier sur des plans idéologiques ou politiques...et encore. Qu’est ce qui différencie à ce titre la construction européenne aujourd’hui de l’édification d’un Empire politique passé , d’une citadelle économique pour soi disant contrer ou contraindre les puissances émergentes ? La sémantique trahit le plus souvent les intentions de ses plus fervents adeptes « peser » « puissance » « force » « dominer » et fait resurgir quelques sombres expériences.

          Comment peut-on dans ces conditions croire qu’en donnant toujours plus aux entreprises lesquelles sont soit dit en passant garante de richesses et d’emplois, en libéralisant à terme les services tout en promouvant en même temps l’émergence d’une « concurrence libre et non faussé » rendant au salarié la responsabilité et la pérennité de l’entreprise au travers de sa flexibilité et des sacrifices qu’il est prêt à consentir pour vivre, parfois survivre, on aura ne serait ce que commencer de régler le problème du chômage, de la pauvreté (50 millions de pauvres dans l’UE des 27), du bonheur ou du mal être de ses citoyens ?

          Il y a manifestement un dévoiement, un abus de langage , une ESCROQUERIE caractérisée dans cette Charte des Droits Fondamentaux et dans cette Europe si peu soucieuse des Libertés individuelles qui se construit. Car Bruxelles souhaite in fine faire de vous et de moi des consommateurs, au mieux des individus, en aucun cas des « animaux politiques » ou des citoyens dotés de Droits réels, lesquels impliquent , que démocratiquement, on peut très bien refuser les contours ou les principes de cette Europe politique.


        • HELIOS HELIOS 28 juillet 2007 17:38

          Pour ne répondre qu’a votre premier paragraphe, j’ai bien peur que la marchandisation de la culture et donc la marchandisation du savoir, de la formation donc de l’école soient déjà en passe de gagner.

          Si, la loi dadvsi avait existé au temps des cro-magnon, nous devrions payer pour allumer une allumette ou grimper sur une biciclette (droit d’auteur à ceux qui ont inventé le feu et la roue).

          Ceci n’est qu’une caricature de votre propos, mais il faudrait reconsiderer rapidement notre modèle de société, notament en ce qui concerne les savoirs et la culture si nous voulons avancer.

          L’Europe devrait être là pour nous liberer des marchands du temple, elle ne fait que leur donner de nouvelles armes. Pauvre de nous


          • Internaute Internaute 28 juillet 2007 20:30

            Il y a trente ans, dans l’université où j’étudiais, un bon quart des étudiants étaient étrangers, pas seulement d’Europe mais du monde entier. Le brassage est une habitude qui n’a pas attendu l’UE pour exister. N’est-ce pas François 1° qui fut le mécène d’un peintre italien connu pour avoir fait le portrait d’une femme pas trés jolie et à moitié souriante ?

            Je ne vois absolument pas l’intérêt d’uniformiser les diplômes entre les pays européens. Vous ferez miroiter aux jeunes plus d’opportunités mais en fait vous ne ferez que créer plus de concurrence inutile et pousserez les salaires à la baisse. Le jour où nos médecins et nos pharmaciens seront en concurrence libre avec les tchèques, les croates et les polonais vous aurez seulement plongé un peu plus notre population dans la misère.

            Non à l’Europe et non à tout pouvoir central, totalitaire par construction.


            • dom y loulou dom 29 juillet 2007 13:45

              il n’y a plus d’europe citoyenne. Elle n’existe plus. Si nous conversons ici c’est une chambre à part d’expression dont les puissants se foutent complètement. qu’un complexe militaro-industriel et les peuples européens ont acepté de disparaître dans leurs griffes. Europe sociale ? Quelle europe sociale si elle n’est pas citoyenne ? Que rêvez-vous donc ? L’avis ds citoyens n’est non-seulement pas voulu par les dirigeants, mais même pas par les citoyens... alors hein, si on ne veut pas se doter des moyens de faire face au pouvoir décisionel qui nous tue à petit feu ou à grand feu...

              Reste l’OTAN. Et l’OTAN est en guerre. L’OTAN n’est qu’une machine de guerre et l’Europe un réservoir de chair à canon, tout le reste sont des paillettes saupoudrées de mille fêtes, de mille festivals, de mille activités qui nous donnent de l’importance... muette en politique.

              Merci aux esprits égotiques qui nous ont enfermé parce qu’ils n’aiment pas croire ce qu’on leur dit et qu’ils pensent toujours avoir raison. Les conditions mortifères ont bien fait rigoler les masses ? Restent les conditions mortifères sans rien en retour. Bravo. Une machine militaire qui montre tous les jours comme elle aime piétiner les citoyens, tous les citoyens qui ont accepté de se faire traiter de terroristes et qu’on les surveille avec de plus en plus de moyens technologiques jusqu’à ce qu’on ne respire plus que sous l’aval des marchands d’armes et de masques à gaz.

              ça devient pathétique de continuer à discuter ici. C’est inutile, nous n’avons plus rien à dire, nous, simples citoyens. Bon, au moins restons -nous en contact psychologique avec nos aspirations, mais ne pensez pas une seconde que votre avis intéresse ces gens, ils se rêvent comme de nouveaux Napoléons... c’est fou ce que ça va nous aider... les dividendes, monsieur, les dividendes, c’est tout et la haine qui s’accumule au moyen-orient.

              Habituez-vous à nouveau qu’on vous traite de grand public. Après tout vous êtes aux premières loges pour regarder gesticuler votre gouvernement, non ? Nous, nous avons le droit de travailler plus pour ne rien gagner du tout. Quelle avancée ! smiley


              • Bof 29 juillet 2007 18:38

                @dom : Oui, il faut travailler pour rembourser nos dettes. Nos entreprises ont disparues . Elf est même égarée avec le 1er labo du monde qui fut nationalisé « sanofi » . Des entreprises nationalisées égarées comme l’argent de la banque qui devait être Européenne « le Crédit Lyonnais », notre justice ne les a pas retrouvées ,et vous voulez ignorer ce fait que nos enfants ne tarderont pas à nous reprocher avec raison mais amertume pour moi. Pour ma part, ce qui ne passe pas , c’est le départ de « mon » usinor pour l’Inde ,mais ce n’était qu’une toute petite entreprise aux mains de nos fonctionnaires pour son administration. il est temps d’arreter de tout mettre sur « l’autre » ,nous sommes tous responsables et coupables . La France est « sans le sous » comme l’a encore dit Monsieur Hollande ; alors, mettons nous au travail pour nos enfants comme nos parents ont « trimés » pour nous et sans récompenses pour eux.


              • dom y loulou dom 29 juillet 2007 23:31

                @bof

                oui... on ne fait que ça depuis toujours, travailler pour que les petits reçoivent un monde qui soit autre chose qu’une grande lobotomie organisée.


              • criophoros 14 août 2007 16:36

                Vous critiquez les foules (le grand public) les politiques sont pareils... Après la présidentielle le ministre tant décrié qui a accouché de DADVSI est au chômage. Bonne nouvelle !


              • moebius 29 juillet 2007 22:21

                Toujours et encore cette histoire cette meme histoire, cette plainte déclinée sur tout les modes des petits qui courbent l’échine sous le joug des puissants


                • lyago2003 lyago2003 8 août 2007 12:44

                  L’homme ne doit pas seulement penser au présent et à lui-même ; mais aussi à l’avenir et aux générations futures. La Fontaine met cette pensée du poète latin dans la bouche du vieillard qui répond aux trois jeunes hommes : Mes arrière-neveux me devront cet ombrage.

                  Sommes nous capables de penser et agir ainsi ? Je sais je suis un utopiste.

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