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Accueil du site > Actualités > Info locale > Contournement Est de Rouen : incontournable !

Contournement Est de Rouen : incontournable !

Rouen est la dernière grande agglomération française à ne pas avoir de contournement routier. Elle l’espère depuis trente ans. Au terme du débat public, l’attente est grande. Un avis favorable du ministre serait une occasion historique pour Rouen d’améliorer l’urbanisme, les transports et la qualité de vie.

Le débat public sur le contournement Est est clos. Le rapport de la commission a été rendu le 16 décembre. Tout dépend maintenant de Dominique Perben, ministre de l’équipement et des transports, qui doit être émettre un avis avant le 16 mars prochain.

Cette attente est l’occasion de revenir sur quelques points importants. Tout d’abord, le débat a été de très bonne qualité. Il faut s’en réjouir. Il a conforté l’idée, pour 80% des Rouennais, de la nécessité de voir aboutir très rapidement le projet présenté pour :

- améliorer le cadre de vie du centre ville de Rouen, en réduisant bruit et pollution, dus au trafic important et en particulier à celui des poids lourds. Les Rouennais ne peuvent subir plus longtemps de telles nuisances.

- Favoriser le développement économique de l’agglomération en répondant aux enjeux de rayonnement, de croissance et de création d’emplois fondés sur les activités industrielles et portuaires, et aussi sur l’attractivité des fonctions tertiaires indispensables à une métropole à vocation européenne.

- Diminuer les risques liés à l’insécurité routière et aux transports de matières dangereuses dans un centre urbain dense.

- Limiter l’étalement urbain qui, faute de contournement, s’intensifierait, créant des nuisances et un trafic supplémentaires. Cela, à court terme, conduirait à l’asphyxie de Rouen et d’une grande partie de son agglomération.

Toutes ces raisons incitent la ville de Rouen, une majorité de ses habitants et de nombreux partenaires économiques à soutenir la mise en oeuvre du tracé proposé. En effet :

- Il répond aux attentes exprimées ci-dessus.

- Il est cohérent avec les documents d’urbanisme et de planification, tel le schéma de cohérence territoriale.

- Il a été l’objet d’une réflexion menée de longue (trop longue ...) date, et propose des solutions concertées.

La décision, souhaitée favorable, de la commission du débat public sera pour Rouen non pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle réflexion ambitieuse sur le fonctionnement urbain. Il faut profiter de ce projet pour mettre en oeuvre les orientations du plan de déplacements urbains (PDU), qui préconise une cohérence entre urbanisme et transports, ce qui se traduit nécessairement par la densification urbaine, le rééquilibrage entre les différents modes de transport, et la redistribution de l’espace au bénéfice des modes doux et des utilisations permettant un usage partagé et convivial.

Contournement Est : une chance à saisir pour Rouen et son agglomération

Le contournement Est sera donc pour Rouen une occasion à ne pas manquer d’accélération de la mutation des modes de déplacement, et surtout de reconquête de l’espace public. Celui-ci pourra ainsi être rendu aux habitants pour de nouveaux usages, facteurs de lien social et de convivialité. Le projet conjuguant amélioration du cadre de vie, développement économique et création de lien social répondra alors à toutes les exigences d’un projet de développement durable.

Contournement Est : des engagements indispensables pour Rouen !

La ville de Rouen doit prendre des engagements clairs pour donner tout son sens au futur contournement et profiter pleinement des opportunités décrites ci-dessus. C’est un projet de développement économique, mais aussi de réappropriation du territoire qu’il faut mener. Il serait d’ailleurs souhaitable que chaque commune de l’agglomération concernée ait la même démarche dans le cadre d’un projet commun.

La réalisation rapide du contournement Est est indispensable. Elle doit être l’occasion d’une réflexion globale sur les déplacements et sur la reconquête de l’espace public. Le contournement Est ne sera une complète réussite que s’il est réalisé dans le cadre d’une vision de l’avenir centrée sur une meilleure utilisation de l’espace urbain.

Espérons que ces éléments seront pris en compte par le ministre dans l’avis qu’il a à formuler. Un avis favorable de sa part (éventuellement assorti de recommandations sur certains points identifiés lors du débat) serait, en matière d’urbanisme, de transports et de qualité de vie, une occasion historique pour Rouen et son agglomération !


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5 réactions à cet article    


  • indiana (---.---.157.48) 6 janvier 2006 19:03

    Vous semblez très convaincu et militant et ce contournement me parat aussi une necessité mais existe t il des opposants et ont ils des arguments ou motivations ? ?


    • Edgar Menguy (---.---.128.31) 8 janvier 2006 23:43

      Le débat public a démontré un large consensus : Plus de 80 % de partisans du contournement. Il y a bien sûr des opposants. Ils sont de plusieurs sortes. Il y a ceux qui souhaitent empêcher le contournement par réaction NIMBY car ils sont proches du futur tracé, il y a ceux qui s’inquiètent pour l’impact sur certains espaces naturels, enfin il y a ceux qui sans être totalement opposés exigent des garanties sur les mesures d’accompagnement (pas de péage, mesures simultanées de réduction du trafic automobile en ville, meilleur raccordement entre les différentes autoroutes).


    • nono 14 juillet 2014 18:53
      - améliorer le cadre de vie du centre ville de Rouen, en réduisant bruit et pollution, dus au trafic important et en particulier à celui des poids lourds. Les Rouennais ne peuvent subir plus longtemps de telles nuisances.

      Il faut, pour faire les bons diagnostics, se basées sur les comptages faits par les Ponts et Chaussées de 1999 à 2007. 
      De vrais chiffres permettent d’élaborer les bonnes thérapies. Selon le CETE, 89,1% du trafic se rend (ou vient de...) l’Ouest, l’A13.
      Le trafic de transit, VL + poids lourds, qui passent aujourd’hui par à l’est de rouen, en y ajoutant le trafic qui passe à Rouen vers l’A150 (Barentin) et l’A151, c’est 3598 véhicules (VL + PL).
      Soit, sur le million de déplacements (TMJA 2007 - chiffres annoncés par la Dréal), 0,36% du trafic global de l’agglomération.
      Retenez ce chiffre : 0,36%.
      A cela, le débat public de 2005 a considéré que si la route était payante, 40% des véhicules échapperaient à l’autoroute en empruntant les routes secondaires. Calculez vous même l’impact sur la circulation en ville !
      Mais même en ne comptant pas sur le trafic de transit, en ne prenant en compte que le trafic de passage, je n’ose tenir compte du trafic interne, la desserte sur Oissel orienterait les flux vers... la sud5 par la D418 entre le rd-point des vaches et la sud3 (peu amène pour les PL), ou la RD18e, la zone industrielle déjà largement saturée, en direction du pont Mathilde.
      Les mêmes causes reproduiront les mêmes effets. Et l’on continuera de se cogner sur l’avenue Jean Rondeaux, au feu, ou bien de ne pas être reliés de la sud3 au pont Flaubert. Pour au final arriver au kinderArena !
      Quant au pont Mathilde, l’arrivée par la ZI risque de le saturer de nouveau à vitesse grand V. Un pont Mathilde qui a connu un accident industriel du à un camion qui avait chargé sa citerne à Petit-Quevilly.

      - Favoriser le développement économique de l’agglomération en répondant aux enjeux de rayonnement, de croissance et de création d’emplois fondés sur les activités industrielles et portuaires, et aussi sur l’attractivité des fonctions tertiaires indispensables à une métropole à vocation européenne.

      Tout le monde a pleinement conscience de l’obligation sociale que nous avons à préserver, développer, et renouveler l’emploi. Mais deux arguments mélangés en une seule phrase ; Scindons :

      L’activité portuaire c’est l’Ouest. C’est Petit-Couronne. Et l’activité portuaire, c’est à 80% de la céréale (à noter, un produit, qui contrairement à un greffon, n’a pas vocation à être livré dans l’urgence, genre vite entre 7h30 et 8h30 du matin, ou entre 17h et 18h).
      Mais c’est l’ouest.
      Le port souhaiterait bien le raccordement par l’Ouest. Mais Rouen - pas le Rouen portuaire, le Rouen politique - ne veut pas. Donc, pour le port, si le contournement Est peut fluidifier la circulation, pourquoi pas. Après tout ce sont les contribuables et usagers qui paieront.
      Les camions arriveront quoi qu’il en soit par la sud3, difficile de faire autrement.

      Pour ce qui est de l’attractivité des fonctions tertiaires, les ZAC et le toutim vecteur d’emplois & co, il faut jeter un oeil - faute de quelque étude socio-économique que ce soit, qui n’a pas été réalisée par la Dréal, sur les bialns faits sur les dernières infrastructures par les ponts et Chaussées, le CETE, la DGR et aussi la CREA :
      « Effectivement, l’infrastructure en elle-même n’est pas l’outil qui va permettre de développer des emplois. Mais c’est un outil nécessaire au territoire pour permettre aux entreprises d’avoir aussi des facilités d’accès à leurs entreprises pour pouvoir justement permettre les embauches nécessaires à la vie du territoire. » Françoise Guillotin, Vice-Présidente de la CREA

      Quelles sont les conclusions que fait la Direction Régionale de l’Equipement sur la rentabilité interne de l’ouvrage A28 Rouen-Abbeville dans son évaluation socio-économique :
      « Ces premiers résultats laissent déjà présager un des effets de l’infrastructure sur l’étalement urbain : celui-ci s’étend bien au-delà de ce qui était pressenti dans les études préalables de l’autoroute, jusqu’à plus de 30 km du pôle urbain de Rouen.
      Par ailleurs et toutes proportions gardées, l’impact sur l’agglomération d’Abbeville a été similaire.
      En outre, les effets de cet étalement urbain sur les trafics sont plus que proportionnels : dans des zones où l’étude démographique ne met en évidence que des croissances de population de l’ordre de 10 à 15 % entre 1990 et 1999, les augmentations de circulation dépassent les 30 voire 50 %, soit 3 à 4 fois plus ! Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, mais plutôt 3 à 4...
      [...]
      Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques.
      L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute. »

      - Diminuer les risques liés à l’insécurité routière et aux transports de matières dangereuses dans un centre urbain dense.

      La zone SEVEZO, aujourd’hui, c’est Rouen pour le trafic de matières dangereuses. Quand ils vont vers les nord, les franchissements, ils viennent de la ZI ouest. C’est ce qui s’est passé pour le pont Mathilde. De Petit-Quevilly au pont Mathilde, pas Petit-quevilly -> Sud3 -> A13 -> Val-de-Reuil -> fontaine-Sous-Préaux...

      - Limiter l’étalement urbain qui, faute de contournement, s’intensifierait, créant des nuisances et un trafic supplémentaires. Cela, à court terme, conduirait à l’asphyxie de Rouen et d’une grande partie de son agglomération.

      Redite et corrigé dans la question au dessus. Nan, pas celle immédiatement au-dessus, l’autre, juste avant. Merci.

      Toutes ces raisons incitent la ville de Rouen, une majorité de ses habitants et de nombreux partenaires économiques à soutenir la mise en oeuvre du tracé proposé. En effet :

      - Il répond aux attentes exprimées ci-dessus.

      Non, de facto.

      - Il est cohérent avec les documents d’urbanisme et de planification, tel le schéma de cohérence territoriale.

      Non, car le SCoT et le PLUI à venir de la CREA lutte contre l’étalement urbain sur les plateaux Est.
      - Il a été l’objet d’une réflexion menée de longue (trop longue ...) date, et propose des solutions concertées. Ce qui risque fort d’advenir, et de congestionner plus encore le trafic urbain de Rouen et de l’agglo.

      Mais dire que 80% des participants étaient pour est une ineptie. Une pure et dure contre-vérité, un vrai mensonge !

      Ils ont été filmés tout au long de ce débat. A rouen, lors des « grands messes », mais surtout dans les villes impactées. C’est un refus massif

      Vous voulez les entendre, les voir, les comptabiliser ? Allez-y : Ce n’est pas 80%, ce n’est pas 20%, ce sont 3 personnes qui ont eu, en boucle, la parole. 
      Tant mieux pour la diversité. Mais les habitants, les usagers, les experts d’usage qu’ils sont disent NON. On n’en veut pas de ce machin. 

      Les preuves sont juste là : 



      Rouen, Evreux, Gouy, Pîtres, Val-de-Reuil, Louviers, Oissel, partout, on n’en veut pas de ce bidule à 1 milliard et quelques pelletées.

      En face, il étaient quelques uns. C’est une décision PS - UMP, avec l’aval des partenaires économiques : Medef, CCi, concessionnaires et autres aménageurs de ZAC. Soit. Contre les gens. Soit. Contre les chiffres mêmes de la Dréal. Soit.

      Mais contre l’humain, vous pouvez dire « pour l’économie », je dis que ce sont des intérêts économiques qui sont ciblés, et contre l’agriculture, contre le bien-être, contre la qualité de vie, contre la santé, contre les paysages, et contre les ruennais qui vont payer une blinde pour un résultat infinitésimal.

      Si vous avez besoin des études des services de l’Etat qui me permettent de dire que vous dites n’importe quoi, n’hésiter pas. Elles sont en ligne.


      • Xenozoid 14 juillet 2014 19:02

        Tout le monde a pleinement conscience de l’obligation sociale que nous avons à préserver,
        Hah bon, tu veux dire la croissance ?


        • nono 14 juillet 2014 21:00

          Non, je veux dire que l’on devrait, Etat, envisager les meilleurs solutions pour préserver la paix sociale en favorisant l’emploi de tous.

          Croissance, autres choix, ou partage, au autre.
          La question n’est pas là, les chiffres de l’Etat prouvent que dans le passé les ZAC n’ont procédé qu’à des relocalisations, et donc qu’il ne s’agit là pas de créations d’emplois nets.
          Le deuxième enseignement, c’est que cela crée de l’étalement urbain. On peut considérer que cela représente une retraite pour les agriculteurs, mais c’est une perte d’espaces naturels, et agricoles.
          Je rappelle les paroles de M. Emmanuel Hyest, qui n’est pas précisément un gauchiste smiley :
          "Si l’on veut protéger durablement le foncier agricole, il faut que les élus aient le courage, entre l’ouvrage, s’il doit se faire, et la zone urbanisée, que ce soit classé durablement en zone agricole. Durablement. Cela veut dire que, pour éviter les effets d’opportunité, une route qui se fait, et où chacun se dit : entre la route et la ville, ça devient du terrain à construire. Il faut qu’on ait le courage de dire que cela devient du terrain agricole protégé. Il faut qu’on aille jusque là. Et ça, c’est une responsabilité d’élus."

          Là encore, on peut rappeler la politique de la CREA et des PLUI à venir, et du SCoT : pas d’étalement urbaine sur les plateaux Est. Il généreraient trop de transports internes. Stturation aux heures de travail, CQFD, avec de nouveau, 30 à 50% de trafic supplémentaire pour 10-15% de relocalisation urbaine.

          Où est l’intérêt de cette infrastructure ? Va-t-on reproduire les même erreurs qu’avec l’A28, l’A150 et autres ouvrages ?

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