On nous parle de sécurité, une étudiante strasbourgeoise raconte... (suite)
Ils se demandent tous : mais où étaient les forces de police alors que brûlait l’Ibis.
Je réponds : A l’hôtel en feu et ses casseurs en noir ils ont préféré la rue pleine de couleurs et ses manifestants hurlant non à l’Otan. La sécurité c’est une question de priorité.
Pendant ce temps les hommes en noir qui avaient mis en place la barricade en pneus enflammés atteignent le cortège, armés de barres de fer, de bouts de bois et de masques à oxygènes. Ils sont équipés pour la paix. Ils veulent sûrement en découdre avec les hommes en bleu, pas rassurant tout ça… et je me demande : pourquoi n’ont-ils pas été arrêtés eux ? Parce que pour le coup, ils ont la tête de l’emploi…
- CRS / Hommes en noir / PACIFISTES \ Hommes en noir \ CRS.
Ces derniers font se resserrer les rangs… tiens donc, que va-t-il se passer ??
Les casseurs finissent par passer notre barrage improvisé, agressent les hommes en bleu. Les gaz lacrymogènes sont lancés, flashballs, etc.… sont de sortie et en moins de temps qu’il en faut pour le dire mes yeux brûlent et mes poumons chauffent. Je pleure. J’attends. Ils saccagent une usine, pas de chance je suis devant, aucune pierre ne me touche, j’ai peur. Ca pète dans tous les sens. Nous nous dirigeons vers le centre ville, les mains levées en signe de paix. A priori les CRS ne comprennent pas ce symbole de résignation et de non-violence, ils nous encerclent et balancent lacrymo sur flashball. C’est un mauvais rêve, je ne suis pas accroupie derrière un buisson, me cachant la bouche avec mon foulard et essayant de respirer le moins possible. Ces mecs habillés comme Robocop ne me prennent pas en joue alors que mes mains sont levées et mes couleurs affichées. C’est un mauvais rêve… Un CRS me crie de passer à travers la fumée tandis que de toute part volent les projectiles, mes amis sont partis sur la droite.
Assise pour attendre mes amis et reprendre mes esprits, des fourgons de CRS arrivent, il faut dégager. « Dégagezzzzz » n’est même pas prononcé que ces chers hommes en bleu nous balancent déjà des lacrymogènes. Assis par terre, en état de choc, personne n’avait d’armes ni d’intention malveillantes contre ces hommes censés nous protéger. Ils nous ont gazés et paniqués sans raison, pour le plaisir... ? Le principe de précaution qui a bon dos ? Où plutôt parce que, comme l’un d’entre eux me l’a crié alors que je me trouvais encerclée par les tirs de gaz lacrymogènes : « on en a marre nous aussi, on veut rentrer chez nous…. ».
Juste et justifié : non.
Chapitre 5 – Pour finir en beauté…
J’insiste, histoire que tout soit vraiment bien clair, mais franchement, vous mettez des manifestants dans une rue, sachant très bien que parmi eux, une minorité a oublié les couleurs du drapeau de la paix, vous les faites poireauter plus d’une heure. Certains s’énervent, déjà pas calmes à la base. Le parcours initial de la manifestation est modifié sans plus d’explications, il nous fait passer par les rues désertées du quartier du port du Rhin, l’un des plus pauvre de la ville, là où si casse il y a, le touriste lambda ne verra. Pas de sanitaires sur le chemin, c’est bien connu les pacifistes ne pissent pas, de toute manière ils aiment la nature tous ces hippies. Le passage des douanes, symbole de la frontière et de la collaboration franco-allemande est deserté par les forces policières…
Vraiment étranges ces dérapages… comme si quelqu’un avait voulu dissuader les manifestants de se rejoindre à ce genre d’événement… comme si on avait voulu montrer seulement la violence de certains groupes anti-otan…
Barack est vivant, Carla est Gibson, Michèle était bien habillée… bref Sarko a tout bien géré….
Chapitre 7 - Lundi au soleil
Déçue, je témoigne pour dénoncer ce qui s’est passé sous couvert de sécurité.
Samedi, les CRS français se sont montrés dignes d’un régime qui n’a rien à envier aux dénoncés totalitaristes, sauf qu’eux, au moins, ont le mérite d’annoncer la couleur… Il n’y a certes pas eu de morts diront certains, je dramatise…mais le fait est que l’espace de quelques minutes j’ai eu peur pour ma vie face aux agents de police surentraînés censés assurer ma sécurité.
Otan en a emporté mes illusions sur le monde policier.
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