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Le Président ira au Congo

Après des mois d’incertitude, la nouvelle est tombée comme un couperet. Le Président Hollande ira au Congo pour participer au 14ème sommet de la francophonie qui se tiendra à Kinshasa, en octobre prochain. Les opposants et les ONG ont cru jusqu’au bout que le « Président normal » s’abstiendrait d’un déplacement attendu pour être célébré comme une caution de l’Hexagone au régime antidémocratique et brutal de Joseph Kabila. Une déception qui en rappelle d’autres, mais pas tellement sur le fait que le Président français puisse se rendre dans un pays où la démocratie et les droits de l’Homme sont bafoués.

En effet, on sait que la démocratie et les droits de l’Homme ne sont pas une préoccupation majeure dans la logique des dirigeants français lorsqu’ils envisagent de traiter avec un régime ou un autre. Ce qui déçoit vraiment c’est l’atermoiement qui a suscité l’illusion que la « logique françafrique »[1] pourrait disparaitre avec le départ du « pragmatique » Nicolas Sarkozy. Mais on n’en voudra pas au Président Hollande puisqu’il a dû privilégier des considérations relevant de la « logique d’Etat », mais qui risquent de s’avérer infructueuses.

Car, même au plus profond du cynisme de la realpolitik, un régime n’a d’intérêt que si le pouvoir contrôle le pays, ce qui n’est pas le cas du Congo. De vastes territoires, y compris des zones minières, échappent complètement au contrôle de Kinshasa. Les seules structures qui tiennent à peu près la route sont la Mission de l’ONU (Monusco) et les ONG. Par ailleurs, sur la durée, la viabilité du régime n’est pas assurée. Le hold-up électoral de novembre 2011 a enclenché une crise de légitimité qui devrait durer au moins jusqu’en 2016, fin du mandat que le Président s’est octroyé. Selon la Constitution (article 70) il ne pourra plus se représenter et devra quitter le pouvoir. Il ne pourra même pas faire modifier la Constitution pour prolonger son règne puisque « le nombre et la durée des mandats du Président de la République (…) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle » (article 220).

La pérennisation du règne de Joseph Kabila est une éventualité qui ne passe pas, le régime étant vécu comme un boulet, dépourvu de la moindre réalisation de taille sur laquelle les Congolais pourraient accrocher le peu de fierté nationale qui leur reste.

Au fait, le régime que l’Elysée va adouber à Kinshasa - puisque le déplacement n’a pas d’autre motivation avouable - est un tel désastre structurel en matière de gouvernance, démocratie et des droits de l’Homme que la coopération de la France, si elle s’assume jusqu’au bout, risque de placer Paris en première ligne en tant que caution internationale des exactions qui font les gros titres de la presse. Contrairement aux dirigeants du Continent, les dirigeants en RD Congo ont la particularité de ne jamais assumer laissant le parrain étranger en première ligne. L’exemple le plus tragique est celui des casques bleus à qui il revient de tout faire en matière de défense nationale, y compris des tâches aussi basiques que l’information sur le déroulement des opérations, comme on a pu s’en rendre compte lors de la énième déroute de l’armée devant les mutins du M23. Il y a pourtant un Président, des ministres, un chef d’état-major, des commandants, des députés, des sénateurs,… Tous étaient aux abonnés absents pendant que leurs populations erraient dans la nature, chassées par les combats. Tous sont aux abonnés absents et avaient laissé leur peuple à la charge exclusive des ONG et de l’ONU. Il faut essayer de contacter un officier de l’armée indienne (Monusco) pour savoir ce qui se passe dans le Kivu.

Pendant ce temps, un discours déresponsabilisant et fataliste prospère. Les malheurs du Congo ont pour responsable la Belgique, ancienne puissance coloniale (cinquante ans après son accession à l’indépendance), le Rwanda et les lobbies occidentaux impliqués dans un vaste complot sur les minerais du pays. François Hollande va donc mettre les pieds dans un pays qui, pour de nombreux observateurs, n’est pas gouverné, et dont les dirigeants n’assument rien préférant se décharger sur les autres[2] lorsqu’ils ne leur abandonnent pas la charge totale de leurs propres populations. Pour pouvoir rapporter quelque chose à la France, y compris d’inavouable, le pays a besoin d’être piloté par un dirigeant compétent. L’affaire des minerais de sang qui « doivent » transiter par le Rwanda est révélatrice d’un manque d’envergure généralisé dans la personnalité des dirigeants congolais.

Sur le peu que le régime aurait pu réaliser, le bilan n’est objectivement pas assumable. Les dix ans de Kabila ont été un désastre sur le plan géopolitique, militaire, économique et social. Sur le plan géopolitique, le Congo de Kabila, géant stratégique à l’époque de Lumumba, grand Zaïre de Mobutu, est aujourd’hui un nain ridicule de la région, affligeant au-delà du raisonnable. Le peu de fierté nationale que Mobutu, malgré la dictature, a pu laisser sur le front du « Zaïrois », s’est totalement volatilisé. Les innombrables déroutes militaires dans le Kivu ont fini par désespérer les Congolais d’un bout à l’autre du pays.

Sur le plan économique, le régime de Joseph Kabila, en dépit des immenses réserves minières dont regorge le pays, est sans excuse, comparé aux autres pays de la région disposant de maigres ressources, mais devenus de « bons élèves » en matière de gouvernance. Le Congo est systématiquement parmi les derniers des classements en matière de pauvreté (178ème sur 183 - pays classement Banque mondiale, 185ème sur 185 pays -) et de corruption (164 sur 179 pays). Les richesses nationales sont dilapidées outrageusement. Le régime a par ailleurs conclu un méga contrat de 10 milliards de dollars qui prévoyaient la construction des infrastructures en échange de la livraison de minerais congolais à Pékin. Le contrat fut un flop monumental dont on ne retient, en parcourant le pays, que quelques routes et bâtiments mal faits et des chantiers inachevés. Une corruption gigantesque est passée par là, mais ce n’est pas la question du voyage du Président français au Congo. Juste pour rappeler qu’il se rend dans un des rares pays où la corruption est passée du stade de la honte nationale à celui d’obstacle insurmontable au développement. Selon l’économiste Oasis Kodila Tedika, 55% des recettes destinées au trésor public sont happées par la corruption. Il est assez évident qu’on puisse garder ses distances vis-à-vis d’un tel régime pour une France dont les dirigeants, tombés dans le piège de la françafrique, ont été éclaboussés par des scandales retentissants.

Sur le plan social, le régime, à ses débuts, a suscité des espoirs légitimes : des fonctionnaires payés, des infrastructures de base, des écoles, des hôpitaux ; la lutte contre les pandémies (malaria, sida,…), la malnutrition. Dix ans après, il n’en est rien. Les salaires dans la fonction publique sont, non seulement risibles, mais souvent impayés. Le fonctionnaire perçoit environ 50 dollars par mois. Le militaire, pourtant en guerre, perçoit environ 45 dollars (quand il est payé, puisque sa maigre solde est souvent détournée, ce qui l’oblige à se rabattre sur la population pour survivre). Les enseignants sont à la charge des parents. 

Sur le plan de la sécurité et de la défense, le pays baigne dans l’insécurité et la confusion. En guerre depuis 1996, le Congo peine à se doter de moyens de défense efficaces. Tout ce que les Congolais retiennent du régime, ce sont les humiliations et les déroutes militaires notamment dans le Kivu et les vaines tentatives des casques bleus qui finissent, eux aussi, par déserter le champ de bataille et s’enfuir en laissant la population à la merci des groupes armées qui se livre par la suite aux massacres. Le drame c’est que dans la fuite des uns et des autres, on abandonne de grosses quantités d’armes et de munitions, y compris des chars d’assaut aux « forces négatives », les mettant en situation de relancer les hostilités à tout moment. 25 tonnes d’armements ont été abandonnées à Bunagana aux mutins du M23. Une « pratique » récurrente qui alimente le flou structurel dans un pays où, finalement, on ne sait vraiment qui est ennemi de qui et contre qui la nation se bat.

Pour le peuple congolais, l’ennemi juré c’est le régime rwandais qui menace l’intégrité du territoire. Mais après des années de négociations, de trahisons et de révélations, il s’avère que Joseph Kabila et Paul Kagamé sont plutôt « amis »[3], en dépit des hostilités entretenues entre leurs populations et leurs armées respectives. Une complicité qui se traduit par l’installation des agents rwandais à des postes de responsabilité dans l’armée et l’administration. On a pu penser un moment que François Hollande ne devrait pas se rendre à Kinshasa pour éviter de froisser le Rwanda avec qui Paris entretient des relations difficile. Il n’en sera rien parce que les Rwandais, il les trouvera à Kinshasa. Ils sont au cœur du régime de Joseph Kabila, ce qui est plutôt rassurant sur le plan diplomatique, du côté de Paris, mais pesant dans l’opinion congolaise. D’où des préoccupations en matière de sécurité, cette situation confuse venant s’ajouter à la crise politique et aux affrontements armés dans le Kivu. Il a été question, à un moment, de délocaliser le sommet vers un pays à peu près sûr.

Sur le plan politique, l’espoir d’un changement par des moyens démocratiques n’est plus de mise. La répression menée depuis novembre 2011 pour garantir le maintien du Président sortant au pouvoir se poursuit. Les opposants proches de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi sont l’objet d’arrestations et d’agressions parfois physiques. L’un d’eux, le député Eugène Diomi Ndongala, est porté disparu depuis le 27 juin et serait, selon ses avocats, illégalement détenu dans les locaux de l’ANR (service de renseignement). Le régime fait, depuis, courir une rumeur scabreuse sur sa personne en l’accusant de viol. Ses proches redoutent qu’il subisse le même sort que celui des militants des droits de l’Homme Floribert Chebeya et Fidel Bazana[4] assassinés par un commando de policiers (bataillon Simba) aux ordres d’un très proche du Président, le Général John Numbi, un « intouchable » que la justice n’arrive même pas à inquiéter. Aux dernières nouvelles, on apprend que le député Diomi Ndongala serait décédé et que ses proches sollicitent l’aide de la France, notamment, pour que le régime concède à restituer la dépouille à sa famille.

Le sommet de la francophonie va donc se tenir dans un pays où règne un climat politique et sécuritaire exécrable. Madame Yamina Benguigui, Secrétaire d’Etat à la francophonie et très impliquée dans la tenue du sommet à Kinshasa, malgré la réprobation de l’opposition et des ONG, a subi des menaces de morts. Personne ne sait s’il faut les prendre au sérieux, mais du sang français a déjà coulé dans ce pays, et pas de n’importe qui[5].

A la lumière de ce tableau, il était hautement souhaitable que la France s’engage aux côtés du peuple congolais pour l’aider à pousser le régime de Joseph Kabila vers la sortie. Pas nécessairement en envoyant des troupes comme en Côte d’Ivoire, mais en prenant ouvertement position pour le changement. Aller adouber un tel régime revient à prolonger inutilement l’agonie d’un peuple sachant que les intérêts légitimes de la France seraient de toute façon préservés, voire bonifiés, en cas d’arrivée au pouvoir à Kinshasa des dirigeants acquis à la démocratie. Les Occidentaux ont traité avec le régime d’apartheid en Afrique du Sud mais réalisent des affaires bien meilleures aujourd’hui avec les dirigeants issus des luttes de Nelson Mandela. En réalité, le cynisme de la realpolitik n’est pas une fatalité. En fin de compte, on réalise qu’il y a toujours plus à gagner dans un système démocratique, où le respect des droits de l’Homme est garanti et où les dirigeants s’efforcent d’assurer une redistribution juste des richesses du pays au profit de leurs populations.

Boniface MUSAVULI


[1] La « logique françafrique » peut être définie comme un cynisme assumé des dirigeants français dans leurs relations avec les régimes du Continent Noir, y compris les plus logiquement infréquentables. L’adverbe « logiquement » renvoie aux valeurs de démocratie et des droits de l’Homme toujours prônées par la France, comme sur le dossier syrien, mais passées sous silence dans les relations des politiques français avec les régimes africains.

[2] Et si les autorités congolaises, avant de dire n’importe quoi, commençaient par payer et nourrir correctement leurs soldats et les dotaient d’un commandement efficace ? Et si elles payaient correctement leurs fonctionnaires et s’occupaient de leurs populations avant de vociférer des âneries dans les médias ?

[3] Début août, au sommet de Kampala, Joseph Kabila s’est affiché de manière trop conviviale avec les dirigeants rwandais et ougandais (Kagamé et Museveni). Des images de complicité difficile à expliquer dans les milieux congolais pour un Président qui dit son pays agressé.

[4] Le 01 juin 2010, Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana sont aperçus pour la dernière fois en vie au siège de l’Inspection générale de la police où ils avaient été convoqués par l’inspecteur divisionnaire en chef, John Numbi. Le lendemain, le corps sans vie de Floribert Chebeya est retrouvé dans une rue de la capitale. Son compagnon d’infortune, Fidèle Bazana, n’a jamais été revu. Le principal suspect, John Numbi, un proche du Président ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire malgré plusieurs indices et des témoignages accablants. Floribert Chebeya enquêtait sur une série de massacres perpétrés par le régime dans la Province du Bas-Congo durant la répression contre les adeptes du mouvement politico-culturel « Bundu dia Kongo ».

[5] L'ambassadeur de France Philippe Bernard a été tué le 28 janvier 1993 dans les locaux de l'ambassade, officiellement d'une balle perdue.


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12 réactions à cet article    


  • Gérard Luçon Gerard Lucon 3 septembre 2012 10:19

    normal, il boycotte l’Ukraine ou une corrompue, Iulia Timochenko, est en taule pour escroquerie, car il n’accepte pas qu’un dirigeant soit emprisonne

    par contre il va au Congo, cette belle democratie ou nous en sommes a plus de 5 millions de morts dans une guerre civile et regionale


    • Taverne Taverne 3 septembre 2012 11:46

      « Hollande ira au Congo. » Comme Tintin ! Décidément, notre président normal a tout d’un personnage de bande dessinée. Mais, ne vous inquiétez pas, il ne s’y rend que pour prononcer des discours et des promesses. On le connaît...


      • louphi 3 septembre 2012 13:22

        Taverne

        Tintin au Congo ! Il faut justement s’en inquiéter ! Certes, il prononcera des discours et des promesses. Mais ce ne seront pas des discours et des promesses en l’air. Ce n’est pas pour rien que le sommet de la françafrique se tient sur ce vaste champ de bataille entre les vautours sur la dépouille de la deuxième patrie du roi des Belges, à la frontière Sud de la Françafrique, lisière Nord-ouest de l’Anglosaxafrique, à côté de l’Ibéricafrique. Les charognards ne se précipitent pas sur une dépouille si juteuse simplement pour aller croasser. 


      • Georges Yang 3 septembre 2012 15:25

        Aller ou ne pas, y aller !

        C’est toujours le même dilemne, quel que soit le président français

        Ces sommets ne servent qu’à se montrer, face en particulier aux USA et à la Chine, les résultats sont proche de zéro en dehors de l’image

        Kabila est piteux certes, mais Tshisekedi est-il encre crédible ? L’UDPS aurait fait mieux, j’n doute, et Kamerhe et Nyamwisi j’en doute aussi

        Il aurait fallu un gvnmt d’union nationale avec des ministres venus de la société civile, du moins pour un meilleur résultat


        • MUSAVULI MUSAVULI 3 septembre 2012 18:44

          Bonjour George !
          Tshisekedi sûrement pas. Mais ça aurait été un évènement. Un véritable souffle de soulagement allait parcourir le pays et contribuer à la sérénité dont le Congo a vraiment besoin. Pensez seulement que certains l’accompagne dans sa lutte depuis 1982. Mais techniquement, le pays a besoin d’un personnel politique dynamique. Vital Kamerhe peut-être. Mais il a encore, manifestement, un cap à franchir. Toutefois, en s’alliant à Tshisekedi, il s’est inscrit dans le scenario que vous semblez préconiser : un gouvernement d’union nationale. Oui, mais piloté par l’opposition. Kabila n’est plus un personnage d’avenir. Vous avez lu ça : http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=23483 ?


        • MUSAVULI MUSAVULI 3 septembre 2012 21:22

          Un éléphant en Afrique et Ségolène la sénégalaise... amusant.


        • Yohan Yohan 3 septembre 2012 20:53

          C’est Fafa qui va être jaloux. Il quémanderait un GP pour la Syrie. Paraît qu’il veut exploser Assad, avec ses petits bras courts... smiley


          • le crocodile 3 septembre 2012 21:44
            Le Président ira au Congo .

            Mon Dieu , faites qu´il y reste !!


            • louphi 3 septembre 2012 22:00

              MUSAVULI

              « Le Président ira au Congo ». « la nouvelle est tombé comme un couperet ».

              Non, la nouvelle n’est pas tombée comme un couperet. Pour un président français « normal », qui plus est socialiste, successeur de François Mitterrand, cette nouvelle était attendue. D’ailleurs François Hollande, dès son élection, s’est empressé de garantir la pérennité de la françafrique en recevant paternellement la valetaille françafricaine à l’Elysée. C’est le contraire qui serait « tombé comme un couperet ». Etre surpris ou s’étonner de cette nouvelle, c’est faire preuve soit de l’hypocrisie, soit de l’inculture sur la politique africaine de la France. C’est oublier que c’est l’activisme mitterrandien dans cette région qui, en 1994, avec comme tête de pont le même Congo, Zaïre du triste sanguinaire MOBUTU SESE SEKO, avait provoqué l’épouvantable génocide rwandais. Il est donc tout à fait normal que François Hollande, héritier politique décomplexé de François Mitterrand, poursuive l’héritage de son mentor. Cela ne présage rien de bon pour les peuples noirs, aborigènes de la région des Grands Lacs. Avec Hollande un nouveau génocide est à craindre dans cette région, comme au Rwanda en 1994 avec François Mitterrand son mentor. N’oublions pas que les tueurs en série et planificateurs de génocides, les Balladur, Sarkozy, Alain Juppé, ..., sont les conseillers obscurs de François Hollande.

              Cette domiciliation du 14ème conclave de la francophonie en République du Congo Démocratique n’est pas neutre. Cette domiciliation marque le deuxième assassinat de Laurent-Désiré Kabila, père de la République Démocratique du Congo (RDC), par les mêmes assassins. Ce 14ème conclave de la francophonie est la preuve solennelle que Laurent-Désiré Kabila, qui avait sorti la RDC de la françafrique et de la francophonie, a bien été assassiné par une main payée par la France, le 16 janvier 2001, le jour et à l’heure très précise où Jacques Chirac déclarait ouvert le 21ème conclave de la françafrique à Yaoundé (Cameroun). C’est grâce à cet assassinat que la France a pu ramener la RDC dans son giron. Dans son article retentissant, le patriote « lumumbiste-mobutiste-gaullien » MUSAVULI n’a pas cru devoir relever cette preuve solennelle qui crève pourtant les yeux, ni faire le lien avec le génocide rwandais. De la part de MUSAVULI, apologète du génocide rwandais et hitlérien, de l’homosexualité et des pseudos « démocrates » syriens et iraniens, cette attitude est tout aussi normale que François Hollande est un « président normal ».

              Cela étant, par pitié pour MUSAVULI, la seule chose qu’on peut trouver intéressante dans cet article de MUSAVULI est qu’il apporte des informations d’actualité relatives aux violences et déprédations que vivent les populations du Congo sous le régime de Joseph Kabila. De ce point de vue, le « militant des droits de l’homme » dont se réclame MUSAVULI peut mériter quelque indulgence. On peut donc le remercier de sensibiliser sur la situation dramatique du Congo en particulier, de la région des Grands Lacs africains en général, région en proie à des guerres intestines cinquantenaires pilotées par les Blancs qui se disputent les fabuleuses richesses de ce véritable jardin d’Eden, berceau de l’homme et de la civilisation humaine comme l’ont révélé très brillamment les travaux magistraux des professeurs Noirs Africains CHEICK ANTA DIOP et Théophile Obenga.

              Les termes « Afrique » et « africain » sont nos néologismes et euphémismes européens pour désigner le Continent austral dont les habitants sont des Noirs. Parfois on dit « Continent Noir », le Noir, le Nègre, pour désigner ce continent et ses habitants naturels. Dans son champ sémantique, l’africain ignore ce que c’est que l’impérialisme. C’est très normal. En revanche, l’africain connaît très bien l’homme blanc, ce que c’est que l’homme blanc, source de ses malheurs depuis des siècles.

              En Afrique, l’impérialisme se confond avec l’homme blanc. Cela est vrai, pas seulement en Afrique, mais aussi en Asie et en Amérique. Voilà pourquoi, quand il s’agit de l’influence étrangère en Afrique, les termes « homme blanc », le blanc, etc., remplacent efficacement les termes capitalisme, capitalistes, impérialisme, impérialistes, etc. On constatera que cette sémantique de clarté, pour la libération de l’homme noir du joug de l’homme blanc, est complètement absente du langage de MUSAVULI pourtant homme Noir congolais démocratique.

              En fait, les préoccupations de MUSAVULI, sont ailleurs. En effet, pour MUSAVULI, gaullien droitiste-de-l’hommiste, nostalgique du « grand Zaïre de Mobutu », « l’ennemi juré c’est le régime rwandais qui menace l’intégrité du territoire » et son complice « Joseph Kabila ». Et MUSAVULI appelle de tous ses voeux l’avènement d’un « système démocratique » au Congo pour l’amour de la France en particulier et des occidentaux en général, comme en Côte d’Ivoire ou en Afrique du Sud. C’est hallucinant !

              Si on pouvait ramasser toutes les perles de diamant contenues uniquement dans cet article de MUSAVULI, il ya de quoi devenir subitement archi-multi-milliardaire. Il n’y a rien à attendre de sérieux de la part de quelqu’un, comme MUSAVULI, par ailleurs apologète des génocides rwandais, hitlériens, des homosexuels et des pseudos « démocrates » syriens et iraniens. Avec des eurafricains comme MUSAVULI, l’impérialisme blanc peut dormir tranquille sur le continent noir.

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