Taddeï, Zemmour, Naulleau, bouées de sauvetage
Dans chaque organe médiatique il est important qu’il y ait, malgré toutes tendances confondues ou pas, quelques grammes de liberté et de vérité. Même si certaines chaines de télévisions sont entièrement tournées vers une seule classe d’âge avec son caractère spécifique de type d’émission et son cortège de publicités bien ciblées en rapport, il est là, quelque part. Dans le flot des séries, sujets pipole, journaux télévisés et reportages, il est indispensable que se dégage, dans cette trame schématique, au moins un seul bon animateur quotidien, n’ayant ni la langue dans sa poche, ni pensée-unique-politiquement-correcte. Quand presque l’ensemble des autres acteurs de certains médias paillasson souvent peuplés de carriéristes uniquement ambitieux, soutenus et protégés par la meute des millions de fanatiques soumis, s’il en faut un seul, ce sera lui.

Sur chaque support papier, radio, il en est de même, sans cette respiration obligatoire, c’est l’apnée assurée dans un conformisme, un communautarisme et un consumérisme insupportable qui ferait fuir quantité, voire, la totalité des auditeurs individuels jusqu’au dernier. Il est certains films, certaines émissions et certains jeux télévisés, dont on peut aisément finir par croire, au bout d’une heure et demi, qu’ils prennent la peine de nous en informer avant de diffuser, non pas pour que nous soyons présent pour les applaudir, mais surtout, parce que c’est nous qui leur payons leur petite fête entre eux. Sans le téléspectateur, ils se retrouveraient devant ce constat amer qu’il ne sont qu’une communauté fermée, obtue et auto-satisfaite de stars recyclées en propagandistes humanitaires.
Sans l’aval de quelques derniers téléspectateurs fidèles, ces activités audio visuelles n’ont plus de raison d’être par elles même puisqu’elles coûtent plus cher qu’elles ne rapportent. En effet, il n’est pas pensable qu’il soit intelligent de faire jouer des animateurs entre eux, dans une émission qui coûte plus d’une centaine de milliers d’euros, et juste pour qu’une association caritative en gagne mille ou dix mille, et l’on peut se demander pourquoi la chaine ne balance pas ces valeurs en euros directement aux associations. Curieusement, lors de la crise pandémique, aucun invité n’a déclaré chez Ruquier, n’avoir été vacciné, et tout porte à croire que ces sommes servent à fourguer pour l’équivalent de médicaments recyclés. L’industrie pharmaceutique ne se presse pas non plus, elle même, d’offrir gracieusement, directement et sans intermédiaires pompeux, fort coûteux et parfois de façon fort indécentes, de quoi sauver l’humanité.
Sur les chaines publiques par exemple, le fragile fusible si contesté, c’est Frédéric Taddéi. On peut deviner qu’il a dû imposer son éthique et sa déontologie par sa grande gueule marquée d’un faciès de pitt bull néanmoins gentil. Il est une des seules vraie respirations de la chaine publique quotidienne. Non seulement il peut absolument tout dire, et souvent fort intelligemment, et tout contredire, puis inviter quiconque a envie de tout dire dans le cadre des limites de la loi qu’il déclare même regretter, mais en plus avec l’aval direct de son patron, Patrick de Carolis. Il est absolument indispensable pour l’éclectisme de la chaine qui sans le premier cité, ne serait plus qu’un ennuyeux concert de lèche bottes blues, et ouvert qu’aux porte-paroles de cette tribune de propagande USraélienne and co ou Onusienne, qui domine outrageusement parfois, notre paf public. Il est condamné à rester, uniquement pour apporter à la chaine son quota de vérité sans laquelle elle serait perdue. Malgré l’important lynchage que son émission a soulevé, l’opposition à ses propos, le maintien de sa politique et de son éthique personnelle décriée même par ses invités, venus lui reprocher cette liberté qu’il défend avec brio, il est toujours là...et pour cause.
En fin de semaine, à l’heure de la détente savamment épicée par ce fin chef étoilé qu’est Ruquier, deux autres fusibles inexécutables trônent à la gauche du père de l’émission. Il en est de même pour ces deux critiques indétrônables malgré le vent de la rumeur, ils sont toujours là, imperturbables et indissociables. Le premier, dans sa jeunesse, à l’heure où nous courions les filles en mobylette ou tapions dans des ballons, lui, fuyait les cours de récrés pour avaler les bibliothèques en tous genres. Il est devenu aujourd’hui la ceinture noire de l’art martial du livre et personne n’arrive à lui opposer le moindre argument assez solide pour le contrarier, sauf dans ce cas. Personne n’est infaillible.
Le second, lassé de forcer les portes du monde de l’édition et solidement soutenu par un réseau d’écrivains déçus, a fini par constituer son outil de travail personnel et fonder sa propre maison d’édition indépendante. Inutile de vous dire que tous les écrivains passés à travers les mailles du filet de l’édition officielle ayant pignon sur rue, et qui comptent sur cette tribune d’ « on est pas couché » pour se faire une publicité sans payer aucun annonceur, vont être finement reçus. Tous les plagieurs sans assurance, les nègres grossiers dont on reconnaît tout de suite le style, les faux imitateurs dont on reconnaît tout de suite les maitre à penser, les faux cuirs ou crocos qui déteignent à la vapeur, les langues de bois mal pendues, les hamacs de contrefaçon synthétiques mal ficelés, vont craquer en dix secondes. N’importe quel château de cartes qui auraient été collé à l’amidon de patate génétiquement modifié, quand le sieur Naulleau se sera assis dessus cinq minutes ayant pris soin d’allumer à son pied deux casseroles d’eau bouillante et génératrice de vapeur, s’écroulera à façon, sauf dans ce cas.
En deux mots, deux coups de cuiller à pot, deux revers de fleuret moucheté, l’affaire est réglée, comme dans la fosse aux lions. Tous ceux qui ont usé de lèche botte, de piston, qui ont couché avec le producteur ou sont simplement les amis d’un célèbre homme sandwich réputé sur le paf, les inconscients naïfs qui croient en ce samedi soir faire la une afin que tout le monde en parle, peuvent être débouté, voire déboulonné sévèrement. La rancune est coriace et la rumeur de tous poils s’étend comme trainée de poudre, rien y fait, nos deux lascars seront là, samedi soir à la même heure.
En somme, dans ce grand-tournez-manège-infernal-du-m’as-tu-vu-humanitaire-au-secours-des-pauvres-qui-n-ont-pas-la-télé, il est devenu indispensable à chacun de revêtir la blouse blanche de complaisance, de cautionner une ong ou association d’aide humanitaire, au nom desquelles bien des émissions s’attribuent le masque du profit déguisé, du carriérisme indécent, dont seuls quelques perles sortent la tête de l’eau, juste pour que flotte l’iceberg de la-croisiere-s-amuse.
Pour rester en bonne santé, le mieux, c’est de zapper la tété, car en effet, Taddéi, on peut très bien l’écouter sur la toile.
CHAMPAGNE MOET ET SIDACTION PIQUE-ASSIETTE.
Seuls les faux sourds sélectionnent que ce qu’ils ne veulent entendre
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