Le débat sur le rapport de Terra Nova "Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?" se poursuit : dans une tribune publiée le 9 juin sur LeMonde.fr, Olivier Ferrand conteste la stratégie visant pour la gauche à "droitiser" son discours pour récupérer le vote des classes populaires tentées par le repli identitaire. Au nom de l'éthique et de l'analyse électorale, la gauche doit défendres ses valeurs, socioéconomiques et culturelles. Bruno Jeanbart rappelle quant à lui que le rapport de Terra Nova n'a jamais préconisé d'abandonner les classes populaires, mais de bâtir une coalition fondée sur les nouvelles classes populaires : employées des services abonnées au temps partiel et à la précarité, jeunes Français issus des ZUS... et également ouvriers, qui ne sont plus le maillon central de cette nouvelle coalition.
La tribune de Bruno Jeanbart :
Bâtir une nouvelle coalition ne signifie pas abandonner les classes populaires
Le rapport « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 » publié par Terra Nova suscite depuis sa sortie de nombreuses réactions et critiques. De ce point de vue, la Fondation ne peut que se féliciter d’être à l’origine d’un tel débat. C’est dans son ADN de poser sur la table les sujets pour que chacun s’en empare. Mais pour que le débat soit juste et utile, il convient de ne pas caricaturer le travail effectué et tenter de le discréditer en affirmant qu’il recommande à la gauche de tourner le dos aux catégories populaires. Rien n’est plus faux et tous ceux qui liront le rapport pourront le constater aisément.
Pour bien comprendre le débat en cours, il convient de rappeler en préambule le constat que nous établissons. Dans tous les pays européens, mais également aux Etats-Unis ou en Océanie, les partis sociaux-démocrates sont confrontés à un effritement du socle de leur coalition traditionnelle, à travers un effet de ciseau : d’une part le rétrécissement démographique de la classe ouvrière traditionnelle et d’autre part, la désaffection des ouvriers qui votent de moins en moins pour les partis de gauche – et ce quelle que soit l’orientation choisie par ces partis dans ces pays. Or force est de constater que des stratégies diverses ont été mises en œuvre par la gauche européenne. Qui n’a pas opposé au cours des dernières années les choix différents opérés par le New Labour de Tony Blair, le parti social-démocrate suédois ou le parti socialiste français ? Et pourtant, en dépit de cette diversité, tous sont touchés par la baisse du vote ouvrier en leur faveur, preuve que nous sommes là non pas face à un phénomène conjoncturel mais bien structurel.
Au-delà de ce constat, le rapport souligne que les ouvriers ne constituent que l’une des composantes des catégories populaires et que résumer celles-ci à la figure du travailleur de l’industrie conduit à méconnaître la diversité de situations qui caractérise cette frange de la population aujourd’hui. Les employés des services, population très majoritairement féminine, qui connaissent plus souvent que les autres contrats précaires ou à temps partiel, sont tout autant représentatifs des catégories populaires, tout comme certains salariés de la fonction publique de catégories C ou D sous contrat de droit privé, parfois surqualifiés pour les postes qu’ils occupent. Et les jeunes Français issus des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) ne font-ils pas eux aussi partie des catégories populaires ? Et vouloir les intégrer au socle électoral d’une majorité de gauche demain, serait-ce tourner le dos aux catégories populaires ? Les difficultés sociales sont-elle d’ailleurs uniquement l’apanage de ces catégories, ne concernent-elles pas également de manière croissante les classes moyennes ? Rappelons que c’est parce qu’une part importante de la classe moyenne a rejoint les ouvriers dans l’euroscepticisme que le « Non » l’a emporté lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.
Le propos ne consiste donc pas à préconiser d’abandonner les « classes populaires » mais bien à prendre en compte cette nouvelle donne et cette réalité dans la construction d’une stratégie électorale gagnante pour la gauche. Oui, il demeure nécessaire de s’intéresser au sort des ouvriers et de s’adresser à eux lors de la prochaine campagne présidentielle. Mais croire que la reconquête de cette catégorie serait une condition suffisante garantissant la victoire de la gauche lors de ce scrutin est une chimère. S’ils doivent faire partie de la nouvelle coalition, ils n’en sont plus le maillon central, pour les raisons que j’ai rappelées en préalable. En revanche, comment ne pas voir qu’il est indispensable pour la gauche de s’adresser également à ceux qui constituent de plus en plus ses soutiens électoraux aujourd’hui, à savoir les diplômés, les jeunes, les femmes et les habitants des quartiers populaires ? Et c’est parce que cette France est minoritaire qu’il faut y agréger une partie des ouvriers et les salariés du public, électorat historique de la gauche.
Il est plus que légitime de discuter des recommandations stratégiques que Terra Nova prend le parti d’assumer à l’issue de ce travail d’un an, mais encore faut-il le faire sans anathème. Car le discours sur la nécessaire reconquête des ouvriers par la gauche n’est pas nouveau, il a déjà plus de dix ans. Quels moyens sont prêts à se donner ceux qui préconisent cette orientation ? Quelles orientations politiques proposent-ils à la gauche sur des sujets aussi divers que la construction européenne, l’immigration ou les questions sociétales (homoparentalité par exemple) ? La balle est dans leur camp…
La tribune d'Olivier Ferrand :
Gauche : d'une stratégie de classe à une stratégie de valeurs
Le dernier rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale a suscité une vive polémique : nous proposerions rien moins que d’abandonner les classes populaires. Cette fausse polémique – le rapport ne dit rien de tel – est surtout révélatrice du vrai « surmoi marxiste » de la gauche, sa culpabilité historique à l’égard du monde ouvrier qu’elle ne parvient plus à fédérer. Elle a masqué le vrai débat stratégique posé par Terra Nova. Le voici.
Historiquement, la gauche s’est reposée sur une stratégie de classe. Au cœur de son électorat, il y a les ouvriers. La victoire de François Mitterrand en 1981 leur est intimement liée : la classe ouvrière est à son apogée démographique (37 % de la population active) et vote massivement à gauche (72 % au second tour). Autour du cœur ouvrier s’est constituée une coalition de classe : les classes populaires (ouvriers, employés) et une partie des catégories intermédiaires (cadres moyens).
Depuis cette date, la coalition historique de la gauche est en déclin. La classe ouvrière se rétrécit : elle ne pèse plus aujourd’hui que 23 % de la population active (et seulement 13 % pour les ouvriers de l’industrie). Et elle vote de moins en moins à gauche. Au second tour, elle donnait une avance de 44 points à la gauche en 1981 (72-28) ; cette avance a fondu pour descendre à zéro en 2007 (50-50). Pour la première fois de l’histoire contemporaine, les ouvriers ne votent plus à gauche. Et au premier tour, ils choisissent le Front national : à 36 % selon un récent sondage Ifop. L’autre pilier de la coalition historique, les employés, a suivi le même mouvement, quoique moins marqué : son vote à gauche s’est réduit de +24 points en 1981 (62-38) à +6 (53-47).
La désaffection des classes populaires est un phénomène structurel. L’érosion est continue sur toute la période. Elle se vérifie dans toutes les démocraties occidentales sans exception. A l’origine de cette désaffection structurelle, il y a une divergence sur les valeurs. La gauche, bien sûr, partage les mêmes valeurs socioéconomiques que les classes populaires. Mais, impuissante à répondre à leurs attentes sociales, la gauche au pouvoir les a déçues. Les déterminants socioéconomiques du vote ont dès lors perdu de leur prégnance et ce sont les valeurs culturelles qui deviennent prééminentes dans les choix de vote. Or la gauche politique, sous l’effet de mai 68, s’est engagée dans le libéralisme culturel : attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, solidarité avec les plus démunis... Une partie des classes populaires, travaillée par la crise et la peur du déclassement, fait le chemin inverse, tentée par le repli identitaire.
Quelle stratégie adopter pour la gauche face au rétrécissement de sa base électorale ? Certains sont tentés de droitiser le discours. Objectifs : récupérer les classes populaires qui ont fui vers le FN ; s’élargir aux séniors, électorat clé par sa masse démographique croissante, et qui vote traditionnellement à droite ; et plus globalement, accompagner une société qui glisserait vers la droite, du double fait de la crise et de son vieillissement.
Le rapport de Terra Nova conteste cette stratégie. Au nom de l’éthique. Durcissement sur l’immigration, défense intransigeante de la laïcité face à l’islam, reprise du discours anti-assistanat : jusqu’à quel point la gauche peut-elle « trianguler » sans se renier ?
Et au nom de l’analyse électorale. Une telle stratégie est une impasse car la gauche y perdrait son nouvel électorat. Si la coalition historique de la gauche est en déclin, une nouvelle coalition émerge. On trouve en son cœur : les quartiers populaires et la France de la diversité (ils votent à 80 % à gauche) ; les jeunes (70 %) ; les femmes (60 %). Beaucoup font partie des nouvelles classes populaires : des classes populaires déclassées, outsiders sortis du marché du travail, victimes du précariat, du chômage, de l’exclusion. On y trouve jeunes en galère de petits boulots en CDD, employées à temps partiel subi, blacks et beurs discriminés à l’embauche… Or cet électorat est violenté, en butte à la vindicte populiste du FN et de l’UMP radicalisée. Dans ses droits : la solidarité nationale dont il bénéficie est contestée au nom de la lutte contre l’assistanat. Dans son identité, avec la stigmatisation des « jeunes » fainéants, de la « racaille » de banlieue, des Français issus de l’immigration rejetés comme « étrangers » à la religion allogène. Cet électorat vote par intermittence. Si la gauche ne le défend pas, alors il ne se déplacera pas dans les urnes.
La stratégie proposée par Terra Nova est inverse : une stratégie de valeurs. La défense de toutes les valeurs de la gauche, socioéconomiques comme culturelles.
C’est une nécessité au premier tour. Face au risque d’un nouveau 21 avril, la mobilisation de l’électorat de gauche est cruciale. Il s’agit pour beaucoup, on vient de le voir, des nouvelles classes populaires. Et c’est une stratégie gagnante au second. Toute la population française ne glisse pas à droite, au contraire une majorité progressiste émerge en rupture avec la radicalisation populiste. Cet électorat, en phase avec les valeurs de la gauche – la solidarité sociale, l’humanisme – est pour l’essentiel issu des classes moyennes. Cela n’exclut pas de chercher à récupérer les ouvriers ou de convaincre les séniors : mais sur des propositions économiques crédibles pour les premiers, sur la sécurité pour les seconds – pas en renonçant à combattre la xénophobie.
Cesser de reculer, lutter pied à pied contre le populisme : la gauche ne doit pas basculer du surmoi marxiste au surplomb lepéniste. Tel est le vrai enseignement du rapport de Terra Nova : la gauche ne gagnera pas les élections en reniant ses valeurs, mais en les affirmant.
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Comme votre site parle de l’institut Montaigne sans fournir de lien qui y dirigerait (aurait-on peur que le lecteur s’informe ?) je me permets de le fournir dans un pur souci démocratique. Institut Montaigne.
iL ne s’agit pas de terra nova plus que montaigne c’est ni l’un ni l’autre.nous avons assez de code civil et autre 43 codes en tout de plus des philosophes comme Platon pascal,leibniz,le drammaturge Friedrich schiller,Spinoza,les economistes comme wallrace,cauwès,hamilton et la constitution américaine peuvent nous inspirer pleinementpour un changement radical.J’oubliais JAURES , DE GAULLE ET COLBERT ,jettons aux orties les rousseau,voltaire ,aristote et fouquet,sans oublier friedman ,adam smith ou ricardo tout cela au feu !
Terra nova et les socialistes sont tous des vendus aux marchés.Ce think thank n’a aucune crédibilité ils sont tous mondialistes et esclavagistes.ils se pensent intellectuels mais ne sont que des perroquets de bas niveau .Ils sont financés par Mathieu Pigasse et la banque LAZARD frères qui est en train de piller la grèce et NOUS SOMMES TOUS DES GRECS !
La semaine dernière Ségolène Royal a organisé l’universitè populaire participative à Rueil malmaison et l’invité d’honneur était JACQUES ATTALI il a déclarè que « l’europe et les crises depuis 30 ans avaient été programmées volontairement par des experts pour imposer un vaste empire supranationnal contre la volonté des peuples.Nous avons pris soin de ne pas ecrire l’article qui permet de sortir de maastricht ».Les militants ont tous rigolé et l’ont applaudit pensant à une plaisanterie c’est dire le niveau de QI égal aux militants Fn.
Attali était l’égèrie de Mitterand que tous les socialistes viennent d’idolâtrer en grandes pompes,de plus je suppose qu’avec sa banque des pauvres,et oui les marchés ne sont plus ce qu’ils étaient,suçons les pauvres ,il finance le sophisme des commités de pensée dans le vide .Entre oligarches on se sert les coudes !
Le socialisme est mort avec Jaurès et ceux qui se réclament de lui dans ce mouvement sont tout simplement des traitres je dirais même plus des fascistes.La droite est pourrie mais on le sait depuis longtemps mais eux sont pire.
Ils ont tout fait en cachette et quand je pense à Jospin qui accuse tout le monde de son échec en 2002 je ne rigole pas car à cause de la dérégulation des prix alimentaires de son gouvernement en 99 nous sommes prêts de crever de faim.
Les socialistes et les écolos ont une grande part de responsabilitè dans ce qui arrive puisqu’ils ont tous voté pour le traité de Lisbonne que le peuple , avait rejeté, au congrés de Versailles !
Le 22-23 juin les ministres de l’agriculture se sont reunis et n’ont pas remis en cause la spéculation de Jp morgan et de Glencore sur les produits alimentaires,du fait des mauvaises conditions climatiques sur tous les continents ,les agro carburants et le fait que l’on ne fait plus de stocks,depuis que les gouvernements socialistes l’ont décidé,je vous laisse deviner la suite.La production sera un tiers moindre que l’an passé.
AUBRY et HOLLANDE ONT DECLARE DERNIEREMENT QU’IL FALLAIT SAUVER L’EURO ET LES MARCHES DONC LES FINANCIERS ET LES BANQUES. NE SONT ILS PAS CONSEILLES PAR LES INTELLECTUELS ARISTOTELICIENS DE TERRA NOVA ?
Que Montebourg parle de DEMONDIALISATION est complétement surréaliste puisque dans sa région il a privatisé toutes les fonctions qui étaient dévolues aux conseilles généraux elus par le peuple aux cantonnales,le cabinet privé qui se charge de la gestion coute 40 % de plus aux contribuables et avec une éfficacité moindre..
Ne pas oublier que c’est Michel Rocard qui a introduit plus de 1200 produits dérivés en 1996 et que la csg et le rds ont été mis en place ,par ce dernier pour compenser les pertes de ce papier cul qui coule trop vite dans la fosse sceptique.
Dire aussi que en juillet 2010 les pensions retraites et les allocations familiales,les remboursements sécu ont été introduit sur le marché obligataitre de londres avec leur assentiment.le 10 octobre les socialistes et les écolos ,au parlement européén, ont voté pour la capitalisation boursière des retraites, et des mutuelles des fonctionnaires, le fn aussi.
ce qui veut dire qu’au prochain crash ,qui arrive dans l’été , tout le monde va se retrouser nu comme un vers et l’assiette vide.
SAUVONS LES GENS PAS LES BANQUES AVEC UN GLASS STEAGALL ET UN VRAI NOUVEAU BRETTON WOODS.LE SYSTEME EST MORT L’EUROPE DES OLIGARCHES EST MORTE FAISONS LA RENAISSANCE SANS SES EXPERTS EN COMMUNICATION DE LA PETITESSE !!! FAISONS UNE FAILLITE ORDONNE POUR EVITER DES MORTS TERRA NOVA LE PROPOSE -T-IL ?
Le clivage droite-gauche n’est plus aujourd’hui qu’un leurre utilisé par des fantoches pour faire croire à une « clientèle » choisie qu’on se préoccupe de leur sort tout en divisant le peuple en catégories supposées rivales. La politique menée par ces gens vas à l’encontre de tout le peuple sauf quelques très hauts patrons essentiellement de la haute finance. Bref, en fait de classes il n’existe plus que les peuples, « les marchés » et la classe politique (vendue aux marchés.)
Par ailleurs les sois-disant valeurs de gauche et de droite n’ont plus sens aujourd’hui. Si nous vivions réellement en démocratie, celle-ci serait multipolaire : - Marxiste (ça existe encore), libérale (mais pas au sens économique), nationaliste et écologiste. La grosse différence avec le clivage bipolaire institutionnel que les sujets ont intégrés grâce à un puissant conditionnement, c’est que ces pôles ne sont pas complètement antagonistes !
De toute façon le clivage va s’éteindre un jour, comme toutes les mystifications, malgré la piqûre de rappel de l’auteur !
"la désaffection des ouvriers qui votent de moins en moins pour les
partis de gauche – et ce quelle que soit l’orientation choisie par ces
partis dans ces pays."
essayez une vraie politique de gauche non soumise au fric et vous verrez !!
ou alors , arrêtez de vous croire de gauche , au choix
novlangue encore , l’auteur confond populisme et démagogie , je ne saurais que trop lui conseiller de nous faire partager la définition de « populisme ».
« Or la gauche politique, sous l’effet de mai 68, s’est engagée dans le libéralisme culturel : attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, solidarité avec les plus démunis... »
Cette phrase résume bien la situation de la gauche. Elle favorise l’immigration et se revendique solidaire des plus démunis... Ces derniers sont ceux qui souffrent le plus d’une mise en concurence libérale avec les immigrés.
Elle est favorable à l’islam... et à l’homosexualité... Quand on sait ce que l’islam réseerve aux homosexuels dans certains pays sous son emprise, bien sur, bien sur. Et la marmotte machin bidule.
La gauche n’a peur de rien, surtout pas du ridicule, ni de prendre ses électeurs pour des triples buses.
Tout faux ! Vous auscultez la société française comme si vous lui étiez extérieurs. Comme si vous la surplombiez. Avec un regard assez condescendant au demeurant. Vous vous interrogez longuement sur différentes composantes a une exception prêt. Vous mêmes.
Vous restez profondément marxistes : une vision marquée par l’État des sciences au 19emem siècle. Mais un marxisme extrêmement dégradé. Vous continuez a raisonner en termes de classes, et qui plus est, exclusivement quantitativement. 23 ou 37% d’ouvrier. Qu’est ce que cela veut dire ? Qualitativement, avec 80% d’une classe d’age au bac, peut on utiliser les memes termes que quand la France comptait quelques dizaines de milliers de bachelier ? Qu’avec un niveau culturel qui a rapproché considérablement les franges les plus « populaires » de la classe moyenne lettrée a statut fonctionnarisée ,qui sont, la gauche, vous n’avez absolument pas l’air de vous demander pourquoi celles ci, des lors qu’elles vous sont devenues plus proche, socialement, économiquement et culturellement ont tendance a vous rejeter ? Votre sociologie de bastringue est particulièrement éclairante sur vos oeilleres. 36% des ouvriers votent FN mais 80% des banlieusards a problème a gauche. Cela signifie que la classe ouvrière n’est plus pauvre ? Les catégories que vous décrivez sont en réalité des clientèles. Ce que vous appelez les nouvelles classes populaires sont en réalité les gens pour lesquels, au final, les transferts de l’État sont une part majeure des revenus et c’est a peu prêt tout ce qu’ils ont en commun. Un intermittent du spectacle fils d’apparatchik socialiste, une femme de cadre de 50 ans lâchée par son mari avec trois enfant et qui devient caissière de supermarché, un « enfant du pays » sans diplôme auquel par solidarité locale on crée un pseudo emploi municipal, un diplômé de socio vincenne permanent associatif qui vit de subventions. Tu parle d’une classe sociale ! Quand vous parlez d’électorat féminise, vous omettez aussi de signaler que la fonction publique para publique, sanitaire et sociale associative et d’une manière général les publics aides sont de façon écrasante féminisés. Vous parlez de catégories pour lesquels voter a gauche serait en théorie une garantie de maintient de ses revenus... Le plus drôle, c’est les ouvriers du secteur public ! Quel rapport avec un ouvrier dans une PME artisanale. Sociologiquement, ce sont des fonctionnaires. A ne pas distinguer , vous en arrivez a dire n’importe quoi tant sur les ouvriers que sur la classe moyenne. Qu’est ce qu’une categorie qui contient u prof de phlio a paris et un artisant plombier prospère a trifouilis les oies ?
Quant aux jeunes, regardez les résultats du front national par tranche d’age, ils disent tout. de 18 a 25 ans vote minimum pour le front, a partir de 25 ans, retour aux moyennes nationales et plus. Les gosses sortent de VOTRE école, le crane bien bourre, mais très vite, la découverte de la vraie vie les conduit a réévaluer vos discours.
A se demander l’origine reel de votre « jeunnisme ». Parce que ce qui est aussi sous jacent a votre analyse, c’est que le fait que des jeunes immatures par définition, ne connaissant rien a la vie votent a gauche serait positif, et le fait que les gens ages, donc d’expérience, rejettent massivement vos idées, ne serait que frilosité, peur et conservatisme.
En définitive, vous cherchez a vous ancrer sur des publics qui ont deux caractéristiques : fragilité culturelle qui les rends influençable a des discours un peu simplistes, dépendance financière qui les rends perméables aux tentations des subventions. Mais c’est la seconde caractéristique qui l’emporte.
On le voit particulièrement bien dans des trucs comme RESF. Les memes expliquent que des beurs troisième generation, avec 200 ans d’histoire communne avec France, et trois generation de « francitude » sont tellement de la « diversite » qu’il faudrait leur enseigner leur langue d’origine et respecter leurs irrédentismes culturels et leur merveilleuse diversité. Et en pratique, la monte de phenomene islamisant montre un rejet profond de vos idees. Mais un enfant Sri lankais arrive depuis 6 mois, serait déjà tellement intégré que ce serait un déchirement pour lui de rentrer dans son pays. La différence ? Le second est pieds et poings lie entre les mains des bonnes âmes qui s’occupent de lui parce qu’il n’a pas le choix. Il justifie leurs emplois Le second est de plus en plus en état de refuser qu’on l’encadre, l’assiste et lui explique la vie a grand renfort de crédit et d’agents publics ou para public.
Vous présupposez que les classes populaires partagent vos analyse socioeconomiques, mais divergent sur vos discours sociétaux. Il est vraisemblable qu’il n’en est rien et même au contraire. Homosexuels ? Jamais ils n’ont été aussi accepte par l’ensemble de la population. Celle ci est en réalité assez largement indifférente. C’est bien la gauche qui a une sorte de fascination pour des problématiques extrêmement minoritaires, qui n’intéresse pas grand monde et essentiellement pour des raisons idéologiques. Entre autre, donner l’impression de faire quelque chose pour changer la société. Oui, le discours sociétal est le pendant de l’abandon d’un vrai discours social et s’apparente a un bougisme. Migrant ? Les raisons socio économiques l’emportent en pratique sur les préjugés identitaires quels que soient les discours apparent. Il est un fait que l’arrive de main d’œuvre pas cher constitue une concurrence économique pour les salaries les moins qualifies. Les taux de mariages mixtes des migrants d’origine maghrebine, prouve que le populo francais a en realite tres peu de prejuges et est en train d’intégrer les migrant par le lit. En face, la gauche sociologique, et notamment dans sa composante fonctionnarisee est a peu prêt le groupe social significatif le plus endogamique du pays. 35 heures ? Vous y croyez encore que l’ouvrier de la petite entreprise artisanale n’a pas compris a qui cela était réservé et pour qui cela était intéressant ? L’aventure Jospin ne vous a pas suffit ?
Valeurs ? "Le rapport de Terra Nova conteste cette stratégie. Au nom de l’éthique.
Durcissement sur l’immigration, défense intransigeante de la laïcité
face à l’islam, reprise du discours anti-assistanat : jusqu’à quel point
la gauche peut-elle « trianguler » sans se renier ?« La gauche historique était contre l’immigration, laïque de façon intransigeante, et hostile a l’assistant, l »aumône« ne pouvant remplacer travail et salaires. Mais ce n’était aussi qu’un discours. Elle ne s’est pas renie, elle a change de discours. L’expérience 81 montre que les pratiques, la seule chose qui compte, elles, n’ont pas change, des crédits, des postes, des 35 heures pour sa clientèle. Les années Mitterrand, c’est les 35 heures, 1,5 millions de fonctionnaires en plus, l’emballement du budget de l’État et du secteur para étatique. Le budget alloue par intermittent du spectacle est des centaines de fois supérieur a celui accorde par bénéficiaire de la »politique de la ville« . Vous pouvez prétendre ce que vous voulez sur vos valeurs, mais on voit ou va l’argent. Les années Mitterrand, c’est aussi l’apparition de la nouvelle pauvreté, des ghettos scolaires avec un doublement des moyens en monnaie constante par enfant, faisant pendant a la fantastique réussite des enfants de profs dans les grandes écoles (50% des X) et a l’exclusion croissante par le systeme des enfants de pauvres, mais la, il faut l’admettre, dans une indifférence totale a leurs origines ethniques.
Vous êtes minoritaires parce que vous êtes la seule chose qui se soient jamais apparente a une classe sociale. Une minorité sociologique homogène, consciente de ses intérêts et tenant un discours visant a aliéner les autres catégories pour s’approprier une part de la plus value supérieure a ce que justifierait votre rôle social. Vous êtes minoritaire parce que la hausse du niveau général fait que la plupart des gens parviennent désormais a décrypter ce discours. Vous êtes minoritaires parce que vous continuez a vous regarder le nombril et a vous intéresser exclusivement a vos propres problématiques sans trop vous soucier du reste des populations. Mais cela n’est pas en soi répréhensible.
En revanche, toutes votre réflexion ici consiste a vous demander quelles catégories sont achetables pour vous permettre d’obtenir le pouvoir. Cela s’apparente a du pain et de jeux pour la »plèbe". Rien sur leurs éventuelles attentes réelle, aucun projet de société, et un seul et unique moyen, de l’argent et des postes pour le service public, c’est a dire vos propres troupes. En période de vaches maigres budgétaires, comment voulez vous que qui que se soit y croit vraiment ?
En rachetant des suffrages par ci par la par des mesures catégorielles divisant la société ( un voile par ci, un bateau pour gaza par la, une subvention aux filles mères velocipediques, un mariage pour les homosexuels) en jouant sur les divisions a droite entre les couches populaires au dernier stade de l’exasperation face a vos idee et les classes moyennes genre Sarkoziste, qui essayent encore de moyenner un minimum de communaute de destin entre tous les habitants du pays, vous pouvez gagner conjoncturellement sans avoir eu a sortir de votre autisme. mais ce ne sera que provisoire. De toute façon, il y a un moment ou la gauche devra quand même finir par se reconstruire.
Qui ne voit en effet que tous votre discours, c’est comment gagner, pour gagner, et rien sur pour quoi faire ?
Remarquable analyse - à compléter néanmoins par quelques nuances, à mon sens.L’implantantion clientéliste de la gauche parmi les fonctionnaires (dont je suis, alors je peux constater le phénomène de l’intérieur) s’accommode parfaitement de l’érosion et du déclassement des compétences en faveur des secteurs à forte valeur ajoutée. Sous les dehors festifs et altercuturels à la Jack Lang, la gauche depuis Mitterrand marche la main dans la main avec les métiers de la finance, des nouvelles technologies, du luxe, de l’amusement public. A vérifier dans sa politique de la ville : Mitterrand est responsable de la libération des loyers dans les grandes villes, la population parisienne, qui vote Delanoë en majorité, est composée de cadres et d’héritiers. On lance des manifestations culturelles en l’honneur de la Commune de Paris et on acquiesce à la gentrification poussée du centre-ville.
Le soutien atavique que la gauche accorde à la cause immigrée, même s’il n’est pas exempt de considérations électorales, en est un bon exemple - on se donne bonne conscience par des gesticulations faciles et on évite en même temps de répondre à l’attente des Français déclassés par une mondialisation que la gauche assume.
Ce n’est pas incompatible.50% d’X enfants de profs, ce sont sociologiquement les mêmes de plus en plus. La gauche sait quand meme qui fait tourner la machine. Ce n’est pas un hasard si elle a tellement fait pour le régime des stocks options. Les categories que vous décrivez ne sont nullement exclues des avantages que s’est accorde la gauche. Les RTT, une consommation de service publics très supérieure a la moyenne. Des retraites de longue durée grâce a une espérance de vie comparable, paye par les cotisation des OS qui meurent jeunes et donc ne coutent pas cher. Eux aussi ont été en gros « achetes ». La différences, c’est qu’ils savent mieux faire valoir leurs intérêt. En fait, Jospin n’a pas uniquement paye les 35 heures avec le « petit peuple » mais aussi sa reforme de la fiscalite des gardes d’enfants avec la classe moyenne supérieure. Mais je ne crois pas que cela soit fondamental. Les élites ont toujours a voir avec le luxe, la distraction etc... Mais comme toutes les élites, elles suivent leur troupes. Le declassement des competence en est d’ailleurs une preuve. Les intérêts de classe l’emporte sur l’efficacité. Les nouvelles technologies sont par définition nouvelles. Pour en bénéficier a plein, le service public devrait embaucher des cadres de haut niveau confirmes en fonction de leur compétences, ce qui constituerait une menace pour le système ( conditions d’embauche, niveaux de salaires, évaluation de compétence). Il est plus dans son intérêt a court terme de continuer a recruter sur concours des jeunes et de les former progressivement, ce qui implique en gros une génération (15-20 ans) de retard. Il n’y a pas une volonté d’abaisser le service public, il y a la conséquence d’une logique qui privilégie corporatisme et immobilisme.
Migrant, ce n’est pas une histoire de conscience mais de gros sous. Aides sociales, animation, encadrement, formation, c’est un public qui a besoin d’aide, qui est encore rarement capable de l’autorganiser et donc qui est porteur d’emploi et de crédits. Un exemple ? Les Tziganes, des dizaines d’associations sans un seul tziganes reçoivent de l’argent pour les sortir de leur marginalités. Quand les Tziganes commencent a s’autoorganiser et a demander a recevvoir les fonds eux meme, vous n’imaginez pas les reactions du milieu. Les Islamiste, et notamment les plus sincères et les plus modérés, et il y en a, et se sont en general des diplômés, vont de plus en plus faire du social. Vous allez voir que la tolérance de gauche vis a vis de l’islam n’y survivra pas....
Enfin, personnellement, je pense que les « français du bas » sont plus déclassé par une ponction fiscale qui les exclus a productivité donnée que par la mondialisation. Ils comprennent que notre modèle social consiste en un vaste brassage de l’argent commun au sein de la classe moyenne et en fonction de ses priorités, a grands frais et qui les exclus ( voir les retraites) La preuve, la gauche est beaucoup plus en pointe contre la mondialisation e ce n’est pas pour elle qu’ils votent.