Le Japon est un pays habitué aux séismes. Cette particularité géophysique a d’ailleurs façonné la conscience nippone depuis des siècles. En Europe, les séismes sont peu fréquents et quand ils se produisent, ils troublent puissamment les populations concernées. Ce fut le cas en 1756 lors du tremblement de terre de Lisbonne devenu célèbre dans la littérature grâce à une réflexion de Voltaire. Le Japon de 2012 n’aurait pas dû être affecté par le séisme du 11 mars 2011, qui fit moins de dégâts matériels que son précédent de Kobe. Sauf qu’un tsunami a endommagé fortement une vieille centrale nucléaire à Fukushima et dévasté une longue zone côtière. Ce qui a plongé le Japon dans une sorte de résiliente torpeur. Accompagnée de subtiles réflexions proposées par des écrivains et philosophes japonais. On ne saurait que recommander au lecteur soucieux de pénétrer le sens du monde la dernière livraison de Books où sont traduites quelques pensées parmi les plus pertinentes sur la situation singulière du Japon en 2012. On se croirait projeté dans un film de Tarkovski. Une atmosphère apocalyptique à la Solaris doublée d’un paysage peuplé d’étranges sages dont les propos semblent pénétrés d’un pouvoir mystagogique par lequel l’âme multiséculaire du Japon transparaît en ce pays traversé par une désolation nous projetant dans un univers à la Stalker. Et comme dans le film de Tarkovski, il est question d’une crise existentielle, que traverse le Japon après le choc de Fukushima.
Le bouleversement que vit le Japon est décrit par ces quelques mots de Shin’ichi Nakawaza extrait de son livre écrit comme des prolégomènes à une société à inventer « Il y avait quelque chose que la défaite de la guerre du Pacifique n’avait pas réussi à briser, mais il semble que cela se soit effondré cette fois pour de bon et que nous ne savons pas où le destin nous mène ». L’auteur pense que le choc que subit le Japon révèle en fait une transition d’essence profonde. La capitulation de 1945 n’avait pas affecté les strates les plus profondes de la conscience japonaise mais cette fois, dans le sillage du tsunami et de Fukushima, le Japon semble se réveiller dans un monde inédit, avec des citoyens presque tétanisés, égarés, ne sachant plus où ils habitent. Nakawaza a parfaitement compris ce qui s’est passé après la guerre. L’idéologie japonaise n’avait pas changé mais elle s’était canalisée vers le développement économique. Ce qui est une remarque importante d’autant plus qu’elle raccorde le Japon avec l’autre grand perdant de 1945, cette Allemagne qui a su se reconstruire en canalisant elle aussi son énergie dans le développement économique. A noter qu’en 1923, un séisme avait emporté plus de 140 000 âmes à Tokyo et Yokohama et qu’en 1945, les deux bombes larguées par les bombardiers américains firent plus de 200 000 morts, sans compter l’humiliation de la défaite ressentie par le pays tout entier. Malgré ces terribles épreuves, le Japon s’est relevé mais en 2012, le constat tracé par Nakawaza est édifiant pour ne pas dire terrifiant. Le Japon semble déconnecté de la force vive qui l’anima jusqu’à la fin des années 1980. Les Américains représentaient alors un modèle pour des Japonais économiquement conquérants. Ce qui n’est plus le cas maintenant. En fait, il n’y a plus de modèle et la société japonaise cherche désespérément ses marques, ses repères, ses valeurs. C’est ce qui ressort des analyses fournies par les fins scrutateurs de cette civilisation qui a su traverser les siècles en conservant un solide sentiment national.
Ce qui transparaît aussi, c’est que le séisme de 2011 et le grave incident nucléaire ne peuvent être considérés comme la cause du marasme japonais contemporain. Ce serait plutôt un élément révélateur et déclencheur d’une prise de conscience inédite que les temps ont vraiment changé. Il faut en effet replacer toute cette évolution dans un contexte de durée élargie. Après les années conquérantes, le Japon est entré dans une stagnation durable depuis 1990, suite à la bulle immobilière mais aussi à un contexte local évident, celui marqué par la concurrence de la moyenne Corée et surtout de l’immense Chine, sans compter les autres tigres et dragons de la région. Ce ne sont pas une mais deux décennies qui ont été perdues. De plus, en 2008, la crise financière planétaire vient amplifie l’« atonisation de la croissance ». La Chine est passée devant le Japon en 2010 et en 2011, année du séisme, le commerce extérieur est largement déficitaire ce qui n’arrange pas le moral. Si les observateurs ont touché le fond du réel, alors on pourrait penser que ce n’est pas la guerre mais le mode d’existence hyperindustriel qui a éloigné le Japon de ses fondamentaux façonnés et transmis depuis des siècles. Parler de décadence ne serait pas exagéré, mais à la condition que ce jugement soit uniquement esthétique et philosophique, sans contenu d’ordre moral. D’ailleurs, les Occidentaux ne sont pas les mieux placés pour donner des leçons de civilisation.
L’archipel du soleil levant est maintenant face au crépuscule de la civilisation. Tel est en une formule ce qu’on ressent en lisant les analyses du vécu dont on peut tirer deux traits fondamentaux. Le premier, c’est la critique d’un mode de société basé sur la consommation excessive de produits souvent futiles, jetables, avec à la clé une séries de maux psychiques et autres errances ayant fait le bonheur des romanciers qui ont su capter le fond des âmes perdues. Et le second enseignement, c’est l’état presque comateux d’un pays qui sait que le passé ne reviendra plus et qui ne sait pas encore comment inventer l’avenir. Cette société en croissance folle était basée sur le « bonheur nucléaire ». Comme l’explique Hiroshi Kaikuma, la population japonaise a parfaitement intégré le nucléaire comme une bénédiction de la technique apportant le bien-être matériel, y compris pour tous ceux qui trouvèrent dans cette activité un levier pour vivre heureux même en habitant près des centrales. C’est ce qui ressort des témoignages. Dans son livre, Kaikuma utilise le concept de soumission automatique pour rendre compte de la docilité avec laquelle les habitants des villes ont voulu faire venir près de chez eux la manne du nucléaire avec ses installations. Les gens se sont appropriés un objet pouvant être source de nuisance. Et les Japonais ont joui, avant le séisme de 2011, d’un bonheur avec le nucléaire. D’où l’enjeu évident qui se dessine maintenant pour le Japon : comment inventer un avenir heureux sans le nucléaire ? Mais aussi comment concevoir cet avenir avec une restriction des moyens financiers, autrement dit une baisse du pouvoir d’achat pour reprendre une idée chère au Français ? C’est cette interrogation qui hante Natsuki Ikezawa, lequel invite ses concitoyens à corriger l’équation japonaise qui ne peut plus fonctionner dans le contexte actuel où des taxes et des efforts doivent être consentis pour reconstruire le pays ainsi que préparer une société à quitter le nucléaire. Ikezawa montre bien l’état d’ensorcellement et d’anesthésie dans lequel le pays se trouvait avant le séisme, avec des journaux remplis de réclames et autres propagandes insipides du géant Tepco et des industriels de l’électricité. Le verdict provisoire tient en une formule : « il est possible que le Japon trouve un nouveau statut de leader dans le monde : celui de pays développé pauvre »
Leader ? Rien n’est moins sûr car beaucoup de pays peuvent prétendre à entrer dans cette catégorie et comme ont dit, bienvenue au club. La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et pourquoi pas l’Italie, la France et même les States dans le camp des pays développés pauvres ? En France, le bonheur électrique existe et même si la contestation anti-nucléaire est plus importante qu’au Japon, le Français n’en reste pas moins un accro aux biens matériels dans un contexte culturel propre à cette nation à l’histoire vieille, riche et compliquée. Pourtant, si on laisse de côté les futilités de campagne, on comprend bien qu’un basculement se prépare et qu’il n’est pas besoin d’un séisme ou d’un accident nucléaire pour cerner les inquiétudes et la prise de conscience progressive que le monde heureux d’avant risque d’être remis en cause. Les injonctions politiques sur le travail et la France protectrice n’y changeront rien. Les manœuvres de la BCE ne servent qu’à gagner du temps. La dette, la croissance atone et le pétrole cher vont représenter un tsunami économique que devront affronter les pays européens. La Grèce offre un avant-goût des difficultés à affronter. Si le modèle japonais avec son électronique et son nucléaire heureux s’avère fragilisé, alors en Europe, c’est le modèle social qui s’effrite. Le bonheur nucléaire au Japon s’est fissuré avec le retour aux réalités sismique alors qu’en Grèce, Italie ou France, c’est le « bonheur des endettés » qui cette fois semble s’achever avec comme éventuel retour au réel un séisme financier que constituerait la faillite de la Grèce. Comme l’annonce Mario Draghi, le modèle social européen prend fin, quelle que soit l’issue de la dette grecque. C’est vite dit. Il faudrait plutôt suggérer que le modèle social était sur une mauvaise pente. Les crises de 2008 et de 2011 n’ayant fait que dévoiler l’état financier des Etats. Sorte de tsunami inversé. La mer se retire un peu plus vite et l’on voit apparaître l’étendue de la dette telle une série d’inscriptions picturales sur les rochers ainsi découverts. Le choc du Fukushima des dettes européennes sera lent, ce qui ne favorise pas la prise de conscience européenne sur un éventuel modèle de société à inventer.
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II. La France et l’Europe face au Fukushima financier
La situation du Japon peut nous guider afin de penser la situation européenne. Ces deux civilisations ont en effet suivi un cheminement parallèle, avec la modernisation conservatrice au 19ème siècle, l’ère des conflits et des nationalismes jusqu’en 1945 puis les « virages successifs » du 20ème siècle ; industriel (1950), culturel (1960), médiatique (1970), individualiste et décadent (1980), financier (1990), hyper technologique (2000) pour finir avec la crise financière (2010). Deux questions. Saurons-nous inventer l’Europe d’après et avons-nous les ressorts pour le faire ?
Savoir c’est aussi vouloir. Il n’est pas certain que la tendance soit à inventer un nouveau modèle. Il existe des options radicales et illusoires comme la décroissance rationalisée ou le colbertisme vert. Le reste, c’est une sorte de déshabillage et de ravalement accompagné de réformisme servant à préserver le modèle actuel. Quelques-uns croient qu’en changeant l’agencement du navire, on pourra poursuivre la croisière du modèle social. Réforme des institutions, sixième république. D’autres s’imaginent qu’en changeant de capitaine, on peut continuer la route sur une voie plus praticable. Mais hélas, le marasme social ne pourra que s’installer, surtout avec le choc pétrolier qui se prépare. Il faut changer de cap et disposer de vigies visionnaires. Et même compter sur un peuple visionnaire, éventualité bien incertaine. A vue de nez, l’époque n’est plus aux inventions et passions collectives. En caricaturant, c’est chacun dans son jardin et derrière son écran…
Retour sur le Japon et les strates profondes de la société qu’on tentera de chercher en Europe et en France. Ces ressorts profonds qui ont permis à l’Europe de surmonter le désastre de 1945 sont-ils encore présents au sein des peuples et des dirigeants ? Il semblerait que non. On voit partout se dessiner la logique de l’entre soi ou du chacun pour soi. Ce qui ressemble un peu à l’Occupation. Mais attention aux comparaisons faciles. 1914-1945, une guerre de trente ans, avec nationalismes et idéologies. 1984-2015, autre guerre de trente ans, économique, la finance contre les peuples ? La finance contre le modèle social ? Cette interprétation est vraie pour une part mais elle occulte certainement le délitement individualiste de la société et le rôle de la technique, des médias et de l’argent. Le consumérisme a largement contribué au délitement des valeurs et à l’effritement du ciment social hérité de l’après-guerre.
La vérité, c’est que le modèle social étatique hérité de l’après-guerre et propulsé pendant les Trente Glorieuses s’est effrité et que plus généralement, c’est le modèle de civilisation qui ne peut plus fonctionner vertueusement, ce qui amène les gouvernants à sauver le modèle social en le démantelant progressivement, en effectuant des corrections, des coupes. On voit se dessiner l’éclatante vérité. Le système sauve le modèle du profit en ajustant le modèle social qui se corrige et est imposé aux peuples. Les dirigeants partant du principe que la grande majorité des citoyens veut « du pain et des jeux ». En traitant l’homme comme une machine à produire et consommer, la politique finit par devenir une industrie d’élevage humain. A qui on fournit des produits, des divertissements et des normes consuméristes, sanitaires et comportementales. Avant de concevoir un programme de gouvernement, il faudrait analyser les ressorts de la société. Quels ciments sociaux sont efficients ? Quelles valeurs partagées et espérances poussent les hommes en avant ? Pour faire simple, le religieux fut un transcendantal efficace pendant quelques siècles médiévaux puis progressivement destitué sur fond de sécularisation et de désenchantement. La nation occupa la place du religieux. Ensuite, ce furent les mouvements sociaux jusqu’en 1970 et après, le désert individualiste et les illusions néo-nationalistes. La société est éclatée et n’a plus de ciment social. Voilà pourquoi on peut être pessimiste et constater que les states profondes du ciment social en œuvre après 1945 ont été écornées. Qu’est devenue la république, l’Europe ? Une simple agence de l’emploi qui gère le marché du travail, offre aux entreprises un espace de développement encadré par le droit et un immense centre commercial dont les accès sont inégaux mais innombrables. On comprend dès lors pourquoi la campagne ne passionne pas.
Une élection présidentielle, ce devait être la rencontre entre un homme, un peuple et un dessein commun. En 2012, l’élection c’est la rencontre entre des consommateurs et un directeur de parc à thèmes et à produire.
En 2012, aucun élan nouveau n’est en mesure d’émerger et de structurer l’imaginaire collectif en indiquant quelques voies pour inventer une société nouvelle. D’ailleurs, une telle éventualité serait de nature à troubler le jeu des partis politiques et des dirigeants. Les candidats préfèrent vendre chacun leur propre réparation du « système France » plutôt que de se casser la tête à penser avec des Français visionnaires. Les ressorts du dessein collectif sont cassés. Les observateurs pleurent l’effacement du programme social du CNR établi en 1944. Le vrai problème, ce ne sont pas les atteintes portées à ce contrat mais le fait que les ressorts collectifs qui l’ont propulsé n’existent plus actuellement. De plus, Etats-Unis, Japon et Europe, ces trois fers de lance de l’industrialisation au 20ème siècle sont menacés par l’éclatement social et le marasme industriel. Il ne suffit pas de sauter comme un cabri et d’invoquer la figure de Roosevelt pour résoudre le problème. Il ne reste plus qu’à vivre sa vie et attendre le passage du lent tsunami financier qui verra les uns s’élever et les autres ramer ou plonger. Les nostalgiques pourront toujours allumer leur poste pour voir les années bonheur sonorisées par Patrick Sébastien. Un jour peut-être, de nouvelles lumières éclaireront les âmes citoyennes, pour faire « renaître » une nouvelle civilisation occidentale…
Trouver la Voie...
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Entièrement d’accord avec vous. Une hypothèse, le renouveau ne sera surement pas du niveau national ou même régional. Dans plein de régions du Sud, nous avons plus d’affinités en transfrontalier qu’avec les Chtis ou les alsaciens.
Cet article ? Voilà, mis en mots, l’intuition qui taraude le silence des vieux, l’anxiété qui comble le vide des politiciens, l’espoir qui mobilise les défricheurs d’Autre Chose...
Je ne crois pas l’avoir lu dans l’article, mais une des causes aussi des problèmes des japonais est l’absence de matière première dans un espace relativement restreint.
Le Japon s’en tirait grâce à son génie technologique et ses exportations.
Mais son voisin émergeant, possesseur d’un vaste territoire, riche de ressources minières et énergétiques, de mains d’oeuvre bon marché et d’un peuple pas plus con que les autres a mis fin aussi à cette période glorieuse. Comme vous le rappeler, la stagnation du Japon ne date pas d’hier mais d’une bonne vingtaine d’années. Le pays ne tient que grâce à une dette souveraine pharaonique (à coté l’Europe c’est pipi de chat) détenu heureusement pas de bons petits japonais patriotique... Mais jusqu’à quand ?
Bref, l’avenir semble très incertain pour tout le monde. Et encore ne nous plaignons pas. Dans 10 ans, le pétrole vaudra le double d’aujourd’hui et là, on sera vraiment dans le caca.
« Le pays ne tient que grâce à une dette souveraine pharaonique » c’est justement la dette (même à destination d’autres japonnais plutôt que de banques) qui a induit le point mort total de l’économie japonnaise : toute l’énergie apportée par le travail est intégralement contrée par le frein que constitue la dette. La dette c’est un trompe l’oeil au début : ça donne l’impression que l’on va plus vite, car ça fait des capitaux nouveaux injectés dans l’économie (dont on ne regarde que le PIB). Et puis petit à petit ça freine le système. horreur ! donc on contracte plus de dette (quitte à faire idiot, poussons jusqu’au bout), pour « faire de la croissance ». courbe de forme exponentielle, schéma pyramidal, cavalerie, appelez ça comme vous voulez : c’est exactement ce qu’est la monnaie dette.
"Bref,
l’avenir semble très incertain pour tout le monde. Et encore ne nous
plaignons pas. Dans 10 ans, le pétrole vaudra le double d’aujourd’hui et
là, on sera vraiment dans le caca.« On s’en fout un peu du prix en fait. Ce qui compte vraiment c’est la barrière »consommer 1 litre de pétrole (chercher-forer-pomper-rafiner-transporter) pour en produire 1 litre". Quand on l’aura atteinte personne n’ira plus chercher de pétrole, même à 10^9 dollars le litre. Au début c’était un bon 1 pour 37 qu’on avait. Actuellement on est à 1 pour 3 ...
euh ouaip A mon humble avis, après la défaite de 45 les USA ont corrompu le pouvoir le gouvernement et avec de la propagande l’industrie nucléaire c’est développée maintenant le nucléaire est comme une épée de Damoclès ********************************************************************* A Fukushima ce qui est étonnant c’est la déco du bardage métallique des réacteurs faite de débris bleus sur fond blanc ******************************************************************** A part ça la culture Japonaise est intemporelle et universelle contrairement à celle du moine obscur
Bonsoir, J’ai beaucoup de doute sur le modele decadent du Japon. Les japonais ont une civilisation millenaire et ce ne sont pas quelques tremblements de terre, quelques tsunamis, voire quelques centrales nucleaires qui vont tout foutre a bas !
Ce qu’il se passe, de mon humble point de vue, et a travers les japonais que je rencontre, est a un degres beaucoup moindre ce qu’il se passe chez nous : Nous basculons d’une culture morale a un modele financier dont la seule valeur est le fric.
Tant qu’il restera quelques japonais ou quelques europeens ayant connu « l’ancien monde » fait de respect volontaire - pas celui inspire par la peur et la force - mais egalement de respect de soi-même, fait de savoir vivre, de solidarité volontaire ou non, de culture libre - pas de culture marchandise (et de droit d’auteur dont le principal n’est justement pas celui des auteurs -, egalement de competition raisonnée et non pas de folie des grandeurs... etc nous serons a cheval le cul entre deux chaises avec un mal de crane intolerable que certain appelleront decadence.
Il n’y a pas de decadence, il y a seulement un nouveau mode de societe oú le fric est roi, la loi du plus fort, du plus riche et du plus puissant sert a ecraser les autres plutot que de les aider et oú l’illusion de democratie que nous croyons encore en place, a deja disparu et les exemples ne manquent pas. Lorsqu’il existait des elites nationales, celles ci faisaient tout pour le developpement de leur pays. Aujourd’hui nous avons des puissants qui ecrasent tout grace a la globalisation que nous avons accepté pour nous servir, mais nous n’en profitons pas, ce sont eux qui l’utilisent contre nous.
Il n’y a pas de crise, il y a seulement un probleme residuel de mecanisme de pompage dans ce qui va devenir bientôt une classe mondiale d’esclave face a une classe dominante qui ne se melangera pas et qui possede tout.
Les ressources, surtout celles non renouvelables, seront de plus en plus reservées a cette elite, comme les plus beaux endroits de la planete, les technologies les plus avancées - je ne parle pas de television, de telephone ou de quelques appareils menagers - et les moyens les plus puissants pour leur permettre une vie a laquelle nous n’auront pas droit.. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’internet ne peux rester libre car le savoir, l’information et l’histoire sont les conditions qui empechent l’etancheite entre cette classe haute et le terreau des esclaves. Internet va rester, mais seulement pour les emails et les sites marchands.
Votre article, pour interressant qu’il soit, fait parti du « bruit de fond » dans l’evolution du monde : Les centrales nucleaires sont les residus du developpement humain performant, leur existance nuit au futur objectifs des seigneurs du monde qui ne peuvent accepter que le peuple soit puissant et surtout independant. L’intoxication sur la securite, est telle que c’est devenu un jeu d’enfant de supprimer cet outils d’autonomie des peuples... rappelons que Fukushima n’est pas un accident nucleaire mais le resultat d’un tsunami sur une installation ancienne et mal dimensionnee.
La super classe mondiale a déjà gagné, aidée par certaines organisations qui se sont trompées de cible... au fait, que fait Greenpeace en ce moment ???
Peut-être aurait-il fallu citer l’exemple du « ressort » d’un petit peuple européen touchés par le « tsunami financier », savoir les Islandais qui sont en train de se réinventer des institutions et ont su s’arque-bouter contre leurs créanciers anglais et hollandais pour renégocier les conditions de remboursement de leur dette devenue abyssale
La paupérisation ne va faire que progresser, aucun doute possible, mais l’individualisme et la résignation peuvent également perdurer longtemps avant quelque chose ne bouge.
Au sein des mégapoles, c’est du chacun pour soi, du marche ou crève. Boulot, metro, dodo, les forces de l’ordre se chargent de cacher « ceux qui tombent » et la TV nous dit que c’est pire ailleurs.
On aura sans doute droit à quelques manifs bruyantes dans les années à venir, mais tant que les banksters domineront le monde avec des « dettes virtuelles », rien ne changera.
Toutefois, l’espoir d’émergences positives
me semble peut compatible avec l’attente de "nouvelles lumières pour
éclairer les âmes citoyennes" et il me semble difficile de pouvoir
« Trouver la voie » si l’on continue à considérer que : « Une élection présidentielle, ce devait être la rencontre entre un homme, un peuple et un dessein commun »
En oeuvrant, chacun à sa mesure, pour l’évolution de notre système de
pouvoir, en ayant foi en ses capacités à muter par émergence(s) ... ne
devrait-on pas commencer par ramener le Président à sa mission
d’arbitrage (déjà bien assez lourde !) ?
Aucun individu ne peut prétendre définir (et encore mopins décréter) le
dessein commun : laissons la conscience partagée de ce dessein émerger des modestes aspirations exprimées
par chacun. Ce n’est pas une fourmi, ni des fourmis éclairées, qui font
passer les « fourmis de Langton » de la « phase cahotique » à la « phase autoroute » ... Voir : http://sciencetonnante.wordpress.com/2011/03/21/la-fourmi-de-langton/
Ah pour ça je suis d’accord. Mais compte tenu de l’échelle temporelle limitée que représente mon court passage sur Terre, je ne sais si nous pourrons y arriver d’ici là. A moins que l’on écoute ce que désire réellement les citoyens, d’où l’idée de replacer la Nation, et surtout la souveraineté nationale, dans un contexte européen, pour arriver à cet objectif.
C’est marrant je croyais que le Libéralisme et le consumérisme représentait la fin de l’histoire ou l’ultime étape de l’évolution des sociétés humaines...(Super... !)
Le(s) mec qui as sorti un truc pareil et ceux qui y ont cru (et pour certains y croient encore) sont fous, il faut les interner d’URGENCE.
Personnellement je pense que les « lumières » existent, elles sont justes anonymes ou encore trop anesthésiées par la société de CONsommation mais surtout ne représentent qu’une infime minorité de la population, le reste se contentant des jeux et du pain comme vous le soulignez justement.
Si la population ne participe pas dans sa majorité à cette réflexion cela ne peux pas fonctionner et les fameuses lumières dont vous parlez passent au mieux pour des utopistes au pire pour des fous. Ainsi les rôles sont inversés.
Le jour ou les jeux et le pain manqueront les moutons en comprenant le mensonge de leur vie deviendront pour certains des loups féroces, ou commenceront je l’espère plutôt à utiliser leur cerveau.
A la limite si l’évolution technique nous permet de nous affranchir du travail c’est pas plus mal. C’est d’ailleurs l’objectif principal de l’évolution technique, libérer l’humain du travail. Maintenant les dégâts collatéraux et ce qu’on en fait après c’est une autre histoire...
« Tien il me faut tant de travailleur à pas cher »
J’appel ça de l’esclavage organiser par l’UE, la traite mondiale des être humain seulement pour l’économie.
Garder vous là cette Europe du servage. Et les dégât collatéraux c’est les gens qui crève, vole/tue car il n’ont plus les moyen de se payer le chauffage, la bouffe et trouver un emplois qui est payer correctement.
Les coût de la vie ont exploser dans les denrée de première nécessité de plus de 100 pour cent depuis 2000 .
Ont se fait racheter par le quatar, chine, bref toute la planète !
L’UE détruit les nations, les peuples, les cultures pour faire un machin ou « l’homme » n’est rien d’autre qu’une variable d’ajustement de l’économie.
Fukushima est le résultat d’une attaque terroriste comme le fût celui de Toulouse en France orchestrée par la cabale pour chantage. Car principalement les non occidentaux et en premier lieu les pays exportateurs veulent les ruiner et ne plus accepter leur monnaie de singe produit par la FED.
L’ancien chef de la police de Hong Kong Stevens Peter est recherché pour des accusations de contrebande vers le Japon de l’arme nucléaire qui a été utilisée pour la 311, 2011 et le tsunami contre le Japon. Stevens se trouve actuellement au club de Puerto Galera yacht aux Philippines.
J’ai été très intéressé par cet article même si la lecture en ligne de longs articles me fatigue les yeux et me donne mal à la tête. Je n’ai plus de capacité oculaire pour lire les commentaires qui font pourtant toute la richesse d’Agora Vox. Vous touchez du doigt une question importante : la démoralisation et la perte de repères ; Quand on ne sait plus pourquoi on se lève le matin (ou qu’on ne se lève même plus parce qu’à quoi bon) c’est que la sève de la société ne monte plus. Vous avez raison aussi. de constater que ce n’est pas Fukushima en soi qui démoralise le Japon : depuis 20 ans la Japon doute. La crise asiatique de 1997 a été surmontée mais pas au Japon. A mon avis la consommation d’alcool va grimper au japon dans les années à venir et les addictions aux abrutissement électroniques. Les États-Unis et le Japon devraient nous enseigner. Je pense à cette phrase de Saint-Exypéry : l’homme ne vit pas des choses mais du sens des choses. Être moins riche mais vivre dans un monde plus sensé (meaningful) avec plus de sens, chercher y compris dans le plus petites choses la saveur, réenchanter la vie, la déaseptiser me paraît assez urgent et existentiel pour un poète. Si nous ne voulons pas finir comme les japonais après un Fukushima qui, tout le monde le sent dans le fond, n’est qu’une question de temps nous devons chacun individuellement réenchanter nos vies. Merci pour cet article. Il est un peu déprimant mais entre la lucidité déprimée qui pousse à trouver une vie alternative et l’ignorance volontaire, j’ai fait mon choix.
Des nouvelles de l’Ecossaise et des on moral en berne...
L’image la plus infantile donc naturelle, que je puisse avoir du nucléaire, sorte de FAUST, est le parallèle que l’on peut faire entre les centrales nucléaires et le navire « Le TITANIC » en 1912.
Heureusement ce navire, fruit « d’une technologie infaillible », à l’instar des centrales, NE COULERA JAMAIS car IL EST A ETE DECLARE scientifiquement INSUBMERSIBLE.... et cela me rassure ENORMEMENT......
AH ça, non jamais, il ne coulera, le TITANIC, et heureusement...............................
Merci pour cet article nourri de connaissances et de réflexion.
J’ajoute que si le tsunami financier a commencé pour la Grèce et l’Espagne, personne ne peut dire que nous sommes à l’abri d’un Fessenheim européen.
Cette centrale conçue pour vivre 30 ans en a 35. Rien ne laisse présager que dans 5 ans, si elle respire toujours calmement, elle ne sera pas encore prolongée. Elle est placée sur une faille sismique. Le prochain tremblement de terre n’est pas prévu pour tout de suite. Mais que valent les prévisions ? Parvient-on à protéger les populations des éruptions volcaniques et autres manifestations de la terre ?
Le dernier tremblement de terre qui a secoué l’Alsace a eu lieu à Bâle (Suisse) en 1356. Les destructions s’étendirent en Alsace et en Allemagne. Il fut ressenti jusqu’en Ile de France. La magnitude est estimée selon les experts de 6,2 à 6,9.
La ville de Bâle intra muros fût totalement détruite par un incendie. C’est le plus important séisme connu d’Europe Centrale.
Mediapart, journal totalement indépendant, créé par Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde, lance une fiction : Noël 2013 : un Fukushima à Fessenheim
Je tremble, pas que de
peur, je tremble de tout mon être, de tout ce qui m’entoure, de tout mon
univers. Pas d’échappatoire, pas de respiration profonde à tenter, le monde
m’échappe, bascule et se fracasse. Les bases s’écartèlent, deviennent failles
mortelles. Je ne peux m’accrocher à rien de solide : la mobilité contre-nature
menace. L’épilepsie terrestre gronde, gigantesque tonnerre des entrailles.
Aucune résistance, pas une prière possible : le hasard et la nécessité
tectoniques modèlent l’instant et dessinent la fin. Comme un crépuscule des
vies à portée du regard. (La suite sur Fukushima, mon âme ou rien)